Les bonus de la saison
Publié le 03/01/2017

Jean-Michel Rabeux et Claude Degliame : Aglaé s'en fiche qu'on ait fait un spectacle sur elle


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L'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux et la comédienne Claude Degliame ont tiré leur spectacle de leur rencontre inespérée avec "Aglaé", prostituée ayant dépassé les soixante-dix ans, toujours en activité, qui défend avec une morgue aristocratique la liberté avec laquelle elle a toujours exercé son métier.

Jean-Michel Rabeux – Aglaé nous a fait taire en fait. Nous sommes sortis de chez elle joyeusement, stupéfaits d’une liberté de parole qui racontait une liberté de vie. Elle revendique son destin, elle s’amusait beaucoup à nous le raconter. Liberté est un de ses mots. Certains autres de ses mots sont beaucoup plus crus. J’ai beaucoup coupé, mais pas pour l’amadouer ou la trahir. Je n’aimerais pas du tout trahir cette femme. Son humour, sa causticité, son intelligence, mais aussi sa générosité, son amour pour ses clients, enfin, certains, sa profondeur humaine, nous ont réjouis. Nous sommes sortis de chez elle revigorés. Aussi par son intransigeance, ses emportements terribles contre les maquereaux ou les lois, qu’elle met un peu dans le même panier.
 
Aglaé c’est une Dame, avec majuscule, c’est le mot qui nous est venu. Une aristocrate. De Sarcelles, mais une vraie, pas par le sang, par l’altitude. Une que l’avis de la société sur sa pensée, sur son mode de vie, laisse de marbre, elle se met d’ailleurs assez aisément hors-la-loi. C’est une qui diffère. Elle nous a plu pour ça, elle diffère. Ce n’est pas tant son métier qui nous a retenus, c’est sa différence. Je le dis vraiment sans provocation, la personne à qui elle nous a fait le plus songer est un mathématicien de haut niveau de nos amis. Lui aussi est ailleurs de nous, il est autrement.
 
C’est cette différence qui, outre sa drôlerie, son humain trop humain, en fait un personnage de théâtre : elle n’est pas « normale », pas dans la norme. Ça non ! Phèdre non plus. Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit Aglaé, loin de là, mais c’est peut-être ce désaccord qui nous a fait tenter le plateau. Elle sait des choses que nous ne savons pas, elle les sait avec son corps, c’est, à bien des égards, difficile de se mettre à sa place. C’est pourtant exactement ce que Claude Degliame va faire, tenter de faire, se mettre à sa place, prendre sa place, pour vous faire ressentir ce que nous avons, par elle, ressenti. Avec émotion nous vous présentons cette Dame, pour qu’il soit rendu justice à sa forme de liberté. Il y a, socialement, politiquement, débat déchaîné sur son métier. Ça ne nous intéresse pas, en tout cas pas ici. Ici c’est l’humain qui nous intéresse. Il n’y a humainement pas débat : Aglaé est une grande, très grande personne. Grâce soit rendue à sa vie de chien !
Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mardi 8 mai 2007 Le recul sur soi-même continue : beaucoup de Français en profitent pour rester chez eux. La candidate élue, sous les applaudissements de la foule, accroche à son balcon un drapeau tricolore. Le 8 mai sera dorénavant fêté comme la « Journée de la victoire et du recul ». mercredi 9 mai 2007 Paris, rue d’Enghien. Le « recul » de la gauche atteint son zénith, avant l’élan de la grande fête prévue le lendemain. L’UMP en profite, par esprit de contradiction et d’opposition, pour avancer. Une réunion extraordinaire de tous les courants a été convoquée en l’absence du de Nicolas Sarkozy. Le candidat malheureux est toujours interné en Hongrie, dans un service psychiatrique où il recommence, tout doucement, à parler à l’endroit, avec l’aide d’un orthophoniste grec orthodoxe. La réunion se passe mal. Le slogan des centristes, « Séparément tout devient possible », remporte un franc succès. Cette forteresse politique qu’était l’UMP, patiemment cimentée par le leader de la droite, implose d’un coup, se désagrégeant en une multitude de petits partis : le PVG (Parti des Vraies Gens), le RGV (Rassemblement de Gens Vrais), le PNGC (Parti des Nouveaux Gens du Centre), les RG (Républicains pour les Gens), l’UNG (Union Nationale des Gens) et l’IVG (Internationale des Vraies Gens) pour les principaux. Il subsiste un embryon de tendance sarkozyste, qu’incarne à lui tout seul le fidèle Frédéric Lefebvre ; mais ce dernier n’a pas choisi son parti. Emmenés par Hervé Morin et André Santini, les centristes ont boudés la rue d’Enghien, mais aussi le MoDem de François Bayrou. Ils annoncent la création du Centre Nouveau des Femmes de France mais aussi des Hommes, et des Gens en Général (CNFFH-GG) — bientôt rebaptisé « le Point G » par les radios, pour des raisons de prononciation. Leurs intentions sont claires : en rupture avec la stratégie ambidextre du MoDem, le Point G roule ouvertement pour la présidente. François Fillon sera l’un des premiers à les rejoindre. Ségolène les fera patienter une semaine dans leurs voitures, en bas de chez elle…   La suite demain...

Le 29 avril 2014 à 13:50

Ça va la famille ?

– Pas vraiment. Récemment j’ai croisé Jean-Michel Ribes, il m’a demandé ce que j’étais en train d’écrire. C’était « La Servante du Seigneur », un livre sur ma fille qui a rencontré un sacripant pas très catholique qui l’a entraînée dans une religiosité suspecte. Jean –Michel m’a dit «  C’est vrai toi t’as du matos. » C’est vrai, ma famille m’a fourni du matos : un père alcoolique qui se suicide à table chaque dimanche : Il a jamais tué personne mon Papa. Une mère hypocondriaque qui mourait toutes les semaines, mais qui a fini par mourir pour de vrai :  La Mère est froide (en préparation). Deux enfants handicapés pour de vrai à qui j’ai écrit Où on va papa ?  Une épouse charmante qui meurt subitement que j’ai ranimée dans Veuf. Pas de quoi rire mais de quoi écrire…J’ai, comme dit Cendrars, trempé ma plume dans ma vie.Je suis devenu le greffier de ma famille, je leur ai élevé des monuments en papier. En les faisant entrer dans des livres, j’ai essayé de faire durer ce qui ne dure pas. Je n’ai pas eu à inventer des personnages pour peupler mes livres, ils m’ont été fournis. Mon père était un héros de roman, livré clé en mains, il était alcoolique, médecin de campagne, il ne faisait pas payer ses clients, rentrait en voiture dans les troupeaux de moutons mais il a jamais écrasé le berger. Il mettait au bout de ses vieux souliers des caoutchoucs de bocaux pour refermer la semelle qui baillait. Si j’avais eu un père comme les autres, expert comptable, qui ait des souliers brillants et qui boive de l’eau d’Evian… peut-être que j’aurais jamais eu envie d’écrire…

Le 28 août 2010 à 12:46

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L'autre feuilleton de l'été - 26

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mercredi 20 juin 2007 L’Imposteuse, pamphlet signé par Cassandre (pseudonyme d’un collectif de « responsables politiques éclairés »), dénonce avec vigueur la « royalisation de l’héritage socialiste » et colporte plusieurs histoires de coucherie. « Qui est Cassandre ? s’interroge Le Journal du dimanche en reprenant les extraits des coucheries. Le petit monde des médias ne bruisse que de cette question. » L’éditeur, First, assure avoir voulu « briser la loi du silence ». Cette publication suscite un certain écho. La présidente la qualifie de « charge misogyne contre toutes les femmes dans leur intégrité morale et physique ». Son porte-parole, Bernard-Henri Lévy, dénonce avec vigueur une attaque indirecte contre lui-même, et « tous les intellectuels de ce pays qui mettent les mains dedans ». Le Parti socialiste, de son côté, publie un communiqué laconique : « N’importe quoi », dont on ne sait pas très bien s’il vise le pamphlet ou sa victime. François Hollande, interrogé par le magazine Politis, assure qu’il n’a rien à faire avec cette histoire. Il ajoute : « Plus rien à faire avec cette histoire » — précision qui sera abondamment commentée dans la presse. Tous les partis de droite dénoncent une  manipulation qui « profite, bien entendu, à la victime » et ne peut qu’émaner de son propre camp. « Parce que, Claire Chazal, qu’est-ce qu’on veut, avec cette histoire ? accuse Frédéric Lefebvre. On veut faire diversion ; on veut faire oublier les vrais problèmes des Français. Eh bien, moi, je trouve ça indigne d’un parti au pouvoir. C’est pas avec nous que ce serait arrivé. » André Glucksmann, bloqué à l’hôpital avec les deux bras cassés, a un alibi. Malgré ce début prometteur de polémique, l’ouvrage se vendra mal… La suite demain...

Le 19 août 2010 à 12:46

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L'autre feuilleton de l'été - 17

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.vendredi 18 mai 2007 La tiédeur du Parti socialiste devant cette formidable avancée en paraît d’autant plus inexplicable, mais les faits sont là : au soir du 18 mai, Pierre Mauroy fait savoir qu’il quitte définitivement la vie politique. Quant à Martine Aubry, elle lâchera sèchement : « C’est super » devant la presse, mais elle n’a pas l’air de le penser. Benoît Hamon, lui, hésite : « Ben, je sais pas. Non, sur le papier, c’est bien, mais… Je sais pas ». Parmi les secrétariats resserrés : - Le secrétariat aux affaires intérieures, à l’ordre juste, aux droits et devoirs et au vivre ensemble sous le regard bienveillant de l’armée. - Le secrétariat aux régions, à la décentralisation, au particularisme et à l’identité des cantons. - Le secrétariat à l’avenir, à la recherche, au développement, au co-développement, à la réindustrialisation, à la lutte contre les concentrations  et à  la caution immobilière. - Le secrétariat à la famille, à la femme aux foyers, aux filles mères et aux gardes d’enfants. - Le secrétariat de la parité dans les autres et au pluralisme dans les uns, que pilote un binôme homme femme. - Le secrétariat à la participation participative, au référendum et à la pétition (dirigé par un collectif qui doit être élu, dans un second temps, par l’ensemble des secrétariats). - Le secrétariat à l’immigration douce, à l’intégration humaine et à l’identité mondiale. - Le secrétariat de l’argent à collecter, à compter et à répartir.- Le secrétariat à la santé, à la morale, au respect mutuel, à l’encadrement social et familial, à la protection de l’enfance et de la petite enfance, des handicapés et des minorités, à l’orientation des jeunes sans repères et à l’aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes. - Le secrétariat du grand Charléty de l’environnement, du développement durable, de la bio diversité et du changement de changement climatique. Une poignée de personnalités se sont glissées par la petite porte. Bernard Kouchner, qui avait salué dans la candidate Royal « une sainte laïque dans un monde en mouvement » même avant la clôture des bureaux de vote, est nommé secrétaire d’État aux pays dont il faut se mêler des affaires ; il dépendra du secrétariat aux affaires internationales, que conseille Hubert Védrine. Laurent Fabius devient sous-secrétaire à la biodiversité en outre-mer, sous la tutelle du secrétariat de l’avenir que dirige une certaine Madeleine Pinon. Mais il est aussi « chargé spécial de mission ». A ce titre, il se voit immédiatement commander un rapport sur la garde d’enfants dans le couple : « Détaillé, le rapport » insiste la présidente. François Bayrou, suite à un accord conclu entre les deux tours, prend la tête d’un sous-secrétariat à l’ouverture au centre : il aura ses propres bureaux, pour lui tout seul, avec lui tout seul dedans — mais pas d’enveloppe budgétaire, l’État se contentant de rembourser, ses factures d’électricité ou bien, sur justificatif, de téléphone. Hormis une vingtaine d’autres noms, c’est à peu près tout… La suite demain...

Le 22 avril 2017 à 09:26

Christophe Pellet : "J'ai essayé d'inventer un personnage féminin pour aujourd'hui"

Expérience scénique dangereuse, la pièce "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet nous entraîne dans un triangle charnel entre une femme libre et deux hommes perdus. Sous la direction de Stanislas Nordey,Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez dessinent les traits d’une humanité décentrée. Troubles tangibles d’individus fissurés, qui cherchent réparation. Christophe Pellet — Erich von Stroheim est convoqué comme une figure symbolique. Cet être magnifique qu’il fut, flamboyant et à terre, reste profondément moderne. Cinéaste scandaleux à son époque (il mettait en scène ses obsessions, ses désirs), dans la marge comme créateur et comme individu, accepté comme acteur mais  pour des rôles toujours très typés, incompris, perçu comme un pornocrate. Les personnages de la pièce sont eux même dans la marge : l’un par ses activités (il prête et vend son corps), l’autre par sa volonté de disparaître du paysage social (il ne souhaite pas travailler, ni s’intégrer au monde, autrement que dans une fusion amoureuse : il est épris d’absolu). L’un et L’autre seront broyés. Le personnage de la femme s’en sort mieux, car elle connaît les règles, c’est elle même qui les dicte. Mais ce que je voulais explorer c’est comment ces trois personnages s’éteignent les uns et les autres, en une alchimie tragique. Si la pièce est pornographique, c’est que la société qui l’a vu naître est elle-même pornographique. Comme toutes les pièces que j’ai écrites il y a une grande part documentaire – sinon autobiographique – sans cette nécessité je n’écrirais pas. Même si je ne me la suis pas posée en l’écrivant, il est passionnant de se poser la question de la pornographie sur une scène de théâtre. Beaucoup d’autres praticiens de la scène le font, c’est même devenu une sorte de passage obligé. Mais cela, il me semble, passe surtout par les images scéniques, le corps des acteurs, les actes, voire les vidéos – la projection  –, et pas tant que cela dans les situations et les mots, même s’il y a quelques tentatives (les adaptations  de Sade, auxquelles Stanislas Nordey a participé). La scène finalement rejoint en ce domaine particulier les représentations du cinéma et du flux sur le net : même si au théâtre le scandale est plus grand. Mais en dehors de ce scandale immédiat et direct, il n’y a pas vraiment de fable, ni peut-être même de sens. D’un côté, la représentation théâtrale offre une stylisation, une dimension formelle et distancée, de l’autre, les écrans  proposent une matière brute et interchangeable. Même si au théâtre on voit bien la volonté de démontrer une forme d’aliénation, ce qui n’existe pas la plupart du temps dans la pornographie diffusée. Il y a aussi le désir de montrer un peu crânement et vainement qu’un acte pornographique sur scène est autant possible que sur le net. Mais au bout du compte c’est la même vacuité ; l’acte lui-même se désincarne, faute de mots, ou tout simplement parce que le sens de cette agitation échappe. Un auteur peut alors tenter de prendre le  relai, et questionner cet acte via la fable. Cependant la pornographie n’est pas le sujet central de la pièce : le sujet c’est l’émancipation difficile de trois êtres. Et le sujet, avant tout, c’est moi-même. Sans aucune  réflexion sociologique, politique, ou philosophique, tout simplement parce qu’en écrivant ce texte, je n’avais pas de recul, j’étais en état de stress. Et qu’une fois publié (très vite, dans la foulée, comme pour m’en débarrasser), je n’y suis pas revenu pour en accentuer telle et telle dimension réflexive. S’il apparaît une  dimension pornographique dans le corps de ce texte, c’est qu’elle est dans mon corps à moi, parce que les textes que j’écris et mon corps ne font qu’un. > en partenariat avec theatre-contemporain.net

Le 21 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 19

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.dimanche 27 mai 2007 Sur les chaînes du service public et en simultané sur radio Nova — mais en version électro —, Ségolène Royal inaugure l’émission Vous avez la Parole, allocution présidentielle au pied levé. Elle aura lieu tous les dimanche à midi, juste après l’autre messe. Au cours de ce premier « entretien informel avec les Français », on compte trente-deux fois l’expression : « vous m’avez dit ». Détendue, souriante, la présidente promeut avec passion ses initiatives, non sans quelques notes d’humour, avec ce sens de l’autodérision qui la caractérise : « Il ne faudrait pas que désirs d’avenir deviennent regrets du passé, hi hi hi ! » Elle remercie les électeurs à douze reprises et présente des excuses pour l’histoire des cocottes. Vous avez la Parole est l’occasion « de réfléchir, ensemble, à toutes ces choses que vous m’avez dites » en « explorant les moyens de bâtir des voies nouvelles ». Ce jour-là, les Français découvrent qu’ils ont donné plein d’idées à la présidente. Elle propose une journée sans voiture, qui sera fusionnée avec la journée sans tabac et au cours de laquelle les citoyens responsables seront appelés à ménager leur santé, mais aussi celle des citoyens moins responsables, sous la supervision des médecins de l’armée. Pourquoi aussi ne pas remplacer la journée de la Femme par une journée de l’Amour — où chacun s’engagerait à faire un geste significatif pour l’autre, sous le patronage de l’armée ? La présidente annonce surtout un grand « plan pour l’égalité domestique », fondé sur une idée simple : l’égalité au foyer, cela passe par la formation dans l’entreprise. Les hommes recevront, sur leur lieu de travail, des cours de tri de linge, de repassage et de nettoyage de sanitaires. « Et tous ceux que cela fait ricaner, précise la présidente, je les attends au tri du linge ! » Les femmes recevront, sur leur lieu de travail, une formation au hors-jeu en football, avec séance vidéo. « A toutes, à tous, conclut la présidente, un bon repas du dimanche ! Ensemble, dans ce cercle familial qui s’agrandira pour former un cercle national — socle sur lequel nous bâtirons, ensemble, une nouvelle société. Je vous salue du fond du cœur. » Selon le porte-parole Bernard-Henri Lévy, « Ségolène Royal a tenu un discours d’espoir et de responsabilité. Nous avons dit les mots qu’il fallait dire ; nous avons fait les gestes qu’il fallait faire ». Le socialiste Jack Lang, lui, regrette publiquement de ne pas avoir eu toutes ces idées avant — mais il tient à rappeler qu’il ne demande rien. Le soir même, Dominique de Villepin annonce la création d’un nouveau parti : Vent d’Espoir. En privé, il avoue souhaiter avec impatience le retour de Nicolas Sarkozy et son croc de boucher, qui lui permettrait de revenir sur le devant de la scène politique et de tuer l’ennui. [incohérent avec ce que déclarera DVP en 2008] Quant aux secrétaires d’État concernés par ces initiatives, ils avouent ne pas avoir été consulté avant l’émission. Mais ils trouvent les suggestions originales et, dans la droite ligne de la politique promise par Mme Royal, vont se mettre au travail rapidement, après avoir vérifié que la présidente ne changerait pas d’avis…La suite demain...

Le 30 août 2010 à 12:46

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L'autre feuilleton de l'été - 28

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 25 juin 2007 Coup d’envoi de la Conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance. Le mot d’ordre est simple : « On augmente, on augmente, on augmente ». Parmi les mesures phares : toute entreprise ayant bénéficié d’aides publiques sera contrainte de faire des bénéfices afin de ne pas licencier, de passer tous ses employés qui ne le sont pas encore en CDI, d’acheter des tremplins  pour pouvoir accueillir des jeunes et les occuper, de mettre en œuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l’expérience professionnelle, et de reconnaître à tous un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études  — ce dernier point fera l’objet d’un traitement à part, dans le cadre d’un séminaire d’explication de texte, afin que chacun puisse le comprendre et le rendre opérationnel). Un revenu de solidarité active (RSA), permettant l’amélioration d'un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail, est confié à Martin Hirsh. Celui-ci fera un étonnant lapsus en conférence de presse : « Je suis ravi, pour tous ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, que madame Ségolène Sarkozy me confie cette grande mission. » Le subtil essayiste Jacques Attali, qui venait à l’Elysée remettre un rapport intitulé « La solution au travail, salaires, revenus, croissance et autres », est arrêté alors qu’il tentait d’entrer à Matignon par une porte de service pour y déposer son oeuvre. Conduit au poste de police du VIIIe arrondissement, il sera relâché dans la soirée après confiscation du rapport. mardi 26 juin 2007 Réuni à Montravers, dans le canton de Cerizay, au bord de la Sèvre nantaise, le conseil du ministre annonce un chantier spécialisé, parallèle à la conférence sur les salaires, et qui concerne « la défense des 35 heures à travers leur assouplissement ». Il est décidé qu’une commission participative spéciale sera mise en place au retour de vacances de Martine Aubry, afin de savoir si Martine Aubry doit participer aux discussions… La suite demain...

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