Les bonus de la saison
Publié le 18/11/2019

Pierre Notte : généalogie de L'Effort d'être spectateur


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Pierre Notte fait un carton avec son solo L'Effort d'être spectateurclownerie théorique brillante et joueuse qui propose une réflexion sur l'art du théâtre. Où un auteur-metteur en scène-compositeur-chanteur dépiaute sans complaisance la relation scène-salle, sans jamais prendre son public pour un troupeau. Un magnifique jeu de dépliage relationnel, qui prouve qu'on peut être intelligent en faisant du hoola-hoop et en montrant son cul.

Pierre Notte – Je ne suis pas un bon conférencier, et je suis un très mauvais acteur. Je prends en charge ma parole, ma pensée, mon expérience, avec mes provocations, mes points de vue, ma maladresse. Je veux tenter de prouver ce que j’avance, quand il est question du danger, sur scène, de ce qui nous fait nous sentir vivants, nous spectateurs, quand il est question de la nudité de l’acteur... Quand il est question des effets qui forcent des émotions, de la langue des auteurs vivants, ou des conventions éculées. Comme je suis nul en tout, je veux bien essayer de tout faire, ce sera au moins ça. Danser, chanter, faire du houla-hop, de l’harmonica, et jouer, prouver, vivre et brûler sur scène. Pour la première fois, je m’expose en tout, avec le regard bienveillant de Flore Lefebvre des Noëttes, je prends en charge ma parole, mes idées, la mise en scène du tout et j’interprète moi-même, en m’exposant jusque bout. C’est la moindre des choses... Si je me casse la gueule, j’aimerais bien que soit en beauté.

En partenariat avec theatre-contemporain.net

Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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Pierre Notte

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Le 9 mai 2017 à 16:57

Copi fait rire Marilú Marini et Pierre Maillet dans leur loge #1

En conversation avec son metteur en scène Pierre Maillet, Marilú Marini se maquille et se prépare pour jouer La Journée d'une rêveuse (et autres moments...) d'après Copi.   Pierre Maillet — Quand la grande Marilú Marini m’a proposé del’accompagner dans une aventure autour de Copi, qu’elle a connu et qu’elle a beaucoup joué, souvent sous la direction d’Alfredo Arias (notamment l’inoubliable Femme assise, personnage récurrent dessiné par Copi pour la première fois incarnée sur une scène de théâtre),nous avons tout de suite rêvé d’une forme libre comme l’était notre « cher maître ». Copi, moi, je ne l’ai pas connu, mais je l’ai beaucoup joué aussi, avec Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier. Copi, c’est pour Marilú, autant que pour moi, un auteur emblématique, important, un ami qu’on a toujours hâte de retrouver, et de découvrir, encore. J’ai imaginé ce spectacle bien sûr comme un hommage vibrant à l’auteur, acteur, dessinateur et figure emblématique du mouvement homosexuel des années 70, mais je voulais qu’il soit aussi et surtout un hommage à Marilú Marini par le biais de son compatriote et ami. Et j’ai tout de suite pensé à La Journée d’une rêveuse.   Terrain neutre pour elle comme pour moi, inconnu du grand public. Un beau poème théâtral, énigmatique et méconnu, créé par Jorge Lavelli en 68 avec Emmanuelle Riva dans le rôle-titre... Nous avons fait un monologue du personnage central de cette pièce, qu’elle incarne comme un double féminin de Copi acteur (dans Le Frigo ou Loretta Strong : monologues mythiques et délirants qu’il jouait avec une élégance et un détachement rares et inoubliables pour tous ceux qui l’ont vu et entendu). Elle invente sous nos yeux une sorte de Blanche-Neige, plus proche de Brigitte Fontaine que de Walt Disney. Et en miroir avec tout ce matériau poétique et fictionnel, nous traversons le Rio de la Plata, un texte écrit en 1984. Conçu comme la préface d’un roman qu’il n’a pas eu le temps d’écrire, dans lequel Copi parle comme jamais, de lui, de ses origines, de l’Uruguay, de l’Argentine où il était interdit, de l’exil, et de son rapport à l’écriture...

Le 15 février 2016 à 17:14

Steven Berkoff : "Aujourd'hui les gens sont plus tourmentés que jamais"

Jean-Daniel Magnin – Vous avez écrit Kvetch il y a trente ans. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos pièces de cette période ?Steven Berkoff – Je pense qu’elles ont saisi l’esprit du temps, et l’anxiété de personnes qu’on n’avait pas encore vraiment vues dans des pièces de théâtre, en particulier en traitant du stress qui est un manque d’ego, une marque d’orgueil ou de l’ambition contrariée, un sentiment d’infériorité — et de tourner ce stress en comédie. – Que dire des kvetchs d’aujourd’hui ? Sont-ils pareils à ceux d’il y a trente ans ? – Oui ce sont exactement les mêmes, en fait ils sont peut-être même pires quand on considère les kvetchs comme la différence entre ce que vous imaginez de vous-même, dans l’idéal, et ce que vous êtes vraiment, car aujourd’hui, avec encore plus de choix dans tous les sens, les gens sont encore plus tourmentés que jamais. – Qu’écrivez-vous en ce moment ? Qu’êtes-vous en train de chercher ? – Je viens de terminer une série de pièces racontant des vies d’acteurs. L’une d’elles est intitulée Six acteurs en quête d’un metteur en scène, une autre Lamentations d’acteurs, et ensuite viendra Cadavre.  Elles sonneraient formidablement en français car elles jouent avec le style de Molière. – Est-ce différent pour vous de jouer dans vos propres pièces et de jouer dans la pièce d’un autre auteur ? Et de les mettre en scène ?– J’aime de temps à autre être acteur dans d’autres écritures car je peux y affronter toutes sortes de problématiques inédites pour moi. – Vous avez dit dans une interview que vous avez commencé à écrire du théâtre parce que vous ne trouviez pas de pièces anglaises qui vous donnent envie de les mettre en scène. Est-ce différent aujourd’hui ? – J’aime écrire pour exprimer tant de choses personnelles et importantes à mes yeux. Et parfois je tombe sur une pièce avec laquelle je les retrouve vraiment toutes – c’est le cas avec la Salomé d’Oscar Wilde, que je viens de mettre en scène et que j’adorerais monter en français.    

Le 29 avril 2013 à 10:21

"Postillon"

Les mots que j'aime et quelques autres

Petit éclat de salive projeté sur votre interlocuteur quand, lors d'un déjeuner, vous lui racontez l'ascension du Ballon de Guebwiller avec votre grand-mère pour lui prouver qu'elle pouvait encore apprécier le bon air des Vosges. L'acteur passionné peu également postillonner. C'est vers le deuxième acte qu'il arrose le public, lorsqu'il demande avec véhémence la clémence de son roi. Si la pièce et forte, les trois premiers rangs de spectateurs ne lui en tiennent pas rigueur. L'effet cathartique fonctionne à plein, ils ressentent sa douleur mais pas les mini-crachats dont il les recouvre. Le postillonnage est également fréquent dans les lieux publics. Raison pour laquelle, à La Poste par exemple, le préposé à qui vous demandez si vos allocations familiales sont arrivées est séparé de vous par un Hygiaphone, petite paroi en plastique transparent percée de trous minuscules pour que le son passe mais pas les postillons.Ce qui est surprenant, c'est que le postillon désigne également le cocher qui conduit la malle-poste chargée de porter le courrier aux quatre coins du pays. Le postillon est donc d'une certaine façon un postier, donc quand vous parlez à l'employé de La Poste derrière un Hygiaphone pour le protéger de vos postillons, vous ignorez que lui-même est un postillon et... et... Bon, je ne sais plus très bien où je voulais en venir. Désolé...  Extrait de Les mots que j'aime et quelques autres © Points 2013 > Le livre sur le site de l'éditeur > Le livre sur le site du Rond-Point des Livres

Le 2 août 2013 à 08:32

"Vous êtes tous des auteurs dramatiques"

Cet été j'écris une comédie puis une tragédie ! Jean-Michel Ribes vous tient la main

Il n'est plus admissible aujourd'hui, alors que la lune est à portée de la main, que l'on guérit et comprend tout, que vous ne puissiez écrire une pièce de théâtre - simplement parce que vous n'êtes ni doué, ni créatif, ni inventif. Nous vous proposons un certain nombre d'éléments qui vous permettront aisément d'écrire un drame ou une comédie, sans avoir un instant recours au talent que vous n'avez pas.20 personnages au choix :- Le Roi - Madame Andrée - le fils - le conseiller - la mère du conseiller - Jean-Claude - Michel son demi-frère - le capitaine de la garde écossaise - Andromaque - Andromaquette - Monsieur Peyrol (peut être anglais ou grec) - le jardinier - saint Antoine - l'Homme qui revient - Hermione - le chanteur musulman - Madame Sardine - Périclès - Richard III du Portugal12 répliques au choix et quelques rimes :1/ Bonjour2/ Tu sais, Michel, si tu continues...3/ La mer tout entière enragée t'emportera jusqu'au port.4/ Je vous rappelle que c'est ma femme que vous aimez.5/ Oui! Oui!6/ Si vous dites demain, je suppose que vous avez vos raisons!7/ Madame, s'il vous plaît... il faut qu'à petits coups de hache je me détache de vous... (Peut être utilisé au masculin en remplaçant "Madame" par Monsieur".)8/ A quelle heure tu rentres (ou "rentres-tu" si on préfère) Jean-François?9/ Juste te regarder sourire, et puis fermer les yeux, et puis t'aimer doucement au fond de moi...10/ Madame, fuyez, le Roi est hors de lui. (A dire essoufflé.)11/ -Hector? Je pensais que vous vous appeliez Alain?12/ Je pense que c'est mieux ainsi Simone, le mensonge n'a pas d'issue. (Si on est gêné par l'allitération ainSi Simone, on peut appeler Simone Bernard.)Pour ceux qui seraient tentés d'écrire une œuvre dramatique en vers, voici quelques rimes :A/ Pain, vain, matin, Simonin, alors, hein!?, cabotin, chien de chasse (enlever "de chasse").B/ Bateau, allô, pas beau, caraco, San Francisco, bateau (attention, très utilisé), Dario Moreno.C/ Chandernagor, changer de bord, alors, tribord, totor, Salvador, bague en or, cors de chasse (enlever "de chasse").4 idées de décros au choix :- la Place Saint-Marc à Venise;- la salle de bains de la fille du personnage principal;- une partie de chasse (enlever "de chasse");- un magasin de canapés.6 intrigues au choix :1/ Le père de Jean s'aperçoit qu'il est norvégien. L'avouer, ne pas l'avouer? Tout se finit bien grâce à Denise qui vient lui rendre visite dans un rêve. Il comprend que c'est elle qu'il aime, il quitte aussitôt son emploi de juriste dans une grande société dont on taira le nom.2/ Urbain de Casterheim, seigneur de Livarie, n'a qu'une fille. Cosme VII, comte d'Estremadure et de Roubaix, n'a qu'un fils. Louis le Pieux dit Louis le Brave (ou le Sérieux), évêque de Tunis, de Saint-Mandé et de Brestlitovsk, n'a qu'un rein. C'est à ce moment de l'action que débarque André, envoyé du pape Camille VI, père de trois jumeaux qui n'ont qu'un oeil.3/ Françoise aime Paul qui ne l'aime pas. Paul aime Catherine qui ne l'aime pas. Catherine aime Françoise dont le vrai nom est Liliane.4/ Jean se réveille sur une île déserte perdue au milieu de l'océan. Soudain il aperçoit son visage dans une flaque d'eau et réalise que l'île n'est pas déserte. Bouleversé il se pend. (Pour une pièce en un acte, ou un lever de rideau.)5/ Le docteur F., célèbre psychanalyste, découvre que sa patiente Mireille G. n'est autre que lui-même. Il refuse de la faire payer.6/ Koa-tang vient de mourir, sa femme Tsi-buhli le veille en silence.8 titres au choix :- Cours mon beau printemps;- La Camaraderie;- Le Cendrier attendu;- Le Tigre et la Rascasse;- L'Anniversaire de Paula;- L'Echafaud cartilagineux;- Le Décès de la veuve;- Les Alouettes suisses.Prix des places (quelques propositions) :- 2 euros;- 15 euros;- 23 euros;- 15075 euros.Une fois que vous aurez terminé votre pièce, si vous souhaitez un metteur en scène et des acteurs, vous trouverez quelques conseils pour les choisir dans un prochain article de ventscontraires.net.Bravo d'y être arrivé et merci de ne pas nous envoyer votre manuscrit. Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701

Le 12 avril 2010

Guérison

Pièce brève de Jean-Michel Ribes

Ils discutent en marchant.-    Le mot théâtre vous donne-t-il envie d’aller au théâtre ?-    Ce sont plutôt des amis.-    Qui vous donnent envie ?-    Disons qui m’y entraînent.-    Jamais le mot ?-    Le mot théâtre ?-    Oui.-    Rarement.-    Comme moi. A mon avis, il est foutu.-    Le mot théâtre ?-    Oui, peut-être même est-il mort sans qu’on s’en soit aperçu.-    On en aurait parlé dans les journaux ou à la télé.-    Il n’y a pas de théâtre à la télévision.-    Non, mais il y a des nouvelles, et le décès d’un mot comme théâtre aurait fait des vagues, quand même.-    Vous avez peut-être raison.-    Il est toujours là c’est sûr.-    Pas en grande forme en tout cas.-    Possible.-    Amoindri.-    Probablement.-    Je me demande s’il n’est pas temps qu’on lui rajoute des lettres.-    Des lettres ?-    Oui. Un « e », un « o », un « p » ou mieux un « t », le « t » renforce bien le mot, ça le structure. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si « structure » en a deux. Vous imaginez « structure » sans « t » : « srucure ».-    C’est vrai ça ne donne pas très envie de se construire.-    Pour le moins.-    J’ignorais totalement l’importance de la lettre « T » pour le soutien du mot, pour son dynamisme.-    Elle est essentielle. Regardez, pour la prévention du danger, on en a mis trois : ATTENTION ! que serait ce mot alarme sans ses trois « T » : (il crie)« A-en-ion  l’immeuble s’écroule ! » personne ne bougerait.-    C’est fou, on ne réalise pas que le T peut nous sauver la vie.-    Très souvent.-    Ce qui m’inquiète tout à coup c’est qu’il n’y en a pas dans « médecin ».-    C’est pour ça que moi j’appelle toujours un docteur. Au moins il y en a un.-    Les bons devraient en avoir deux.-    Doctteur.-    Oui, ou docteurt. Vous avez un rhume, vous consultez un docteur, pour une angine de poitrine, vous  courrez chez un docteurt.-    Ce serait beaucoup plus simple c’est vrai.-    Plus juste surtout. Et quand à ceux qui ne guérissent jamais personne on leur enlèverait leur « t » au bout de six morts par exemple. Qui alors irait se faire soigner chez un « doceur » !?-    Personne bien sûr.-    Je pense qu’il faudrait organiser une réévaluation des performances de l’ensemble des praticiens suivie d’une répartition de la lettre « t » aux vues de leurs résultats.-    Cela permettrait sûrement  de rééquilibrer le budget de la santé.-    Ne vaudrait-il pas mieux dire « avec t » ?-    Que santé ?-    Oui.-    Non, santé convient parfaitement pour désigner la bonne forme, un mot sans « t » est un mot qui va bien, regardez plaisir, paradis, rebond, envol, cognac.-    Crevette, escargot et lansquenet ne vont pas mal non plus.-    Enlevez leur donc le « t » et vous verrez leur mine.-    Vous avez raison.-    Le « t » est un renfort, une vitamine, parfois une prothèse.-    Mais j’y pense tout d’un coup, le mot théâtre en a déjà deux !-    Vous vous rendez compte ce qu’il porte ?-    Quoi de plus ?-    Deux mille cinq ans de tragédies, farces, drames et comédies ! d’Eschyle à Becket !     Toute l’angoisse et l’ironie du monde qu’il doit dire avec seulement sept petites lettres !-    Mon Dieu ! vite, rajoutons-lui un T.-    A mon avis deux est un minimum.-    Deux ! ça ferait quatre !?-    Pensez à l’avenir.-    Ça va continuer encre longtemps le théâtre ?-    J’en ai peur.-    Bon va pour quatre. Ce qui donne ?-    Thétatret.-    Thétatret ?-    Oui. Alors ? -    pas mal.-    Si je vous proposais d’aller au thétatret ce soir…-    Je ne dirai pas non, une soirée au thétatret, ça donne envie !-    Je crois que nous l’avons sauvé !Un temps-    Dites moi ?-    Oui.-    Le mot apéritif vous donne-t-il envie de boire un apéritif ?-    Toujours.-    Moi aussi. Je vous invite à boire un verre au bar du thetatret, ça vous dit ?-    J’adore les théatrets qui ont un bar ! Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701

Le 21 mars 2018 à 14:09

Pierre Guillois : "Opéraporno, bien sûr il y a de l'inconscient"

Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

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