Carte blanche à Mediapart : Sonnons l'alarme !

Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français

Face au monde, un journal en campagne

Notre monde bascule et voilà les traditionnelles grilles de lecture inopérantes. Terrorisme, Moyen-Orient ravagé par les guerres et les crises, nouvelles logiques de puissance, en Russie, en Turquie, extrêmes droites plus puissantes que jamais dans une Europe qui se défait, élection de Donald Trump aux États-Unis. Le monde sort de ses gonds comme saisi de convulsions, et la crise française lui fait écho, les ruines d’un quinquennat pouvant laisser le champ libre au Front national.

Mediapart, journal indépendant, numérique, donc sans papiers ni frontières, et participatif, veut par cet événement au Théâtre du Rond-Point sonner l’alarme. Sonner l’alarme sur l’état du monde et de notre pays. Et en appeler au réveil des sociétés, aux initiatives des citoyens. À quelques mois de l’élection présidentielle, Mediapart veut aussi rappeler la nécessité d’un journalisme indépendant en ce temps d’urgence, face à la communication, aux manipulations et désinformations, aux nouvelles guerres de propagande engagées sur les réseaux sociaux.

Soirée animée par Edwy Plenel, avec la participation des journalistes de Mediapart, pour rappeler combien en ces temps de fractures et de régressions, un journalisme indépendant est indispensable. Voici la liste des invités :

À propos des crises françaises
William Bourdon, avocat, vient de publier un livre sur les dérives de l’état d’urgence
Damien Carême, maire de Grande-Synthe, cherche des solutions concrètes d’accueil des réfugiés
Vanessa Codaccioni, historienne, spécialiste des répressions politiques
Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, militante des droits des femmes et des réfugiés
Patrick Weil, historien, spécialiste des questions d’immigration et de citoyenneté, reviendra sur le projet de déchéance de nationalité
Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France.

À propos des crises mondiales
Çağla Aykac, universitaire turque, contrainte à l’exil et aujourd’hui enseignante à l’université de Genève
Rohân Houssein, rappeur et poète franco-syrien
Ziad Majed, universitaire, spécialiste de la Syrie
Elias Sanbar, écrivain, traducteur du poète Mahmoud Darwich, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco
Piotr Pavlenski, artiste

Plusieurs journalistes de Mediapart interviendront également : François Bonnet, Laurent Mauduit, Ellen Salvi, Faiza Zerouala, Fabrice Arfi…

 

Enregistré salle Renaud-Barrault le 23 janvier 2017
Durée : 02:38:32



Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français. Pourquoi recommence-t-on encore et encore ce qui ne marche plus ? Comment sortir d'une situation bloquée ? Suffit-il de s'indigner ? Va-t-on enfin élargir le paysage ?

Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

 

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Le 1 février 2012 à 11:02

L'extrême droite dirige le Nouveau Théâtre à Budapest

Appel des théâtres européens pour la tolérance

Nous vous en avions parlé en octobre dernier : deux personnalités d'extrême droite venaient d'être nommées à la direction du Nouveau Théâtre de Budapest. Elles entrent en fonction ce 1er février. Un appel européen à la tolérance sera lu le soir même dans de nombreux théâtres en Europe, et bien sûr au Théâtre du Rond-PointImaginez Jean-Marie Le Pen codirigeant le théâtre du Rond-Point avec un artiste d'extrême droite... C'est ce qui vient d'arriver à Budapest. Le parti Fidesz au pouvoir poursuit sa révolution culturelle contre "l'hégémonie libérale maladive" en nommant à la tête d'un théâtre de Budapest György Dörner,  artiste aux sympathies notoires avec le parti d'extrême droite MIEP, un parti qui ne cache pas ses opinions xénophobes et antisémites, loin de là. Pourtant l'ancien directeur du Nouveau Théâtre, István Marta, avait recueilli la majorité des voix pour ce poste. L'émoi dans la profession et ce qui reste d'opposition a redoublé quand Dörner a choisi comme administrateur István Csurka, 77 ans, le président du MIEP en personne, aujourd'hui retiré de la politique. Il faut savoir que si Csurka, celui qu'on appellait le "Le Pen des Carpathes", n'édite pas des fanfares militaires, il écrit des pièces de théâtre qui ne sont jamais jouées. Avec lui Ubu administre un théâtre... bel exemple d'autogestion à la hongroise.Dernière nouvelle confiée par nos informateurs de Budapest : une semaine avant leur prise fonction le 1er février, les deux nouveaux directeurs n'avaient toujours pas de programmation pour le mois de... mars suivant ! Voici l'appel lancé de Vienne par l'auteur comédien et clown Markus Kupferblum, directeur de la compagnie Totales Theater, et de nombreux autres metteurs en scène et acteurs en Europe :"Memorandum Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, cher public, voici un memorandum qui sera lu aujourd'hui dans la plupart des théâtres européens, dans la langue du pays, avant chaque spectacle. Nous sommes aujourd’hui le 1er février 2012. Aujourd’hui-même, à Budapest, un des plus importants théâtres de la ville passe sous la direction de deux personnes qui ont depuis plusieurs années publiquement fait leurs des vues d’extrême-droite. Ils ont personnellement publié des pamphlets anti-sémites, anti-tziganes, des écrits racistes. A partir d’aujourd’hui, ils seront directeurs d’un théâtre subventionné par les fonds publics dans une capitale européenne. Ceci brise un tabou. Mais plutôt que d’utiliser cette rupture comme une nouvelle occasion de condamner Budapest, pourquoi ne pas nous engager, dans nos pays respectifs, dans nos vies, pour la tolérance, pour la diversité et pour la solidarité avec les membres les plus faibles de notre société ? Nous sommes atterrés par le fait que des forces politiques, dans beaucoup de pays européens, promeuvent la haine, le mépris et la jalousie entre les peuples. Notre intention, dans notre travail théâtral, est de dépasser les facteurs de division dans nos sociétés, pour éveiller la curiosité et aiguiser les sens du public vers les évidences sociétales – au nom du bien commun de toutes les personnes, au nom de la paix et de la liberté en Europe. Après tout, nous autres humains sommes tous libres et égaux en dignité et en droits, nous sommes tous citoyens d’un seul et même monde. Nous sommes aujourd’hui le 1er février 2012. Rassemblons-nous pour célébrer aujourd’hui la première journée du Théâtre Européen pour la Tolérance. Markus Kupferblum"

Le 15 février 2017 à 11:24

Jean-Pierre Filiu : Un tour de France des Arabes #1

Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français

« Chaque nouveau débat sur l’Islam en France est plus lourd que le précédent. Je choisis pour ma part de parler des Arabes plutôt que des Musulmans, de peuples plutôt que d’une religion, d’une culture plutôt que d’une foi. Les attentats du 13 novembre 2015 ont suscité de nombreuses d’interventions de ma part dans le cadre d’initiatives citoyennes de natures très diverses. J’ai ouvert ce cycle spontané devant deux cents lycéens de Mantes-la-Jolie, quelques jours après le massacre terroriste. Je n’ai depuis cessé de présenter et de dialoguer, depuis Dunkerque jusqu’à Montpellier, de Douarnenez à Vesoul, en passant par Le Havre, Bourges, Bordeaux, Périgueux, Nîmes ou Grenoble. J’y ai rencontré des femmes et des hommes de tous âges et de tous milieux, désireux de comprendre et d’agir pour ne pas céder à la tentation populiste. Ce Tour de France des Arabes a profondément transformé ma vision de ce pays et de son rapport à l’autre. Oui, les Lumières arabes s’efforcent depuis deux siècles de s’imposer malgré l’hostilité locale et internationale. Non, il n’y a pas de fatalité à la violence et le jihadisme n’est qu’une secte née trente ans plus tôt, appelée à disparaître si on ne lui fait pas l’immense service de l’assimiler à l’Islam. » Conférence enregistrée le 1er février 2017, salle Topor Introduction Jean-Daniel Magnin Captation et montage Larissa Pignatari, Léo Scalco

Le 5 mars 2011 à 17:05

Denis Robert contre Bankenstein - 1

Exclusif : les coulisses de l'affaire Clearstream

Après la décision de la Cour de Cassation rendu le 2 février dernier entérinant définitivement la victoire de Denis Robert contre Clearstream, la multinationale de la finance, nous vous proposons ici un  feuilleton en vingt épisodes sur les coulisses de cette affaire. Cette conférence a été enregistrée trois mois plus tôt. DR ne savait pas encore qu’il allait gagner...Il raconte en exclusivité pour ventscontraires.net comment il a survécu face au monstre qui nous tient tous en ce moment entre ses griffes. On pourrait l'appeler Mister Finanz ou Master Subprime. Denis Robert lui préfère le nom plus XIXe de Bankenstein : « Mon monstre à moi avait un regard de poisson mort, des muscles d'acrobate, le courage d'un âne et la folie d'un oligarque russe ayant abusé de vodka. Il avait placé au-dessus de ma tête, tenue par un fil, une enclume très lourde fabriquée à Luxembourg. Chacun de mes gestes devait être lent et pensé sinon j'étais mort. »Denis Robert est aussi peintre : après les avoir recoupées, vérifiées, exploitées en tant que journaliste d'investigation, il grafitte les informations glanées lors de son enquête sur ses toiles comme on tague en courant sur un mur dangereux.> épisode suivant> en partenariat avec le site littéraire du Nouvel Observateur, bibliobs.comBankenstein, conférence-performance enregistrée au Théâtre du Rond-Point le 22 octobre 2010

Le 20 octobre 2010 à 13:01
Le 19 mars 2015 à 09:50

Avis aux étranges pas d'ici

Vrai,il y a beaucoup trop d’étrangers dans le monde et pas assez d’iciPREUVES :Les mille-pattes ont 998 pattes de tropLes grenouilles ont les pieds palmés, en seront disqualifiées.Les martinets sont en excès de vitesse autoriséeLes termites piquentLes poissons n’ont pas les yeux en face de nousLes anguilles sont en trouLes coquillages sont en voie de dissolution avancéeLes autruches ont un long long cou de bambouGirafes même tonneau d’en hautLes cucurbitacées tout le contraireHé, les gnousAssez de ces troupeaux de you !Hou !Les crabes ont la peau dure et en plus ils sont chauvesLes rhinolophes zéro cheveux non plusLes scarabées ils sont horodatésLes scorpions-cafards des horrifiques et ratésLes requins-marteaux sont fous de nouspas nousCétacés très périmésmal bien barrésTranchons leurs six bras aux pieuvres et huit aux araignéesLes renards et les belettes savent plus rien nous chanterLes popotames marigotent dans la pataugasseLes paresseux pendouillent comme des cheveux       Les fouines fouinentLes escargots escargassentLes gros noirs font la fêteLes petits gris font la têteLes singes ont un visage simiesqueLes humanoïdes sont lividesLes autrichiens sont des chiensLes belges parlent pas tous françaisLes wallons, salauds de salonLes zimbabwéens même pas australiensLes bocheux, comprend rienLes jivaros n’ont que notre peau sur leurs osJe hais les cambodgiens qui n’ont pas notre nez épatant(Pas tant que ça au fait)D’ailleurs, d’ailleurs, d’ailleurs tous ces gens sont d’ailleursLes terre-adéliens sont videsLes indonésiens croient en tout sauf en moiOn n’est plus chez vousPassez notre chemin !« Tu » me tuesVous : s’en foutPass your pathLes de ma ville sont des fillesDu village, rancis sur pattesMes amis sont mes ennemisMa famille s’appelle EmileLa cousine pue des mainsMaman, les pieds platsMarcel a des aissellesMoi aussi plus m’sentir (extrait de 22, Placards !, éd.Æncrages, 2014) Avant, arrière, latéral, j’aime les travelings. Particulièrement appliqués au champ littéraire, comme dans le magnifique Autour de Vaduz de Bernard Heidsieck https://www.youtube.com/watch?v=CUPuZzPaFJM , traveling arrière et circulaire qui, par vagues concentriques et sonores, parties de ce trou noir du paradis fiscal préféré des riches allemands et autrichiens, étend son blanchiment aux confins de la planète. C’est sans doute aussi pourquoi, et plus encore pour son bon sens apparent, je suis resté fasciné par cette sortie du sieur Le Pen, le 13 février 1994 sur Antenne 2 : «  J’aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que des inconnues et des inconnues que des ennemis. Par conséquent j’aime mieux les Français, c’est mon droit. J’aime mieux les Européens ensuite. Et puis ensuite, j’aime mieux les Occidentaux. » Eh oui, l’autre est bien étrange, et l’étranger plus encore ! Cette phrase, qui nous frappe d’un bon bon sens, apparemment irréfragable, pose pourtant évidemment question. Car le sens de nos vies n’est pas de nature géographique, déterminé par notre seule situation dans l’espace, et imperméable à nos choix propres. Sans quoi je serais tenu de me sentir moins en affinité avec cet Inuit, qui est devenu mon ami, qu’avec mon voisin facho. Et de Tintin, si loin du Tibet, ne pourrait surgir ce cri, si proche qu’il en est pour ainsi dire à l’intérieur de lui-même, dans un rêve : « Tchang ! » (Tintin au Tibet, p.1.) Attaquons maintenant le texte lepénien sur son versant formel. Au bout du zoom, poussé à son terme, il y a bien sûr : « ce que j’aime moins que tout, ce sont les non-Occidentaux. » Et lorsqu’on le ramène à son origine, ab absurdo et ad absurdum, il ne peut y avoir autre chose que : « j’aime mieux moi. » Permettre à chacun d’intégrer qu’existent d’autres moi que moi, c’est précisément l’objectif de l’éducation. Il permettra la vie en société, en civilité, une « civilisation ». Une société dont des membres de plus en plus nombreux arrêtent leur évolution sur un moi pétrifié est en marche vers l’incivilisation. Et peut-être, au grand dam de Desproges, n’y aura-t-il plus que des étrangers dans le monde ?

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