Christophe Esnault
Publié le 26/08/2010

Phase maniaque


Après des mois de silence – malgré les diverses sollicitations des ses amis – Fabrice resurgit étonnamment en pleine forme. Oui, il sera présent pour le réveillon et remercie ses amis de ne pas lui tenir rigueur de sa longue période où il ne voulait voir personne. Il annonce officiellement la fin de sa dépression. Il est fin prêt pour faire une gigantesque fête. Suggère une sortie en discothèque après la soirée chez Aude. Et pourquoi ne pas prendre le train tous ensemble le lendemain pour une ballade au Croisic ? Il se sent d’attaque pour se baigner. C’est lui qui offrira les plateaux de fruits de mer si ses amis acceptent cette petite virée. Il veut s’amuser et prendre du bon temps. Le trente et un décembre, on l’attend jusqu’à minuit. Il ne répond pas au téléphone. « Bonsoir Fabrice. On suppose que tu es retombé en phase dépressive… Veux-tu prendre l’heureuse résolution de te faire soigner ? Bonne année thérapeutique. On t’embrasse. »

Né en 1972. Réside en Neuroleptie. Ecrit comme un insuffisant respiratoire cherche de l’air… Traumatisé par les innombrables lectures du sublime  4.48 Psychose de Sarah Kane. Co-parolier et filmeur du groupe Le Manque. Un livre paru : Isabelle à m'en disloquer aux éditions Les doigts dans la prose.

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Le 3 juin 2015 à 08:26

L'Homme sort du classement des meilleurs amis du chien

Très attendu chaque année, le classement annuel des espèces amies des chiens marque cette année un tournant historique dans les relations entre les Hommes et les canidés. L’espèce humaine qui sort du classement, toujours dominé par les tortues, paye selon Kékette, une femelle caniche qui a participé aux délibérations, « son manque d’investissement pour entretenir cette soi-disant amitié ». Se faisant porte parole de son espèce lors d’une conférence de presse improvisée, Kékette n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Un vrai meilleur ami se soucie vraiment de vous, de vos besoins et de votre bonheur. Il est là dans les bons, comme dans les mauvais moments » explique-t-elle tout en tentant d’attraper sa queue. Kékette dit se sentir elle-même lésée dans la relation qu’elle entretient avec son maître. « C’est toujours lui qui décide pour moi, sans me demander mon avis » explique-t-elle. « Si la relation était vraiment une amitié d’égal à égal, j’aurais le droit de l’attacher avec une corde lorsqu’il n’est pas sage, non ? » ajoute-t-elle avant de demander aux journalistes présents s’ils voulaient lui grattouiller le ventre. Le caniche affirme que son espèce attend un geste fort de la part des humains pour prouver leur statut de meilleur ami. « Nous espérons que cela agira comme un électrochoc. La baballe est dans votre camp » conclut-elle en évoquant plusieurs pistes parmi lesquelles la stérilisation de tous les punks à chien, ou l’interdiction totale des chats.

Le 25 juillet 2013 à 09:25

Mollo ! Mollo

Carnet de voyage. C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Amilcar. Non... c'était à Ürgrübn en Cappadoce, dans la love valley. Après une soirée dansante et arrosée dans un restaurant-grotte, nous n'avons pas envie de rentrer à l'hôtel. Alors, nous prenons le parti de faire comprendre au chauffeur turc du bus de rouler au pas. Nous cherchons des mots dans des langues différentes jusqu'à ce que, en désespoir de cause et, surtout, en manière de plaisanterie, je lance « Mollo ! Mollo ! ». Compréhension et exécution immédiate. Cette injonction est courante dans le vocabulaire familier des machinistes. Elle signifie : aller doucement à la manœuvre. Par exemple : charger à l'amoureuse. Autrement dit, faire descendre lentement le rideau, afin qu'il ne se fasse pas voler la poussière. En revanche, il s'agit de l'appuyer (de le monter), il ne faut pas lui faire faire l'avion. Si le mot mollo est, selon les dictionnaires, apparu tardivement dans le vocabulaire du spectacle vivant – en 1933 -, il est courant, depuis longtemps, dans celui de la marine. Il vient du verbe mollir, utilisé en météorologie marine pour dire que le vent tombe. Or, théâtre et marine sont intimement liés. Les théâtre à l'italienne, à leurs débuts, ont engagé des marins, puisque ce type de théâtre nécessitait des compétences de la marine à voile. Les marins ont apporté leurs superstitions sur les planches en faisant de l'emploi de l'emploi du mot « corde » un interdit ; c'est dire le fatal si le mot « corde » échappe à un machiniste. Sur un bateau, aussi, d'autres mots comme bout (en prononçant le « t »), filin, ganse lui sont substitués. Non seulement par mesure de précision, mais aussi parce que le seul lien qui continue à s'appeler « corde » sur un bateau est celui de la cloche avec laquelle on salue les morts. Les suicides par pendaison qui eurent lieu ensuite sur une scène vinrent renforcer l'interdit. Sur un bateau, on ne mange pas de lapin : il ronge le chanvre des cordages. Un autre exemple de proximité entre la marine et le théâtre : la gamelle. Il s'agit d'une sorte de projecteur mobile placé sur un pied orientable, destiné à éclairer une partie du décor, et non pas les comédiens. Sur un bateau, la gamelle est la soupière pour chaque plat des matelots, composé de sept hommes. N'avoir ni quart ni gamelle, c'est n'avoir rien à faire à bord. A la Comédie-Française, une expression était utilisée dans les années 1970 : chercher la gamelle au frigo, chercher un projecteur dans l'une des réserves du théâtre, endroit non chauffé, où il faisait frigo... Sur un navire comme sur les planches, marins et comédiens sont embarqués sur le même bateau.

Le 31 mars 2012 à 08:26
Le 17 janvier 2012 à 09:01
Le 10 février 2014 à 09:19
Le 4 février 2011 à 08:22

« Ça montre qu'elle [MAM] n'est pas droit dans ses bottes : elle a fait son mea culpa. L'affaire est close »

François Baroin, France Info, jeudi 3 février 2011

Depuis quand un ministre du Budget est-il autorisé à donner l’absolution à une pécheresse ? Porte-parole du gouvernement il n’a pas à porter la parole de Dieu, même si son avatar est hyper-président. Certes il y avait eu confession la veille sur Canal+, quand Michèle Alliot-Marie reconnut que, durant ses vacances de Noël en Tunisie, elle aurait mieux fait de ne pas emprunter l’avion d’un de ses riches amis locaux, drôle de paroissien benaliste. Elle s’épanchait auprès du bedeau Denisot, lequel, jusqu’à plus ample informé, n’est pas davantage habilité à effacer l’ardoise. Quand bien même la pénitente aurait récité dans la Boîte à questions : « Confiteor Deo omnipotenti et vobis, fratres, quia peccavi nimis cogitatione, verbo, opere et omissione: mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ».  Pas d’absolution, donc pas d’ « affaire close ». Et qu’elle ne vienne pas se plaindre. Si elle était juive, ce n’est pas même pas un rabbin qui pourrait passer l’éponge, mais le « Prochain » qui a été offensé. On imagine MAM implorant le pardon des manifestants tunisiens ! C’est la France qui, pour le coup, ne serait pas non plus à l’aise dans ses « bottes » car, faut-il le rappeler, MAM est sa ministre des Affaires étrangères. Aux dernières nouvelles, elle passerait ses vacances pascales à Rome, dans le quartier Prati Trionfale, c’est à deux pas du Vatican où il paraît que les Indulgences se négocient pour rien.

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