Nos disques sont rayés
Publié le 29/03/2017

Frédéric Lordon : Sortir des traités ?


Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français

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Économiste et philosophe qui trouve chez Spinoza un fil pour suivre nos destins broyés par l’économie mondialisée, Frédéric Lordon pense la révolte avec la clarté d’un esprit de l’époque des Lumières. Récemment il a élevé la voix pour orienter de ses conseils la tentative Nuit debout. À la veille de l’élection présidentielle, où en seront sa réflexion et son impatience de voir une conscience plus collective reprendre en main le gouvernail du monde ? « Mon anticipation, hélas est que, comme d’habitude dans ces moments-là, nous en serons au lâché de pédales, au terrorisme électoral et à l’impossibilité d’émettre quelque idée substantielle. Mais précisément, cela ne rend-il pas d’autant plus souhaitable de bousiller les électrophones à disques rayés ? »

Enregistré le 7 février 2017 salle Jean Tardieu

Captation et montage Larissa Pignatari, Léo Scalco

Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français. Pourquoi recommence-t-on encore et encore ce qui ne marche plus ? Comment sortir d'une situation bloquée ? Suffit-il de s'indigner ? Va-t-on enfin élargir le paysage ?

Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

 

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En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.jeudi 10 mai 2007Marie-Olympe de Gouges, révolutionnaire, féministe, avocate inlassable de la tolérance et des libertés, fait son entrée au Panthéon, 215 ans après avoir été guillotinée à Paris. A quelques jours de la passation des pouvoirs, le président Jacques Chirac a consenti à ce transfert, à la requête de Mme Royal. Une « Marche humaniste » déambule dans la capitale depuis la place de la Concorde, ancienne place de Grève, jusqu’à la place des Grands Hommes. Ségolène Royal a pris la tête du cortège, habillée d’une longue tunique blanche sans col, portant dans ses bras un livret au titre évocateur : Déclarations des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est pénétrée par la solennité de l’instant. Le silence se fait sur son passage : seuls quelques couples se disputent, très vite séparés par le service d’ordre. Les cadres du Parti socialiste sont venus, par réflexe, mais on les a tenus à l’écart de toute décision. C’est seule que la présidente pénètre à l’intérieur du Panthéon, déposant à l’entrée une photo de François Mitterrand, sans René Bousquet dessus. Une heure plus tard, après s’être perdue dans les couloirs, elle en ressort avec un plan détaillé du monument. C’est alors le fameux discours à Olympe de Gouges, qui marque un temps fort du quinquennat : « Olympe : ne m’en veux pas si je te tutoie — moi, la petite fille de Lorraine née à Dakar d’un père militaire. Car je dis tu à tous ceux que j’aime, même si je ne les enterre qu’une seule fois. Voici plus de deux siècles, tu écrivais : “ L’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics”. Et pour avoir écrit ces mots — et pire encore, pour les avoir pensés — tu étais condamnée par le tribunal révolutionnaire, guillotinée après avoir eu le temps d’être mère, désavouée par le fils que tu aimais plus que tout au monde, traînée dans la boue par les autres femmes, traitée de virago. De contre-nature. D’immorale. De politicienne ! Eh bien, entre ici, Olympe de Gouges ! Viens contempler, dans les yeux morts des hommes qui se croyaient tes maîtres, ce qu’il est resté de leur puissance ! » Dans l’assistance, une profonde émotion le dispute à une certaine perplexité — surtout chez les jeunes en tee-shirt Vêtimarché, qui avaient compris qu’on allait rattraper la fête ratée du 6 mai. La présidente réclame enfin quarante-cinq minutes de silence « pour les quarante-cinq ans d’Olympe, fauchés par le couteau de Sanson ». La foule les observera scrupuleusement, malgré  l’averse. Enfin l’on se disperse, en se donnant rendez-vous place de la Bastille. Les cadres du Parti socialiste, eux, se regroupent, en se donnant rendez-vous dans une arrière-salle de café pour taper la belote. Le soir, une fois que la grande fête républicaine, familiale et fra-ter-nelle s’est dispersée, le service politique du journal Libération rentre se coucher sans dire un mot, si bien que la rédaction doit à nouveau tirer à la courte paille pour savoir qui, qui qui. Le sort s’acharne : c’est Bayon qui a la plus courte. Affolé, il met sa démission dans la balance. Pour finir, Grégory Schneider, le chroniqueur sportif du quotidien, doit s’y coller. « On allait voir ce qu’on allait voir : on a vu, écrit-il le lendemain, dans un article intitulé “ En attendant Ségo ”. Le peuple de gauche, venu fêter l’élection et les bons souvenirs du dix mai, s’est retrouvé dans un bain de perplexitude hier soir, place de la Bastille. Certes, les regards dubitatifs des citoyens désormais au pouvoir laissaient toujours filtrer une certaine joie intérieure. Mais bon, la joie est tout de même restée très intérieure, et tout au long de la soirée. On ne va pas se faire l’apôtre de la bibine, mais la décision d’interdire la vente de boissons alcoolisées dans tous les magasins, bars et cafés du quartier, hier soir, en a laissé plus d’un sur sa soif : c’est au Champomy qu’il a fallu trinquer devant les portraits géants de François Mitterrand et Olympe de Gouges. On passe sur l’absence de sono — habilement compensée, il faut le dire, par tous les groupes de musique africaine, totalement inconnus, qui se promenaient dans la foule. On a même vu deux filles danser au rythme des « Ségo go go go », un collectif rassemblant diverses ethnies de l’Ouest du Sénégal : Éric Besson, l’un des rares VIP croisés hier à la Bastille semblait apprécier. Sinon quoi d’autre ? L’Europe des régions, était à l’honneur. Les stands avaient mis leurs habits du dimanche — produits locaux, fanfares locales, en sévère concurrence avec le coin du Poitou et sa vedette, le chabichou. Tout ça ne remplaçait pas la présidente, pourtant annoncée, mais qu’on aura vainement attendue toute la soirée. Le peuple de la Bastille, bon bougre, avait fini par en prendre son parti hier soir, et se résignait à passer un tranquille moment : la fin des festivités sonnée dès 22 heures (par arrêté Royal ?) n’aura pas empêché les petits de s’amuser ni les grands d’espérer.         En résumé, une drôle de fête à maman, dont on peut tout de même se demander si elle ne marque pas les débuts d’une certaine idée de l’ennui. »    La suite demain...

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En exclusivité pour les aficionados de ventscontraires.net, voici les meilleures feuilles du livre que Christophe Alévêque publie avec Hugues Leroy chez Nova Editions.mercredi 2 mai 2007— flashback M. Sarkozy ouvre grand la bouche, devient tout rouge, son épaule se convulse, et il ne dit plus rien. « Excusez-moi », sourit modestement la candidate. Et elle se rassoit, très calme. Il y a un silence. Patrick Poivre d’Arvor se racle la gorge. « Mais ma-ma… bredouille le candidat. Mame Royal, je… Ne vous permets pas de me… Avec votre… Vous n’êtes ni ma mère, ni mon épou-pouse… Et ce tout de même pas parce que vous êtes… Blum. — Monsieur Sarkozy, calmez vous tous les deux, vous et votre épaule… Parce que je suis une femme ? C’est cela qui vous dérange ?— Ah mais, pas du tout ! Blum, Blum et Blum ! » Debout sur le banc de touche, Claude Guéant, affolé, fait de grands signes à son champion, mais ce dernier ne le voit déjà plus. Transpirant à grosses gouttes, il se tourne vers Arlette Chabot, pour donner libre cours à son indignation. « Non mais quand même, Arlette Chabot ! Vous avez vu ? Quand même ! En plein débat, là, devant des millions de Français, et cette bonne — Blum. — Femme ? complète la candidate. Je voulais juste vous rendre service.— Ça suffit, Mame Royal. Je crois que tout le monde s’en est aperçu, vous êtes totalement hystérique, j’incline à penser que c’est génétique, et quand on ne peut pas contrôler ses humeurs, eh bien, il y vraiment vraiment vraiment… — … Vraiment de quoi s’inquiéter pour les décisions importantes que le po-poste… — Mes humeurs, monsieur Sarkozy ? — Vous m’avez bien comprise ! s’étrangle le candidat. Et les Français aussi ! — Et les Françaises, monsieur Sarkozy ? Je crois qu’elles aussi, elles vous ont bien comprise, comme vous dites. Vous me semblez avoir un problème avec le genre ; avec la climatisation aussi, car vous transpirez beaucoup. Vous ne voulez pas que… — Laissez-moi tranquille, maintenant ! crie Nicolas Sarkozy. Ne m’approchez pas ! Et cessez de me regarder avec vos grands airs ! Pour être Président de la République, il ne faut pas regarder avec de grands airs. Vous ne m’êtes pas supérieure, Mame Royal : je vous rappelle que si je suis cocu, vous l’êtes aussi. » Un silence de mort s’est fait sur le plateau. « C’est la seule fois de ma vie où j’ai vu Guaino pleurer, racontera Claude Guéant dans ses mémoires. Ça m’a fait un choc. » Au bout d’un moment, Patrick Poivre d’Arvor intervient pour broder un peu sur le décompte du temps de parole, et proposer aux candidats de conclure. Le sort a désigné Mme Royal.« Je veux m’adresser aux Françaises et aux Français qui nous regardent. Je veux d’abord m’excuser pour monsieur Sarkozy, qui a fait une grande campagne malgré des difficultés personnelles éprouvantes. Mais je veux surtout leur annoncer, la main sur le cœur et les yeux dans les yeux, une grande nouvelle : J’AI UN PROGRAMME ! » « Ce fut le coup fatal, écrira Claude Guéant. On avait pensé à tout, sauf à ça. » Nicolas Sarkozy tombe de sa chaise. Il ne pourra pas conclure, malgré l’intervention d’un médecin. Dans les coulisses de l’émission, la dernière annonce de la candidate littéralement foudroyé l’équipe de l’UMP. Au Parti socialiste, c’est pire : certains ne recouvreront jamais l’usage de la parole.    Le lendemain, dans les sondages, Nicolas Sarkozy a perdu 5 points, et 8 chez l’électorat féminin populaire…   La suite demain...

Le 26 janvier 2017 à 16:58

Carte blanche à Mediapart : Sonnons l'alarme !

Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français

Face au monde, un journal en campagne Notre monde bascule et voilà les traditionnelles grilles de lecture inopérantes. Terrorisme, Moyen-Orient ravagé par les guerres et les crises, nouvelles logiques de puissance, en Russie, en Turquie, extrêmes droites plus puissantes que jamais dans une Europe qui se défait, élection de Donald Trump aux États-Unis. Le monde sort de ses gonds comme saisi de convulsions, et la crise française lui fait écho, les ruines d’un quinquennat pouvant laisser le champ libre au Front national. Mediapart, journal indépendant, numérique, donc sans papiers ni frontières, et participatif, veut par cet événement au Théâtre du Rond-Point sonner l’alarme. Sonner l’alarme sur l’état du monde et de notre pays. Et en appeler au réveil des sociétés, aux initiatives des citoyens. À quelques mois de l’élection présidentielle, Mediapart veut aussi rappeler la nécessité d’un journalisme indépendant en ce temps d’urgence, face à la communication, aux manipulations et désinformations, aux nouvelles guerres de propagande engagées sur les réseaux sociaux. Soirée animée par Edwy Plenel, avec la participation des journalistes de Mediapart, pour rappeler combien en ces temps de fractures et de régressions, un journalisme indépendant est indispensable. Voici la liste des invités : À propos des crises françaises William Bourdon, avocat, vient de publier un livre sur les dérives de l’état d’urgence Damien Carême, maire de Grande-Synthe, cherche des solutions concrètes d’accueil des réfugiés Vanessa Codaccioni, historienne, spécialiste des répressions politiques Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, militante des droits des femmes et des réfugiés Patrick Weil, historien, spécialiste des questions d’immigration et de citoyenneté, reviendra sur le projet de déchéance de nationalité Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France. À propos des crises mondiales Çağla Aykac, universitaire turque, contrainte à l’exil et aujourd’hui enseignante à l’université de Genève Rohân Houssein, rappeur et poète franco-syrien Ziad Majed, universitaire, spécialiste de la Syrie Elias Sanbar, écrivain, traducteur du poète Mahmoud Darwich, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco Piotr Pavlenski, artiste Plusieurs journalistes de Mediapart interviendront également : François Bonnet, Laurent Mauduit, Ellen Salvi, Faiza Zerouala, Fabrice Arfi…   Enregistré salle Renaud-Barrault le 23 janvier 2017Durée : 02:38:32

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