Nos disques sont rayés
Publié le 04/02/2017

Edgar Morin : Quelle voie pour notre métamorphose ? #1


Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français

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Autres épisodes :

Quelle voie pour notre métamorphose ?

« On ne se parlait plus. Les rassemblements comme Los Indignados, Occupy Wall Street, Nuit Debout ressuscitent le Forum, l’Agora des cités antiques. Ce réveil coïncide avec d’autres mouvements de réveil partout contre la domination du profit, de la finance, du calcul, de l’anonymat. On a besoin de penser ensemble, il n’y a plus de pensée en politique car nos représentants sont à la remorque de l’économie libérale. Sur le plan écologique par exemple, il y a une révolution à faire que les citoyens peuvent commencer sans attendre l’État. C’est un début, la route est longue. Nous devons changer de voie, pas seulement en France, mais nous pouvons influencer le processus de mondialisation, le transformer pour résister aux périls écologiques, nucléaires, financiers, fanatiques. La vraie mondialisation, ça n’est pas d’imposer le modèle occidental mais d’opter pour la synthèse de ce qu’il y a de meilleur dans chaque civilisation. »
Edgar Morin
sur Radio Debout, le 8 mai 2016

Enregistré au Théâtre du Rond-Point, salle Jean Tardieu, le 31 janvier 2017

Introduction Jean-Daniel Magnin

Captation et montage Larissa Pignatari, Léo Scalco

Retrouvez sur ventscontraires les podcasts et vidéo des différentes éditions du festival "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne.

Edition #3 février 2019 : Issue de secours, la périphérie ?
Quinze jours de débats, performances et conférences pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les « territoires ». Disputes, engueulades et rires salutaires : quand les démocraties vacillent sous le poids des inégalités, il est temps de prendre la parole, de débattre, de sortir des entre-soi. « Acceptons-nous que l’Europe se construise loin de ses citoyens ? Aimons-nous cette France à plusieurs vitesses, l’hypocrisie apartheid et tant de zones oubliées qui ruminent en silence ? » demande l’organisateur Jean-Daniel Magnin, directeur littéraire des lieux. À la veille des élections européennes, le Rond-Point ouvre les issues de secours côté banlieue. Il s’agrandit à tous les publics, aux talents qui débordent, pour un festival citoyen des périféeries urbaines.

Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

 

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Le 20 septembre 2016 à 12:17

Pro-Fumiers contre anti-fumiers : le combat continue

Thomas Blanchard par skype avec les vrais personnages de son spectacle adapté d'un épisode de la série StripTease

La cour de ferme dont une aile a été transformée en pavillon avec pelouse et piscine. D'un côté les Dejousse qui viennent de Paris. De l'autre Nicole, qui passe ses journées à vider sa brouette de bouse sous leurs fenêtres. Ils sont en guerre depuis une dizaine d'années quand l'émission StripTease vient immortaliser leur combat et tous les témoins liés à cette affaire, comité de soutien "pro-fumier" en première ligne. L'émission filmée par Florence et Manolo d’Arthuys, diffusée sur FR3 le 23 septembre 2012 devient vite culte. Quatre ans plus tard, Thomas Blanchard adapte pour la scène Fumiers pour en faire un spectacle de théâtre, aujourd'hui au Rond-Point.   Thomas Blanchard – Ce conflit de voisinage est à la fois si petit et si énorme qu’il peut bien sûr renvoyer à tous les conflits. Disons que le spectacle utilise le brut de cette situation pour rentrer dans la matière du conflit, son essence. Et ce qui le nourrit, l’amplifie et lui donne un caractère particulier, c’est l’étrange et irrépressible plaisir que les protagonistes prennent dans la confrontation et la violence... Il y a en cela, je crois, une résonance avec un certain état d’esprit général en France actuellement. Mais où en est l'affaire elle-même ? Pour le savoir, Thomas Blanchard contacte par Skype Evelyne et Daniel, membres du comité de soutien de Nicole et protagonistes dans le documentaire de StripTease.   > L'épisode StripTease "Fumiers" (FR3) en intégrale  

Le 10 mai 2016 à 16:10

Stefano Massini : "Nous n'avons rien appris de la crise de 29"

A propos de "Chapitres de la chute", sa saga sur Lehman Brothers

L'auteur et metteur en scène italien Stefano Massini voit sa trilogie sur la grandeur et la chute de l'empire Lehman Brothers créée pour la première fois dans une mise en scène remarquée d'Arnaud Meunier et une traduction de Pietro Pizzuti. Jean-Daniel Magnin – C'est sur le thème et le titre de la pièce que de nombreux spectateurs du Rond-Point ont été attirés par la pièce. Comme si nous avions un grand besoin d'en savoir plus sur l'économie. Comme s'il s'agissait là d'une histoire qui nous importait au plus haut point. Une histoire dont personne ne nous parle en fait.Stefano Massini – Je crois que le théâtre a toujours été un espace de connaissance. Le spectateur devrait en sortir enrichi, chaque fois. Non pas pour dire que les spectacles doivent "donner un enseignement", car éprouver une émotion forte (quel qu'en soit le type) est une forme de connaissance. Dans le cas présent je pense que la véritable expérience ne consiste pas à connaître la vie familiale des Lehman, mais à devenir un peu plus experts sur une chose (l'économie) qui nous affecte tous, mais que nous ne connaissons pas en fait. J'ai trouvé que la saga Lehman offrait l'occasion idéale de faire pénétrer le public dans un milieu hostile comme celui de la finance : j'avais besoin d'un cheval de Troie et je l'ai trouvé dans le grand écheveau biographique qui compose l'histoire de cette banque. On peut dire que la saga des Lehman n'est pas l'objet de ma trilogie, mais l'outil que j'ai utilisé pour rendre le public un peu plus "économiste". – Est-ce que tu t'es inspiré d'œuvres antérieures, comme par exemple les Buddenbrock de Thomas Mann ? – Plutôt que de m'inspirer d'un texte ou d'une œuvre, j'ai eu une confiance totale dans les potentialités de cette idée. Comme je l'ai déjà dit, je n'avais pas l'intention d'écrire sur les Lehman, mais l'idée était de pouvoir rendre le public plus expert dans une matière difficile et théâtralement vierge - et par conséquence extrêmement intéressante. Bien sûr, s'il fallait pointer des modèles, il faudrait aller plutôt du côté de la littérature que vers le théâtre, car je crois que le théâtre lui-même est aujourd'hui en quête d'un minimalisme dans lequel je ne me reconnais pas. – Comment définir ta pièce ? Un long blues post-capitaliste ? Une saga ? Une série américaine ? Un poème épique ? Un conte des temps jadis ?– Je le définirais comme du "matériel scénique". C'est un grand mélange de récit, de roman, de drame, de comédie, d'éléments documentaires - et même de poésie. Je pense qu'aujourd'hui nous vivons un total dépassement des genres. Et pas seulement parce que tout a été désormais essayé, mais parce que chaque "genre" est dépassé aussitôt qu'il a été expérimenté.  Et ainsi je préfère concevoir chacune de mes oeuvres comme un matériau, un ensemble de suggestions, un catalogue de possibilités. Puis c'est au metteur en scène et aux acteurs (mais aussi aux lecteurs) de faire un choix, en se frayant chemin à l'intérieur de ce que je leur offre.– L'humour et la poésie du texte me plaisent beaucoup. Cette manière si simple de raconter, tu l'as trouvée tout de suite ?– Crois-moi : cette ironie m'appartient, je ne l'ai pas choisie. Parfois c'est même pénible de voir comment les choses de la vie - même les plus tragiques - prennent des contours dont nous ne pouvons nous empêcher de rire. Et le rire est la plus forte expérience émotive de l'être humain, car le rire implique une pleine connaissance de ce qui le déclenche (alors que les pleurs non, les pleurs sont passifs, ils subissent la réalité, ils ne la contrôlent pas). – Tu n'as pas décrit en détails la faillite Lehman de 2008, probablement parce que nous connaissons "de l'intérieur" cette crise. C'est bien ça ?– Oui mais pas uniquement pour cette raison. J'ai décidé de ne pas raconter la faillite de 2008 (ou mieux : de ne pas la raconter dans les mêmes détails que je ne l'ai fait par contre pour la crise de 1929), justement parce que je voulais qu'une chose saute aux yeux : la crise de 1929 a été un précédent dont il aurait fallu apprendre beaucoup de choses. Hélas ça ne s'est pas passé comme ça : les mêmes erreurs ont été refaites, une fois passée la panique. Ça me semblait intéressant de raconter la crise actuelle à travers un miroir vieux de 80 ans.– Selon toi, les ferments de la faillite Lehman étaient déjà présent au début de leur histoire ?– Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un mal génétique. Le problème réside dans les profondes mutations de tout le système capitaliste qui, comme le raconte la Trilogie, est passé d'une recherche de fonds pour financer l'industrie à une recherche d'argent visant juste à la création de gains virtuels. C'est ici que s'ouvre le gouffre : l'argent ne doit générer que de l'argent. Et par dessus le marché, les évolutions technologiques ont entraîné une dépersonnalisation encore plus grande, avec pour résultat un labyrinthe de chiffres et d'argent n'ayant plus aucun lien avec la réalité.– Les rituels juifs et la Bible t'ont beaucoup inspiré dans cette pièce. Tu as aussi écrit "Je crois en un seul Dieu", une pièce qui se déroule en Israël - nous allons la lire en public avec Anne Alvaro en avril prochain. Est-ce une coïncidence, ou la question juive t'intéresse-t-elle particulièrement ?– En fait j'ai eu la grande chance d'avoir une "double vie" dans mon enfance, chrétienne et juive. Cela vient du fait que certains événements dans ma famille m'ont conduit à assister assidûment à la vie de la communauté juive dans le Temple de Florence. Cela dit, ma famille étant chrétienne et pas juive, chaque année nous célébrions Noël mais aussi Hanoukah - et je connaissais les prières du Seder (Pessah) aussi bien que les prières catholiques. Je pense que c'était important, pour moi, car la culture juive est un élément clé de la culture moderne, aussi bien européenne que nord-américaine. L'histoire des Lehman le démontre, leur saga est un très bon exemple du changement subi par les immigrants juifs en Amérique au siècle dernier.– Nous avons immédiatement décidé de programmer le spectacle avec Arnaud Meunier après avoir découvert seulement la première partie du texte au comité de lecture du Rond-Point. Tu as écrit les deux autres ensuite. Elles sont venues facilement ?– La seconde et la troisième partie ont été sans nul doute les plus difficiles à écrire. Surtout "L'immortel", la troisième. J'ai toujours pensé que la première partie de la trilogie était une "zone mythologique", alors que la deuxième est une comédie et la troisième un drame qui tourne entièrement autour de la solitude de Bobbie et de la partie d'échecs périlleuse qu'il joue avec un monde qui change autour de lui de manière vertigineuse. J'ai dû me documenter énormément avant d'écrire, lire des centaines (milliers) de pages sur l'Histoire américaine, des traités d'économie et bien sûr des livres sur la famille Lehman qui m'ont été envoyés des Etats Unis. Chapitres de la chute, saga des Lehman Brothers, de Stefano Massini, traduction Pietro Pizzuti, L'Arche éditions

Le 26 mars 2015 à 12:32

Antoine Boute : Les Morts rigolos (la vie c'est du luxe)

Trousses de secours, saison 3 : Rattraper la langue

Attention : voyage de 40 minute dans l'univers sonore, mental, drôlissime et percussif d'Antoine Boute. L'auteur redonne par la bouche naissance à son roman Les Morts rigolos – entre chant diphonique, stand-up littéraire jusqu'au boutiste, réinvention des rites d'enterrement (ce qui, dit en passant, est une œuvre d'utilité publique urgente à laquelle aucun artiste à ce jour ne s'était encore attelé).  Entrez dans une conférence-performance ou plutôt – selon les propres mots de Boute – "un dispositif-impertinence pour ériger le roman en blague, faire de la blague un système philosophique, repousser l'instant de la chute, histoire de voir combien de temps la bécane va tenir sans imploser." Poète-bucheron-météore venu de Belgique, Boute, vous verrez, pousse la littérature jusqu'à la catastrophe. Antoine Boute est l’un des représentants les plus emblématiques de la poésie expérimentale en Belgique. Son œuvre, plurielle, se caractérise par une singularité forte, une identité tout à la fois propre et hybride, mutante, inquiétante, excitante. Philosophe, écrivain, poète sonore, pornolettriste, prophète conceptuel et naturaliste, il s’adonne également à la poésie graphique, à l’écriture collective, aux pratiques collaboratives, et est organisateur d’événements.Parmi ses ouvrages : Les Morts rigolos (éditions Les Petits Matins 2014)  Enregistré le 27 novembre 2014 au Théâtre du Rond-Point durée 40 minutes

Le 27 août 2010 à 12:46

Libertude, égalitude, fraternitude

L'autre feuilleton de l'été - 25

En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net,  voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mardi 19 juin 2007 Loi de finances rectificatives. Elle est votée des deux mains par la nouvelle assemblée, convaincue qua ça fera plaisir à Ségolène et que de toute façon, le Sénat va rejettera illico cette abomination comptable. Mais le Sénat, victime d’une malencontreuse panne de sonorisation, va l’approuver — il a cru voter la hausse de ses indemnités parlementaires. Cette loi ambitieuse se conforme aux intentions annoncées par la présidente : « On fait tout passer tout de suite, après ça on n’en parle plus. » Le budget de la Justice est doublé. Le budget de l’Armée est doublé. Le SMIC est porté à 1 500 €. Le budget de la Recherche est augmenté de 61,05 % — soit cinq années d’augmentation à 10 % d’un coup. Les petites retraites et les allocations adulte handicapé sont augmentées de 5%. L’allocation de rentrée scolaire est doublée. Trop, c’est trop : au soir du vote par le Sénat, le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, annonce son retrait définitif de la vie politique et institutionnelle : « Je vais me payer un beau petit ksour à Djerba et à partir de maintenant, ce sera zéro stress et poisson grillé tous les soirs : ça va me faire le plus grand bien », déclare au Figaro l’irascible serviteur de l’État. Catherine Simonet, secrétaire d’État de l’argent à collecter, à compter et à répartir, chargée de financer les réformes, fait une attaque de nerfs dans son bureau de Bercy, avant de sombrer dans une profonde dépression. Elle est consolée par Dominique Strauss-Kahn qui déclare, au sortir de la réunion : « Je n’ai pas touché à sa calculette. » Mme Simonet sera remplacée par l’ancien comptable de l’association Désirs d’Avenir. Celui-ci parviendra, par miracle, à équilibrer les comptes en procédant, selon ses dires, à « des opérations de bon père de famille Poitevin ». A Saint-Martin-du-Fouilloux, dans canton de Ménigoute (79), le conseil du ministre annonce le lancement du grand chantier « Des logements pour tous, par tous, et partout ». L’objectif de la candidate Royal était de construire 120 000 logements sociaux par an : pour être sûr de l’atteindre sur l’ensemble du quinquennat, on en démarre 600 000 d'un seul coup, avec le soutien de l’armée dite « de travail » — et dans demander leur avis aux maires. Le secteur du BTP explose. Dans les  semaines qui suivent, le groupe Bouygues, par la voix de son directeur général Nicolas Sarkozy, annonce l’embauche de 15 000 personnes, pour la plupart des travailleurs immigrés en instance de régularisation : Avocat de formation, Nicolas Sarkozy se battra pour eux avec acharnement afin d’accélérer la procédure. Parallèlement, l’immobilier dégringole et les loyers, en particulier à Paris, chutent — permettant ainsi aux familles de devenir propriétaires, ou bien d’augmenter leur pouvoir d’achat, ou encore d’augmenter tout court. Une épidémie de suicides éclate dans les Hauts-de-Seine. « Les gens ont du mal à se faire au changement, tempère Patrick Devedjian, qui vient de succéder à Nicolas Sarkozy à la tête du conseil général. Il y a une espèce de mode du suicide, mais je pense que ça va se calmer ». Ça se calme, en effet, quand on découvre que les suicides font plonger davantage la valeur des terrains La suite demain...

Le 8 juin 2015 à 16:17

Dany-Robert Dufour : "L'homme néoténique, un homme inachevé"

L'Homme est sorti du paradis des animaux et cela l'a condamné à rester à jamais enfermé dans celui de l'enfance. C'est ce que propose depuis près d'un siècle une théorie scientifique dont parle ici le philosophe Dany-Robert Dufour : la néoténie humaine. Nous sommes un embryon de singe né avant terme, sans poils, sans dents de lait ni pouce opposable aux membres inférieurs (comme tous les foetus de primates), adapté à rien, se demandant ce qu'il fait là, la tête bizarrement accochée à la colonne vertébrale — ce qui va libérer notre glotte et notre faculté de parler. "Le néotène humain c'est celui à qui il manque quelque chose à la naissance. Les pensées religieuse et philosophique avaient déjà pensé ce manque : par exemple dans l'Antiquité Hésiode ou Platon. Et bien plus tard Pic de la Mirandole qui propose cette idée qui ouvre la Renaissance : puisque l'Homme est né incomplet, c'est à lui-même de s'achever, de se sculpter. Dieu ne l'a pas fini pour qu'il puisse entrer dans l'historicité. En 1926, l'anatomiste et biologiste Luis Bolk a reformulé scientifiquement cet inacomplissement sous le nom de néoténie humaine : « l’homme est, du point de vue corporel, un fœtus de primate parvenu à maturité sexuelle. » Idée qui eut à l'époque un retentissement considérable. Elle est reprise en 1970 par le bioanthropologue Stephen Jay Gould qui l'étaie grâce aux avancées génétiques réalisées entretemps. Toujours en 1926, Freud édite un texte vraisemblablement influencé par l'iintuition de Bolk : Inhibition, symptôme, angoisse, où il dit, dans son dernier chapitre, que la névrose constitutive de l'être humain vient du fait qu'il naît non fini et qu'il a toujours besoin de l'amour de l'autre." Dany-Robert Dufour est professeur de philosophie de l'éducation à l’université Paris-VIII, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie de 2004 à 2010 et ancien résident à l'Institut d'études avancées de Nantes en 2010-2011. Il enseigne régulièrement à l’étranger. Son travail porte principalement sur les processus symboliques et se situe à la jonction de la philosophie du langage, de la philosophie politique et de la psychanalyse. Lettres sur la nature humaine à l'usage des survivants, Petite bibliothèque philosophique, Calmann-Lévy, 1999Le délire occidental : et ses effets actuels dans la vie quotidienne : Travail, loisir, amour, Les liens qui libèrent,‎ 2014

Le 1 avril 2010

La vérité sur BHL

Les grandes énigmes dévoilées

Ventscontraires.net vient de trouver par hasard entre deux sièges d’un TGV un document jauni apportant une lumière inédite sur l’affaire BHL/BOtul : le philosophe globe-trotter médiatique s’était ridiculisé en reprenant très sérieusement une citation de Jean-Baptiste Botul dans son ouvrage De la guerre en philosophie – alors qu’il était de notoriété publique que l’auteur de La Vie sexuelle d’Emmanuel Kant n’est qu’un canular inventé joyeusement par Frédéric Pagès et de ses amis. Le document : il s’agit d’un brouillon de lettre à l’écriture rageuse, où l’on a la surprise de découvrir que BHL est lui aussi un écrivain fictif ! En fait ils sont trois – ce qui expliquerait en passant la productivité du label « BHL ». Epuisé par son incessant labeur sous une mansarde du 15e et à la bibliothèque de Beaubourg, « L » (le philosophe) aurait demandé en vain à « H » (le médiatique) de l’inviter au moins une fois dans un des fameux salons parisiens qu’il fréquente assidûment. Vexé de n’avoir reçu aucune réponse de « H », il s’est tourné vers « B » (le globe-trotter au grand cœur) qui aurait accepté de le prendre avec lui pour son prochain voyage humanitaire. « H » se serait alors violemment interposé, arguant que la date de sortie de leur ouvrage De la guerre en philosophie ne pouvait être repoussée au vu du grand nombre de rendez-vous média calés. Blessé par tant de mépris, « L » griffonne d’une main tremblante : « La guerre en philosophie, vous allez l’avoir ! » Et il révèle qu’il s’est vengé en glissant une bombe à retardement dans le manuscrit du livre… la citation de Botul allait faire le tour de toutes les rédactions.

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