Les bonus de la saison
Publié le 03/01/2017

Jean-Michel Rabeux et Claude Degliame : Aglaé s'en fiche qu'on ait fait un spectacle sur elle


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Autres épisodes :

L'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux et la comédienne Claude Degliame ont tiré leur spectacle de leur rencontre inespérée avec "Aglaé", prostituée ayant dépassé les soixante-dix ans, toujours en activité, qui défend avec une morgue aristocratique la liberté avec laquelle elle a toujours exercé son métier.

Jean-Michel Rabeux – Aglaé nous a fait taire en fait. Nous sommes sortis de chez elle joyeusement, stupéfaits d’une liberté de parole qui racontait une liberté de vie. Elle revendique son destin, elle s’amusait beaucoup à nous le raconter. Liberté est un de ses mots. Certains autres de ses mots sont beaucoup plus crus. J’ai beaucoup coupé, mais pas pour l’amadouer ou la trahir. Je n’aimerais pas du tout trahir cette femme. Son humour, sa causticité, son intelligence, mais aussi sa générosité, son amour pour ses clients, enfin, certains, sa profondeur humaine, nous ont réjouis. Nous sommes sortis de chez elle revigorés. Aussi par son intransigeance, ses emportements terribles contre les maquereaux ou les lois, qu’elle met un peu dans le même panier.
 
Aglaé c’est une Dame, avec majuscule, c’est le mot qui nous est venu. Une aristocrate. De Sarcelles, mais une vraie, pas par le sang, par l’altitude. Une que l’avis de la société sur sa pensée, sur son mode de vie, laisse de marbre, elle se met d’ailleurs assez aisément hors-la-loi. C’est une qui diffère. Elle nous a plu pour ça, elle diffère. Ce n’est pas tant son métier qui nous a retenus, c’est sa différence. Je le dis vraiment sans provocation, la personne à qui elle nous a fait le plus songer est un mathématicien de haut niveau de nos amis. Lui aussi est ailleurs de nous, il est autrement.
 
C’est cette différence qui, outre sa drôlerie, son humain trop humain, en fait un personnage de théâtre : elle n’est pas « normale », pas dans la norme. Ça non ! Phèdre non plus. Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit Aglaé, loin de là, mais c’est peut-être ce désaccord qui nous a fait tenter le plateau. Elle sait des choses que nous ne savons pas, elle les sait avec son corps, c’est, à bien des égards, difficile de se mettre à sa place. C’est pourtant exactement ce que Claude Degliame va faire, tenter de faire, se mettre à sa place, prendre sa place, pour vous faire ressentir ce que nous avons, par elle, ressenti. Avec émotion nous vous présentons cette Dame, pour qu’il soit rendu justice à sa forme de liberté. Il y a, socialement, politiquement, débat déchaîné sur son métier. Ça ne nous intéresse pas, en tout cas pas ici. Ici c’est l’humain qui nous intéresse. Il n’y a humainement pas débat : Aglaé est une grande, très grande personne. Grâce soit rendue à sa vie de chien !
Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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Le 25 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 23

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.dimanche 17 juin 2007 Le second tour des élections législatives confirme la tendance esquissée une semaine plus tôt : la nouvelle assemblée nationale rosit et se féminine. La faible majorité relative pour le PS se transforme en majorité absolue quand on y ajoute les voix du Point G (centristes ségolistes) et des divers gauche.Il semble que les électeurs de gauche aient voulu les pleins pouvoir pour la présidente — bien davantage que les cadres du Parti socialiste qui se sont signalés, tout au long de cette campagne, par leur tiédeur. Jean-Marie Colombani, dans Le Monde impute ce divorce au « piège du non-cumul des mandats » — une exigence non négociable de la présidente, qu’elle a maintes fois réitérée : ce sera, pour tous, le cumul ou le pouvoir.Beaucoup de ténors du PS sont obligés de céder leur place s’ils veulent un jour participer à l’exécutif. Beaucoup d’hommes cumulards  de gauche sont remplacés par des femmes inconnues du grand public, elles profitent de la vague Royal pour faire leur entrée dans la chambre. Trente d’entre eux, surnommés  « Le Groupetto des mauvais perdants », décident de quitter définitivement la vie politique nationale. A droite, une tentative d’accord unitaire dès le premier tour entre le PVG, le RGV, le PNGC, les RG, l’UNG et l’IVG a fait long feu. La droite s’est déchirée au entre listes concurrentes ; pour sauver les meubles, dans la plupart des régions, il a fallu, au deuxième tour, surfer sur la vague féministe en se rassemblant derrière la femme arrivée en tête.  Trente mâles conservateurs, surnommés « les macho men », décident de quitter définitivement la vie politique nationale. Ces législatives ont cristallisé, en fait, la résurgence de tensions entre les sexes dans la société française. Certains hommes commencent à avoir peur. Selon Libération, des « clubs de défense du lui » se créent spontanément dans le pays, « rassemblés par un mot d’ordre simple :  faire travailler les femmes pour créer du chômage chez les hommes, c’est une revanche, pas un progrès ». L’association SOS hommes battus enregistre un nombre record de plaintes.En fin de soirée, on apprend qu’Alain Juppé, battu en Gironde, a été appelé par la présidente Royal au secrétariat d’État du grand Charléty de l’environnement, du développement durable, de la biodiversité et du changement de changement climatique. Le maire de Bordeaux y remplacera la citoyenne Jeanne-Isaure de Couci de Couça, qui vient de remettre sa démission pour incompatibilité d’humeur avec la présidente. La loi du non-cumul s’applique, inflexible : « Adieu, Bordeaux ! s’écrie Alain Juppé sur son blog. Ce fut bref, mais ce fut bon »… La suite demain...

Le 19 juin 2015 à 08:59

Animal, transe, trou

Tu as 65 ans, pour une raison médicale qui te regarde tu sais que tu vas bientôt mourir, sur base de discussions que tu as eues avec lui ton entrepreneur de pompes funèbres expérimentales te conseille, pour ton enterrement, de te faire manger par des loups en Mongolie, comme d’ailleurs c’est la pratique traditionnelle là-bas. Tu imagines ton cadavre se faire manger, dépecer par des loups, ça te plaît tellement que tu te dis : « Eh mais je veux vivre ça de mon vivant nom de Dieu ! » Tu t’en vas en Mongolie, sur place tu te procures une dose de drogues anesthésiantes suffisantes pour endormir un yak, tu te pointes dans la steppe, marche 4 jours et 4 nuits sans t’arrêter, t’écroules par terre, les loups s’approchent, tu prends tes drogues. Le temps que la chimie fasse son effet les loups te reniflent, tu t’endors aux premiers grognements. A ton réveil tu es toujours insensible et tu constates que les loups se font bien plaisir, il te manque de solides morceaux de viande. Bizarrement, tout ceci te fait tellement triper que tu te dis : « Hors de question que je meure sans vivre encore d’autres expériences dans ce goût-là ! » De retour dans le monde civilisé tu survis, et tu survis d’autant mieux que les loups auraient apparemment bouffé toutes les saloperies qui te ravageaient le corps ; après quelques mois tu pètes la forme, tout va bien mais il manque quelque chose : tu voudrais réitérer l’expérience de ton corps livré à la faim des loups. Un jour en rue tu sympathises avec un chien qui semble sauvage, très drôle, très intelligent, très fin, subtil, rapide et rusé, drôle. Il a l’air de vouloir te montrer quelque chose, tu le suis, il t’emmène chez quelqu’un qui te dit : « Bonjour je suis une pute biohardcore anarcho-autonome, je suis sûre que je peux vous aider. » Tu lui dis : « Je veux me prostituer le corps, la viande du corps aux loups. Je veux donner un max de plaisir à une meute de loups, je veux payer de ma personne, votre métier m’intéresse, je suis fasciné par la charge mystique des fantasmes générés par votre métier de pute, je veux vivre cette charge à fond, être à fond dans le don, dans le don prostitutionnel, animal, mystico-biologique, hardcore du vivant, biohardcore. » Bref tu lui racontes ton fantasme de te faire bouffer encore par des loups, elle marche à fond mais te propose un truc encore mieux car moins cher, plus facile d’accès et très intense : un truc incroyable avec elle et des carpes, ça se passe dans un étang, sous l’eau, expérience extatique dingue. Quelques jours après ça y est, tu es complètement addict et pars vivre dans un trou dans la forêt.

Le 29 avril 2014 à 13:50

Ça va la famille ?

– Pas vraiment. Récemment j’ai croisé Jean-Michel Ribes, il m’a demandé ce que j’étais en train d’écrire. C’était « La Servante du Seigneur », un livre sur ma fille qui a rencontré un sacripant pas très catholique qui l’a entraînée dans une religiosité suspecte. Jean –Michel m’a dit «  C’est vrai toi t’as du matos. » C’est vrai, ma famille m’a fourni du matos : un père alcoolique qui se suicide à table chaque dimanche : Il a jamais tué personne mon Papa. Une mère hypocondriaque qui mourait toutes les semaines, mais qui a fini par mourir pour de vrai :  La Mère est froide (en préparation). Deux enfants handicapés pour de vrai à qui j’ai écrit Où on va papa ?  Une épouse charmante qui meurt subitement que j’ai ranimée dans Veuf. Pas de quoi rire mais de quoi écrire…J’ai, comme dit Cendrars, trempé ma plume dans ma vie.Je suis devenu le greffier de ma famille, je leur ai élevé des monuments en papier. En les faisant entrer dans des livres, j’ai essayé de faire durer ce qui ne dure pas. Je n’ai pas eu à inventer des personnages pour peupler mes livres, ils m’ont été fournis. Mon père était un héros de roman, livré clé en mains, il était alcoolique, médecin de campagne, il ne faisait pas payer ses clients, rentrait en voiture dans les troupeaux de moutons mais il a jamais écrasé le berger. Il mettait au bout de ses vieux souliers des caoutchoucs de bocaux pour refermer la semelle qui baillait. Si j’avais eu un père comme les autres, expert comptable, qui ait des souliers brillants et qui boive de l’eau d’Evian… peut-être que j’aurais jamais eu envie d’écrire…

Le 28 août 2015 à 08:04

Blandine Pélissier : "Si une femme a plusieurs talents, on dit qu'elle s'éparpille"

Dans la culture comme ailleurs, les jeunes femmes pensent au début qu'elles arrivent dans un monde égalitaire Les jeunes talents féminins sont très présents dans les festivals. Idem dans les écoles d'art où les femmes sont majoritaires. Puis, après 5, 10 ans, elles sont surprises par un très fort phénomène d'évaporation. Elles pensaient qu'elles vivaient dans un monde égalitaire, et peu à peu quand il s'agit de monter en responsabilité ou en grade, elles se font couper la tête les unes après les autres. C'est vrai pour les metteuses en scène, les autrices, celles qui se présentent à la direction de théâtre. Pour les actrices il y a aussi le fait que le répertoire dramatique offre des rôles majoritairement masculins et blancs. Les anglo-saxons n'ont pas peur de faire jouer un rôle de blanc à des acteurs non blancs, voire des rôles d'hommes à des femmes. Là-bas il y a des quotas et des statistiques ethniques, ce qui reste un tabou en France. Dans le monde de l'art comme ailleurs, une femme doit toujours prouver, elle a moins droit à l'erreur que les hommes. Si elle a plusieurs casquettes, on ne dira pas d'elle qu'elle a de multiples talents, mais qu'elle "s'éparpille". Si elle a de l'autorité, on ne dira pas qu'elle a de la poigne, mais qu'elle est "autoritaire"... Pour arriver à la parité dans le domaine culturel, il faut une vraie politique avec des objectifs chiffrés. Dans les établissements culturels publics, la parité pourrait être inscrite parmi d'autres principes dans le cahier des charges, avec des sanctions financières si ces objectifs ne sont  pas atteints. Blandine Pélissier est comédienne, metteuse en scène et traductrice du théatre contemporain anglo-saxon vers le français. Depuis plusieurs années elle milite avec le collectif H/F pour une véritable parité dans le monde du spectacle. Un milieu que l'on pense a prioiri émancipé et où pourtant il y a énormément à faire.

Le 23 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 21

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mercredi 6 - vendredi 8 juin 2007 Heiligendamm, Allemagne. Au sommet annuel du G8, Ségolène Royal fait une arrivée remarquée dans un petit planeur électrique aux couleurs de l’Europe, construit par la société Heuliez. Attendue sur le petit aérodrome de Heiligendamm, elle se pose sur le parking d’un supermarché voisin. Un taxi la ramène à l’aérodrome, où Angela Merkel est venue la saluer. Mais la présidente, snobant la chancelière, préférera serrer la main du président de l’aéro-club local. Ses relations avec Mme Merkel sont tendues. Selon Le Canard Enchaîné, la présidente « ne lui pardonne pas d’avoir été élue femme la plus puissante de la planète, alors qu’elle même ne figure pas au palmarès ». Il existe, assure le magazine allemand Der Spiegel, une compétition acharnée entre ces deux femmes, « sur le mode : “ C’était mon idée ! — Non, j’y avais pensé avant ! ” » Sous le manteau, des conseillers diplomatiques confient à Marianne : « L’une traite l’autre de grosse vache [ou bien,plus soft : de Walkyrie luthérienne ? ] ; l’autre appelle l’une la Madone des marais. » Ses rapports avec Vladimir Poutine sont plus ambigus. « Ils balancent entre la fascination et la répulsion, explique le psychanalyste Gérard Miller auquel le magazine Politis a eu la bonne idée de s’adresser. L’homme lui rappelle étrangement son père : ça ne m’étonnerait pas qu’elle lui fasse un procès un jour. » La présidente, ce mercredi 6 juin, s’entretient une heure et demie en tête à tête avec M. Poutine. Au sortir de l’entretien, elle retrouve la presse devant laquelle elle délivre l’un des discours les plus clairs et inspirés de toute sa mandature. C’est tout juste si les journalistes, éblouis, remarqueront le passage d’une civière qui emporte le Russe évanoui, les doigts crispés sur un magnum de vodka vide. Cette rencontre laissera une profonde impression sur Vladimir Poutine, lui inspirant ces mots qui, dans sa bouche, sont le plus beau des compliments : « Elle a des couilles, cette femme ». Avec Silvio Berlusconi, les choses sont plus claires : elle le déteste. Il représente tout ce qu’une femme comme elle, descendante en ligne directe d’Olympe de Gouges, abhorre. Cependant, comme il est le seul à remarquer qu’elle a une nouvelle coupe de cheveux, pour laquelle il la complimente longuement, elle finira par le trouver attendrissant et même, « marrant ». Lors de la conférence de presse clôturant le sommet, prenant tous les participants de court, elle annonce qu’ils se sont tous mis d’accord pour que le G8 se transforme en G 238 [G192 ?], regroupant tous les pays de la planète. Une crise diplomatique est évitée de justesse grâce au traducteur qui avouera s’être trompé dans les chiffres…    La suite demain...

Le 14 mars 2013 à 07:16

La justice, Zidane et moi et moi et moi...

Où sont les limites de l’humour ? Je ne demande aucun passe-droit, aucun favoritisme mais une franche et réelle liberté pour exercer mon métier sans pratiquer l’auto censure, c’est-à-dire le pire du pire.  Peut-être faut-il en fixer ? Le débat est aussi intéressant qu’éternel. Ce débat aurait pu avoir lieu lors de mon deuxième procès en appel avec Zidane. Il n’en fut rien. Plus que la condamnation à 5000 euro de dommages et intérêts et 5000 euro de frais de justice, ce sont les conclusions des juges qui me sidèrent. Comment la justice peut-elle à ce point se contredire d’un procès à l’autre ? Comment des juges spécialisés dans la matière peuvent-ils avoir une position diamétralement opposée sur un même sujet sans aucun élément nouveau au dossier ?  Comment peut-on à ce point nier le fond au bénéfice de la forme ? Voilà pourquoi je suis en colère, donc en excellente forme pour exercer mon métier, positivons.   Voilà maintenant plus de deux ans, je fus attaqué en justice par l’icône du foot français pour injures à son égard dans le magazine « Sportmag » de janvier 2011, suite à l’encaissement par l’ancien numéro 10 de onze millions d’euro pour son soutien à la candidature du Qatar ( grand pays de foot devant l’éternel ) pour une future coupe du monde. J’ai utilisé des termes crus, des termes de mon cru. Jamais je n’en ai voulu personnellement à Zidane à qui je souhaite longue vie et tout le bonheur du monde. Il s’agit d’un humoriste qui éreinte un personnage public.  Vous le verrez, les juges en ont décidé autrement.  En matière d’humour, le sacré, le tabou et l’intouchable n’existent pas. C’est ainsi que je considère mon métier, pour le bien de tous. Mais le débat est ouvert. En février 2012, premier procès, je suis relaxé par un jugement du tribunal. La justice constatant que : la liberté d’expression et le droit à l’humour font obstacle à ce que l’infraction d’injure publique soit retenue à mon encontre.  Zidane fait appel de ce jugement. Le 24 janvier de cette année, je suis retourné devant la cour. Cette fois, l’ancien capitaine de l’équipe de France est présent et ne demande plus 75 000 euro de dommages, mais un euro symbolique. Cela commençait bien, d’entrée je venais de gagner 74 999 euro. La suite n’a pas été aussi agréable. Voici les conclusions des juges. 1 .Si la liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels de toute société démocratique et vaut pour les informations ou commentaires qui heurtent, choquent ou inquiètent, l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme prévoit en son deuxième paragraphe des restrictions et que s’il est reconnu à tout humoriste le droit de se livrer à des attaques contre des personnes connues du public, lesdites attaques ne doivent pas correspondre à la seule volonté de rabaisser la réputation d’autrui. Mais jamais ô grand jamais mon but n’a été de nuire volontairement à cet homme ! Je l’ai dit et répété à la cour, il s’agit d’un humoriste qui s’attaque à un personnage public. Je n’ai aucune animosité personnelle contre l’homme, je critique l’une des personnalités préférées des français, vue par beaucoup comme un exemple. Je ne m’exprime pas gratuitement, il y a un contexte que la justice a oublié.   2 .« Traiter un particulier, seulement connu du public comme un ancien sportif de haut niveau, moyennant son image auprès d’entreprises ou ayant une action de lobbyste pour le compte de l’Etat du Qatar, de « pute », de « con comme une bite », « juste bon à crever dans le yaourt » est d’évidence injurieux, la Cour relevant une gradation dans ces injures, car passé la formulation d’injures à connotation sexuelle, un désir d’élimination physique est, ainsi que le tribunal l’a relevé, exprimé. » Alors là, celle-là elle est forte : « Un désir d’élimination physique » ! Nous nageons en plein premier degré, l’humour est totalement  absent du débat. Mais si j’en voulais à l’intégrité physique de Zidane, je mériterais une peine de prison ! Que fais la justice ?    3. « Considérant de plus que retenir le fait que Monsieur ALEVEQUE s’est ultérieurement excusé est indifférent car s’excuser est, à l’inverse, généralement analysé comme la reconnaissance que son comportement ou ses propos ont choqué ou heurté autrui ».  Faux. Je ne me suis jamais excusé, hormis pour une seule phrase : «  Qu’il aille crever dans son yaourt ». Phrase « off » au cours de l’entretien, qui n’aurait jamais du apparaître dans cet article et qui voulait clairement dire au journaliste : passons à autre chose. Après des centaines d’interviews je me suis fais piéger, ça arrive.   Au tribunal comme devant la cour, comme depuis deux ans, j’ai assumé entièrement ce que j’avais déclaré. Comment faut-il s’exprimer pour être entendu clairement ?  Dans tous les cas, c’est une belle leçon pour ceux qui voudraient le faire, sachez que ces excuses deviennent une charge contre vous. 4. « La rémunération des sportifs n’intéresse que les personnes intéressées par le sujet et que ce sujet ne constitue pas un sujet d’intérêt général ». La meilleure de toute ! Voilà pourquoi cette affaire n’a pas été jugée sur le fond : mes critiques n’ont pas lieu d’être puisque le débat n’a pas lieu d’être ! C’est grave.  D’ailleurs, comme tout le monde l’aura constaté, cette question ne fait jamais l’objet d’un dossier ou d’une polémique dans les médias. Et ne parlons pas des matchs truqués, des transferts litigieux ou des salaires déguisés. Circulez, y’a rien à voir ! On se lève tous pour Danone ! En conclusion : mon attaquant ne demandait qu’un euro symbolique, la justice lui en a donné 5000.  Nous ne sommes finalement plus dans le cadre d’une diffamation publique, donc basée sur un raisonnement donnant lieu à des controverses et autres causeries, mais uniquement dans le cadre d’une injure. Dans ce cas, la liberté d’expression n’existe plus. Normal ; on n’a pas le droit d’insulter gratis. Je considère que ce n’est pas mon cas, mes critiques, bien que violentes, étaient fondées sur une réflexion. Les limites de l’humour sont fixées, mais d’un procès à l’autre, d’un tribunal qui relaxe à une cour qui condamne, elles sont diamétralement opposées. Comment s’y retrouver ?  Qu’aurait-il fallu que je dise ? Rien. C’est au-dessus de mes forces et puis merde, c’est mon métier. Que je m’exprime autrement ? « Monsieur Zidane me semble se comporter comme une dame qui vend ses charmes au plus offrant », « cet homme qui n’est pas Einstein ( moi non plus d’ailleurs) est décidément très mercantile ». Peut-être… Mais le débat qui a finalement eu lieu, y compris au sein du tribunal, n’aurait pas existé. Est-ce céder à la surenchère ? Faut-il être aussi vulgaire que ce que l’on dénonce pour faire mouche ? Honnêtement, je ne sais pas. Faut-il qu’un ouvrier licencié pour des raisons bassement boursières et injustes casse pour se faire entendre ?     Dans tous les cas cet arrêt devrait faire date. L’humoriste est aussi un garde-fou qui doit dénoncer les abus et dérives de la société, à sa manière. Sauf pour les intouchables, c’est ce que la justice vient de décider. Cela devrait donner des idées à d’autres. Trop souvent la population a la mauvaise impression qu’il existe des passe-droits pour les puissants. L’humour est une arme redoutable contre les pouvoirs. Normalement… Que faire maintenant ? J’avais décidé, quel que soit le résultat, d’arrêter les frais ( dans le sens propre du terme). Tout cela coûte bonbon. Et cela fait réfléchir…Oui je sais, vous allez me dire, nous sommes en pleine crise, le chômage suit la courbe d’une démographie resplendissante, les soupes populaires battent des records de fréquentation. Alors ton petit problème personnel et égocentré de liberté d’expression en péril, on s’en fout. Vous n’aurez pas tort et pourtant… Le vrai danger qui pend au nez de cette liberté est bien celui-là ! Tu finis par te calmer ou pratiquer l’autocensure parce tu n’as pas la surface financière pour faire face à des procès. La liberté de l’humoriste symbolise celle d’une société. Mais il y a des symboles qui coûtent cher et la menace est réelle, je la subis actuellement et je ne suis pas le seul.  Mais au-delà de la condamnation, les conclusions des juges me laissent pour le moins perplexe, pour ne pas dire passablement énervé. J’ai donc déposé un pourvoi en cassation à titre conservatoire. Ce qui me laisse le temps de réfléchir et de faire les comptes. L’argent n’est pas que le nerf de la guerre, il est aussi celui de la justice. Et ça, ce n’est pas drôle.

Le 31 août 2010

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 29

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.dimanche 1er juillet 2007 Référendum sur la banque. « Bon repas du dimanche, brossez-vous bien les dents et n’oubliez pas d’aller voter ! » a rappelé la présidente en conclusion de son émission dominicale Vous avez la parole. Cette nouvelle consultation nationale se  consacre aux Français et à leur banque. La question du jour est : « Diriez-vous que vous entretenez une relation d’amitié, de confiance et de partenariat avec votre banquier ? » A la vive surprise des représentants du monde bancaire, c’est un quasi-plébiscite pour le « non ». Beaucoup de bulletins seront déclarés nuls en raison des insultes que certains électeurs n’ont pu s’empêcher d’y inscrire ; Bernard Tapie est arrêté pour avoir voulu voter deux fois. « C’est inexplicable, commente le président de la Société Générale Daniel Bouton. On leur donne des coups de pouce, ils vous rendent des coups de pied. » Le lendemain, la présidente se présente devant une banque tirée au sort, suivie par une armée de caméras et de journalistes, à l’heure précise d’ouverture des guichets. Après un petit quart d’heure, les portes s’ouvrent en effet et elle entre, munie d’une pancarte où s’affiche, en rouge sur fond noir, le verdict du référendum : « NON 92 % » Elle se plante devant le directeur de l’agence, lui colle le panneau dans les mains et lui adresse ces propos sévères, mais justes : « Le pouvoir de dire non, c’est ça ! Attention ! »   Beaucoup de cameramen n’ayant pas eu le temps d’appuyer sur « record », la présidente se prêtera de bonne grâce à une seconde priseLa suite demain...

Le 28 mars 2019 à 18:05

A définir dans un futur proche : Léonie Pernet, Barbara Carlotti, Flèche Love, Ariane Ascaride...

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

A définir dans un futur proche - "Nos périphéries", une soirée imaginée par : Elodie Demey, Mélissa Phulpin, Géraldine Sarratia, avec par ordre d'apparition Léonie Pernet, Victoire du Bois, Barbara Carlotti, Flèche Love, Ariane Ascaride. D'après "Sorcières" de Mona Chollet, adaptation Géraldine Sarratia. Aide à la mise en scène Charles Templon. Cinq artistes femmes au bord de… Comment se définir aujourd’hui ? L’idée même de définition a t-elle toujours un sens ? Il y a sûrement autant de réponses à cette question qu’il y a d’individus, autant de façons singulières de vivre sa relation au masculin, au féminin, à l’identité. À définir dans un futur proche, soirée éphémère et itinérante, explore cette pluralité sur scène en créant des ponts entre des artistes femmes (musiciennes, plasticiennes, danseuses, chanteuses, actrices) d’horizons et de profils différents qui se succèdent et apportent quelques éléments de réponse en interprétant une oeuvre de leur choix (lecture, performance, chanson...). Répondant à l’invitation du Rond-Point, À définir dans un futur proche explore donc cette fois le thème de la périphérie d’une manière poétique, métaphorique, subjective, topographique ou encore politique en invitant cinq artistes femmes sur scène. Programmé le 13 février 2019 par Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 22 avril 2017 à 09:26

Christophe Pellet : "J'ai essayé d'inventer un personnage féminin pour aujourd'hui"

Expérience scénique dangereuse, la pièce "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet nous entraîne dans un triangle charnel entre une femme libre et deux hommes perdus. Sous la direction de Stanislas Nordey,Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez dessinent les traits d’une humanité décentrée. Troubles tangibles d’individus fissurés, qui cherchent réparation. Christophe Pellet — Erich von Stroheim est convoqué comme une figure symbolique. Cet être magnifique qu’il fut, flamboyant et à terre, reste profondément moderne. Cinéaste scandaleux à son époque (il mettait en scène ses obsessions, ses désirs), dans la marge comme créateur et comme individu, accepté comme acteur mais  pour des rôles toujours très typés, incompris, perçu comme un pornocrate. Les personnages de la pièce sont eux même dans la marge : l’un par ses activités (il prête et vend son corps), l’autre par sa volonté de disparaître du paysage social (il ne souhaite pas travailler, ni s’intégrer au monde, autrement que dans une fusion amoureuse : il est épris d’absolu). L’un et L’autre seront broyés. Le personnage de la femme s’en sort mieux, car elle connaît les règles, c’est elle même qui les dicte. Mais ce que je voulais explorer c’est comment ces trois personnages s’éteignent les uns et les autres, en une alchimie tragique. Si la pièce est pornographique, c’est que la société qui l’a vu naître est elle-même pornographique. Comme toutes les pièces que j’ai écrites il y a une grande part documentaire – sinon autobiographique – sans cette nécessité je n’écrirais pas. Même si je ne me la suis pas posée en l’écrivant, il est passionnant de se poser la question de la pornographie sur une scène de théâtre. Beaucoup d’autres praticiens de la scène le font, c’est même devenu une sorte de passage obligé. Mais cela, il me semble, passe surtout par les images scéniques, le corps des acteurs, les actes, voire les vidéos – la projection  –, et pas tant que cela dans les situations et les mots, même s’il y a quelques tentatives (les adaptations  de Sade, auxquelles Stanislas Nordey a participé). La scène finalement rejoint en ce domaine particulier les représentations du cinéma et du flux sur le net : même si au théâtre le scandale est plus grand. Mais en dehors de ce scandale immédiat et direct, il n’y a pas vraiment de fable, ni peut-être même de sens. D’un côté, la représentation théâtrale offre une stylisation, une dimension formelle et distancée, de l’autre, les écrans  proposent une matière brute et interchangeable. Même si au théâtre on voit bien la volonté de démontrer une forme d’aliénation, ce qui n’existe pas la plupart du temps dans la pornographie diffusée. Il y a aussi le désir de montrer un peu crânement et vainement qu’un acte pornographique sur scène est autant possible que sur le net. Mais au bout du compte c’est la même vacuité ; l’acte lui-même se désincarne, faute de mots, ou tout simplement parce que le sens de cette agitation échappe. Un auteur peut alors tenter de prendre le  relai, et questionner cet acte via la fable. Cependant la pornographie n’est pas le sujet central de la pièce : le sujet c’est l’émancipation difficile de trois êtres. Et le sujet, avant tout, c’est moi-même. Sans aucune  réflexion sociologique, politique, ou philosophique, tout simplement parce qu’en écrivant ce texte, je n’avais pas de recul, j’étais en état de stress. Et qu’une fois publié (très vite, dans la foulée, comme pour m’en débarrasser), je n’y suis pas revenu pour en accentuer telle et telle dimension réflexive. S’il apparaît une  dimension pornographique dans le corps de ce texte, c’est qu’elle est dans mon corps à moi, parce que les textes que j’écris et mon corps ne font qu’un. > en partenariat avec theatre-contemporain.net

Le 18 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 16

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.vendredi 18 mai 2007 Premier gouvernement. La candidate l’avait promis paritaire et resserré : elle tient parole. La parité est scrupuleusement respectée, avec une seule présidente et un seul ministre, le Premier ministre — tous les autres ministres ayant disparu. Les ministères laissent la place à des secrétariats dont dépendent divers secteurs, sous-secteurs et sous-sous-secteurs, desquels dépendent à leur tour des antennes et des câbles — le tout, sous la tutelle de conseils participatifs qui dépendent, directement, ou bien de la présidente, ou bien du Premier ministre. C’en est donc fini du « trop de ministères » — puisqu’il n’y en a plus. Concernant la composition du nouveau gouvernement, l’ouverture au centre et la diversité partout se généralisent. On pressentait Jean-Marc Ayrault à la tête du gouvernement. L’intéressé, encore sous le choc de l’élection surprise, estime ne pas être prêt. Il est bien au courant, depuis le débat télévisé, de l’existence d’un programme ; mais il avoue ne jamais l’avoir vu ni lu. La présidente se tourne vers Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier est un peu déçu qu’elle se tourne, mais son sens des responsabilités prend le dessus et il accepte. Sa prise de fonctions s’accompagnera, toutefois, d’une injonction thérapeutique. Dans un gouvernement strictement paritaire, Dominique Strauss-Kahn devra faire ses preuves : à la première incartade, c’est la porte. Bernard-Henri Lévy s’est vu proposer le portefeuille de la culture, à la condition de ne faire aucun favoritisme et d’écarter tous ses amis de son cabinet. La tâche se révèle impossible : Bernard-Henri trop d’amis. Il se retrouve porte-parole de l’Élysée. C’est donc lui qui annonce, fièrement mais humblement, la composition d’un gouvernement resserré, avec une cravate neuve achetée pour l’occasion par Arielle Dombasle, aux puces de Saint-Ouen, pour ne pas faire « trop ». Ce gouvernement, explique le porte-parole en guise d’introduction, est le meilleur possible, la quintessence d’une réflexion portée à son paroxysme devant l’énorme chantier humain que représente la création d’une société nouvelle, la naissance d’une ère moderne dans le berceau des droits de l’homme… « Et de la femme », ajoute-t-il, prenant une posture qui n’est pas sans rappeler les grands tribuns de l’époque révolutionnaire. Au moment où, changeant de posture, il s’apprête à résumer son discours préalable à la composition de l’équipe gouvernementale, un huissier de l’Élysée tend gentiment le doigt vers sa montre — dans l’espoir d’accélérer le mouvement. Le nouveau gouvernement s’inscrit sous un quadruple mot d’ordre : parité, ouverture, diversité et inconnus. Car c’est l’autre grande surprise de cette composition : elle fait la plus large place à la société civile et aux simples citoyens. Les figures politiques de premier plan s’y comptent sur les doigts d’une main. La présidente a réalisé, enfin, ce renouvellement en profondeur des classes dirigeantes que le Parti socialiste appelait de ses vœux depuis des années…   La suite demain...

Le 22 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 20

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 28 mai 2007On apprend que le philosophe André Glucksmann a fait une tentative de suicide dans la nuit du dimanche au lundi ; mais ses jours ne sont plus en danger. mardi 29 mai 2007 Conseil du ministre. C’est le deuxième du quinquennat — et le premier à se tenir au cœur de la « vraie France », comme l’a souhaité la présidente. Le gouvernement est convoqué à Fontenille-Saint-Martin-d'Entraigues, riante bourgade du pays mellois qui, par une rare anomalie du maillage national, n’est pas couverte par les réseaux cellulaires ou de GPS. Les représentants des secrétariats, secteurs, sous-secteurs, sous-sous-secteurs, antennes et câbles se perdent en route, et la plupart n’arriveront jamais. On en voit errer par petits groupes, sur les chemins vicinaux entre Lussais et Couturette, fraternisant avec les journalistes envoyés de Paris qui se sont perdus eux aussi. Vers midi, des pique-nique s’improviseront sur les bords fleuris de la Boutonne. Ségolène Royal est furieuse : à l’avenir, ces retards ne se reproduiront plus. En revanche les professionnels de la politique, forts d’une longue expérience de terrain, marquent leur différence avec la société civile : partis de la gare de Niort à bicyclette, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn sont les seuls à se présenter à l’heure, avec Bernard Kouchner qui a eu l’heureuse idée de les suivre. Ils recevront tous un bon point. C’est à ce conseil que le gouvernement lance la consultation nationale pour la réforme de la justice au travail. Chaque entreprise mettra sur pied une cellule de justice participative, chargée de faire remonter les idées et suggestions des personnels qui se trouveront synthétisées par un comité de justice participative qui remettra son rapport au secrétariat d’État à l’ordre juste, qui devra mettre en place un référendum. A l’issue de la séance, la présidente tombe sur un journaliste de Paris-Match qui a, au prix d’efforts surhumains, trouvé l’entrée du village, et l’interroge sur ses relations avec François Hollande. « Ma vie privée n’intéresse pas les Français, répond-elle sèchement. Je ne veux pas qu’elle devienne l’arbre qui cache la forêt de problèmes qui s’étendent devant nous. » Paris-Match publiera l’entretien, avec un cliché de la présidente se débattant dans les ronces, au bord de la Boutonne. Il sera condamné par le tribunal de Nanterre. mercredi 30 mai 2007 Nicolas Sarkozy en avait marre de tourner en rond sur son Zodiac, face au cap Nègre où le yacht de son ami Bolloré est ancré, avec toutes ces villas sous le nez. Il décide de rentrer à Paris dans la voiture de Gilbert Montagné. Il est appelé en route par TF1 qui lui propose une interview pour le soir même. Il accepte, ce qui l’oblige à prendre le volant. Voici les grandes lignes de son passage sur TF1, interviewé par une Claire Chazal très agressive à son sujet.   « Vous n’avez pas voulu de moi ; maintenant, je vais faire du fric. Oui, du fric ! Je le dis clairement à tous les Français… Mon ami Martin Bouygues m’a proposé de prendre la direction générale du secteur BTP : j’ai accepté. Je vais montrer aux français qu’ensemble, avec Martin, tout est possible… Un projet d’émission de variétés et de société est en cours de réalisation sur cette même chaîne, et j’en prendrai les rênes en tant qu’animateur… Je veux défendre la liberté d’expression. » …La suite demain...

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