Les bonus de la saison
Publié le 12/05/2017

Copi fait rire Marilú Marini et Pierre Maillet dans leur loge #2


      Partager la vidéo 

Autres épisodes :

En conversation avec son metteur en scène Pierre Maillet, Marilú Marini se maquille et se prépare pour jouer La Journée d'une rêveuse (et autres moments...) d'après Copi.
 
Pierre Maillet — Quand la grande Marilú Marini m’a proposé del’accompagner dans une aventure autour de Copi, qu’elle a connu et qu’elle a beaucoup joué, souvent sous la direction d’Alfredo Arias (notamment l’inoubliable Femme assise, personnage récurrent dessiné par Copi pour la première fois incarnée sur une scène de théâtre),nous avons tout de suite rêvé d’une forme libre comme l’était notre « cher maître ». Copi, moi, je ne l’ai pas connu, mais je l’ai beaucoup joué aussi, avec Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier. Copi, c’est pour Marilú, autant que pour moi, un auteur emblématique, important, un ami qu’on a toujours hâte de retrouver, et de découvrir, encore. J’ai imaginé ce spectacle bien sûr comme un hommage vibrant à l’auteur, acteur, dessinateur et figure emblématique du mouvement homosexuel des années 70, mais je voulais qu’il soit aussi et surtout un hommage à Marilú Marini par le biais de son
compatriote et ami. Et j’ai tout de suite pensé à La Journée d’une rêveuse.
 
Terrain neutre pour elle comme pour moi, inconnu du grand public. Un beau poème théâtral, énigmatique et méconnu, créé par Jorge Lavelli en 68 avec Emmanuelle Riva dans le rôle-titre... Nous avons fait un monologue du personnage central de cette pièce, qu’elle incarne comme un double féminin de Copi acteur (dans Le Frigo ou Loretta Strong : monologues mythiques et délirants qu’il jouait avec une élégance et un détachement rares et inoubliables pour tous ceux qui l’ont vu et entendu). Elle invente sous nos yeux une sorte de Blanche-Neige, plus proche de Brigitte Fontaine que de Walt Disney. Et en miroir
avec tout ce matériau poétique et fictionnel, nous traversons le Rio de la Plata, un texte écrit en 1984. Conçu comme la préface d’un roman qu’il n’a pas eu le temps d’écrire, dans lequel Copi parle comme jamais, de lui, de ses origines, de l’Uruguay, de l’Argentine où il était interdit, de l’exil, et de son rapport à l’écriture...
Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 15 février 2016 à 17:14

Steven Berkoff : "Aujourd'hui les gens sont plus tourmentés que jamais"

Jean-Daniel Magnin – Vous avez écrit Kvetch il y a trente ans. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos pièces de cette période ?Steven Berkoff – Je pense qu’elles ont saisi l’esprit du temps, et l’anxiété de personnes qu’on n’avait pas encore vraiment vues dans des pièces de théâtre, en particulier en traitant du stress qui est un manque d’ego, une marque d’orgueil ou de l’ambition contrariée, un sentiment d’infériorité — et de tourner ce stress en comédie. – Que dire des kvetchs d’aujourd’hui ? Sont-ils pareils à ceux d’il y a trente ans ? – Oui ce sont exactement les mêmes, en fait ils sont peut-être même pires quand on considère les kvetchs comme la différence entre ce que vous imaginez de vous-même, dans l’idéal, et ce que vous êtes vraiment, car aujourd’hui, avec encore plus de choix dans tous les sens, les gens sont encore plus tourmentés que jamais. – Qu’écrivez-vous en ce moment ? Qu’êtes-vous en train de chercher ? – Je viens de terminer une série de pièces racontant des vies d’acteurs. L’une d’elles est intitulée Six acteurs en quête d’un metteur en scène, une autre Lamentations d’acteurs, et ensuite viendra Cadavre.  Elles sonneraient formidablement en français car elles jouent avec le style de Molière. – Est-ce différent pour vous de jouer dans vos propres pièces et de jouer dans la pièce d’un autre auteur ? Et de les mettre en scène ?– J’aime de temps à autre être acteur dans d’autres écritures car je peux y affronter toutes sortes de problématiques inédites pour moi. – Vous avez dit dans une interview que vous avez commencé à écrire du théâtre parce que vous ne trouviez pas de pièces anglaises qui vous donnent envie de les mettre en scène. Est-ce différent aujourd’hui ? – J’aime écrire pour exprimer tant de choses personnelles et importantes à mes yeux. Et parfois je tombe sur une pièce avec laquelle je les retrouve vraiment toutes – c’est le cas avec la Salomé d’Oscar Wilde, que je viens de mettre en scène et que j’adorerais monter en français.    

Le 30 août 2011 à 10:00

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux

Entretien avec Jean-Michel Ribes #1

"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe". Quand vous tourniez Palace ou Merci Bernard, le mot d’ordre était : « Tout, sauf l’actualité ! ». Et jusqu’ici, on vous trouvait plutôt du côté de l’absurde, rarement vers la satire… C’est vrai que jusqu’ici, ma manière de me moquer du monde ou des étouffements de la société passait par l’absurde ou le non-sens. A l’ombre des dadaïstes, je m’efforçais de dynamiter l’esprit de sérieux à sa racine. René l’énervé s’approche beaucoup plus d’une réalité visible. Cela vient du fait que depuis plusieurs années, je ressens un malaise face à la gouvernance de notre pays et de la politique en général. Avant que cela ne se termine en aigreur, j’ai préféré tenter de le transformer en farce joyeuse. Un rire de résistance en chansons. De plus, j’ai une passion pour l’opéra bouffe où l’entrain et la légèreté emportent tout.   À la lecture du titre, René l’énervé, c’est au chef de l’État que l’on pense. Est-ce qu’on se trompe ? On doit plutôt penser à l’univers politique dans son ensemble, qui a été coloré par Nicolas Sarkozy. Car la force du Président de la République est d’avoir non seulement bouleversé la façon de faire de la politique, mais d’avoir transformé aussi son opposition, et toute la classe politique ! Le Sarkozysme, ce n’est pas uniquement Nicolas Sarkozy. C’est une sorte de contagion de lui-même qui envahit l’ensemble des politiques. Une mise en coma agité de la société ! C’est la raison pour laquelle cet opéra bouffe met en scène aussi bien un conseiller nommé Hurtzfuller qui aime les Arabes quand ils ressemblent aux habitants du Cantal, un ministre des hautes frontières, un autre de la prise de sang, mais aussi les opposantes Ginette et Gaufrette, des philosophes nouveaux, as du cerveau s’il en est ! Des écolos bio bio et encore bio, et bien sûr le parti montant des « Cons de la Nation »… C’est une galopade rigolote qui traverse le barnum politique en perpétuelle parade.   Propos recueillis par Pierre Notte

Le 6 mars 2013 à 15:48

Alfredo Arias

Cabinet de curiosité - Pour les pédants on a du matériel

Une émission France CultureChaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.Alfredo Arias Avec Alfredo Arias, Georges Claisse, Michel Fau, Catherine Salviat"La misère, la pauvreté, l’exploitation ne datent pas d’aujourd’hui dans notre pays. Les grands auteurs, poètes ou pamphlétaires pour les dénoncer avec férocité non plus. Pour débiner l’hypocrisie des bourgeois, des patrons et des politicards, Jehan Rictus ou Emile Pouget – avec son Almanach du Père Peinard - n’ont jamais manqué de verve ni de panache. Imperméables à toute forme d’autorité, indifférents aux oreilles sensibles, ils s’expriment dans un argot fruité et corrosif, un pur joyau de la langue populaire française, une écriture insolente, bourrée d’humour et de colère. Qui donne envie de tout fracasser pour être libre. Attention aux éclaboussures m’sieurs dames!" De Copi à Alfredo Manguel, en passant par Roberto Arlt, Alan Pauls, Hector Bianciotti ou Silvina Ocampo, les lectures argentines d’Alfredo Arias. Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 4 avril 2011 au Théâtre du Rond-Point Durée : 58:23

Le 27 mai 2016 à 11:22

Gonzalo Demaría : "Pour écrire du théâtre, il faut entendre des voix"

L'auteur argentin Gonzalo Demaría a écrit avec Alfredo Arias les spectacles Mambo Mistico et Trois tangos, vus au Rond-Point les saisons dernières. Et dernièrement Déshonorée, présenté en ce moment sur la scène Tardieu et qui nous a valu le plaisir de le rencontrer. Jean-Daniel Magnin — J'ai eu la chance de passer quelque jours à Buenos Aires il y a quelques années, et j'ai été frappé par le formidable amour du théâtre qui règne dans ta ville.  Gonzalo Demaría — Nous les Argentins nous sommes des survivants, avant tout dans notre propre Histoire. C'est pareil pour le théâtre. C'est vrai qu'à Buenos Aires il y a une surabondance d'activités théâtrales. On se demande d'où vient tout ce public qui vient assister à nos productions. Pour les auteurs de théâtre bien sûr la situation est difficile. Chez nous on ne peut pas vivre du théâtre en général. Et les écrivains encore moins que les acteurs. Mais il y a une profusion de spectacles. On se débrouille. On va souvent voir des spectacles au domicile des auteurs ou les metteurs en scène. Des expériences avec environ 25 spectateurs.Pour survivre j'écris par exemple un soap très amusant pour la télévision, ou des articles sur la généalogie dans la presse, ce qui est une passion chez moi. Mais en gros j'ai de la chance parce que par moments je peux faire du théâtre mon gagne-pain. – Comment ça a commencé l'écriture théâtrale pour toi ?– On dit chez nous que le théâtre s'écrit avec l'oreille. Et justement je me souviens, enfant, d'avoir entendu des voix. Comme Jeanne d'Arc. C'est notre côté mystique à nous les Argentins ! Sans plaisanter, écrire pour le théâtre, ça n'est pas de la littérature ou la poésie, ça passe par d'autres biais. Par d'autres chemins. De grands auteurs comme Balzac ont essayé sans y parvenir à écrire du théâtre, toutes ses tentatives ase sont soldées par des échecs. Il faut entendre, dans la tête, c'est tridimensionnel. Je vois ça de manière mystique. Ensuite il y a la discipline, la rigueur. Je n'écris pas sur l'ordinateur mais sur le papier. La main a son propre rythme, sa transe. J'ai une addiction à la lecture, il y a tout le poids de la littérature qui vient m'irriguer.– Ta première pièce ?La première c'était à l'école élémentaire, avec l'aide de ma maîtresse, une pièce patriotique pour une fête nationale, celle du 25 mai. Elle a vu que j'avais quelque chose, elle m'a pointé du doigt : "Toi tu veux écrire avec moi la pièce du 25 mai ?" On l'a jouée à l'école ! A quinze ans, mon père, un avocat, a montré mes feuillets à son ami le grand auteur dramatique Roberto Cossa. Il m'a encouragé à continuer. Ma première pièce a été montée au Théâtre National quand j'avais 26 ans. Une autre étape importante a été la rencontre avec Alfredo Arias. Il était venu voir une pièce musicale que j'avais écrite, texte et musique, et m'a invité à écrire avec René de Ceccaty une adaptation des Liaison dangereuses... Ça a donné Les Liaisons tropicales.– Tu es proche du plateau, des acteurs ?– Ça dépend. Parfois je fais la mise en scène. Et donc quand je travaille avec un metteur en scène je suis très respectueux. Je viens s'il m'appelle. Le théâtre n'est pas de la littérature comme je disais, c'est une collaboration. Par exemple Shakespeare écrivait ses pièces sans aucun respect pour sa propre écriture. Il modifiait le texte en fonction des acteurs, des distributions. Il ne voyait pas la pièce comme une œuvre littéraire. Comment ne pas être d'accord avec Shakespeare !– Comment est venue la pièce que nous présentons au Rond-Point : Déshonorée ?– J'avais en tête une espèce de Sunset boulevard : une vieille star du Péronisme enfermée avec ses fantômes dans son hôtel particulier en ruine. Je la voyais en conversation avec la tête coupée de son amant – feu le frère d'Eva Péron. Alfredo m'a dit que ce serait mieux de s'appuyer sur un fait réel, puisqu'elle a existé : Fanny Navarro a subi un interrogatoire avec une espèce de fou qui joue à être médecin, militaire — un personnage réel lui aussi. Je voulais écrire depuis longtemps sur Fanny Navarro, l'amie d'Eva Peron. Alfredo l'admire. Et il m'a suggéré de camper la pièce au commissariat. C'était une très bonne idée, c'est plus intense. Et à la fin, il y a tout de même la conversation de Fanny avec la tête de son amant. Il y a des réminiscences avec La Morte amoureuse de Théophile Gauthier.– Quels sont les obsessions qui parcourent tes pièces ?– Je partage avec Alfredo Arias un même amour pour les marginaux, les déplacés. Par exemple les cartoneros, ces pauvres si nombreux qui ramassent papiers et cartons dans les rues de Buenos Aires. J'ai été très impressionné par les prisons où j'ai rendu visite des amis incarcérés. L'horreur de la prison m'a bouleversé. Chez nous elles sont terribles. Une expérience qui a changé mon écriture.– Qui sont les écrivains de théâtre argentins que tu apprécies ?– Notre maître à tous, s'appelle Mauricio Kartun. Un auteur très concerné par les mots et notre Histoire. Il a formé une horde d'auteurs dramatiques. Les auteurs de ma génération, nous sommes tous passés entre ses mains. Parmi eux, je recommande Santiago Loza, Maria Marull, Erika Halvorsen.– Comment vois-tu la crise qui traverse notre époque ?– Nous sommes des gymnastes de la crise. J'ai 46 ans et j'ai vu des révoltes, des tirs contre la foule, des meurtres. Quand je prends de la distance, je regarde l'Argentine avec un sentiment mélangé. C'est un très bon pays, mais il est ravagé par des gouvernements aussi affreux les un que les autres. On ne sait pas comment sortir de ça. J'enrage en entendant tant de faux discours, de mensonges, de corruption. On ne peut pas parler des pauvres en étant excessivement riche. C'est catastrophique.

Le 23 décembre 2010 à 12:00

Viktor Orbán plus rapide que "Poutluscozy"

Carte postale de Hongrie

Comment devenir Poutine en son pays quand aucun pétrole ne coule en Hongrie ? Comment régner tel un Berlusconi radieux sur l'ensemble des médias nationaux, Internet compris ? Légiférer dix fois plus vite que l'hyperprésident français ? Lancer la plus grande chasse aux sorcières depuis la chute du Mur et caser ses lieutenants à tous les étages du système ? Après son élection raz de marée en avril dernier, Viktor Orbán va si vite qu'il a laissé tout le monde sur le carreau : opposition, opinion publique, presse, chancelleries, Bruxelles... En huit petits mois seulement, le nouveau Premier ministre est en passe de devenir un autocrate exerçant un pouvoir absolu sur la Hongrie — en toute légalité. Fort de son emprise sur le Parlement à Budapest (sa machine de guerre, le Fidesz, y tient deux tiers des sièges), il a pu modifier à répétition la Constitution, pomper dans le gisement des retraites privées, faire placarder son credo nationaliste dans tous les établissements publics du pays, distribuer des passeports aux minorités hongroises des pays voisins, savonner le pouvoir de la Haute cour de justice, nommer un champion d'escrime à la présidence de la République et, par exemple, un ancien Hell's Angel des "Motard Goy" à la tête de Radio Petöfi, la meilleure station musicale du pays.Sur Radio Kossuth, le France Inter magyar, un journaliste a eu le courage de faire une minute de silence à l'antenne après avoir annoncé la création d'une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH) contrôlée majoritairement par le Fidesz d'Orbán : tous les médias, publics comme privés, devront corriger des informations jugées erronées par la NMHH, sous peine de très lourdes amendes «pour manque d’objectivité politique». Depuis son acte héroïque, on n'entend plus guère le brave homme sur les ondes de Radio Kossuth, il doit être en train de songer à une reconversion radicale.Maigres protestations : plusieurs journaux sont parus mardi dernier avec une première page vide – mais la manifestation qui a suivi n'a rassemblé que 1500 personnes. Les Hongrois sont fatigués de la politique, et Viktor en profite pour courir sur d'autres dossiers. Par exemple l'éviction du metteur en scène Robert Alföldi de la direction du Théâtre National, après qu'un parti d'extrême droite ouvertement anti-rom et anti-juif a réclamé sa tête parce qu'il était "une pédale, un pervers, un Juif indigne du théâtre national" (> pétition internationale de soutien).Ah oui, encore une chose : la Hongrie prend la présidence tournante de l'UE au 1er janvier. Viktor sera au centre de la photo. Bonne et heureuse année en Europe !

Le 25 mars 2017 à 09:54

Gérald Garutti : Pierre Richard, étoile dans la nuit

Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire. Théâtre du Rond-Point —Comment cela va se passer, sur le plateau ? Que va-t-il se passer ? Dans quel lieu Pierre Richard va-t-il lire, jouer, évoquer la nuit ? Gérald Garutti — Avec ce spectacle, chacun sort de son univers défini pour découvrir, en lui-même et hors de soi, une terra incognita. La romancière aborde l’incarnation théâtrale, l’acteur comique plonge dans l’œuvre au noir, le metteur en scène d’histoires (re)constituées s’immerge dans le labyrinthe des formes ouvertes. Cette multitude des possibles – la nuit, Pierre Richard, des fragments – nous a plongé dans une recherche qui m’a incité à croiser les inspirations. L’exigence de symbiose entre les arts – le théâtre, la musique, le cinéma, la danse – a été nourrie par les contributions essentielles d’une excellente équipe artistique : le cinéaste Pierre-Henri Gibert et le compositeur Laurent Petitgand, le scénographe-éclairagiste Éric Soyer et le plasticien-vidéaste Renaud Rubiano, la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot et le costumier Thibaut Welchlin. J’ai ainsi conçu ce spectacle comme une invitation au voyage qui semble s’inventer à chaque pas. Pour que, de l’intensité de la nuit et de cet acteur inouï, résonne la parole et rayonnent les visions, pulse l’essentiel et s’ébatte la vie. Ce qui en ressort, ce qui va se passer, d’où il parlera, vous le verrez par vous-même – la nuit relève surtout du mystère...

Le 5 mars 2013 à 16:05

¡Viva Jerónimo Savary!

Sur la photo Jérôme  Savary couché à gauche  aux pieds de Copi ; Topor  derrière le peintre Antonio Saura (sans cheveux);  je porte une  veste rouge et j'ai  à ma droite  Guy Hocquenghem. Hilda d'Haubetière ,  Maud , Lis, et Lys Grandvel sont autour de nous. Savary vient de s’occulter. Il y a presque un demi-siècle, il avait surgi de nulle part. Rien d’étonnant s’il a fini ses jours sans que ses amis s'en aperçoivent. Il faisait partie  d'un univers où nous ne savons pas rester silencieux. Dans un monde d’histoires drôles de jacuzzi pour la Joconde. Il a abordé le théâtre, pour la première fois, avec mes pièces.  Il les a accompagnées  ou montées. Mission confuse qu’il a accomplie confusément  avec génie. En remportant des  succès... absurdes. Quand les larmes ont un goût de whisky-new-god. Il a donc commencé sa vie « spectaculaire » par mon "Labyrinthe". Lequel a été immédiatement et confusément  qualifié de « théâtre de l’absurde ». Il l'a « défendu ». Je dirais plutôt qu’il a brillé, malgré lui, par son talent. En réalité plus que brillé, il a tout caché dans un tohu-bohu des origines.  Avec  l’espérance araméenne de Paul Gauguin. C’était un vrai plaisir de le voir faire du théâtre. Il était capable, dans ses bons jours, de citer Mao ou Tarzan . Mais il restait imperturbable. Et, enfin disert, il pouvait opiner d’un bbrr dans son néo-espagnol. Mais tout ce qu’il touchait devenait un succès. Et parfois même  financièrement. Madame Roubéjanski pouvait jouer tous les soirs au casino l’argent qu’elle gagnait grâce à lui; ou des célèbre comédiens  leurs pourcentages en prostituées de luxe et en trios dans la « città di sole ». Depuis  « Les deux bourreaux » et grâce à sa lucidité,  mes pièces sont l’objet d’une constante attention. Mieux encore : il a fait de mon « Labyrinthe» un spectacle « culte ». Il est parvenu à créer mes pièces à Paris et « dans le monde entier ». Disposait-il d’une troisième main  comme Cervantès ? Parfois je me suis trouvé à Londres en même temps que lui. Inoubliable mon – non: “son” – « Labyrinthe »  dans sa mise en scène . Ou à São Paulo  pour “ma” « Communion solennelle »  éblouissante. Il savait hurler, au-delà des frontières, avec la même dextérité polyglotte quand bâille l’immortalité. Puis je me suis éloigné de lui par le passage zébré. Sans m’en rendre compte, en fakir avale-boeings. Est-ce que je me sens trop « anar »  pour coudoyer ceux qui triomphent? J’ai appris qu’à (très) juste titre, il était devenu une sorte de Directeur d'Opéra. Normal. J’ai su qu’il dirigeait avec le même succès des théâtres à dorures. Plus normal encore, avec des lunes de Kabuki. Soudain et sans savoir pourquoi il y a quelques jours nous nous sommes vus. Il souhaitait me voir enseigner les échecs à sa fille. Son adorable fille. Pour courir vers le passé; plus vite! J’ai dû lui avouer que, bien que depuis un demi-siècle je me trouve toujours devant « mon éternelle partie d’échecs » (Breton “dixit”; et  ajoutait-il, comme un blâme de plus, « avec Marcel Duchamp»), ce jeu est l’une de mes frustrations. J’ai autant de chances de battre sur l'échiquier  l’adolescente chinoise Hou Yifan que Tyson sur un ring. La  douleur nous fait chanceler, après la mort de l’ami. Moi aussi je voudrais croire que, entre la vie et la mort, le ciel et la terre, il y a un pont tricolore que l’on nomme arc-en-ciel. ¡Viva Jerónimo Savary!

Le 17 septembre 2014 à 09:27

Gérard Watkins : "Un théâtre à la hauteur de nos craintes et de nos peurs"

Le théâtre de Gérard Watkins s'en va explorer nos intimes blessures, celles que le politique vient creuser au plus profond de notre être, souvent à notre insu. Comme à chaque époque, nos corps et nos esprits sont l'enjeu des batailles que se livent des géants. Aujourd'hui ils sont technologiques. "La différence principale entre un être vivant en 2014, et un autre un siècle auparavant, est l’avalanche d’informations qu’il ingurgite au quotidien. L’homme moderne est le réceptacle d’un savoir aussi superficiel que volumineux. Il est assiégé par une quantité infinie de détails qui ne le concernent pas mais qui savent se prétendre indispensables. Il doit consommer l’information au même titre qu’il doit consommer l’instrument qui le transmet et l’habitacle qui l’héberge. Il a donc su développer un réflexe pour se protéger, survivre :il tente de se constituer une mémoire sélective. Pour cela, il se fraye un chemin et choisit. Il choisit de se souvenir de la Shoah parce qu’il est difficile de faire autrement, mais choisit d’oublier les circonstances qui ont mené à la tragédie. Il se souvient de la joie et de la délivrance que procure une révolution en observant de loin le Printemps arabe, mais oublie d’accueillir en son pays les « dégâts collatéraux ». Il ne peut pas vraiment faire autrement. Il doit choisir, trier, faire ce long travail lui-même, sous peine d’implosion. Personne ne peut faire ce travail à sa place. C’est la seule responsabilité qui lui reste

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Christiane Taubira
Live • 02/10/2017
André Dussollier
Live • 02/10/2017
Kamel Daoud : entretien avec Raphaël Enthoven
Live • 18/09/2017
Pascal Blanchard : Pourquoi la France est incapable d'avoir un musée de la colonisation ?
Live • 17/02/2017
Carte blanche au Bondy Blog : Ecrire ensemble
Live • 14/02/2017
Tous les podcasts
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication