Les bonus de la saison
Publié le 16/01/2017

Jean-Michel Rabeux : Aglaé dit ce qu'elle a à dire et elle vous emmerde


      Partager la vidéo 

Autres épisodes :

L'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux et la comédienne Claude Degliame ont tiré leur spectacle de leur rencontre inespérée avec "Aglaé", prostituée ayant dépassé les soixante-dix ans, toujours en activité, qui défend avec une morgue aristocratique la liberté avec laquelle elle a toujours exercé son métier.

Extrait des confidences d'Aglaé adaptées pour la scène par Jean-Michel Rabeux : « Mon dieu, ce qu’on peut devenir laide ! J’ai maigri ces derniers temps, ça embellit un peu à mon âge de maigrir, non ? Vous me donnez quel âge ? Tout le monde se goure. Et ils se gourent pas de trois ans, non, non, des fois c’est même vingt. Ça me flatte, même si c’est pour être gentil. Ça me plaît de plaire, pas de les faire bander, ça c’est facile. De plaire encore à mon âge. J’ai beau être une pute, je suis rien qu’une femme. J’ai beau être une femme je ne suis rien qu’une pute... pute, pute, pute.»


Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

Plus de...

Jean-Michel Rabeux

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 17 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 15

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mardi 15 mai 2007 Nicolas Sarkozy est rapatrié en France par un hélicoptère mis à sa disposition par le ministère de l’intérieur. Son état s’est amélioré. Mais, arrivé au Bourget, le candidat malheureux est informé, par un journaliste stagiaire, que son épouse Cécilia ne s’est pas déplacée pour voter au deuxième des élections. A la consternation des couples Balkany et Hortefeux venus l’accueillir, Nicolas Sarkozy est pris d’un nouvel accès de colère. Il rend publiquement sa femme responsable de son échec électoral. Il demande au stagiaire médusé de faire passer un message à Cécilia — « … Que cette fois-ci, c’est bien fini ! Que ses robes Prada, elle se les payera elle-même ! Et que j’annule son forfait SFR ! Et que si elle revient, j’annule tout ! ». Puis il annonce qu’il démissionne du conseil général des Hauts-de-Seine. Il reste sans réaction quand on lui apprend que l’UMP s’est dissoute. « On verra », répond-il à la presse qui le questionne sur son avenir politique : pour le moment, il se prépare à « habiter la fonction du perdant » ; il veut « traverser le désert en bateau ». Son ami Vincent Bolloré, qui devait lui prêter son yacht pour aller réfléchir, en cas de victoire, lui prêtera l’un des Zodiac du palace flottant.  mercredi 16 mai 2007 Cérémonie de passation des pouvoirs. A 11h00, Ségolène Royal est accueillie sur le perron de l’Élysée par un Jacques Chirac rayonnant, qui lui tend la main avant de lui claquer une bise et de lui passer, longuement, la même main dans le dos, voire plus bas : « C’est plus sympa qu’avec l’autre », commentera-t-il en privé. La présidente reste impassible. Leur entretien dure une heure. Vers 11h40, un retentissant « salope ! » jaillit des salons élyséens, prononcé par la voix inimitable de Jacques Chirac. La presse, massée à l’extérieur, blêmit. L’insulte est répétée à deux reprises, bientôt suivie par une nouvelle salve non moins dégradante — « pétasse ! grognasse ! ». Le chef du protocole se tord les mains sur le perron. Tous les regards sont braqués sur les portes du palais. A midi, pourtant, la nouvelle présidente de la République, rayonnante, raccompagne son prédécesseur dans la cour d’honneur et prend congé de lui sur une chaleureuse poignée de mains. « Merci pour tout, cher Jacques ! Mes amitiés aux Hariri. Pour les codes du nucléaire, vous m’aviez dit quoi, déjà ? » En riant, elle dissipera l’équivoque devant la presse interloquée : « Ce fut, naturellement, très respectueux. Monsieur Chirac m’a simplement entraînée à serrer des mains et à prendre toutes les insultes avec le sourire — qualité première et essentielle pour le poste, selon lui. » Premières mesures. Dans la soirée, les premières mesures du quinquennat sont dévoilées. La présidente annonce le lancement d’un vaste plan d’économies gouvernemental : « Un euro dépensé, un euro utile », qui va d’abord se concentrer sur les frais de bouche de l’Élysée. D’autre part, les conseils des ministres et les séances de l’Assemblée Nationale sont reportés au mardi — parce que le mercredi, c'est le jour des gosses. Les grands symboles de la République ne sont pas oubliés. En janvier, durant sa campagne, le candidat Nicolas Sarkozy avait évoqué la mémoire du jeune fusillé communiste Guy Môquet, faisant crier la gauche à la captation d’héritage. Est-ce une réponse indirecte de Mme Royal ? A sa demande de la présidente, on affichera dans toutes les écoles de France, à l’intention des élèves qui auront le droit de la lire ou pas, une lettre peu connue de Mme Môquet à son fils : « … Qu’est ce que tu fais à traîner tout le temps dans les rues ? C’est dangereux. Pense à ta mère, pense à ta famille, n’oublie jamais que la famille, c’est le socle qui te permettra, à toi, d’avancer dans la vie, et à ton pays, de s’en sortir. Ta mère qui t’aime. »   La suite demain...

Le 22 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 20

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 28 mai 2007On apprend que le philosophe André Glucksmann a fait une tentative de suicide dans la nuit du dimanche au lundi ; mais ses jours ne sont plus en danger. mardi 29 mai 2007 Conseil du ministre. C’est le deuxième du quinquennat — et le premier à se tenir au cœur de la « vraie France », comme l’a souhaité la présidente. Le gouvernement est convoqué à Fontenille-Saint-Martin-d'Entraigues, riante bourgade du pays mellois qui, par une rare anomalie du maillage national, n’est pas couverte par les réseaux cellulaires ou de GPS. Les représentants des secrétariats, secteurs, sous-secteurs, sous-sous-secteurs, antennes et câbles se perdent en route, et la plupart n’arriveront jamais. On en voit errer par petits groupes, sur les chemins vicinaux entre Lussais et Couturette, fraternisant avec les journalistes envoyés de Paris qui se sont perdus eux aussi. Vers midi, des pique-nique s’improviseront sur les bords fleuris de la Boutonne. Ségolène Royal est furieuse : à l’avenir, ces retards ne se reproduiront plus. En revanche les professionnels de la politique, forts d’une longue expérience de terrain, marquent leur différence avec la société civile : partis de la gare de Niort à bicyclette, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn sont les seuls à se présenter à l’heure, avec Bernard Kouchner qui a eu l’heureuse idée de les suivre. Ils recevront tous un bon point. C’est à ce conseil que le gouvernement lance la consultation nationale pour la réforme de la justice au travail. Chaque entreprise mettra sur pied une cellule de justice participative, chargée de faire remonter les idées et suggestions des personnels qui se trouveront synthétisées par un comité de justice participative qui remettra son rapport au secrétariat d’État à l’ordre juste, qui devra mettre en place un référendum. A l’issue de la séance, la présidente tombe sur un journaliste de Paris-Match qui a, au prix d’efforts surhumains, trouvé l’entrée du village, et l’interroge sur ses relations avec François Hollande. « Ma vie privée n’intéresse pas les Français, répond-elle sèchement. Je ne veux pas qu’elle devienne l’arbre qui cache la forêt de problèmes qui s’étendent devant nous. » Paris-Match publiera l’entretien, avec un cliché de la présidente se débattant dans les ronces, au bord de la Boutonne. Il sera condamné par le tribunal de Nanterre. mercredi 30 mai 2007 Nicolas Sarkozy en avait marre de tourner en rond sur son Zodiac, face au cap Nègre où le yacht de son ami Bolloré est ancré, avec toutes ces villas sous le nez. Il décide de rentrer à Paris dans la voiture de Gilbert Montagné. Il est appelé en route par TF1 qui lui propose une interview pour le soir même. Il accepte, ce qui l’oblige à prendre le volant. Voici les grandes lignes de son passage sur TF1, interviewé par une Claire Chazal très agressive à son sujet.   « Vous n’avez pas voulu de moi ; maintenant, je vais faire du fric. Oui, du fric ! Je le dis clairement à tous les Français… Mon ami Martin Bouygues m’a proposé de prendre la direction générale du secteur BTP : j’ai accepté. Je vais montrer aux français qu’ensemble, avec Martin, tout est possible… Un projet d’émission de variétés et de société est en cours de réalisation sur cette même chaîne, et j’en prendrai les rênes en tant qu’animateur… Je veux défendre la liberté d’expression. » …La suite demain...

Le 7 juin 2011 à 01:30

Le corps des femmes après Berlusconi

Un documentaire de Lorella Zanardo, Marco Malfi Chindemi et Cesare Cantù

Ça n'est pas une majorité morale serrée du cul qui a dit "assez" à Berlusconi en lui infligeant sa plus humiliante déculottée électorale. Mais des spectateurs se frottant les yeux après des décennies de "pornocratie" triomphale. Même la ville d'Arcore, près de Milan, où Silvio Berlusconi possède la luxueuse villa de ses soirées "bunga bunga", est passée à l'opposition.Voici un documentaire éclairant sur la manière dont l'Italie berlusconienne a traité le corps des femmes. "Nous sommes partis d’un état d’urgence. La constatation que les femmes, les femmes vraies, sont en train de disparaître de la télévision et qu’elles ont été remplacées par une représentation grotesque, vulgaire et humiliante", racontent les réalisateurs de ce film disponible en sept langues sur leur site il corpos delle donne (le corps des femmes). "La perte nous a semblé énorme : l’élimination de l’identité des femmes était en train de se produire sous les yeux de tous mais sans qu’il y ait une réaction appropriée, même de la part des femmes. A partir de cette constatation, l’idée a fait son chemin de sélectionner des images de la télévision qui auraient en commun l’utilisation manipulatoire du corps des femmes pour raconter ce qui est en train de se produire, non seulement à qui ne regarde jamais la télévision, mais aussi et surtout à qui la regarde mais « ne la voit pas  ». L’objectif est de nous interroger et d’interroger sur les raisons de cette disparition, un véritable « pogrom » duquel nous sommes tous les spectateurs silencieux. Le travail a donc donné une importance particulière à l’élimination des visages adultes de la télévision, au recours à la chirurgie esthétique pour éliminer le moindre signe du passage du temps et aux conséquences sociales de cette élimination."

Le 27 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 25

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mardi 19 juin 2007 Loi de finances rectificatives. Elle est votée des deux mains par la nouvelle assemblée, convaincue qua ça fera plaisir à Ségolène et que de toute façon, le Sénat va rejettera illico cette abomination comptable. Mais le Sénat, victime d’une malencontreuse panne de sonorisation, va l’approuver — il a cru voter la hausse de ses indemnités parlementaires. Cette loi ambitieuse se conforme aux intentions annoncées par la présidente : « On fait tout passer tout de suite, après ça on n’en parle plus. » Le budget de la Justice est doublé. Le budget de l’Armée est doublé. Le SMIC est porté à 1 500 €. Le budget de la Recherche est augmenté de 61,05 % — soit cinq années d’augmentation à 10 % d’un coup. Les petites retraites et les allocations adulte handicapé sont augmentées de 5%. L’allocation de rentrée scolaire est doublée. Trop, c’est trop : au soir du vote par le Sénat, le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, annonce son retrait définitif de la vie politique et institutionnelle : « Je vais me payer un beau petit ksour à Djerba et à partir de maintenant, ce sera zéro stress et poisson grillé tous les soirs : ça va me faire le plus grand bien », déclare au Figaro l’irascible serviteur de l’État. Catherine Simonet, secrétaire d’État de l’argent à collecter, à compter et à répartir, chargée de financer les réformes, fait une attaque de nerfs dans son bureau de Bercy, avant de sombrer dans une profonde dépression. Elle est consolée par Dominique Strauss-Kahn qui déclare, au sortir de la réunion : « Je n’ai pas touché à sa calculette. » Mme Simonet sera remplacée par l’ancien comptable de l’association Désirs d’Avenir. Celui-ci parviendra, par miracle, à équilibrer les comptes en procédant, selon ses dires, à « des opérations de bon père de famille Poitevin ». A Saint-Martin-du-Fouilloux, dans canton de Ménigoute (79), le conseil du ministre annonce le lancement du grand chantier « Des logements pour tous, par tous, et partout ». L’objectif de la candidate Royal était de construire 120 000 logements sociaux par an : pour être sûr de l’atteindre sur l’ensemble du quinquennat, on en démarre 600 000 d'un seul coup, avec le soutien de l’armée dite « de travail » — et dans demander leur avis aux maires. Le secteur du BTP explose. Dans les  semaines qui suivent, le groupe Bouygues, par la voix de son directeur général Nicolas Sarkozy, annonce l’embauche de 15 000 personnes, pour la plupart des travailleurs immigrés en instance de régularisation : Avocat de formation, Nicolas Sarkozy se battra pour eux avec acharnement afin d’accélérer la procédure. Parallèlement, l’immobilier dégringole et les loyers, en particulier à Paris, chutent — permettant ainsi aux familles de devenir propriétaires, ou bien d’augmenter leur pouvoir d’achat, ou encore d’augmenter tout court. Une épidémie de suicides éclate dans les Hauts-de-Seine. « Les gens ont du mal à se faire au changement, tempère Patrick Devedjian, qui vient de succéder à Nicolas Sarkozy à la tête du conseil général. Il y a une espèce de mode du suicide, mais je pense que ça va se calmer ». Ça se calme, en effet, quand on découvre que les suicides font plonger davantage la valeur des terrains La suite demain...

Le 2 septembre 2010 à 10:46

Libertude, égalitude, fraternitude

Ségolène à l'Elysée - 31

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mercredi 4 juillet 2007 Anne Fulda, la pétillante journaliste politique du Figaro, devait interviewer le Premier ministre. Inexplicablement, elle se voit refoulée aux portes de Matignon sur intervention de la Présidente. Éric Zemmour est convoqué en urgence pour la remplacer.La droite se déchaîne contre ce « fait de la Princesse ».  jeudi 5 juillet 2007 « Meurtrie par les hommes, c’est avec lui qu’elle a pansé ses blessures. » Pour cette photo du chien Poupouille courant sur une plage de Marbella, la langue pendante, Paris-Match sera condamné à 7 500 € d’amende par le tribunal de Nanterre. vendredi 6 juillet 2007 La secrétaire d’État à l'éducation et tout ce qui tourne autour réussit à imposer dans les écoles, malgré la fronde menée par l’ensemble de la droite sous l’impulsion de Xavier Darcos, la projection du film roumain 4 mois, 3 semaines et 2 jours — récit d'un sordide avortement dans la Roumanie de Ceaucescu. La secrétaire trouve un soutien inattendu à droite chez Philippe de Villiers, pour qui « c’est bien que les enfants sachent ».dimanche 8 juillet 2007 Consultation nationale sur la délinquance : « Après les récentes émeutes à Rosny-sous-Bois, ne pensez-vous pas que la jeunesse des cités manque d’amour, mais surtout de repères ? » …La suite demain...

Le 3 janvier 2017 à 17:40

Jean-Michel Rabeux et Claude Degliame : Aglaé s'en fiche qu'on ait fait un spectacle sur elle

L'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux et la comédienne Claude Degliame ont tiré leur spectacle de leur rencontre inespérée avec "Aglaé", prostituée ayant dépassé les soixante-dix ans, toujours en activité, qui défend avec une morgue aristocratique la liberté avec laquelle elle a toujours exercé son métier. Jean-Michel Rabeux – Aglaé nous a fait taire en fait. Nous sommes sortis de chez elle joyeusement, stupéfaits d’une liberté de parole qui racontait une liberté de vie. Elle revendique son destin, elle s’amusait beaucoup à nous le raconter. Liberté est un de ses mots. Certains autres de ses mots sont beaucoup plus crus. J’ai beaucoup coupé, mais pas pour l’amadouer ou la trahir. Je n’aimerais pas du tout trahir cette femme. Son humour, sa causticité, son intelligence, mais aussi sa générosité, son amour pour ses clients, enfin, certains, sa profondeur humaine, nous ont réjouis. Nous sommes sortis de chez elle revigorés. Aussi par son intransigeance, ses emportements terribles contre les maquereaux ou les lois, qu’elle met un peu dans le même panier.   Aglaé c’est une Dame, avec majuscule, c’est le mot qui nous est venu. Une aristocrate. De Sarcelles, mais une vraie, pas par le sang, par l’altitude. Une que l’avis de la société sur sa pensée, sur son mode de vie, laisse de marbre, elle se met d’ailleurs assez aisément hors-la-loi. C’est une qui diffère. Elle nous a plu pour ça, elle diffère. Ce n’est pas tant son métier qui nous a retenus, c’est sa différence. Je le dis vraiment sans provocation, la personne à qui elle nous a fait le plus songer est un mathématicien de haut niveau de nos amis. Lui aussi est ailleurs de nous, il est autrement.   C’est cette différence qui, outre sa drôlerie, son humain trop humain, en fait un personnage de théâtre : elle n’est pas « normale », pas dans la norme. Ça non ! Phèdre non plus. Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit Aglaé, loin de là, mais c’est peut-être ce désaccord qui nous a fait tenter le plateau. Elle sait des choses que nous ne savons pas, elle les sait avec son corps, c’est, à bien des égards, difficile de se mettre à sa place. C’est pourtant exactement ce que Claude Degliame va faire, tenter de faire, se mettre à sa place, prendre sa place, pour vous faire ressentir ce que nous avons, par elle, ressenti. Avec émotion nous vous présentons cette Dame, pour qu’il soit rendu justice à sa forme de liberté. Il y a, socialement, politiquement, débat déchaîné sur son métier. Ça ne nous intéresse pas, en tout cas pas ici. Ici c’est l’humain qui nous intéresse. Il n’y a humainement pas débat : Aglaé est une grande, très grande personne. Grâce soit rendue à sa vie de chien !

Le 19 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 17

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.vendredi 18 mai 2007 La tiédeur du Parti socialiste devant cette formidable avancée en paraît d’autant plus inexplicable, mais les faits sont là : au soir du 18 mai, Pierre Mauroy fait savoir qu’il quitte définitivement la vie politique. Quant à Martine Aubry, elle lâchera sèchement : « C’est super » devant la presse, mais elle n’a pas l’air de le penser. Benoît Hamon, lui, hésite : « Ben, je sais pas. Non, sur le papier, c’est bien, mais… Je sais pas ». Parmi les secrétariats resserrés : - Le secrétariat aux affaires intérieures, à l’ordre juste, aux droits et devoirs et au vivre ensemble sous le regard bienveillant de l’armée. - Le secrétariat aux régions, à la décentralisation, au particularisme et à l’identité des cantons. - Le secrétariat à l’avenir, à la recherche, au développement, au co-développement, à la réindustrialisation, à la lutte contre les concentrations  et à  la caution immobilière. - Le secrétariat à la famille, à la femme aux foyers, aux filles mères et aux gardes d’enfants. - Le secrétariat de la parité dans les autres et au pluralisme dans les uns, que pilote un binôme homme femme. - Le secrétariat à la participation participative, au référendum et à la pétition (dirigé par un collectif qui doit être élu, dans un second temps, par l’ensemble des secrétariats). - Le secrétariat à l’immigration douce, à l’intégration humaine et à l’identité mondiale. - Le secrétariat de l’argent à collecter, à compter et à répartir.- Le secrétariat à la santé, à la morale, au respect mutuel, à l’encadrement social et familial, à la protection de l’enfance et de la petite enfance, des handicapés et des minorités, à l’orientation des jeunes sans repères et à l’aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes. - Le secrétariat du grand Charléty de l’environnement, du développement durable, de la bio diversité et du changement de changement climatique. Une poignée de personnalités se sont glissées par la petite porte. Bernard Kouchner, qui avait salué dans la candidate Royal « une sainte laïque dans un monde en mouvement » même avant la clôture des bureaux de vote, est nommé secrétaire d’État aux pays dont il faut se mêler des affaires ; il dépendra du secrétariat aux affaires internationales, que conseille Hubert Védrine. Laurent Fabius devient sous-secrétaire à la biodiversité en outre-mer, sous la tutelle du secrétariat de l’avenir que dirige une certaine Madeleine Pinon. Mais il est aussi « chargé spécial de mission ». A ce titre, il se voit immédiatement commander un rapport sur la garde d’enfants dans le couple : « Détaillé, le rapport » insiste la présidente. François Bayrou, suite à un accord conclu entre les deux tours, prend la tête d’un sous-secrétariat à l’ouverture au centre : il aura ses propres bureaux, pour lui tout seul, avec lui tout seul dedans — mais pas d’enveloppe budgétaire, l’État se contentant de rembourser, ses factures d’électricité ou bien, sur justificatif, de téléphone. Hormis une vingtaine d’autres noms, c’est à peu près tout… La suite demain...

Le 14 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 12

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 7 mai. Depuis l’aube, Ségolène Royal se cloître dans son appartement parisien. Elle a refusé de passer rue de Solferino, assurant qu’elle n’avait pas trouvé un taxi de libre. Le bureau exécutif du Parti socialiste, réuni en cellule de crise, décide à l’unanimité de lui en commander un : elle le fait renvoyer, arguant qu’il n’est pas électrique.   Les résultats du vote remodèlent en profondeur la physionomie du Parti socialiste. Il y a déjà le retrait de la vie politique de Lionel Jospin — véritable coup de tonnerre qui laisse tous les vrais socialistes orphelins. Puis, au matin du 7 mai, le Premier secrétaire François Hollande annonce qu’il quitte ses fonctions pour reprendre sa « liberté de parole ». François Hollande entend créer au sein du Parti un nouveau courant, où sont conviés « tous les vrais gens de gauche, et tous les maris séparés ».De nouvelles élections sont planifiées en hâte : c’est finalement François Peillon qui sera élu Premier secrétaire, au cours d’un petit-déjeuner participatif, en tête-à-tête avec la présidente des Français. Le vote français fait naturellement la une de la plupart des quotidiens français ou internationaux. Libération publie en une la photo de la candidate élue, brandissant un balai-brosse à la Bastille, avec cette seule légende : « youpi ». Dans Le Monde, qui titre « Une femme à l’Élysée », l’éditorial de Jean-Marie Colombani l’assure : « C’est une sorte d’espoir qui se lève pour la gauche ». Le Parisien, lui, proclame : « Marianne au pouvoir ! » et recueille les commentaires de Johnny Hallyday. « La Bourse chute à Paris », déplore Le Figaro. « La Royal surprise », ose France-Soir. Et Vins de France : « Royal au bar ! » A Libération, le service politique étant, la veille, parti se coucher de bonne heure, très abattu, on a tiré à la courte paille pour savoir qui, qui, qui — et c’est le chroniqueur musical Bayon qui s’est collé à la soirée électorale. Après cinq heures de Bénabar - Cali en attendant la présidente, et deux heures de serpillière en suivant, Bayon a sué sang et eau sur son article, tout en s’efforçant de rester fraternel : « Pour résumer Royal, écrit-il, d’abord, ce diamant brut Bowie 72 en constat d'impuissance : “ Wham bam, thank you ma'am ! ” — qui, à la suffragette citée, va comme un gant. » Bayon résume la longue attente à la Bastille, Cali qui se roule partout, les filles aux seins nus, pour se concentrer sur l’arrivée de Ségolène Royal : « … Suivent, en réminiscence Marquee 67, nappe analogique, fumigènes floydiens, avant l'ex machina descente, comme d'acide, de la Papesse PS. Dont l'introït messianique, sorte d'OGM transpol' San Francisco / SFIO, remixant aux accents jaurésiens une communion lysergique au chabichou, d'emblée, sèche.Sourire entre Baez et D'Arc, la mise de la Linda de Souza glam s'électrise d'un batik Grace “ feed your head ” Slick, période acid-coffee à la Maison-Blanche — bras mobiles, cheveu transhumant et gorge pleine, d'où la voix jaillit, libre absolument. Tantôt brame faithfullien, tantôt feulement Janis Summertime, on écoute, médusé, cette parole d'ailleurs, qui nous crie que c'est la nôtre. Libérant, torrentielles, les énergies sexuelles : Gaïa, Cybèle, Astarté. “ Ségo déchire sa mère ”, frémit un un kid voisin, catapulté par dyschronie K-Dickienne dans un concert des Slits 80. » Ce sera la seule incursion de Bayon dans le domaine politique. Pour Laurent Joffrin, qui assure avoir tout compris à l’article, « on n’a rien écrit de plus juste sur Ségolène Royal. »… Toute la journée, la candidate élue reçoit des visiteurs — tant des personnalités que de simples citoyens qui se sont inscrits sur son nouveau blog : « Avenir à venir ». Les gens font la queue sur le trottoir. Toute  personne souhaitant une entrevue doit apporter son manger et une idée sur un papier recyclable, à glisser dans une urne spécialement conçue à cet effet. Les surplus de nourriture seront distribués à des associations caritatives. Eric Besson attend sagement son tour dans la queue, muni d’un chabichou et d’une bouteille de Pineau blanc. Débusqué par les caméras de France 2, l’auteur de Qui connaît madame Royal ? revient sur sa démarche : « C’est vrai, j’ai écrit un livre sur elle — un livre sévère, mais juste —, pour la réveiller. Et je me réjouis d’avoir été entendu. Il va de soi que je ne demande aucun poste : je suis juste heureux pour la gauche. » On reconnaît aussi, parmi les visiteurs, le pénétrant essayiste Jacques Attali. Celui-ci apporte un rapport intitulé « Les cent premiers jours d’une présidente : cent pièges à éviter, cent trucs pour présider malin » — qu’on ne lui a pas demandé, mais qu’il compte bien remettre à la présidente. Il en détaille les points l’un après l’autre pour les médias qui s’ennuyaient sur le pavé. Jacques Attali repartira sans avoir été reçu, à la nuit tombée, blessé au genou par un caméraman qui a laissé choir sa caméra en s’endormant. Bernard-Henri Lévy, de son côté, explique inlassablement à la presse pourquoi cette mini retraite était nécessaire ; combien elle s’impose ; à quel point le symbole est fort ; qu’il faut prendre de la hauteur face à l’événement ; que lui-même se sent prêt, si Ségolène le lui demandait, à arrêter son métier  d’écrivain pour travailler à ses côtés. Cependant, les visiteurs ressortent l’un après l’autre de l’immeuble, transformés, radieux, hypnotisés. Le soir qui tombe ne dissipe en rien la magie : « Dans cette journée historique, j’invite chacun à prendre du recul sur soi-même », conclut Bernard-Henri Lévy, juste avant l’accident de genou de Jacques Attali. La journée du 7 mai inaugure en fait de que la presse baptisera « le temps du recul ». Il en filtre seulement deux propositions très symboliques — que Jean-Louis Bianco annonce aux médias à la nuit tombée. Désormais, chaque policière sera raccompagnée chez elle par un policier, lui-même escorté, dans un souci de parité, par un militaire, lui-même surveillé, dans un souci de réinsertion éducative, par un délinquant condamné aux travaux d’intérêt général. Par ailleurs, le Premier ministre sera un homme…   La suite demain...

Le 3 septembre 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

Ségolène à l'Elysée - 32

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 9 juillet 2007 Annonce du grand plan « Sœur Emmanuelle » pour les banlieues, qui va souffler les observateurs internationaux par son ambition. C’est probablement le plus vaste chantier de reconstruction qu’on ait vu en France depuis le nettoyage des Côtes-d’Armor en 1978. Voici les principaux axes du grand plan Sœur Emmanuelle :       — Cours de civilité dans les écoles et à l’intérieur des centres commerciaux. — Rénovations des quartiers, plantages d’arbres de la fermeté, de l’impartialité et de la « Fra-ter-ni-té ». — Barème de punitions à la carte, votées à mains participatives levées dans tous les comités de quartier fraternels. — Plan de pacification des Transports Publics grâce aux innovations technologiques : diffusions de films et de matchs sur écrans plats HD, casques d’écoute à chaque place pour de la musique à la carte, ordinateurs en libre accès à l’arrière du bus, etc. — Retour de la police de fraternité et de proximité, des Assedic de proximité, des emplois de proximité, de la justice de proximité et des transports de proximité. — Création de « parcs de défoulements sociaux » gratuits dans les zones industrielles, comprenant bus à casser, voitures de police à caillasser, faux pompier à attaquer, concours de trafic de drogue avec distribution de points donnant droit à un chèque cadeau, cuisines à détruire pour conjoints violents, tournante avec poupée gonflable. Chaque visiteur, à sa sortie, devra « faire le point » avec un psychologue de proximité, parc, sous l’œil vigilant de « l’armée fraternelle des non armés de proximité » — pour lui permettre d’établir un premier contact direct avec la population à risque. — L’armée des non armés interviendra également dans chaque centre-ville, et en remplacement des gardiens d’immeubles. Le tout sera financé par une enveloppe de 15 milliards d’euro, prélevée sur les recettes d’une « révolution fiscale » à venir à la rentrée. La droite s’inquiète…La suite… dans l'indispensable ouvrage de Christophe Alévêque, à se mettre sous la dent sans modération.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Pascal Blanchard : Pourquoi la France est incapable d'avoir un musée de la colonisation ?
Live • 17/02/2017
Carte blanche au Bondy Blog : Ecrire ensemble
Live • 14/02/2017
François Ruffin : répétition générale publique avant son premier meeting pour les législatives à Flixecourt
Live • 08/02/2017
L'avocat William Bourdon et Antoine Deltour, lanceur d'alerte du Luxleaks
Live • 03/02/2017
Edgar Morin
Live • 02/02/2017
Tous les podcasts
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication