Les bonus de la saison
Publié le 25/03/2017

Gérald Garutti : Pierre Richard, étoile dans la nuit


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Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire.

Théâtre du Rond-Point —Comment cela va se passer, sur le plateau ? Que va-t-il se passer ? Dans quel lieu Pierre Richard va-t-il lire, jouer, évoquer la nuit ?

Gérald Garutti — Avec ce spectacle, chacun sort de son univers défini pour découvrir, en lui-même et hors de soi, une terra incognita. La romancière aborde l’incarnation théâtrale, l’acteur comique plonge dans l’œuvre au noir, le metteur en scène d’histoires (re)constituées s’immerge dans le labyrinthe des formes ouvertes. Cette multitude des possibles – la nuit, Pierre Richard, des fragments – nous a plongé dans une recherche qui m’a incité à croiser les inspirations. L’exigence de symbiose entre les arts – le théâtre, la musique, le cinéma, la danse – a été nourrie par les contributions essentielles d’une excellente équipe artistique : le cinéaste Pierre-Henri Gibert et le compositeur Laurent Petitgand, le scénographe-éclairagiste Éric Soyer et le plasticien-vidéaste Renaud Rubiano, la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot et le costumier Thibaut Welchlin. J’ai ainsi conçu ce spectacle comme une invitation au voyage qui semble s’inventer à chaque pas. Pour que, de l’intensité de la nuit et de cet acteur inouï, résonne la parole et rayonnent les visions, pulse l’essentiel et s’ébatte la vie. Ce qui en ressort, ce qui va se passer, d’où il parlera, vous le verrez par vous-même – la nuit relève surtout du mystère...

Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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Gérald Garutti

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Le 22 mars 2017 à 12:19

Gérald Garutti : théâtre diurne ou théâtre nocturne ?

Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire. Théâtre du Rond-Point — Qu’est-ce qui vous touche dans ce texte ? S’agit-il d’un poème ? D’un conte ? D’une évocation philosophique ?Gérald Garutti —Le texte d’Ingrid Astier se compose de savoureux fragments d’un discours nocturne, allant d’Abyssalà Zoomen passant par Ciel; Appel de la nuit; Armée des ombres; Feu d’artifices... L’écriture en est somptueusement ouvragée d’une main d’esthète et d’un regard gourmand. L’ensemble invite à la rêverie, par sauts et gambades, à l’association disparate, à la plongée dans les replis de la phrase nocturne. Le réel défi était de passer d’une telle introspection littéraire, fragmentaire et analytique, à un propos théâtral incarné, à un véritable voyage au cœur de la nuit. J’ai ainsi procédé à un travail d’adaptation durant plusieurs mois, afin de mettre en valeur la portée poétique du texte initial. Avec l’aide de mes collaborateurs artistiques Païkan Garutti et Laurent Letrillard, de ma dramaturge Zelda Bourquin et de mon assistant à la mise en scène Raphaël Joly, nous avons sillonné de nombreuses œuvres évoquant la nuit. Dans le même temps, je sélectionnais dans lePetit élogeles entrées qui me paraissaient les plus pertinentes, les taillais, les agençais pour construire un parcours non plus alphabétique mais progressif –une traversée de la nuit dans ses versants contrastées, le rêve et le cauchemar, le désir et la méditation, le fantasme et la folie, la solitude et la fête...Tout en bâtissant cette architecture, au fil du travail avec mon équipe, j’ai choisi des textes complémentaires issus de différents genres – poésie, roman, philosophie, etc. – pour que résonnent les harmoniques du texte d’Ingrid. J’ai souvent suivi les hommages qu’elle rendait à certains poètes de la nuit que nous aimons tous deux (Poe, Baudelaire, Doyle, Cyrano), mais parfois aussi préféré d’autres figures plus en phase avec ma sensibilité et le sens du spectacle (Dostoïevski, Desnos). Au fil de ce processus, nous avons constamment essayé les textes avec Pierre Richard afin qu’ils soient en consonance avec lui ou révèlent de lui une facette que je souhaitais mettre en exergue. Au final, il s’agit véritablement d’un voyage à travers la Nuit. Il est porté par un homme qui la fait vivre, la suit, la vit, voire, par moments, l’incarne : un homme au sein de la nuit, la nuit au sein d’un homme.

Le 16 mai 2011 à 12:00

Denis Robert : "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"

Interview

Nous avons déjà diffusé 8 épisodes de ton Bankenstein, la conférence-confidence-causerie amicale sur l'affaire Clearstream que tu nous avais donnée cet automne, avant la relaxe. Qu’est-ce que ça a représenté pour toi de venir dans un théâtre parler de tes coulisses intimes, alors que tu n’étais pas encore sorti d’affaire ?Denis Robert : Ça a été très intéressant car cette situation (la scène, un public, un lieu chargé de cette histoire-là) crée une distance nouvelle par rapport à ce qu'on dit et ce qu'on est. Un théâtre est lieu de (plus de) liberté et d'expérimentation. On est dans un espace-temps différent. On sent qu'on doit être vrai. C'est étrange. Dans une université, à la télévision ou dans n'importe quelle salle de conférence, le rapport aux autres est plus codé. Le fait d'être dans l'incertitude (quant à l'issue des procès) créait une énergie, un humour particuliers. Même si j'ai gagné aujourd'hui contre l'hydre Clearstream, je ne suis pas sorti d'affaires. Ils refusent de payer leurs amendes, me poussent à reprendre le combat. Il faut une mission d'enquête parlementaire européenne. Il faut des relais. Si mes livres disent le vrai, et la cour de cassation m'autorise à le dire, alors les politiques, les juges, voire les citoyens doivent se saisir du problème. Sinon il faut accepter l'idée qu'on se fait plumer en toute connaissance de cause.Qu’est-ce qui selon toi fait le lien entre toutes les activités dans lesquelles tu te lances : enquête, écriture, film, peinture, spectacle, et à présent une pièce de théâtre ? Où est le point nodal  ?DR : Des questions centrales m'habitent et me taraudent... En voici une "Comment et pourquoi un pays aussi riche que le nôtre produit autant de pauvreté? "... En voici une autre "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"... Une troisième pour la route : "Où est la bonne information (la bonne place) dans cet univers en mouvement ?"... J'essaie de répondre... Mon métier de base, c'est l'écriture... Tout part de là... Les toiles ont existé car on m'a empêché d'écrire. Je parle de la censure de mes livres... Pour ce qui est de la bédé, c'est différent. C'est un vrai travail, la bédé demande un énorme recul et un gros effort de pédagogie. De l'humour aussi... Les chorégraphies ou le théâtre, c'est encore différent et plus nouveau pour moi. J'adore expérimenter et entre deux livres ou des toiles, travailler en équipe... Le point nodal, disons que c'est de ne jamais me répéter, ni m'ennuyer, de ne pas me soucier du regard des autres et d'avancer dans ma compréhension du monde et des hommes qui le composent. Ça fait un gros point nodal...Le monde irait mieux s’il y avait plus de... ? Moins de...? DR : Plus de contre-pouvoir, de danseurs et de danseuses, d'oiseaux de nuit... Moins d'oligarques, de policiers, de policières, de Jean-François Copé...Le monde va comme il est c’est tout, on doit se battre dedans ?DR : CertesQu’est-ce que ça te fait de passer ainsi ta vie dans les vents contraires ? On s’y sent plus seul ? Moins seul ?DR : Je passe ma vie à avancer contre des vents contraires. J'essaie de tenir droit. Pour l'instant ça marche. Sans vents contraires, on se ferait bien suer... > Denis Robert contre Bankenstein, feuilleton vidéo sur ventscontraires.net

Le 1 septembre 2015 à 09:16

Perdu dans Tokyo #6

Journal de l'auteur associé au Théâtre du Rond-Point

29 août Déchets. Yoko apporte des sucreries, petits gâteaux, chocolats. On boit dans des gobelets en carton, café, thé, eau, et on jette le tout dans un petit sac plastique, taille ordinaire. Yoko quitte la répétition avec le sac. Nous dînons dans un petit endroit, Yoko garde avec elle son sac à main et son sac poubelle, qu’elle rapporte jusque chez elle. C’est comme ça, une intégrité sans concession du traitement des déchets. Dans la rue, le soir, des dizaines de caisses jonchent le sol, proprement alignées, de couleurs vertes ou bleues, en plastique. Elles contiennent des bouteilles vides, ou des cannettes, ou des sacs en plastique, des bouchons de bouteilles. Tout est déjà trié, selon les différences du plastique. You m'explique que l'humidité ici est telle que la moindre crasse provoquerait des catastrophes hygiéniques, champignons, moisissures, pourrissement immédiat, la propreté s'impose, c'est un fait, c'est comme ca, pour ne pas sombrer. Les secousses Jour de répétition avec filage. Chansons, jeu, enjeux, tout est en place. Demain, je demanderai aux acteurs une italienne, puis une allemande, mots ici inconnus. Les différentes traductions successives font du texte un objet difficile à mémoriser, mais tout le monde y travaille, comme moi devant ce clavier japonais, privé de mon outil, impossible d’écrire, empêché, mais je lutte et je me débats. Comme dans la chambre hier soir à minuit, je me suis tenu, retenu de ne pas crier, pleurer, courir, avec six secondes intenses d'une secousse sismique, un truc qui laisse le corps terrifié, effaré, effrayé. Au douzième et dernier étage, on imagine tout de la chute, de l'effondrement de l'immeuble, et plus rien, c'est passé. On oublie, zolpidem, cachet entier, et on s'endort ou on fait semblant.   30 août Liste inutile à sortir en cas de trou dans une conversation mondaine à frime ; cette année je peux me vanter d'avoir vu des otaries à Amsterdam, à Manhattan, au zoo du Bronx et dans celui de Ueno à Tokyo. On me demandera si je n'avais que ça à foutre. Journal désormais écrit avec un doigt sur l’iphone, le traitre d’ordi a fini en beauté ici à Ginza, je me débrouille quand même, je ne veux pas ou ne sais pas renoncer.   Hirayama Masaru Hirayama a mis en scène au Japon Moi aussi je suis la grande blonde ; deux petites dames vers le nord ; pour l'amour de Gérard Philipe ; et Les couteaux dans le dos. Je le rejoins pour dîner dans Shinjuku, manger du foie gras avec des baguettes, un truc bizarre mais bon jusqu'à ce qu'il me dise qu'il s'agit d'un poulpe cru, parler beaucoup de la situation politique du pays, grande inquietude, putain de trouble et grande peur dit il, et le quitter en voulant l'embrasser, lui qui rougit un peu, ça ne se fait tellement pas par ici. Des hugs peut-être, pour rire. Mais la bise, le baiser, jamais. Mon assistante You me fait la bise d'une manière presque enfantine, en débutante. Mais on tient à ce rituel qui me rassure et crée un lien unique. Avec les autres, comédiens, régisseurs, amis ou assistante, embarras permanent. Roux Je traverse Shinjuku par le quartier des hôtels. Les tremblements de terre interdisent les trop hautes constructions je suppose. Tout ici fait Las Vegas sur quelques pâtés de maisons, drôles d'hôtels californiens, fantasques, aux noms interlopes, genre hôtel Passion, pour "rest" ou "stay". Grand luxe ou misère de la restauration. Des affiches de jeunes hôtes, roux, yeux d'or, peaux diaphanes, placardées partout. Très féminins. Bars avec serveurs ou salons de beauté. Plutôt pour le public féminin. Les hommes ont droit à des petits magasins spécialisés, avec fiches, photos, propositions... Ils demandent ce qu'ils veulent, on leur trouve le meilleur dans le quartier. J'essaie de comprendre. You, japonaise, me dit que beaucoup de choses lui echappent, a elle aussi, et Masako ne sait pas non plus exactement comment ca marche.   31 août Le silence Pour la première fois en quinze jours je comprends. Il y a bien des Américains qui parlent fort, hurlent parfois. Des européens qui conversent à voix haute. Des quartiers de bruits infinis, les pachinko, la publicité, les grillons, mais le long des grandes cinq voies, parfois, une sorte d'étrange silence. Des gens, du monde, des voitures, mais peu de bruit. Peu de voix. Un calme bizarre. Et pour la première fois en quinze jours, j'entends un klaxon. Bruit oublié, son aussi navrant qu'un aboiement de chien. Choses rares, presque inexistantes ici. Et vu tout de même un chien tenu en laisse par une dame avec des clignotants sur le dos (le chien, pas la dame). Des passants Un petit homme gris dans Ueno s'arrête au milieu de la rue, me regarde comme au zoo de Ueno les enfants regardent les girafes. Un jeune type en boxer noir fait de grandes enjambées genre gazelle sur la cinq voies en tirant un pousse pousse et deux touristes. Samedi soir, minuit dans le métro, un monsieur élégant, ivre, se tient à un pilier, et fait pipi sous lui. Une dame me sourit dans un supermarché, une autre me propose de m'aider à trouver mon chemin dans Akiabara. Là, je trouve à la fois un DVD de film avec Jean-Louis Barrault, un autre avec Micheline Presle et Gérard Philipe. Dans un magasin voisin, je cherche le dernier cd de Kylie Minogue pour le copain Sébastien. Je trouve les fameuses machines à culottes d'étudiantes, collégiennes ou lycéennes. Propres ou portées, difficile de savoir. Barrault est moins cher qu'une culotte sale. Italienne Difficile italienne du texte avant répétition. Peur de la mémoire. Fastidieux exercice. J'observe, et on s'en fout , que le japonais dit très très vite pourrait passer pour de l'espagnol. Michiru Fuji, photographe et costumière du projet, japonaise installée à Paris depuis vingt-cinq ans, débarque à Tokyo après quinze ans d'absence. Drôle de choc. Elle déniche des numéros spéciaux de Vogue consacrés à Deneuve. Elle rapporte une malle de costumes et d'accessoires. Revolver, lapin, chapeaux, sac franprix. Un manteau de fourrure confectionné dans un tapis de fausse peau d'ours blanc.  

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