L'avocat William Bourdon et Antoine Deltour, lanceur d'alerte du Luxleaks

William Bourdon invite Antoine Deltour

Il sera présenté à travers différentes histoires individuelles, dans leur complexité et leur diversité, quelles sont les inspirations communes de ces hyper citoyens, quelles sont les raisons qui expliquent que, depuis 15 ans, leur conscience les ait suffisamment submergés pour que, prenant tous les risques et rabattant toutes les cartes, ils privilégient la défense de  l’intérêt général. Leur demande hyper solidaire, et c’est nouveau au XIXe siècle, est solitaire. C’est en effet parce qu’ils l’estiment gravement menacé mais pas suffisamment protégé par ceux qui ont précisément pour mission de le faire et qui parfois vendangent leurs promesses et leurs engagements, qu’ils se ruent parfois malgré eux dans le débat public portés par ce que Václav Havel appelle joliment « une petite révolution existentielle. »

Enregistré le 2 février 2017 salle Topor

Durée : 01:35:39



Retrouvez sur ventscontraires les podcasts et vidéo des différentes éditions du festival "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne.

>Edition #4 février 2020 : Réparer le monde
Quinze jours de débats, performances et conférences pour ouvrir les yeux sur ce que l'avenir climatique nous réserve :épuisement des ressources, déséquilibre climatique, dictature de l’intelligence artificielle... Mais comment négocier l’avenir après l’effondrement général ? On fêtera même la naissance d’une nouvelle science : la collapsologie. Après la fin du monde, on fait quoi ?

>Edition #3 février 2019 : Issue de secours, la périphérie ?
Quinze jours de débats, performances et conférences pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les « territoires ». Disputes, engueulades et rires salutaires : quand les démocraties vacillent sous le poids des inégalités, il est temps de prendre la parole, de débattre, de sortir des entre-soi. « Acceptons-nous que l’Europe se construise loin de ses citoyens ? Aimons-nous cette France à plusieurs vitesses, l’hypocrisie apartheid et tant de zones oubliées qui ruminent en silence ? » demande l’organisateur Jean-Daniel Magnin, directeur littéraire des lieux. À la veille des élections européennes, le Rond-Point ouvre les issues de secours côté banlieue. Il s’agrandit à tous les publics, aux talents qui débordent, pour un festival citoyen des périféeries urbaines.

>Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

>Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

 

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Le 6 août 2011 à 11:55

Pourquoi les agences de notation conservent sa note AAA+ à la France

Alors que Standard and Poor's dégrade la note de la dette américaine

ventscontraires.net s’est procuré la copie d’une circulaire du ministère de l’Agriculture adressée à la charcuterie Befalon & fils de Vire, à partir de laquelle on peut déduire que Bercy a lancé un vaste plan de mobilisation des éleveurs de porcs, particulièrement en Bretagne, pour augmenter de manière drastique la qualité et la quantité d’andouillettes produite ces douze derniers mois. Entre juillet 2010 et juillet 2011, la France est passée d’une production de 18 257 tonnes d’andouillettes dont la note moyenne est AAA à 43.943 tonnes d’andouillettes avec un pourcentage AAAAAA (la note maximale) en augmentation de 48%. Résultat dû au sens civique des éleveurs de porcs et charcutiers, heureux de quitter leur image d'empoisonneur au nitrate des nappes phréatiques. Leur enthousiasme  a explosé les projections les plus optimistes du ministère de l’Economie, qui tablait sur 29.000 tonnes d’andouillettes AAAA en douze mois. Cet excédent a permis à la France d’augmenter sa production de A, de AA, de AAA, de AAAA et de AAAAA dans des proportions sans précédent. Bercy a su ainsi maintenir sa position AAA+ chez les trois principales agences de notation, et mieux que ça, puisqu’elle va pouvoir exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays latins membres de l’UE en leur versant les milliards d’Euros votés récemment en nature – sous forme d’andouillettes. Pour d’autres raisons, essentiellement linguistiques, la Pologne qui souffre dans sa langue nationale d’un manque congénital de voyelles (problème signalé pour la première fois par Roland Topor), s’est montrée également intéressée.

Le 16 mars 2015 à 09:33

Chacun de nous dépose ses propres exigences ailleurs, chez l'autre

On fait partie des communautés obsédées par la conscience et, ce faisant, tournées vers la traque des injustices. Aujourd’hui, c’est le moteur de tant d’initiatives internationales, qu’elles soient politiques, culturelles ou artistiques. À partir de cette exigence de justice, forte et difficile à satisfaire par d’autres et surtout par soi-même, on peut être facilement déçu du monde. Chacun de nous dépose ses propres exigences ailleurs, chez l’autre. Ce qui fait que nous sommes entourés par des pensées subtiles, amères et critiques, qui ne touchent pas que le milieu académique, artistique ou telle ou telle « caste ». Le t-shirt parle et témoigne de l’injustice. Le pot de confiture de même. La consommation est le temple d’où tout un chacun chasse les injustices. C’est ce que l’on appelle la société culturelle. On regarde le monde entier comme on regardait son coin de rue. Tout se trouve à portée de main et tout est simulation. Le regard du « juste » embrasse tout. Celui du spectateur est incomparablement plus puissant que l’œuvre de l’auteur. C’est pourquoi il est temps que l’on commence à négocier nos exigences contre ce que l’on est réellement prêt à faire. Cela nous promet une vraie cure de modestie. Reconquérir la réciprocité, faire au contact des autres… questionner le pouvoir des élites mais aussi la Ohnmacht (l'impuissance en allemand ndlr), la victimisation presque institutionalisée. Être en paix, signer sa vie. Je sais, il paraît absurde de le dire. Pourquoi cela ne pourrait-il être au programme des écoles d’art ?

Le 31 mai 2015 à 09:00

Paul Jorion : "Vivons-nous encore en démocratie ?"

Une étude très intéressante faite par la Banque des Règlements Internationaux – la "banque des banques" donc ce ne sont pas des révolutionnaires – était de savoir si nous sommes encore une démocratie. Ils se sont aperçus qu'on ne tient absolument pas comptge, dans les décisions politiques, de l'opinion de la majorité de la population. Il est clair que dans l'ensemble c'est le milieu des affaires et quelques personnes très riches qui influencent le monde. La conclusion de cette étude est qu'on vit en oligarchie, avec une apparence de démocratie parce que nous votons encore... Non, les gens ne sont plus le plus grand lobby du monde. Il faut de l'argent pour être un lobby. Le journal US Politico est venu à Bruxelles en disant que cette ville est le Washington de l'Europe au vu du nombre de ses lobbies : 147 transnationales qui représentent 70% de l'économie. Les cinquante premières sont de grosses banques. L'historien britannique marxiste Eric Hobsbawm a dit qu'aujourd'hui la révolte est impossible. Il faudrait, pour qu'elle ait lieu, qu'elle se produise à l'échelle de la planète. Mais il y a l'obstacle des langues pour que surgisse une opinion publique mondiale. Déjà en Europe les opinions publiques ne communiquent pas entre elles. Ce qui se discute en Allemagne ne passe pas en France, en Italie, etc. Il faudrait tout traduire en anglais. Pour comprendre où nous en sommes, je me demande si nous ne devrions pas lier les savoirs relatifs à l'individu et ceux relatifs au groupe. Je vais essayer de le faire dans mon prochain livre, entre psychanalyse et anthropologie. On ne peut pas ne pas tenir compte du fait que des collectivités d'êtres humains ont un comportement qu'on ne peut comprendre en additionnant simplement les comportements individuels, comme le prétend la théorie de l'homo economicus. De même, il ne suffit pas d'en rester au plan de la sociologie. Il y a une faiblesse liée à notre nature, nous pensons que tout s'explique par la rivalité et la concurrence. Et nous ne voyons pas que notre comportement spontané est plutôt celui de l'attirance vers les autres, du désir de faire des choses ensemble, de la solidarité. Nous avons un sentiment de culpabilité attaché à notre comportement lié à la rivalité qui nous le rend perceptible, et aucun attaché à notre besoin d'aimer les autres, ce qui fait que nous le perdons de vue. Nous ne sommes pas un loup pour l'homme, c'est grâce à la solidarité que nous pouvons survivre dans les situations de concurrence extrême, comme dans les camps de concentration. Nous devons nous organiser dans l'avenir selon la philia d'Aristote, cette bonne volonté que nous mettons tous à faire marcher les choses. > le blog du Paul Jorion

Le 29 mars 2019 à 17:22

Alain Damasio, Yan Péchin, Jacques Barbéri, Catherine Dufour, Luvan

La périphérie vue par la Science-Fiction - carte blanche aux éditions La Volte

Nos disques sont rayés #3 – Festival citoyen des "périféeries urbaines" - conférence-performance d'Alain Damasio, Jacques Barbéri, Catherine Dufour, Luvan, et des textes de de Norbert Merjagnan, guitare Yan Péchin : "La périphérie vue par la Science-Fiction", carte blanche à Mathias Echenay, fondateur des éditions SF La Volte. Faire entendre le monde qui vient ! Les éditions La Volte – ce diminutif joyeux de "révolte" forgé par Damasio dans son premier roman La Zone du dehors – rassemblent cinq auteurs pour une perférence polyphonique striée par les improvisations du guitariste Yan Péchin : "La périphérie est un thème immense de la SF, et le quintet que nous proposons veut en faire sonner, en entrelacs, sur les notes perchées de Péchin, les forces tour à tour insurgées et broyées. Perférer c'est performer des fictions qui s'affrontent et se répondent. C'est une balle tirée à bout portant dans les cortex, lancée au camarade écrivain qui va la reprendre de volée, porté par ses propres textes, sa propre voix, ses mondes surgis." La SF rêve et pense le monde qui vient. Elle réouvre l'horizon pour ceux qui veulent encore faire partie du vivant – amour, solidarité, jubilation, tissages – dans les failles d'une société de plus en plus invivable à force de conjurer toute altérité, tout écart, au profit d'un (auto)contrôle arachnéen. Elle est le terreau poétique et politique de l'édition littéraire actuelle. Attention, ici poussent les possibles ! Programmé le 16 février 2019 par Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point et Mathias Echenay pour les éditions La VolteCaptation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 28 février 2018 à 14:49

Sophie Wahnich & la revue Vacarme : La démocratie prise en étau

La démocratie prise en étau, c’est aussi le titre du numéro de février que prépare, avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme. Une dizaine de ses membres est venue se glisser parmi le public de cette soirée. Avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme fait du vacarme depuis la salle. À Tunis en janvier 2011, un homme ou une femme avait écrit comme on écrit à sa belle, « démocratie mon amour ». Sur un mur avec un grand cœur enfantin entre « mon » et « amour ». Enfance du désir de démocratie. Une érotique de la politique qui fait que, par amour, chacun voudrait retenir sa propre violence, dans la peur de faire un malheur. Tous ces déçus de la démocratie ont-ils vraiment aimé comme on aime d’amour, en tremblant, celle qu’ils veulent punir en l’abandonnant qui aux fondamentalismes, qui au nationalisme identitaire et qui au néolibéralisme ? Ces monstres la broient et se nourrissent l’un l’autre. Comment desserrer l’étau et retrouver ce désir ardent de démocratie ? Comment réinventer une forme de vie démocratique ? Le regard historique tend une toile, il fabrique un passé par lequel le présent se présente.  Sophie Wahnich est directrice de recherche au CNRS (IIAC/PSL), elle travaille entre histoire, anthropologie et études politiques sur la Révolution française. Elle interroge notre présent en écoutant les conseils, avis et perplexités vécues de nos ancêtres révolutionnaires. Pour faire passage, elle fait confiance aux émotions, celles qui se déploient quand l'injustice, la trahison, l'oppression fabrique la résistance des acteurs qui tentent de frayer un chemin révolutionnaire. Elle est membre de la revue Vacarme, écrit une tribune historique mensuelle dans Libération. Elle a notamment publié La Révolution française n’est pas un mythe, Paris Klincksieck, critique de la politique, 2017, Le radeau démocratique, chroniques de temps incertains, Paris, Lignes, 2017 ; La longue patience du peuple, 1792 naissance de la République, Paris, Payot 2008. Conférence programmée par Jean-Daniel Magnin pour le cycle "Nos disques sont rayés #2"Enregistré le 9 février 2018 salle Roland Topor du Théâtre du Rond-PointCaptation et montage Léo Scalco et Sarah-Mei ChanDurée : 02:00:17

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