Rien à faire : chaque fois que j’imagine une histoire, tricote un rêve en phase paradoxale, m’apparaît le visage de Bill Murray. Soyons franche, l’homme n’est pas beau. Dans ses films, il parle peu. C’est même un maître du laconisme. A ses débuts comme humoriste, il a fait rire l’Amérique par ses blagues au Saturday Night show. Il continue à la faire s’esclaffer par son désabusement, son air de chien battu.Car Bill Murray semble toujours étonné d’être là, comme dépassé par les événements, étranger à sa propre vie, victime du hasard et des rencontres qu’il impose. Cet homme mi-cabot, mi cabotin, frappé et flapi, n’interprète que des personnages sur le déclin, acteur en perte de vitesse réduit à d’imbéciles publicités au Japon (Lost in translation), séducteur ayant perdu toute vitalité et superbe (Broken Flowers), survivant grimé, bientôt raide mort à la suite d’un stupide malentendu (Bienvenue à Zombieland). Cet ancien chasseur de fantômes (Ghost Busters), ce guetteur de marmottes (Un jour sans fin) traîne à la manière d’une épave. Ce corps avachi, vêtu d’un simple peignoir, l’esprit, les rêves, l’espoir l’ont déserté. Au cinéma, Bill Murray nous regarde à la manière de la femelle orang-outan de la ménagerie du Jardin des Plantes. Genre : qu’est-ce qu’on fait là, vous et moi ? Epoux mélancolique, célibataire ironique, Don Juan à marée basse, vidé de tout désir, toujours pince-sans-rire et finalement prêt aux aventures les plus folles. Son flegme de Belle au Bois Dormant fatiguée tient du questionnement métaphysique. C’est le seul type qu’on supporte en survêtement, qu’on détesterait bousculer. I love you Bill Murray.
Le 28 août 1954, Marius Jacob se donne la mort. A côté de celui qui inspira, à Maurice Leblanc, le personnage d’Arsène Lupin on retrouve un bout de papier où il est écrit : « Linge lessivé, rincé, séché, mais pas repassé. J'ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. À votre santé. »
Sophie Perez et Xavier Boussiron : "Comment endormir des lutins ?", ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point
Ils ont mis en scène Oncle Gourdin la première pièce de l'histoire du théâtre où les acteurs sont de véritables lutins. Après le In d'Avignon cet été, la troupe monstrueuse débarque au Rond-Point. Simplement il y a un problème : les lutins
sont de petits êtres qui ne s'arrêtent jamais. Epuisant pour les
humains qui doivent les côtoyer pendant la tournée. Alors Sophie Perez
et Xavier Boussiron, les metteurs en scène du spectacle, ont trouvé un
remède radical : leur administrer l'écoute de pièces de théâtre jusqu'à
ce qu'ils s'écroulent d'ennui. Un soporifique garanti !...
Michel Onfray : "Avec Bourdieu, Deleuze et Guattari, lutter contre l'ordre libéral et les micro-fascismes" ventscontraires.net Théâtre du Rond-Point
> premier épisode > épisode suivant La pensée anarchiste est riche de potentialités à réactiver. La légende du socialisme libertaire mérite , comme toutes les légendes, une déconstruction afin de rendre à cette force de frappe intellectuelle et politique toute sa puissance contemporaine. Il s'agit de pratiquer le droit d'inventaire dans un corpus foisonnant et contradictoire : l'individualisme de Stirner ou le collectivisme de Kropotkine ? Le pragmatisme de Proudhon ou l'utopie débridée de Fourier ? La pruderie de Sébastien Faure ou le libertinage généralisé d'Emile Armand ? Le millénarisme de Godwin ou le municipalisme de Bocklin ? La violence de Ravachol ou le pacifisme de Reclus ?"
Michel Onfray
ventscontraires.net diffuse en feuilleton la conférence de Michel Onfray sur le post-anarchisme, donnée au Théâtre du Rond-Point avec l'Université Populaire de Caen > L'intégralité de la conférence est disponible dans un coffret 4 Cd édité par Frémeaux et Associés > Captation diffusée par Cinaps TV, la chaîne de la culture et de la connaissance (disponible sur la TNT en Île-de-France)