Philippe Mouchès
Publié le 14/09/2010

Rébus (2)


Le rébus en peinture ne fut pas seulement utilisé par l'église, les diplomaties modernes en raffolent, comme le montre le tableau reproduit ici, qui fut offert à la France par un récent gouvernement belge, à la suite d'un dîner réunissant les chefs d'états européens, durant lequel le souverain luxembourgeois n'avait cessé de se plaindre de la rareté de ses accés maritimes.

Peintre
Fondateur et théoricien du Divisionnisme Périgourdin
Membre de l'Oupeinpo

http://doublevue-mouches.blogspot.fr/

 

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Le 7 juin 2010 à 15:19

« Il va nettement mieux que s'il allait plus mal, mais nettement moins bien que s'il allait mieux »

Raymond Domenech, conférence de presse à Saint-Pierre (Réunion), jeudi 3 juin 2010

Eric Cantona l’avait catalogué plus mauvais entraîneur de football depuis Louis XVI, le sélectionneur de l’équipe de France serait plutôt parmi ceux à avoir approché au plus près ce « degré zéro » de l’expression qui fascinait tant Barthes (le sémiologue pas le gardien de but).Raymond Domenech évoquait le mollet gauche de William Gallas, l’Histoire retiendra une formule faisant miroiter à son auteur des opportunités infinies de reconversion dans le porte-parolat. Qui d’autre que lui serait plus à même de commenter une hausse du taux de chômage, une prévision de croissance pour 2010, une baisse de popularité de l’Exécutif, l’état de l’endettement public, la situation du PS après les européennes, le nombre d’adhérents de l’UMP ou d’électeurs du NPA, voire même l’air du temps si une question lui était posée à ce sujet ? C’est moins pire que ce à quoi on s’attendait, mais c’est quand même mieux que ce qu’on craignait : un tel balancement est le sésame absolu pour embrouiller l’interlocuteur et soulager l’employeur.On va se l’arracher Domenech. Il offre par surcroît un profil intéressant de paratonnerre des foudres populaires, comme aujourd’hui face à des joueurs opérant dans la cour des glands et des dirigeants du football qui l’ont gardé parce que, justement, avec lui ça ne peut pas être pire.

Le 6 octobre 2010 à 15:21

« J'ai oublié de vous dire, j'étais l'amant de Martine aussi, mais gardez-le pour vous. »

Bernard Tapie, France Info, 6 octobre 2010

Sigmund reviens, ils vont nous rendre fous ! Rachida venait de faire fourcher sa langue sur l’inflation, lorsque l’irremplaçable Nanard nous a plongé dans la troisième dimension érotique du deuxième degré politique, à propos d’un livre faisant état d’une rencontre secrète entre Jean-Marie Le Pen et lui, avant le second tour des législatives de 1993. L’anecdote est minuscule, sa vraisemblance moyenne, mais « hénaurme » est la réaction de Tapie qui choisit France Info pour se livrer à un démenti acrobatique. Par dérision il renchérit sur les questions en assurant que, oui il a toujours été copain avec ce « gros con » de Le Pen, même qu’ils jouaient ensemble au poker, au tennis-ballon, sans oublier que…. Mais là, patatras, Tapie a beau faire désormais l’acteur, il s’est planté dans son impro en parlant d’une certaine « Martine » à la place de Marine, la fille de qui l’ont sait. Eliminons un retour de libido pour la regrettée Martine Carol, et parions à coup sûr que c’est Martine Aubry qui est lovée dans son subconscient. Martine, dont Tapie disait en 2007 qu’elle aurait fait une meilleure candidate que Ségolène, mais Martine qui, tout récemment, s’indignait du « cadeau » de 285 millions d’euros fait par l’Etat à un homme « aux pratiques pas toujours convenables ». Une maitresse femme qui ne châtie bien que ceux qui la désirent. C’est une souffrance intime que nous a livré le «sévèrement burné ».

Le 17 mai 2010 à 17:32

Manifestez en restant dans votre lit

Conseil citoyen 5

Quand ta profession se décide à la grèveTu savoures avec joie cette journée de trêveQui permet de rester chez soi à se détendreTout seul, pour une fois, sans aucun compte à rendre.Mais comment faire face aux autres syndiquésQui ne manqueront pas de venir critiquer,Le lendemain matin, ton absence notoireEt feront circuler à travers les couloirsQue tu as désiré, en n’allant pas au front,Montrer ton allégeance à l’égard du patron. Pour éviter, l’ami, cette mise au placardDevance la mêlée comme tout bon briscard.Fais-toi des tous premiers, au mot d’ordre lancé,A saisir cette info pour la faire passer.Fais suivre les e-mails, mais surtout improviseUn accompagnement qui les personnalise ;Un petit mot de toi : « Amis et camarades,Plus on sera nombreux…» Ce genre de salade.Ayant montré ainsi ton implicationQui pourra se douter de ta défectionEt si tu mobilises et que la foule est denseBien malin qui pourra affirmer ton absence. Remets-en une couche à deux jours d’y allerEn prenant soin surtout de ne pas étaler.Il serait, en effet, tout à fait embêtantD’être soudain perçu comme un grand militant.On te ferait marcher aux côtés des ténorsEt tu dirais adieu à ton jour de confortOu pire et ce serait, avoue-le, pas de bolIl te faudrait, l’ami, porter la banderole. Venons-en maintenant au jour de la manif.Bien qu’au chaud dans ton lit, tu dois rester actif.En fin d’après-midi, appelle un vieux copain.Un de ces bons grognards qui sont sur le terrain ;Distributeurs de tracts, adhérents de toujoursQui mangent la saucisse au moment des discours.Tu lui demandes alors ce qu’il en a penséEt tu as les détails de ce qui s’est passé,De quoi, le lendemain, tenir la dragée hauteA tous ceux qui pourraient vouloir te mettre en faute.

Le 4 juillet 2013 à 08:24

Se trouver beau (poil au dos !)

Quand je me regarde dans le miroir, je me trouve acceptable. Sans plus. Un morceau de viande pas trop gras, pas trop maigre. Peut-être le temps et l’habitude ont-ils patiemment éteint toute velléité de transformer ce qui ne pouvait pas l’être. Sans doute ont-ils émoussé une éphémère aspiration à ressembler à quelque chose d’autre que ce que je devais devenir. Il y a bien sûr ce poil dans le dos, que je traite à la pince à épiler. Un œil fermé, la langue sortie par l’effort de concentration : tac ! Une fois de temps en temps, quand il repousse. Essayez pour voir, de viser un seul et unique exemplaire entre les fines mâchoires d’une pince en visée indirecte ! Vous apprécierez alors la dextérité de votre serviteur, et mesurerez le travail accompli pour mettre le geste au point, précis et rapide. Quand il est apparu, ce poil, j’ai vu en lui l’éclaireur téméraire d’une armée qui allait envahir mon dos. J’ai redouté un temps de me transformer en yéti, ce qui m’aurait affligé, c’est sûr. Longtemps j’ai été extrêmement vigilant et je me suis préparé au combat, prêt à éradiquer toute contagion folliculaire. En mes jeunes années où cet événement est intervenu, j’ai nourri la crainte de ne pas être désirable aux yeux des filles. Et puis finalement non. Il est demeuré solitaire. Il est très courageux et très obstiné, il faut bien le reconnaître. Finalement, j’ai appris à l’aimer d’un amour un peu vache, certes, mais je confesse que le jour où ce phœnix capillaire ne réapparaitra plus, je m’inquiéterai un peu. Et puis j’ai appris que certaines femmes aiment les hommes tout poilus du dos. Et pas que des moches qui jettent leur dévolu sur des mâles au rabais : des très désirables aussi ! Certes, cela peut vous paraître totalement invraisemblable, mais je vous affirme que c’est vrai ! Tout compte fait, j’aurais pu partager cette toison dorsale avec une autre femme que la mienne. Comme bien d’autres hommes finalement. Et puis j’ai appris que certaines personnes passent leur vie à essayer d’être quelqu’un d’autre. Qu’elles tentent de se transformer. Qui par l'épilation, qui par la chirurgie ou tout autre artifice misérable. Elles y passent le plus clair de leur temps. Ça exaspère leur entourage. Parfois, elles le quittent pour rejoindre d’autres personnes également obnubilées et narcissiques. Souvent, elles vieillissent mal et font chier tout le monde. Tout bien compté, il est heureux que mon poil ait choisi les étendues difficiles de mon omoplate pour son existence tourmentée. Il eut choisi le creux de ma main ou pire, ma langue, j’en eus certainement souffert davantage. Mon existence en eut été affectée à coup sûr ! Des fois, je pense à Spinoza qui dit que « la satisfaction intérieure est en vérité ce que nous pouvons espérer de plus grand", et je me dis qu'il a bien raison.

Le 1 juin 2010 à 16:14

« Quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ».

Martine Aubry, Convention nationale du PS, samedi 29 Mai 2010

Quand la première secrétaire lâche une blague de ce genre elle fait un tabac chez tous les sarkophobes, et ça fait plus de monde qu’il n’en faut pour gagner une primaire présidentielle. Dans le sérail socialiste, il est connu et répété que ce bon mot lui a été soufflé par un spécialiste maison, Guillaume Bachelay, qui est un peu à gauche ce qu'André Santini est à droite.Une aide précieuse, car lorsque Martine Aubry est livrée à sa seule inspiration le trait s’épaissit. En 2006, elle commenta la candidature à la candidature de Ségolène Royal en ces termes : « Il faut proposer un autre modèle aux Français. Donc le problème n’est pas de leur plaire, pas de savoir si on a les bonnes mensurations ».Il est vrai qu’au jeu des « autant demander à », le risque de dérapage est à la mesure du désir de nuire. C’est ainsi que Jean-Marie Le Pen commit en 2007 cet aphorisme d’un goût exquis : « Confier à Jacques Chirac des responsabilités en matière écologique reviendrait à confier la protection de l’enfance à Dutroux ». Dans un registre plus convenable, mais peut-être plus convenu, il faut retenir un éditorial non signé de Lutte ouvrière : « Sarkozy prétend moraliser le capitalisme : autant demander du lait à un bouc » (Août 2007).Ce filon rhétorique du comparatif assassin devrait, grâce à Martine Aubry, s’enrichir de nouvelles perles dans un avenir proche.

Le 2 décembre 2014 à 08:32

Les policiers seront désormais moins insultants pendant leurs délits de faciès

Le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé ce matin un grand changement dans le cadre des contrôles d’identité pratiqués par les forces de l’ordre. Les représentants de la police devront désormais faire preuve de plus de politesse à chaque contrôle au faciès.
Un changement salué
 par le collectif « Stop au délit de faciès malpoli ». Les préjugés n’empêchent pas un petit « Bonjour » C’est par ces mots que l’occupant de la place Beauvau
 a débuté son allocution au cœur du commissariat des Halles à Paris sur la mise en place d’un délit de faciès « next generation » selon son entourage. Pendant une heure et demi, M. Cazeneuve a détaille son plan : « Tous les agents de police pourront continuer de contrôler un homme parce qu’il est typé maghrébin ou d’origine sub-saharienne. C’est un acquis sur lequel nous ne reviendrons pas. Mais à partir d’aujourd’hui ils le feront avec l’obligation de dire « Bonjour Monsieur » et « Passez une belle journée » avant et après avoir fouillé de manière humiliante la personne concernée. Les préjugés n’empêchent pas un petit « Bonjour
 » Autre changement, les policiers devront agrémenter d’un « S’il vous plaît » toutes leurs accusations sans fondements hormis l’appartenance ethnique du citoyen qu’ils contrôlent arbitrairement. Ainsi, un « Bon, où qu’elle est la drogue ? » devient « Bon, où qu’elle est la drogue s’il vous plaît ? ». De son côté, un « Alors, on va te renvoyer au bled tu sais ! » se transformera en « Alors, on va vous renvoyer au bled vous savez Monsieur. » Frapper des zones précises Le ministre de l’Intérieur a également expliqué que lors de bavures, les policiers devront maintenant infliger aux individus interpellés des coups non justifiés uniquement dans des parties moelleuses du corps comme le gras du ventre ou la cuisse. Un moyen de conserver cette tradition de la police nationale tout en réduisant la souffrance des victimes de bavures. la rédaction Photo: Thinkstok/michaklootwijk

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