Aude Lancelin : "Bienvenue dans le monde libre"

Aude Lancelin est journaliste. Spécialiste de la vie des idées, elle a été directrice adjointe des rédactions de L’Obs et de Marianne. Elle est notamment l’auteur de Le Monde libre (éditions LLL, prix Renaudot essai 2016) et de L'Éloge de la politique, avec Alain Badiou (Café Voltaire, Flammarion 2017). 

Croit-on encore à la liberté des grands médias dans notre pays depuis qu'ils sont entre les mains des fortunes du CAC 40 ? Les rédactions fondent comme peau de chagrin ; les journalistes se réfugient dans le fact checking pour éviter d'affirmer des positions trop tranchées ; une grande homogénéité idéologique s'installe ; la méfiance du public augmente ; la France plonge à la 39e place dans le classement de Reporter sans Frontières. Du jamais vu depuis la Libération. Avec Le Monde libre, prix Renaudot de l'essai 2016, Aude Lancelin avait ouvert les fenêtres sur la servitude des médias, après avoir été brutalement licenciée de son poste de numéro 2 de L'Obs. Aujourd'hui elle se bat pour qu'on interdise aux actionnaires des télécoms de posséder journaux, radios et télévisions. Et qu'on repense une presse où chacun pourrait exercer son travail honnêtement, sans mettre sa tête en danger.

Enregistré le 8 février 2018 salle Roland Topor du Théâtre du Rond-Point
durée 01:59:04



Retrouvez sur ventscontraires les podcasts et vidéo des différentes éditions du festival "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne.

Edition #3 février 2019 : Issue de secours, la périphérie ?
Quinze jours de débats, performances et conférences pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les « territoires ». Disputes, engueulades et rires salutaires : quand les démocraties vacillent sous le poids des inégalités, il est temps de prendre la parole, de débattre, de sortir des entre-soi. « Acceptons-nous que l’Europe se construise loin de ses citoyens ? Aimons-nous cette France à plusieurs vitesses, l’hypocrisie apartheid et tant de zones oubliées qui ruminent en silence ? » demande l’organisateur Jean-Daniel Magnin, directeur littéraire des lieux. À la veille des élections européennes, le Rond-Point ouvre les issues de secours côté banlieue. Il s’agrandit à tous les publics, aux talents qui débordent, pour un festival citoyen des périféeries urbaines.

Edition #2 janvier-février 2018
Nos disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes et font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.

Edition #1 janvier-février 2017
Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ?

 

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Le 26 février 2018 à 15:00

Aude Lancelin : "Bienvenue dans le monde libre"

Aude Lancelin est journaliste. Spécialiste de la vie des idées, elle a été directrice adjointe des rédactions de L’Obs et de Marianne. Elle est notamment l’auteur de Le Monde libre (éditions LLL, prix Renaudot essai 2016) et de L'Éloge de la politique, avec Alain Badiou (Café Voltaire, Flammarion 2017).  Croit-on encore à la liberté des grands médias dans notre pays depuis qu'ils sont entre les mains des fortunes du CAC 40 ? Les rédactions fondent comme peau de chagrin ; les journalistes se réfugient dans le fact checking pour éviter d'affirmer des positions trop tranchées ; une grande homogénéité idéologique s'installe ; la méfiance du public augmente ; la France plonge à la 39e place dans le classement de Reporter sans Frontières. Du jamais vu depuis la Libération. Avec Le Monde libre, prix Renaudot de l'essai 2016, Aude Lancelin avait ouvert les fenêtres sur la servitude des médias, après avoir été brutalement licenciée de son poste de numéro 2 de L'Obs. Aujourd'hui elle se bat pour qu'on interdise aux actionnaires des télécoms de posséder journaux, radios et télévisions. Et qu'on repense une presse où chacun pourrait exercer son travail honnêtement, sans mettre sa tête en danger.   Conférence programmée par Jean-Daniel Magnin pour le cycle "Nos disques sont rayés #2"Enregistré le 8 février 2018 salle Roland Topor du Théâtre du Rond-PointCaptation et montage Léo Scalco et Sarah-Mei Chandurée 01:59:22

Le 13 février 2018 à 11:06

Sophie Wahnich : La démocratie prise en étau

Avec la revue Vacarme

À Tunis en janvier 2011, un homme ou une femme avait écrit comme on écrit à sa belle, « démocratie mon amour ». Sur un mur avec un grand cœur enfantin entre « mon » et « amour ». Enfance du désir de démocratie. Une érotique de la politique qui fait que, par amour, chacun voudrait retenir sa propre violence, dans la peur de faire un malheur. Tous ces déçus de la démocratie ont-ils vraiment aimé comme on aime d’amour, en tremblant, celle qu’ils veulent punir en l’abandonnant qui aux fondamentalismes, qui au nationalisme identitaire et qui au néolibéralisme ? Ces monstres la broient et se nourrissent l’un l’autre. Comment desserrer l’étau et retrouver ce désir ardent de démocratie ? Comment réinventer une forme de vie démocratique ? Le regard historique tend une toile, il fabrique un passé par lequel le présent se présente. La démocratie prise en étau, c’est aussi le titre du numéro de février que prépare, avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme. Une dizaine de ses membres viendra se glisser parmi le public de cette soirée. Avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme fera du vacarme depuis la salle. Sophie Wahnich est directrice de recherche au CNRS (IIAC/PSL), elle travaille entre histoire, anthropologie et études politiques sur la Révolution française. Elle interroge notre présent en écoutant les conseils, avis et perplexités vécues de nos ancêtres révolutionnaires. Pour faire passage, elle fait confiance aux émotions, celles qui se déploient quand l'injustice, la trahison, l'oppression fabrique la résistance des acteurs qui tentent de frayer un chemin révolutionnaire. Elle est membre de la revue Vacarme, écrit une tribune historique mensuelle dans Libération. Elle a notamment publié La Révolution française n’est pas un mythe, Paris Klincksieck, critique de la politique, 2017, Le radeau démocratique, chroniques de temps incertains, Paris, Lignes, 2017 ; La longue patience du peuple, 1792 naissance de la République, Paris, Payot 2008. Enregistré le 9 février 2018 dans la salle Roland Topor du Théâtre du Rond-PointDurée : 02:05:02

Le 1 septembre 2011 à 07:46

Est-il ou n'est-il pas ressorti de chez les Bettencourt une enveloppe kraft à la main ?

Une affaire que la physique quantique peut éclairer

L'affaire rebondit avec la parution du livre Sarko m'a tuer et le témoignage de l'ex-infirmière de Liliane Bettencourt – immédiatement récusé par cette dernière : elle aurait vu Nicolas Sarkozy recevoir des enveloppes au domicile de sa patiente.  On se souvient de l’ex-comptable de Liliane Bettencourt qui elle aussi avait accusé Sarkozy de financement illégal ; puis, questionnée par la police, la même personne s’était rétractée en disant qu’il n’en était rien. Incohérence, délire, menaces de mort ? Et si ces doubles témoignages, au contraire, étaient VERIDIQUES : Sarkozy est sorti avec l’enveloppe ET Sarkozy n’est pas sorti avec l’enveloppe ? Les deux à la fois ?Car deux états contradictoires peuvent tout à fait coexister dans la nature. Rappelons-nous du chat de Schroedinger, cette expérience imaginée pour illustrer les étranges comportements de la matière au niveau quantique : un chat est enfermé dans une boîte avec un détecteur atomique relié à un marteau surplombant une fiole de poison. Dans le détecteur, il y a un atome qui a une chance sur deux de se désintégrer au bout d'une minute. Si une telle désintégration est détectée, le marteau brise la fiole et le chat meurt. Comme il est impossible de dire si l’atome s’est désintégré ou non, la théorie quantique affirme que le chat est mort ET vivant. Le président pensait certainement « quantique » lorsqu'il s'était exprimé il y a plus d'un an sur cette affaire  : – Je ne suis pas un idéologue, j’essaie d’être honnête, de dire la vérité, en tout cas la mienne. Seule l’ouverture de la boîte agira sur la réalité, mais tant que la boîte restera verrouillée, les deux états contradictoires resteront réellement concomitants, aussi bizarre que cela vous semble. Ne cherchez pas, notre cerveau ne peut l’admettre, et pourtant c’est ainsi.Même si l’Elysée et tout le gouvernement démentent ces "allégations dénuées de tout fondement", le feuilleton est reparti. Au dernier épisode, quand on ouvrira enfin la boîte, tout redeviendra simple et familier : SOIT le chat va bondir toutes griffes dehors, SOIT il sera mort, une enveloppe kraft serrée entre ses pattes.

Le 6 septembre 2011 à 10:08

Mazen Kerbaj : "Il faut rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire"

Un dessinateur libanais en résidence au Rond-Point

Illustrateur de presse, croqueur de BD, open trompettiste et peintre sur carnets de note, Mazen Kerbaj s'éloigne de Beyrouth en septembre-octobre pour s?acoquiner pendant deux mois avec l'équipe de ventscontraires.net. Premier contact Le Théâtre du Rond-Point développe depuis plusieurs années une thématique autour du rire de résistance. C'est quoi pour toi, le rire de résistance ?Je suis né en 1975 avec la guerre civile qui a fini en 1990. J'ai donc vécu mes premières années en guerre civile. Depuis on dit que c'est la paix au Liban, mais il y a eu quelques petites guerres depuis. Quand on vit à Beyrouth, on n'est jamais vraiment en temps de paix, on est toujours en guerre ou entre deux guerres et on ne sait jamais quand la prochaine va arriver. Cependant je dois dire que je suis bien content de vivre là-bas malgré tout. C'est une vie où on exprérimente chaque jour que le rire et la résistance sont deux choses qui vont naturellement ensemble. La résistance contre la folie qu'il y a autour, contre la réalité dont on ne peut s'échapper, contre la guerre, la politique, la corruption... Il n'y a pas d?autre solution, il faut absolument rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire. Je ne peux résister que par le rire et mon rire ne peut être qu'un rire de résistance dans le sens où il est toujours opposé à une situation le plus souvent lugubre, déprimante et pas drôle du tout à laquelle je réponds par quelque chose de drôle. J'ai rarement eudes idées drôles dans l'absolu, pour elles-mêmes, c'est vraiment en réaction. Mon rire et celui que j'essaie de déclencher sont forcément de résistance. Bien sûr, en temps de guerre, tu ne peux pas parler des coquelicots, tu vas parler de la situation que tu vis et combattre cette situation par ton art. Mais je déteste l'idée de l'artiste engagé avec un message à faire passer. Je trouve ça assez péremptoire. Si un artiste veut donner son avis sur la politique je ne suis pas contre, mais qu'après il se positionne en porte-étendard, je trouve ça complètement ridicule. L'art n'a pas à jouer un tel rôle. Même les artistes qui se sont fait emprisonner, torturer, assassiner sous des régimes dictatoriaux étaient avant tout des artistes. > Mazen Kerbaj, rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Le 20 février 2017 à 12:58

Nicolas Truong, intervieweur interviewé #1

Il conçoit et met en scène "Interview", avec Judith Henry Nicolas Bouchaud : l’interview qu'il connaît bien pour le pratiquer lui-même, comme lieu théâtral à explorer C’est le genre journalistique le plus prisé, l’exercice médiatique le plus usité, le mode éditorial le plus célèbre. C’est un genre qui les comporte tous. L’interview est une mise en scène, le lieu d’un théâtre où se joue la confrontation de deux subjectivités.   À la manière des chansons populaires, les traces écrites, sonores ou télévisuelles des interviews sont dans tous les souvenirs et scandent la mémoire intime et collective des nations et des générations. Les exemples de la prégnance de ces scènes médiatiques de la vie publique sur nos vies sont innombrables : aveux de l’ancien président Richard Nixon sur le Watergate faits lors des vingt-neuf heures d’émissions réalisées par le  journaliste David Frost ; entretien touchant et désopilant entre Pierre Desproges et Françoise Sagan ; interview posthume du philosophe Heidegger à l’hebdomadaire Der Spiegel sur son engagement nazi ; entretien au Monde avec le « philosophe masqué », à savoir Michel Foucault qui choisit délibérément l’anonymat, « par nostalgie du temps où, étant tout à fait inconnu, ce [qu’il] disait avait quelques chances d’être entendu » ; faux-entretien de Patrick Poivre D’Arvor avec Fidel Castro ; déballages cultivés et foutraques de Michel Polac, échanges rachmaninoviens de Bernard Pivot, servitude volontaire des candidats aux « interviews-vérité » de Thierry Ardisson, etc.   L’interview est une maïeutique. Un divan contemporain, un confessionnal de l’ère cathodique, une agora de l’extimité et de la mise en scène de soi. On y pleure, on s’y livre, on s’y découvre, on s’y lâche. L’interview est une vitrine de la connivence journalistique aussi. Le lieu de la déférence et de la flatterie, ou bien l’espace de la dénonciation, des aveux et de l’humiliation.    Nicolas Truong

Le 27 mars 2019 à 16:03

Carole Thibaut : Longwy-Texas

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

Conférence-performance de Carole Thibaut : "Longwy-Texas" « Le jour où on a abattu le premier Haut Fourneau, j’ai vu mon père pleurer. » Retour à Longwy où les arbres échouent à pousser sur le béton des laminoirs enterrés, où rien n’a réussi à remplacer la prospérité industrielle d’autrefois. Ce sont des souvenirs d’enfance, les femmes tenues à l’écart des usines, une visite dans la gueule d’enfer des Hauts Fourneaux en serrant la main du père ingénieur. Il y a des photos prises par les père, grand-père et arrière-grand-père, des bouts de films Super 8 où se raconte la lente ascension sociale, les journaux télévisés de l’époque, les archives sonores de « Lorraine Coeur d’acier », première radio libre créée à Longwy en 1979 qui documente la fermeture soudaine, les manifestations, les concerts de soutien. Carole Thibaut nous conduit, à la manière d’une conférencière de l’intime, dans la mémoire glorieuse des aciéries et de la sidérurgie lorraine, aujourd’hui éradiquée du paysage. Autrice, comédienne, metteuse en scène, elle est actuellement directrice du Centre dramatique national de Montluçon, autre ville en deuil de son passé d’usines et de labeur. Production théâtre des Îlets – centre dramatique national de Montluçon – région Auvergne-Rhône-Alpes En coréalisation avec Le Carreau – scène nationale de Forbach et de l'Est Mosellan Programmé le 7 février 2019 par Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 22 mars 2019 à 12:08

Le grand oral désopilant du Barreau de Paris, avec Florence Aubenas #2

Le populisme est-il forcémement populaire ?

Nos disques sont rayés #3 – Festival citoyen des "périféeries urbaines", soirée d'ouverture : Le grand oral désopilant du Barreau de Paris, avec Florence Aubenas. En complicité avec Bertrand Périer. Avec les avocats du Barreau de Paris : Laurent Delvolve, Edmond-Claude Fréty, César Ghrénassia, Arnaud Gris, Thomas Heintz, Julien Mayeras, Serge Pererz, Louis-Romain Riché, Anne-Guillaume Serre, Antoine V. Invitée d'honneur Florence Aubenas Candidats : Wassim Adib et Joachim Pinto Les meilleurs avocats du moment vont s’étriper devant vous sur les enjeux liés aux banlieues, aux territoires perdus de la République, à la France périphérique. Entre catch verbal et jeux du cirque, cette joute oratoire saignante suit un rite où tous les coups – absolument tous les coups – sont permis. Les avocats font leur entrée avec un.e invité.e d’honneur devant une foule surchauffée. L’un d’eux fait un portrait volontairement irrévérencieux de l’ invité.e qui pourra rectifier les contrevérités les plus flagrantes. Deux jeunes courageux candidats venus des banlieues viennent défier les avocats en prononçant un bref discours sur les deux questions du jour : « Faut-il détruire le périphérique ? » et « Le populisme est-il forcément populaire ? ». Ces discours sont ensuite critiqués avec humour et mauvaise foi par chaque avocat. Puis c’est à l’invité.e de prendre, s’il ou elle le souhaite, la défense des jeunes orateurs. À la fin un ou deux avocats viennent régler leur compte à leurs confrères, et sauver l’honneur des candidats. Programmé le 4 février 2019 par Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point.Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 22 mars 2019 à 11:57

Le grand oral désopilant du Barreau de Paris, avec Florence Aubenas #1

Faut-il détruire le périphérique ?

Nos disques sont rayés #3 – Festival citoyen des "périféeries urbaines", soirée d'ouverture : Le grand oral désopilant du Barreau de Paris, avec Florence Aubenas. En complicité avec Bertrand Périer. Avec les avocats du Barreau de Paris : Laurent Delvolve, Edmond-Claude Fréty, César Ghrénassia, Arnaud Gris, Thomas Heintz, Julien Mayeras, Serge Pererz, Louis-Romain Riché, Anne-Guillaume Serre, Antoine V. Invitée d'honneur Florence Aubenas Candidats : Wassim Adib et Joachim Pinto Les meilleurs avocats du moment vont s’étriper devant vous sur les enjeux liés aux banlieues, aux territoires perdus de la République, à la France périphérique. Entre catch verbal et jeux du cirque, cette joute oratoire saignante suit un rite où tous les coups – absolument tous les coups – sont permis. Les avocats font leur entrée avec un.e invité.e d’honneur devant une foule surchauffée. L’un d’eux fait un portrait volontairement irrévérencieux de l’ invité.e qui pourra rectifier les contrevérités les plus flagrantes. Deux jeunes courageux candidats venus des banlieues viennent défier les avocats en prononçant un bref discours sur les deux questions du jour : « Faut-il détruire le périphérique ? » et « Le populisme est-il forcément populaire ? ». Ces discours sont ensuite critiqués avec humour et mauvaise foi par chaque avocat. Puis c’est à l’invité.e de prendre, s’il ou elle le souhaite, la défense des jeunes orateurs. À la fin un ou deux avocats viennent régler leur compte à leurs confrères, et sauver l’honneur des candidats. Programmé le 4 février 2019 par Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point.Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 23 mars 2019 à 12:18

Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

« Je n’abandonnerai jamais la banlieue », Kader Aoun avec AZ, Merwane B, Lenny Mbunga, Seb Mella. Kader Aoun a grandi dans le 93. Sa mère vit toujours dans le 93. Lui aussi. Mais ils ne sont la périphérie de personne. Ou alors Paris est leur périphérie. C’est vrai qu’il y a une frontière. Kader a beau avoir fait des études, SciencesPo, « il y a une frontière qu’on te met en permanence en travers de la route. » Délit de faciès, on ne passe pas. Pour ouvrir la porte, il faut une rupture, un choc, une forme de violence. Heureusement pour lui ça a été le rire. La dernière porte à laquelle il a essayé de frapper. Le stand-up est un truc très américain avec un énorme public. Celle-là s’est ouverte. Il y a laissé un pied pour garder le passage et a formé plusieurs générations d’artistes. « Je me fous d’où ils viennent, de quel milieu ils sont, dès l’instant que je reconnais un talent. » Mais quand il donne rendez-vous dans Paris à des minots venus de banlieue, des comiques en qui il croit, ils attendent que Kader soit dans le café avant d’entrer. « Ils ne s’autorisent que les chichas à Paris. » Pour lui c’est obsessionnel, il essaie de mélanger les gens, de manière intergénérationnelle aussi. Il fait de la politique tous les jours, avec des blagues.   Programmation Jean-Daniel Magnin pour le festival Nos disques sont rayés, Théâtre du Rond-Point

Le 27 mars 2019 à 18:32

HK : "Je suis"

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

Carte blanche à Amnesty International : "Au pays des droits... de qui ?" Soirée débat et concert avec : Amnesty International, Slim Ben Achour, Kamel Daoudi, Nicolas Krameyer, Mathilde Robert, HK et ses musiciens Manuel Paris, Saïd Zarouri, Meddhy Ziouche Présumés coupables Contrôles discriminatoires, assignations à résidence illimitées, violences policières contre les migrants et harcèlement des citoyens qui les soutiennent, les politiques de sécurité s’apparentent de plus en plus à une carte blanche donnée à l’arbitraire... Amnesty International donne la parole à celles et ceux qui vivent et combattent cet état de fait : l’avocat Slim Ben Achour dénonce le contrôle au faciès et le profilage ethnique pratiqués par la police française, qui se croit protégée par la croyance aveugle au principe d’égalité ; contacté par appel vidéo, Kamel Daoudi, le plus vieil assigné à résidence de France depuis qu’on le soupçonne d’être lié à Al Kaïda, ne voit pas d’issue à son exil intérieur dans un village français où il doit aller pointer plusieurs fois par jour à l’antenne de police ; Mathilde Robert, jeune militante, a documenté les violences des forces de l’ordre contre les migrants et le harcèlement policier dont sont victimes citoyens solidaires présents dans la jungle de Calais. Le tout en musique avec le chanteur engagé HK et ses musiciens. Conférence programmée le 8 février 2019 par Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point et Ivan Guibert pour Amnesty InternationalCaptation Léo Scalco et Sarah Mei-Chan

Le 24 février 2017 à 09:29

Nicolas Truong, intervieweur interviewé #2

Il conçoit et met en scène "Interview", avec Judith Henry Nicolas Bouchaud : l’interview qu'il connaît bien pour le pratiquer lui-même, comme lieu théâtral à explorer Après Projet Luciole, voyage dans la pensée critique et philosophique contemporaine dont j’observe par  passion et profession les contours depuis vingt-cinq ans, Interview est également une façon de partir de mon  expérience et de mettre en scène une partie de ma propre pratique : celle d’un journalisme d’idées qui ne cesse d’utiliser cette figure imposée du métier, cet exercice de style médiatique, cet art de l’accouchement des  pensées. Inépuisable matière à situations de jeu, lieu d’une rencontre, expression d’une parole solidement bâtie – parfois totalement réécrite – ou de l’improvisation orale, l’interview s’impose assurément comme un singulier théâtre de la parole qui appelle pour ainsi dire le plateau.   Le fil scénique du projet repose sur des entretiens réalisés avec des interviewers menés par les comédiens et moi-même. Nous sommes allés à la rencontre de la journaliste Florence Aubenas, de l’écrivain Jean Hatzfeld, du sociologue Edgar Morin, du médiologue Régis Debray et des cinéastes Raymond Depardon et Claudine Nougaret. Nous les avons interrogés sur leurs façons de questionner, d’approcher, de mettre en confiance leurs interlocuteurs. Comment s’adresse-t-on à un sportif, à un paysan, à un jeune des cités, à un tueur de masse ou un rescapé ? Comment recueille-t-on la parole des gens ordinaires dans la France périphérique d’aujourd’hui ou dans l’ex-Yougoslavie en guerre ? Comment fait-on parler un routier ou un politicien ? Et le résultat est passionnant. Car  cette parole est inédite. Mis à part les albums souvenirs des interviewers starisés de la télé, les propos de ceux  qui questionnent sont rares. Et ils nous apprennent beaucoup de ce qu’est devenue la parole aujourd’hui, sur la façon dont on fabrique les  « bons clients » qui reviennent tout le temps dans les médias par leur bagou et leur art oratoire. Judith Henry  et Nicolas Bouchaud sont donc partis avec moi rencontrer ces artistes de la rencontre. De ces discussions est  né un texte, principalement composé de ces entretiens. Judith et Nicolas sont donc tour à tour Jean Rouch et  Edgar Morin (qui nous a donné accès aux rushs du film Chronique d’un été), Florence Aubenas et Jean Hatzfeld, Claudine Nougaret et Raymond Depardon.   Il s’agira bien sûr de mettre en scène les différentes figures de l’interview. De jouer avec, et de voir ce que l’interview fait au jeu : entretiens célèbres appréhendés du seul point de vue de l’intervieweur ; montage qui  tronque un entretien ; intervieweur finalement questionné par l’interviewé, pure gestuelle de dialogues, etc. Mais aussi de dessiner un portrait de l’intervieweur. Et de raconter une histoire, de composer un récit, celui  de l’acheminement vers la parole qui aboutit à l’urgence et à l’éloge du silence dans le monde du bavardage généralisé. Nicolas Truong

Le 28 février 2018 à 14:49

Sophie Wahnich & la revue Vacarme : La démocratie prise en étau

La démocratie prise en étau, c’est aussi le titre du numéro de février que prépare, avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme. Une dizaine de ses membres est venue se glisser parmi le public de cette soirée. Avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme fait du vacarme depuis la salle. À Tunis en janvier 2011, un homme ou une femme avait écrit comme on écrit à sa belle, « démocratie mon amour ». Sur un mur avec un grand cœur enfantin entre « mon » et « amour ». Enfance du désir de démocratie. Une érotique de la politique qui fait que, par amour, chacun voudrait retenir sa propre violence, dans la peur de faire un malheur. Tous ces déçus de la démocratie ont-ils vraiment aimé comme on aime d’amour, en tremblant, celle qu’ils veulent punir en l’abandonnant qui aux fondamentalismes, qui au nationalisme identitaire et qui au néolibéralisme ? Ces monstres la broient et se nourrissent l’un l’autre. Comment desserrer l’étau et retrouver ce désir ardent de démocratie ? Comment réinventer une forme de vie démocratique ? Le regard historique tend une toile, il fabrique un passé par lequel le présent se présente.  Sophie Wahnich est directrice de recherche au CNRS (IIAC/PSL), elle travaille entre histoire, anthropologie et études politiques sur la Révolution française. Elle interroge notre présent en écoutant les conseils, avis et perplexités vécues de nos ancêtres révolutionnaires. Pour faire passage, elle fait confiance aux émotions, celles qui se déploient quand l'injustice, la trahison, l'oppression fabrique la résistance des acteurs qui tentent de frayer un chemin révolutionnaire. Elle est membre de la revue Vacarme, écrit une tribune historique mensuelle dans Libération. Elle a notamment publié La Révolution française n’est pas un mythe, Paris Klincksieck, critique de la politique, 2017, Le radeau démocratique, chroniques de temps incertains, Paris, Lignes, 2017 ; La longue patience du peuple, 1792 naissance de la République, Paris, Payot 2008. Conférence programmée par Jean-Daniel Magnin pour le cycle "Nos disques sont rayés #2"Enregistré le 9 février 2018 salle Roland Topor du Théâtre du Rond-PointCaptation et montage Léo Scalco et Sarah-Mei ChanDurée : 02:00:17

Le 3 janvier 2018 à 13:54

Nos disques sont rayés #2 : deuxième édition de notre festival sur les blocages français

conception Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes Beau succès la saison passée de Nos disques sont rayés, première édition d’un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français. C’était juste avant les élections, nous avions faim de pointer les impasses d’un monde politique qui n’attendait que de s’écrouler. Cette saison, piqûre de rappel pour ausculter des disques rayés plus intimes, ceux qui viennent tourner insidieusement en boucle dans nos têtes. Ils font bégayer de magnifiques mots comme égalité, liberté d’opinion, transparence, justice, laïcité, fraternité, démocratie, mots que nous revendiquons toujours mais qui sont entravés, tenus en laisse, dévoyés de leur élan premier. Ce qui nous révolte et nous accable, nous entraîne dans un monde que nous n’avons pas choisi.En ouverture, une conférence de rédaction animée par des maîtres du stand-up. On attaque à l’acide nos manières de juger les rechutes du pays, ses quartiers, sa politique, ses tourbillons d’échecs successifs, les relations entre police et citoyens. Suivent quatre rendez-vous avec des penseurs hors piste qui secouent les étouffoirs de l’époque : Aude Lancelin, journaliste lanceuse d’alerte ; l’historienne Sophie Wahnich et la revue Vacarme appellent à desserrer les étaux qui réduisent nos démocraties à la « postdémocratie" ; le psychologue Tobie Nathan convoque un parlement des dieux pour réhumaniser notre laïcité ; le Prix Goncourt Éric Vuillard écrit sur l’oubli que nous avons d’être un peuple. LUNDI 29 JANVIER 
SOIRÉE D’OUVERTURE 20H – CARTE BLANCHE À KADER AOUN & SES STAND-UPPERS talk-show pour public indiscipliné soirée stand-up conçue par Kader Aoun avec Mathieu Madénian, Fary (distribution en cours) > en savoir plus JEUDI 8 FÉVRIER 20H – BIENVENUE DANS LE MONDE LIBRE conférence-performance d’Aude Lancelin > en savoir plus VENDREDI 9 FÉVRIER 20H – SOPHIE WAHNICH & LA REVUE VACARME conférence-performance > en savoir plus SAMEDI 10 FÉVRIER 15H – CARTE BLANCHE À ACTES SUD : ÉRIC VUILLARD entretien avec Pierre Assouline (Académie Goncourt) > en savoir plus 20H – LE PARLEMENT DES DIEUX conférence-performance de Tobie Nathan
 > en savoir plus Avec le soutien de l'Association des Centraliens  > retrouvez les conférences-performances Nos disques sont rayés en vidéo et podcast, captations vidéo réalisée par Léo Scalco

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