Rattraper la langue
Publié le 16/01/2015

Nathalie Quintane : Stand-up


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Serrant la pogne à quelques commerçants d'une ville de province (12000 habitants maximum) qui parfois la refusent, une belle femme blonde à la voix de bluesman, connue sous un autre nom, mène campagne. Pour cette fois, il est possible qu'on l'appelle Bip, ou Toi, ou Moi. Je dirai ce que je raconte sur cet épisode, malheureux, tendancieux, un peu des deux.
 

Nathalie Quintane, née en 1964, publie, essentiellement chez P.O.L., des livres sans indication générique Chaussure (1997) ; Tomates (2010) ; Crâne chaud (2012), ainsi que deux romans. Elle participe à de nombreuses lectures publiques, en France et à l'étranger (Danemark, Suède, États-Unis, Brésil...) et travaille régulièrement avec des artistes (Stéphane Bérard, Xavier Boussiron, Stephen Loye, Alain Rivière...). Son dernier ouvrage paru est Les années 10 (éditions La Fabrique, 2014). 

 

Enregistré le 31 janvier 2015 dans la salle Topor, festival Rattraper la langue

Captation Leo Scalco et Larissa Pignatari

 

Place aux poètes, aux créolisants, aux corsaires du langage, place aux passeurs et aux décrypteurs de paroles, place aux cracheurs d'avenir.
Pauvre langue. Réduite en « éléments de langage ». Qui nous parle de plus en plus petit. Pasteurisée, simplifiée, désertifiée par les stratèges en communication. Confisquée par les adeptes du pugilat médiatique, de la harangue haineuse et du bashing. Nos paroles, nos pensées, les mots avec lesquels nous rêvons n'ont jamais été si convoités. Le langage est notre bien le plus précieux. Alors rattrapons ce qui nous échappe peu à peu. Ce langage qui nous façonne. Et qui façonne le monde. Toutes nos infinies façons de dire.

> le programme complet

 

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Le 9 janvier 2014 à 06:29
Le 10 février 2014 à 15:29

Jacques Rebotier : La Fabrique des pensées toutes défaites (poésie-téléphone)

Trousses de secours en période de crise, saison 2 : la crise du travail

Au boulot les mots "Prenez une phrase toute faite, n’importe. Défaites-là, dans le non-sens des aiguilles de votre montre. Rolex, de préférence. Recomposez, avec outil de musique et/ou poésie. Avalez. Digérez. Vous obtenez une nouvelle pensée, entièrement dépensée, jamais pensée auparavant. Servez vif. »Avec La Fabrique des pensées toutes défaites, Jacques Rebotier, poète et compositeur, poursuit son entreprise de décryptage musical du monde. Armé de son smartphone, monsieur Déloyal enregistre, capture, sample tout ce qui ne bouge pas et ne veut pas bouger. Il surfe en direct-live sur les vagues immobiles de la toile, saisit de volée les pensées pétrifiées et les phrases cucultes, langues de bois vert qui nous pédipulent, emberlificotent, novlanguelèchent, roule-farinent.Pour nous restituer tout cela en une pseudo conférence poétique et mordante, faite de ses ppp, ces petites partitions de paroles dont il a le secret. Invités-donneurs (audio et video) : Jacques Séguéla, Raymond Barre, Jean-François Copé, Marine Le Pen, Bernard Tapie, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Cécile Duflot, François Hollande, Barack Obama, Franck Ribéry, Guy Debord, Jean-Michel Ribes, Édouard Balladur, je vous demande de vous arrêter, ok j’arrête.Attention, cette perfopoésieconférence peut être aussi participative !" Enregistré le 7 février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. Durée : 57:37 > les autres Trousses de secours dédiées au travail En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 > le site de la compagnie de Jacques Rebotier

Le 25 novembre 2010 à 12:24

L'empereur des mots

Slam qui se la pète

Je veux parler sans accroc Sans accrocher les motsÊtre capable de déverser tel un flot de laitUn flow de lettres et de voyelles qu'on sonneDe consonnes qui riment sans frime ni trimer peut-être un peu ramerUn beau rameau d'olivier encastré sur ma te-té Nouvel empereur des motsPeureux des morts et marre des vivantsCésar des césuresKaiser des cassuresTsar star des stancesQui met le feu dans l'assistanceEt si j’bégaye pas et que j’t'égaye toiJ’ai gagné ma soirée alors souriez c'est si rare c'est si beauCécile me manque mais je fais abstraction pour ne pas perdre votre attention Virtuose de la prose je décompose les mots des mauxDémodés mon flow mon phraséNON emphasés hyperbolés oxymorés métaphoriqués alambiquésJe transforme en or les fersJe libère les mots dans l'atmosphèreAlchimiste activiste intégriste du verbeJ’aime quand le sens est poétique lyrique cosmique comique atypiqueAh on s'pique vite au rythme de la rime dynamiqueQui revient comme le TAC après le TICTAC TIC TAC TIC TAC TICJ'astique les mots pour qu'ils brillent à la lueur du microESCROC Ce texte n'est pas de moi je l'ai chopé dans le dicoCambrioleur de litotesVioleur de définitionsProfanateur d'expressionsPourfendeur de profondeur mon texte est creux comme du LeerdamerMais messieurs dames ayez du coeur je veux votre bonheurPas un slam malsain ni un slam fastQui fasse maigrir les idéaux rétrécir les espritsJe suis aware pas avareMais bavard barbuPlus Babar que shiatsuMes cafards je les chasse devant Lamu Je n’ai pas mauvaise réputation à part en dictionAlors je modère mon choix de mots pour pas chuinter ni chuterNi chanter petit bémol de ma vie privéePas dépravée ni dépourvue Je ne vis pas dans la rueSinon ça aurait été un bon jet-su Je sueJe sens que la fin est proche Faudrait que je raccrocheAvant que je ne déclenche une clameur d'ennuiNon ce n’est pas finiFaudra me bâillonner plus un coup de baïonnetteEt me finir à la mitrailletteEt si un jour je découvre que dans cette nationExiste la liberté d'expressionJ’aurai enfin trouvé une bonne raisonDe me taire

Le 6 mars 2015 à 14:52

Oh l'autre, il respecte tout le monde

C’est vrai, je respecte tout le monde. Je respecte les Amish parce qu’après tout, je suis d’accord avec eux, ça a été trop vite, on a perdu des choses du passé, ce qui explique la montée du FN, si la France était Amish, y’aurait pas Marine le Pen. Je respecte le fait que le prophète soit hétérosexuel, même si j’ai des amis musulmans qui couchent avec des garçons. Je respecte le fait que François Hollande n’aime pas la Culture, ça permet de rêver à Juppé en Malraux. Je respecte monsieur Poutine et monsieur Assad qui se respectent mutuellement. Je respecte mon marchand de journaux qui refuse de vendre une pile de téléphone à un Arabe parce qu’il ne parle qu’anglais (même si je traduis). Je respecte l’extrémiste qui a tué Rabin, il faut se mettre à sa place, la paix ça lui aurait gâché le boulot. Je respecte Marine Le Pen qui ne dit pas que des conneries, sauf en économie, en culture, en immigration, en religion, en politique, en botanique elle est pas mal. En échange, je veux juste que ces gens me respectent, parce que, comme matière, j’ai choisi de faire droits de l’homme et siècle des lumières. Pour moi, une des plus belles dates, c’est le 9 décembre 1905. L’autre, on le respecte, à condition qu’il nous fasse pas chier. C’est vrai, quoi, le respect, ça devrait être une activité à plein temps. Moi, le respect, j’en crêve quand l’autre me marche dessus. Mais je continue. J’ai pas trop le choix. Ma femme me dit que je suis un démocrate. Et moi, je respecte beaucoup l’opinion de ma femme parce que je l’aime et j’irais jamais dire du mal de quelqu’un que je respecte et qui pourrait me buter. Ce serait un manque de respect envers notre amour. Non ?

Le 28 novembre 2013 à 10:52

Jean-Michel Espitallier : "Les loisirs, quel boulot !"

Trousses de secours : la crise du travail

Entre rire jaune et émerveillement toponymique, le poète-batteur Jean-Michel Espitallier (il tient la batterie dans un groupe rock) nous invite à une performance loufoque sur le contraire du travail : les loisirs et les vacances. Avant sa venue au Rond-Point, une batterie de questions ventscontraires : – Quel rôle joue la scène dans votre trajet d'écrivain ?La scène est une autre façon de faire vivre ses textes, elle permet une publication dans un autre espace, celui de l’oralité et du son, lequel en éprouver la texture, les subtilités, les forces ou les faiblesses. S’y opère la « sortie du livre » chère aux poètes sonores, et aussi, c’est très important, un retour immédiat du public, en temps réel. C’est aussi, bien souvent en ce qui me concerne, un banc d’essai. En même temps, monter sur scène pour y lire ou y performer ses textes, parfois écrits pour la scène, c’est aussi apparaître avec son corps. Le corps de l’écrivain qui est, dans une sorte d’inconscient collectif, un personnage qu’habituellement l’on ne voit pas (cliché romantique de l’écrivain retranché dans sa chambre, solitaire, cf Proust, par exemple, dans sa chambre capitonnée du boulevard Haussmann, Rimbaud écrivant dans la grange de la maison familiale, etc.), ce corps qui soudain apparaît surexposé. Le texte n’est plus une marqueterie typographique rangée dans un livre, destiné à une lecture silencieuse, intérieure. Il sort du corps de son auteur, en direct. Et puis, la dimension scénique de l’écriture implique toujours aussi une sorte de réécriture, par la bouche. Mes textes n’ont pas le même statut quand ils sont imprimés ou oralisés, ce sont parfois deux histoires différentes, deux moments d’une même bouture. Deux formes plastiques d’un même projet, deux idylles d’un même amour. Qui se complètent et se nourrissent. Sans compter que l’oralité, et le son, permettent de faire dériver le sens d’un texte, ce qui est d’ailleurs assez extraordinaire.– Qu'il s'agisse de la vie ou de la mort, des célébrités célèbres ou oubliées, vous marquez une certaine prédilection pour l'écriture par listes ou catalogues. Pourquoi ?J’adore les listes, et les listes sont partout dans la littérature, classique et moderne, à commencer par la Bible ! La liste appelle le monde à soi, accumule des traces, et le listeur est un peu comme le fétichiste ou le collectionneur, il cherche le mot idéal, celui qui résumerait tout et qui, bien sûr, n’existe pas. La liste est un objet tellement simple, banal, qu’elle en devient saugrenue, étrange dès lors qu’on l’importe dans l’espace littéraire. La liste est aussi un geste littéral, qui pose et expose des mots sans passer par la syntaxe, sans commentaire. Et puis lister c’est aussi faire se côtoyer des mots qui n’étaient pas forcément faits pour se rencontrer… Soudures ou juxtaposition contre-nature dont le frottement, les collisions produisent du sens, d’autres moyens de faire sens. La fameuse rencontre de la machine à coudre et du parapluie. C’est assez magique. Et puis, bien entendu, la liste est également le terrain du rythme, de la répétition, de la scansion, de la frappe, de la vitesse et de ses modulations.– Cherchez-vous une poésie à hauteur du "magasin de couleurs" qu'est devenu le monde d'aujourd'hui, pour citer Nietzsche ?Puisque vous citez Nietzsche, je dois dire que c’est l’une de mes grandes références, à commencer par l’élégance de son style (et aussi par son attention portée au style, cet « aristocratisme »). Etre à hauteur du monde oui, mais une hauteur critique, qui peut certes aussi passer par l’émerveillement. Il s’agit de mettre son grain de sel et de créer des bugs dans la langue, de la mettre à nu, pour la révéler dans ses potentialités, ses leurres, ses violences ou son inanité. Parce que l’état de la langue dit d’abord l’état du monde.– Nous vous avons proposé de venir au Rond-Point avec une conférence-performance sur le travail. Vous allez nous parler des loisirs. Pourquoi ?Les loisirs sont généralement opposés au travail, comme si l’un et l’autre devaient s’exclure. Cette exclusion forme couple. Voilà qui dit bien l’état dans lequel se trouve le travail, aujourd’hui où le métier est devenu un emploi. Quel mot terrible ! Nous sommes arrivés à un tel état d’aliénation que le loisir agit comme une sorte de petite revanche, de consolation, de bouffée d’air pur. En même temps, les vacances, les loisirs au sens large sont eux aussi minés par l’ultralibéralisme qui s’en est emparé pour les transformer en produits marchands et donc, aussi, les contrôler. Le temps libre est en réalité un temps de liberté surveillée, parcimonieuse, strictement encadrée. Mais il ne s’agira pas de développer cette idée dans ma performance, en tout cas pas de manière frontale. Je m’attache plutôt aux rêveries sur les toponymes (rêveries gratuites, qui n’ont donc pas de prix !), à une interrogation sur le statut de lieux touristiques qui masquent parfois des réalités tragiques (c’est l’objet de mon détournement des fameuses cartes postales de Georges Perec) et au-delà sur le sens des mots et aussi sur le tragique qui court sous des formes comiques dans tous mes livres. Et bien, sûr, je réinterroge ce lieu de tous les phantasmes qu’est le show-business et la pop culture au sens large. Mais je présenterai aussi quelques courtes pièces qui n’ont pas de rapport direct avec ce thème, je veux dire que je m’en donne le loisir…– Où partez-vous pour vos prochaines vacances ?Je suis tout le temps en vacances puisque je suis tout le temps au travail… Donc, toujours parti (je n’en reviens pas !).

Le 26 mars 2015 à 12:32

Antoine Boute : Les Morts rigolos (la vie c'est du luxe)

Trousses de secours, saison 3 : Rattraper la langue

Attention : voyage de 40 minute dans l'univers sonore, mental, drôlissime et percussif d'Antoine Boute. L'auteur redonne par la bouche naissance à son roman Les Morts rigolos – entre chant diphonique, stand-up littéraire jusqu'au boutiste, réinvention des rites d'enterrement (ce qui, dit en passant, est une œuvre d'utilité publique urgente à laquelle aucun artiste à ce jour ne s'était encore attelé).  Entrez dans une conférence-performance ou plutôt – selon les propres mots de Boute – "un dispositif-impertinence pour ériger le roman en blague, faire de la blague un système philosophique, repousser l'instant de la chute, histoire de voir combien de temps la bécane va tenir sans imploser." Poète-bucheron-météore venu de Belgique, Boute, vous verrez, pousse la littérature jusqu'à la catastrophe. Antoine Boute est l’un des représentants les plus emblématiques de la poésie expérimentale en Belgique. Son œuvre, plurielle, se caractérise par une singularité forte, une identité tout à la fois propre et hybride, mutante, inquiétante, excitante. Philosophe, écrivain, poète sonore, pornolettriste, prophète conceptuel et naturaliste, il s’adonne également à la poésie graphique, à l’écriture collective, aux pratiques collaboratives, et est organisateur d’événements.Parmi ses ouvrages : Les Morts rigolos (éditions Les Petits Matins 2014)  Enregistré le 27 novembre 2014 au Théâtre du Rond-Point durée 40 minutes

Le 23 novembre 2014 à 09:21

Nathalie Quintane : "Il n'y a pas qu'une seule manière de vivre"

Editée chez P.O.L. et à la Fabrique, Nathalie Quintane viendra le 31 janvier au Rond-Point faire le récit d’un épisode malheureux, tendancieux, un peu des deux, observé dans une ville de province (12 000 habitants max) : une belle femme blonde à la voix de bluesman menant campagne et serrant la pogne à quelques commerçants qui parfois la refusent. Pour cette fois, il est possible qu'on l'appelle Bip, ou Toi, ou Moi. Ventscontraires – On dit souvent que chaque époque a ses usages propres de la langue. Comment caractérisez-vous notre rapport à la langue aujourd’hui ?Nathalie Quintane — Tout dépend du "nous" et tout dépend de la langue en question ! S'il s'agit du nous général des citoyens dans la langue générale de communication : Français, encore un effort ! Pour être vraiment démocrates, on pourrait commencer par concevoir ce rapport à la langue comme quelque chose qui n'a rien de naturel, et se dire que, pour parler de choses publiques, il n'est pas forcément nécessaire de reprendre tel quel, clé en main, les éléments de langage fournis par les communicants ou "décideurs".   – Selon-vous qu'est-ce qui menace la langue et qu'est-ce qui la « sauve » ?– Ce qui menace la langue, ce ne sont pas ses "incorrections", ce ne sont pas les slangs, argots, emprunts divers au rom, à l'arabe, à l'anglais même, qui sont en mesure de conférer au français une vivacité, et surtout d'autres points de vue — jusqu'à ce qu'ils soient à leur tour dévitalisés par trop d'usage, jusqu'à ce qu'ils deviennent des clichés de la langue parlée, des lieux communs plus que des lieux où une communauté est en création continue et en reconnaissance d'elle-même. Ce qui la menace, c'est cette perpétuelle sauce à laquelle on nous mange, jour après jour — celle d'un libéralisme généralisable, comme s'il n'y avait qu'un seul courant dans l'économie et qu'une seule manière de vivre. Je ne suis pas sûre que la langue demande à être "sauvée" ! Mais ce serait bien qu'elle soit un peu mieux connue, aimée.  – Et votre propre langue, qu'avez-vous à en dire ?– Celle que je parle est celle que nous parlons tous. Celle que j'écris inclut celle que je parle en la malmenant, en la farcissant d'autres.  – Quel événement et/ou quelles rencontres ont façonné votre langue et qu'est-ce qui la nourrit au quotidien ?– Lautréamont, puis Ducasse (mais là, il s'agit autant de langue que d'une forme d'intelligence du jeu, comme on dit dans le sport). Et ensuite, pas mal d'écrivains, qui ne s'en sont jamais laissé conter sur ce qu'il convient de dire et d'écrire. Swift, par exemple. Et puis, partout, les mots que je ne connais pas, les tournures bizarres, les phrases que je ne comprends pas, le français au Québec, au Maroc ou en Belgique.  – Nous vous avons proposé de venir au Rond-Point "rattraper la langue".... Comment allez-vous vous y prendre ?– En tentant un "stand up" poétique ! En désarmant le bagout — si c'est possible.

Le 27 avril 2010 à 18:40

6 mai devant le Fouquet's

C'est une invitation, ce n'est pas un ordre

Tous les ans depuis l’élection de notre très cher président Zébulon 1er, le mouvement de résistance ludique « Les 1000 colombes », appelle au pèlerinage des insatisfaits, au Solutré des utopistes !     Ce mouvement de résistance ludique est né le 6 mai 2007 à 23h17, suite à l'apparition de l'icône des Japonais, Mireille Mathieu, sur scène lors du raout "musical" de la droite décomplexée place de Concorde. Pour fêter l'élection de Zébulon 1er, elle lâchait son tube "Mille Colombes" a capella. Une page de l'Histoire de France se dessinait sous nos yeux. Du jamais vu ! De l'inimaginable ! Même l'humoriste le plus doué de sa génération n'aurait jamais pu imaginer un tel moment. Au-delà du kitchissime et du pathétique réunis, nous étions en train d'assister à un moment surréaliste. Trop c'est trop ! Certes il faut s'incliner devant le suffrage universel – au risque d'avoir mal – mais la démocratie a des limites qui venaient d'être franchies. Bien que n'étant ni militants, ni syndicalistes, ni encartés, notre sang de gauche ne fit qu'un tour! Il fallait réagir. Quinze jours plus tard, une petite bande de loosers (nous, c'est-à-dire la bande qui était devant la télé ensemble à 23h17) organisait la première chorale des "Mille colombes" devant le Fouquet's, en l'honneur du sauveur de la nation. Pour être vraiment honnête : nous avions remarqué que ces premiers instants sonores de "gouvernance autrement"  avaient été assez mal vécus par les supporters de Zébulon (sur la scène et en dehors). Cette chorale serait donc leur madeleine de Proust mal digérée.3 ans déjà ! Comme le temps passe lentement…Pour fêter le grand timonier de la pensée universelle, nous allons refaire une chorale devant le Fouquet's à Paris. Mais cette fois en sus du petit discours de bibi (c'est pas la matière qui manque), vous aurez une fanfare, un lâcher de colombes, une distribution de billets de 500 euros pour relancer le pouvoir d’achat, de surplus de vaccins anti-grippe et de masques, de drapeaux français et bien sûr… Mimi et ses "Mille colombes", que nous allons entonner le plus faussement possible tous en chœur, pour nous achever et puis… quelques surprises. Le but de ce mouvement étant de mettre en avant, de façon humoristique, les errances et les carrences de ce pouvoir et de son idéologie, tout cela doit doit se passer dans la joie et la bonne humeur moqueuse. Regardez la vidéo ci-jointe : l'ambiance a été familiale et bon enfant, qu'elle le reste. A noter que la police a toujours été très cool avec nous, qu'elle le reste. Rendez-vous le 6 mai à 20H devant le Fouquet's. Que l'espoir soit avec nous.

Le 23 avril 2015 à 08:46

Le lobby des gens

Article paru conjointement dans Le 1 n°53

La guerre à la finance, aux Monsanto et autres mastodontes de la chimie, la guerre aux Titans du Net qui paient jamais leurs impôts, la guerre aux Big Brothers qui nous siphonnent notre intimité, on voudra jamais la faire ?Bien sûr on voudrait bien. Mais couac, raté, ça bloque, foutu, rien à l’horizon – vu le gros lobbying qu’ils font partout sur la planète.Ah. Les lobbies. Une secte. Un complot. Une armée secrète.Non non, juste des types tout gris à la queue leu leu, un powerpoint sous le bras, qui nous constipent les salles d’attente à Bruxelles et dans les chancelleries. Ou trois quatre experts has been par pays, arrondissant leurs fins de mois en allant faire les clowns dans les médias. On en a marre de voter pour des prunes. Tu votes : lobbies. Pas étonnant que l’abstention gagne des sommets, pas étonnant  que de plus en plus de gens se racontent qu’on devrait retourner vivre dans une France sous-Marine. Si ça continue, la démocratie, on va la trouver ringarde. Si voter ne suffit plus, il faut plus que voter : pourquoi pas mettre nos impôts sur des comptes bloqués tant que les multinationales paient pas les leurs ; pourquoi suivre les marques qui ne jouent pas le jeu ? Parlons-en et faisons-le jusqu’à ce que l’immoralité impériale qui nous écrase vienne s’aplatir devant nos pieds.Ah oui, je vois, et tu appellerais ça, disons, la révolution ?Non, pas la révolution : le lobby des gens. Cet article paraît dans le n°53 de l'hebdo Le 1partenaire de ventscontraireset du Théâtre du Rond-Point

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