Nos disques sont rayés
Publié le 20/01/2017

Nos disques sont rayés : quinze jours sur les blocages français


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À quoi bon « résister » si on connaît la fin ? (…)
Nos disques sont rayés. Mais demain, peut-être trouverons-nous des réponses.
Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

Bondy Blog 7 décembre 2015

Conférences performances avec Mediapart, le Bondy Blog, Edgar Morin, Jean-Pierre Filiu, William Bourdon, François Ruffin, Frédéric Lordon, La Rumeur, Kader Aoun, Pascal Blanchard, Emma la clown & Françoise Dolto, l’ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine), Gérard Mordillat, Christophe Meierhans - conception Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes

Dès le 1er février, retrouvez chaque jour sur ventscontraires les podcasts et vidéo des 14 conférences-performances "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne.

Passé colonial mal digéré, apartheid dénoncé mais non réparé, crise de la représentativité, pouvoir régalien exorbitant du chef, corruptions, inégalités, évasion fiscale, emprise des lobbies sur la nature et notre santé sont bien sûr au menu. Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ? Pourquoi recommence-t-on encore et encore ce qui ne marche plus ? Comment sortir d'une situation bloquée ? Suffit-il de s'indigner ? Va-t-on enfin élargir le paysage ?

Quinze jours de cartes blanches, conférences, concert, performances pour rencontrer ceux qu'on maintient en lisière ou qu’on regarde avec méfiance : penseurs dérangeants, hip hopers, stand-upers, spectacles qui fracturent le champ politique par le rire – et des rédactions ne dépendant que de leurs lecteurs et d’elles-mêmes, bienvenue à Fakir, le Bondy Blog et en ouverture Mediapart, invité dans la grande salle du Rond-Point pour une soirée pirate diffusée en direct sur son site.

Festival Nos disques sont rayés, quinze jours sur les blocages français, du 23 janvier au 11 février
Captation vidéo : Larissa Pignatari, Léo Scalco

Retrouvez sur ventscontraires les podcasts et vidéo des différentes éditions du festival "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne.

>Edition #4 février 2020 : Réparer le monde
Quinze jours de débats, performances et conférences pour ouvrir les yeux sur ce que l'avenir climatique nous réserve :épuisement des ressources, déséquilibre climatique, dictature de l’intelligence artificielle... Mais comment négocier l’avenir après l’effondrement général ? On fêtera même la naissance d’une nouvelle science : la collapsologie. Après la fin du monde, on fait quoi ?

>Edition #3 février 2019 : Issue de secours, la périphérie ?
Quinze jours de débats, performances et conférences pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les « territoires ». Disputes, engueulades et rires salutaires : quand les démocraties vacillent sous le poids des inégalités, il est temps de prendre la parole, de débattre, de sortir des entre-soi. « Acceptons-nous que l’Europe se construise loin de ses citoyens ? Aimons-nous cette France à plusieurs vitesses, l’hypocrisie apartheid et tant de zones oubliées qui ruminent en silence ? » demande l’organisateur Jean-Daniel Magnin, directeur littéraire des lieux. À la veille des élections européennes, le Rond-Point ouvre les issues de secours côté banlieue. Il s’agrandit à tous les publics, aux talents qui débordent, pour un festival citoyen des périféeries urbaines.

>Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

>Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

 

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Le 18 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 16

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.vendredi 18 mai 2007 Premier gouvernement. La candidate l’avait promis paritaire et resserré : elle tient parole. La parité est scrupuleusement respectée, avec une seule présidente et un seul ministre, le Premier ministre — tous les autres ministres ayant disparu. Les ministères laissent la place à des secrétariats dont dépendent divers secteurs, sous-secteurs et sous-sous-secteurs, desquels dépendent à leur tour des antennes et des câbles — le tout, sous la tutelle de conseils participatifs qui dépendent, directement, ou bien de la présidente, ou bien du Premier ministre. C’en est donc fini du « trop de ministères » — puisqu’il n’y en a plus. Concernant la composition du nouveau gouvernement, l’ouverture au centre et la diversité partout se généralisent. On pressentait Jean-Marc Ayrault à la tête du gouvernement. L’intéressé, encore sous le choc de l’élection surprise, estime ne pas être prêt. Il est bien au courant, depuis le débat télévisé, de l’existence d’un programme ; mais il avoue ne jamais l’avoir vu ni lu. La présidente se tourne vers Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier est un peu déçu qu’elle se tourne, mais son sens des responsabilités prend le dessus et il accepte. Sa prise de fonctions s’accompagnera, toutefois, d’une injonction thérapeutique. Dans un gouvernement strictement paritaire, Dominique Strauss-Kahn devra faire ses preuves : à la première incartade, c’est la porte. Bernard-Henri Lévy s’est vu proposer le portefeuille de la culture, à la condition de ne faire aucun favoritisme et d’écarter tous ses amis de son cabinet. La tâche se révèle impossible : Bernard-Henri trop d’amis. Il se retrouve porte-parole de l’Élysée. C’est donc lui qui annonce, fièrement mais humblement, la composition d’un gouvernement resserré, avec une cravate neuve achetée pour l’occasion par Arielle Dombasle, aux puces de Saint-Ouen, pour ne pas faire « trop ». Ce gouvernement, explique le porte-parole en guise d’introduction, est le meilleur possible, la quintessence d’une réflexion portée à son paroxysme devant l’énorme chantier humain que représente la création d’une société nouvelle, la naissance d’une ère moderne dans le berceau des droits de l’homme… « Et de la femme », ajoute-t-il, prenant une posture qui n’est pas sans rappeler les grands tribuns de l’époque révolutionnaire. Au moment où, changeant de posture, il s’apprête à résumer son discours préalable à la composition de l’équipe gouvernementale, un huissier de l’Élysée tend gentiment le doigt vers sa montre — dans l’espoir d’accélérer le mouvement. Le nouveau gouvernement s’inscrit sous un quadruple mot d’ordre : parité, ouverture, diversité et inconnus. Car c’est l’autre grande surprise de cette composition : elle fait la plus large place à la société civile et aux simples citoyens. Les figures politiques de premier plan s’y comptent sur les doigts d’une main. La présidente a réalisé, enfin, ce renouvellement en profondeur des classes dirigeantes que le Parti socialiste appelait de ses vœux depuis des années…   La suite demain...

Le 14 mai 2012 à 11:29

J'aime le calme serein des passations de pouvoir

Que le pouvoir se fait léger en période de transition. Vous n'aimez pas ces intérims, ces passations qui traînent en longueur ? Hollande et Sarkozy rangés côte à côte devant la tombe du soldat inconnu, l'impétrant pas encore là et le partant déjà presque totalement effacé ? L'Europe qui retient son souffle entre Grèce en sursis et confrontation franco-allemande ? On dirait que le pays est monté dans un ascenseur. Mais au lieu de s'y serrer avec un silence contraint, on se sent libéré, on profite de la parenthèse. Avant que les problèmes, passée leur semaine de vacances, ne nous reviennent de plein fouet dans la gueule. C'est le temps suspendu succcédant au suspense des élections. Tout flotte agréablement. On reste en apné, à la fois soulagé et emprunt d'une gravité qui nous rend plus présents les uns aux autres. Comme avant un accouchement. Comme si nous traversions une contrée hésitant entre la paix et la guerre. Sauf qu'on ne retient plus son souffle : tout s'est joué avec les élections et cependant rien n'a encore commencé. Alors profitons de ce bonheur provisoire, le bonheur du déjà plus et du pas encore. Immobile en plein ciel le caillou jeté en l'air reste un instant sans bouger avant d'être remangé par l'attraction impitoyable. Nous flottons dans une espèce d'apogée irréelle et détendue, où les perdants peuvent souffler et les gagnant encore rêver. Les seuls à paniquer, les seuls qui transpirent à grosses gouttes, ce sont les anciens et les futurs responsables qui voient le nombre des jours où se jouent leurs nominations potentielles (être recasé, être casé) se réduire implacablement. Mais nous, barbotons encore un peu dans l'illusion d'une mer de possibles. Toutes les voies semblent ouvertes à l'infini. Nous sommes à la croisée de mille chemins. Profitons-en. Jusqu'à demain mardi.

Le 24 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 22

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.jeudi 7 juin 2007 De retour du Soudan, Régis Debray publie une tribune : « Choses vues de ma fenêtre au Hilton de Khartoum ». Certains croient y déceler une mise en cause de la réalité des massacres au Darfour, qui ont coûté plus de 200 000 vies. Cela lui vaut une réplique cinglante du porte-parole de l’Élysée : « Il faut croire que la fenêtre de Régis Debray avait un double vitrage. » En sortant de l’hôpital, André Glucksmann est renversée par la voiture de Jean Marie Bigard, qui sortait de chez son psychothérapeute. Le philosophe français a les deux jambes et les deux bras cassés. vendredi 8 juin 2007 La conseillère pour l’éducation du Premier ministre démissionne. Elle ne donnera pas de détails, simplement un certificat médical attestant son épuisement. Elle est remplacée par un homme. samedi 9 juin 2007 Inquiétude au Parti socialiste. Depuis la première de l’émission Vous avez la Parole, le 27 juin dernier, François Hollande a cessé de se raser et se laisse pousser les cheveux. dimanche 10 juin 2007 Premier tour des élections législatives. Elles se caractérisent par une forte participation (65%). mardi 12 juin 2007 L’éminent essayiste Jacques Attali remet au gouvernement un rapport intitulé « L’évolution de l’intellectuel de gauche de Cro-Magnon à moi — réflexions sur l’éclairage des princes ». Ce rapport fera surtout parler de lui quand on découvrira que personne n’avait rien demandé à Jacques Attali. Un laconique communiqué du gouvernement dissipe le malentendu, en précisant que « c’est très gentil de la part de M. Attali » et que ses réflexions « recevront, naturellement, toute l’attention qu’elles méritent ». Questionné par Europe 1, l’auteur s’explique : « Je viens de finir mon livre Pourquoi nous allons dans le mur, à paraître ce printemps ; avant de mettre en chantier mon Atlas amoureux des Timbres, attendu pour l’automne, il me restait un créneau… Si l’on attend le feu vert des gouvernants, de toute façon, on ne fait rien. »…La suite demain...

Le 15 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 13

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mardi 8 mai 2007 Le recul sur soi-même continue : beaucoup de Français en profitent pour rester chez eux. La candidate élue, sous les applaudissements de la foule, accroche à son balcon un drapeau tricolore. Le 8 mai sera dorénavant fêté comme la « Journée de la victoire et du recul ». mercredi 9 mai 2007 Paris, rue d’Enghien. Le « recul » de la gauche atteint son zénith, avant l’élan de la grande fête prévue le lendemain. L’UMP en profite, par esprit de contradiction et d’opposition, pour avancer. Une réunion extraordinaire de tous les courants a été convoquée en l’absence du de Nicolas Sarkozy. Le candidat malheureux est toujours interné en Hongrie, dans un service psychiatrique où il recommence, tout doucement, à parler à l’endroit, avec l’aide d’un orthophoniste grec orthodoxe. La réunion se passe mal. Le slogan des centristes, « Séparément tout devient possible », remporte un franc succès. Cette forteresse politique qu’était l’UMP, patiemment cimentée par le leader de la droite, implose d’un coup, se désagrégeant en une multitude de petits partis : le PVG (Parti des Vraies Gens), le RGV (Rassemblement de Gens Vrais), le PNGC (Parti des Nouveaux Gens du Centre), les RG (Républicains pour les Gens), l’UNG (Union Nationale des Gens) et l’IVG (Internationale des Vraies Gens) pour les principaux. Il subsiste un embryon de tendance sarkozyste, qu’incarne à lui tout seul le fidèle Frédéric Lefebvre ; mais ce dernier n’a pas choisi son parti. Emmenés par Hervé Morin et André Santini, les centristes ont boudés la rue d’Enghien, mais aussi le MoDem de François Bayrou. Ils annoncent la création du Centre Nouveau des Femmes de France mais aussi des Hommes, et des Gens en Général (CNFFH-GG) — bientôt rebaptisé « le Point G » par les radios, pour des raisons de prononciation. Leurs intentions sont claires : en rupture avec la stratégie ambidextre du MoDem, le Point G roule ouvertement pour la présidente. François Fillon sera l’un des premiers à les rejoindre. Ségolène les fera patienter une semaine dans leurs voitures, en bas de chez elle…   La suite demain...

Le 17 septembre 2014 à 09:27

Gérard Watkins : "Un théâtre à la hauteur de nos craintes et de nos peurs"

Le théâtre de Gérard Watkins s'en va explorer nos intimes blessures, celles que le politique vient creuser au plus profond de notre être, souvent à notre insu. Comme à chaque époque, nos corps et nos esprits sont l'enjeu des batailles que se livent des géants. Aujourd'hui ils sont technologiques. "La différence principale entre un être vivant en 2014, et un autre un siècle auparavant, est l’avalanche d’informations qu’il ingurgite au quotidien. L’homme moderne est le réceptacle d’un savoir aussi superficiel que volumineux. Il est assiégé par une quantité infinie de détails qui ne le concernent pas mais qui savent se prétendre indispensables. Il doit consommer l’information au même titre qu’il doit consommer l’instrument qui le transmet et l’habitacle qui l’héberge. Il a donc su développer un réflexe pour se protéger, survivre :il tente de se constituer une mémoire sélective. Pour cela, il se fraye un chemin et choisit. Il choisit de se souvenir de la Shoah parce qu’il est difficile de faire autrement, mais choisit d’oublier les circonstances qui ont mené à la tragédie. Il se souvient de la joie et de la délivrance que procure une révolution en observant de loin le Printemps arabe, mais oublie d’accueillir en son pays les « dégâts collatéraux ». Il ne peut pas vraiment faire autrement. Il doit choisir, trier, faire ce long travail lui-même, sous peine d’implosion. Personne ne peut faire ce travail à sa place. C’est la seule responsabilité qui lui reste

Le 14 février 2017 à 14:58
Le 6 août 2010 à 10:00

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 4

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.Dimanche 6 mai 200720h03. Panique générale dans les médias : il apparaît que la candidate élue a commencé son allocution, depuis le balcon du Fouquet’s à Melle, trois minutes avant vingt heures. La future présidente est entourée de ses enfants en marinière  — Thomas, Clémence, Julien et la petite Flora — ainsi que des enfants de sa femme de ménage et de son chien Poupouille. Son compagnon, le Premier secrétaire du Parti François Hollande, reste à Paris, où il console les éléphants du parti socialiste  qui prenaient déjà la direction du cimetière. Les télévisions prendront l’intervention en cours.20h04. Le discours du Fouquet’s.   « … mais juste. Ce pouvoir, je l’ai pris pour vous le rendre. Je vous ai entendus. Je continuerai à vous entendre. Je prendrai tout mon temps pour bien vous écouter ; à la fin de mon mandat, nous saurons ce qu’il faut faire. Alors moi, cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder, tout en laissant une place à ceux qui ne l’ont pas prise — mais aussi à tous ceux qui ont pris une parole différente, ainsi qu’à tous ceux qui n’ont pas pris la parole alors qu’elle était différente et enfin, à tous ceux qui ont cru prendre la parole alors qu’ils ne l’ont pas encore prise, qu’elle soit différente ou pas. Désormais tout est possible ! Ensemble, nous allons réfléchir, imaginer, envisager. Je serai la présidente de tous les fromages, et pas seulement du chabichou. Je veux que la France redevienne ce pays des Lumières qui a éclairé le monde. Je veux qu’à nouveau, la France montre la voie ; qu’à nouveau, elle donne l’exemple. Au début de cette aventure, nous n’étions qu’une poignée, et pourtant… Cette poignée de gouttes d’eau finit par former un ruisseau, puis une rivière, puis un océan, puis c’est le stade de l’évaporation — et puis, à nouveau, d’autres poignées de gouttes, d’autres ruisseaux, d’autres rivière, jusqu’à un océan de démocratie : et cela, c’est la démocratitude. Ce pacte d’honneur et de confiance — ce contrat que j’ai passé avec vous, je l’honorerai pendant cinq ans, sans vous faire payer de garantie supplémentaire. Je serai la morale ; je serai l’action ; je serai la morale de l’action. Je serai votre mère, votre sœur, votre présidente, à tous, sans exception : j’en ai la ferme volonté chevillée au corps, à la tête, aux jambes, au cou, aux cuisses, aux bras, aux pieds, à la luette. Cette belle nation que nous chérissons tous, c’est une grande famille, constituée de plein de familles — car tout commence par la famille pour finir par la grande famille — et moi, dans la famille plus juste, je veux la famille plus forte — et que personne ne me dise : pioche. Ensemble, nous allons imaginer une France que je dessinerai de ma main que vous guiderez. Permettez-moi, aussi, une pensée émue pour celle sans qui nous ne serions pas là ce soir : Jeanne d’Arc, morte sur le bûcher, toi qui as brûlé à 20 ans et n’as pas eu le temps d’être mère. Nous sommes tous tes enfants, Jeanne. Nous sommes tous des enfants de pucelle. Alors moi, la petite fille de Lorraine née à Dakar d'un père militaire, qui a grandi dans un village des Vosges, quatrième d'une famille de huit enfants, qui a eu le bonheur de connaître la réussite scolaire, de ne pas brûler et de devenir mère, comment se fait-il que je me trouve là, ce soir, devant vous ? Eh bien, c’est par et pour votre volonté ! Permettez-moi enfin de rendre hommage à mon adversaire, en lui souhaitant un prompt rétablissement. Tout reste à faire, tout reste à construire, tout reste à imaginer, avec vous et pour vous ! Vive la nouvelle République ! Vive la nouvelle France ! » …     La suite demain...

Le 14 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 12

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.lundi 7 mai. Depuis l’aube, Ségolène Royal se cloître dans son appartement parisien. Elle a refusé de passer rue de Solferino, assurant qu’elle n’avait pas trouvé un taxi de libre. Le bureau exécutif du Parti socialiste, réuni en cellule de crise, décide à l’unanimité de lui en commander un : elle le fait renvoyer, arguant qu’il n’est pas électrique.   Les résultats du vote remodèlent en profondeur la physionomie du Parti socialiste. Il y a déjà le retrait de la vie politique de Lionel Jospin — véritable coup de tonnerre qui laisse tous les vrais socialistes orphelins. Puis, au matin du 7 mai, le Premier secrétaire François Hollande annonce qu’il quitte ses fonctions pour reprendre sa « liberté de parole ». François Hollande entend créer au sein du Parti un nouveau courant, où sont conviés « tous les vrais gens de gauche, et tous les maris séparés ».De nouvelles élections sont planifiées en hâte : c’est finalement François Peillon qui sera élu Premier secrétaire, au cours d’un petit-déjeuner participatif, en tête-à-tête avec la présidente des Français. Le vote français fait naturellement la une de la plupart des quotidiens français ou internationaux. Libération publie en une la photo de la candidate élue, brandissant un balai-brosse à la Bastille, avec cette seule légende : « youpi ». Dans Le Monde, qui titre « Une femme à l’Élysée », l’éditorial de Jean-Marie Colombani l’assure : « C’est une sorte d’espoir qui se lève pour la gauche ». Le Parisien, lui, proclame : « Marianne au pouvoir ! » et recueille les commentaires de Johnny Hallyday. « La Bourse chute à Paris », déplore Le Figaro. « La Royal surprise », ose France-Soir. Et Vins de France : « Royal au bar ! » A Libération, le service politique étant, la veille, parti se coucher de bonne heure, très abattu, on a tiré à la courte paille pour savoir qui, qui, qui — et c’est le chroniqueur musical Bayon qui s’est collé à la soirée électorale. Après cinq heures de Bénabar - Cali en attendant la présidente, et deux heures de serpillière en suivant, Bayon a sué sang et eau sur son article, tout en s’efforçant de rester fraternel : « Pour résumer Royal, écrit-il, d’abord, ce diamant brut Bowie 72 en constat d'impuissance : “ Wham bam, thank you ma'am ! ” — qui, à la suffragette citée, va comme un gant. » Bayon résume la longue attente à la Bastille, Cali qui se roule partout, les filles aux seins nus, pour se concentrer sur l’arrivée de Ségolène Royal : « … Suivent, en réminiscence Marquee 67, nappe analogique, fumigènes floydiens, avant l'ex machina descente, comme d'acide, de la Papesse PS. Dont l'introït messianique, sorte d'OGM transpol' San Francisco / SFIO, remixant aux accents jaurésiens une communion lysergique au chabichou, d'emblée, sèche.Sourire entre Baez et D'Arc, la mise de la Linda de Souza glam s'électrise d'un batik Grace “ feed your head ” Slick, période acid-coffee à la Maison-Blanche — bras mobiles, cheveu transhumant et gorge pleine, d'où la voix jaillit, libre absolument. Tantôt brame faithfullien, tantôt feulement Janis Summertime, on écoute, médusé, cette parole d'ailleurs, qui nous crie que c'est la nôtre. Libérant, torrentielles, les énergies sexuelles : Gaïa, Cybèle, Astarté. “ Ségo déchire sa mère ”, frémit un un kid voisin, catapulté par dyschronie K-Dickienne dans un concert des Slits 80. » Ce sera la seule incursion de Bayon dans le domaine politique. Pour Laurent Joffrin, qui assure avoir tout compris à l’article, « on n’a rien écrit de plus juste sur Ségolène Royal. »… Toute la journée, la candidate élue reçoit des visiteurs — tant des personnalités que de simples citoyens qui se sont inscrits sur son nouveau blog : « Avenir à venir ». Les gens font la queue sur le trottoir. Toute  personne souhaitant une entrevue doit apporter son manger et une idée sur un papier recyclable, à glisser dans une urne spécialement conçue à cet effet. Les surplus de nourriture seront distribués à des associations caritatives. Eric Besson attend sagement son tour dans la queue, muni d’un chabichou et d’une bouteille de Pineau blanc. Débusqué par les caméras de France 2, l’auteur de Qui connaît madame Royal ? revient sur sa démarche : « C’est vrai, j’ai écrit un livre sur elle — un livre sévère, mais juste —, pour la réveiller. Et je me réjouis d’avoir été entendu. Il va de soi que je ne demande aucun poste : je suis juste heureux pour la gauche. » On reconnaît aussi, parmi les visiteurs, le pénétrant essayiste Jacques Attali. Celui-ci apporte un rapport intitulé « Les cent premiers jours d’une présidente : cent pièges à éviter, cent trucs pour présider malin » — qu’on ne lui a pas demandé, mais qu’il compte bien remettre à la présidente. Il en détaille les points l’un après l’autre pour les médias qui s’ennuyaient sur le pavé. Jacques Attali repartira sans avoir été reçu, à la nuit tombée, blessé au genou par un caméraman qui a laissé choir sa caméra en s’endormant. Bernard-Henri Lévy, de son côté, explique inlassablement à la presse pourquoi cette mini retraite était nécessaire ; combien elle s’impose ; à quel point le symbole est fort ; qu’il faut prendre de la hauteur face à l’événement ; que lui-même se sent prêt, si Ségolène le lui demandait, à arrêter son métier  d’écrivain pour travailler à ses côtés. Cependant, les visiteurs ressortent l’un après l’autre de l’immeuble, transformés, radieux, hypnotisés. Le soir qui tombe ne dissipe en rien la magie : « Dans cette journée historique, j’invite chacun à prendre du recul sur soi-même », conclut Bernard-Henri Lévy, juste avant l’accident de genou de Jacques Attali. La journée du 7 mai inaugure en fait de que la presse baptisera « le temps du recul ». Il en filtre seulement deux propositions très symboliques — que Jean-Louis Bianco annonce aux médias à la nuit tombée. Désormais, chaque policière sera raccompagnée chez elle par un policier, lui-même escorté, dans un souci de parité, par un militaire, lui-même surveillé, dans un souci de réinsertion éducative, par un délinquant condamné aux travaux d’intérêt général. Par ailleurs, le Premier ministre sera un homme…   La suite demain...

Le 3 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 1

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions. A suivre en feuilleton dès aujourd'hui. Bon mois d'août !Il était une fois, dans un pays imaginaire où l’imagination était au pouvoir, une femme, une vraie — avec des enfants et tout —, au destin prédestiné et hors du commun. Son histoire a commencé  il y a fort longtemps, entre Dakar et la lorraine, mais comme il s’agit d’une femme, nous ne pouvons pas vous révéler exactement quand. Un jour, ou peut-être une nuit, elle a entendu une voix, venue d’ailleurs, qui lui intima un ordre mystico-politique : « PRESENTE TOI AUX PRESIDENTIELLES ! ». D’où venait cette voix ? Personne ne l’a jamais su. Certains disent qu’elle émanait d’un certain « Tonton », dieu de gauche qu’elle avait tant adoré, d’autres qu’il s’agirait d’une mauvaise blague fomentée par des dirigeants du parti socialiste, ivres morts, au cours d’une merguez partie très arrosée, d’autres mauvaises langues firent courir le bruit qu’elle avalait régulièrement des champignons, d’autres encore que c’était le petit sorcier méchant du camp adverse, Nicolas de l’UMP de Neuilly, qui lui aurait fait boire une potion magique pour mieux la manipuler et la convaincre d’aller au combat et ainsi choisir son adversaire… Nul ne saura jamais. Telle Jeanne d’Arc affrontant les anglais, Ségolène se décida à affronter les urnes, telle serait sa mission pour les siècles à venir, se sacrifier pour la France.  Désormais, rien ni personne, y compris ses alliés, surtout ses alliés, ne pourra arrêter la grande gourou Poitevine de la démocratie participative tendue vers un ardent désir d’avenir, l’histoire était en marche. Nous allons maintenant vous narrer ce merveilleux conte de fée, rêvons ensemble en nous disant que si c’est l’autre qui avait été élu, le cauchemar eût été terrible. La grande histoire commence un 6 mai 2007, aux environs de vingt heures…     La suite demain...

Le 13 février 2018 à 14:24

Tobie Nathan : Le Parlement des dieux

Tobie Nathan écoute des migrants depuis quarante-cinq ans. Professeur de psychologie à Paris VIII, il a fondé en 1993 le Centre Georges Devereux, centre universitaire d'aide psychologique aux familles migrantes. Il a publié une quarantaine d’ouvrages, dont Ethno-roman (Grasset, prix Femina essai 2012) et Ce pays qui te ressemble (Grasset, finaliste du prix Goncourt 2015). Avec Les Âmes errantes (L’Iconoclaste 2017), il affirme ce rare talent d’être un essayiste doublé d’une plume d’écrivain. Et si la laïcité, de moins en moins accueillante, ne parvenait plus à endiguer ce que Tobie Nathan appelle « la guerre des dieux » ? « Et je parle de tous les dieux, tant des divinités païennes que des dieux monothéistes, chacun singulier dans ses exigences, du Dieu des catholiques, des protestants, des musulmans ou des juifs ». Comment penser enfin un monde que les dieux, de fait aussi multiples que les peuples, accepteront un jour de partager en paix ? Peut-on, tel un guérisseur, apaiser ces forces dont les religions n'ont pas réussi à maîtriser la violence ? La République, à travers la loi de 1905, promettait de le faire. Nous en constatons l'échec : « ce sont ces mêmes dieux qui réapparaissent aujourd'hui, rendus d'autant plus cruels qu'ils se trouvent, du fait de la mondialisation, du déplacement accéléré des populations, en concurrence directe les uns avec les autres. » Pour Tobie Nathan, il est grand temps d'ouvrir, au sein de la laïcité française, un large « parlement des dieux ». Enregistré le 10 février 2018 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-PointDurée : 02:04:31

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