Sophie Herber
Publié le 22/07/2011

Où est donc passée la tête de Goya?


Dans la nuit du 15 au 16 avril 1828, Francisco Goya s’éteint à Bordeaux. Quelques jours plus tard, un défilé de corbeaux accompagne le peintre au cimetière de la Chartreuse. Dans sa dernière demeure, pensez-vous ? Non, seulement pour 60 ans. Le temps qu’un consul espagnol, un peu plus regardant que ses confrères, n’entreprenne les démarches pour rapatrier le corps à Madrid. Sauf que l’administration, vous savez ce que c’est ? Et bien oui, ça traîne. Résultat des courses, l’exhumation n’a lieu qu’en 1888. Et là, autour du caveau, c’est le coup de théâtre : la tête de Goya a disparu ! - Le génie a-il été enterré décapité ? A l’époque, la femme du peintre Brugada, qui peignit Goya sur son lit de mort, affirme que la tête était bien là. - Mais alors comment est-ce possible ? Minute papillon ! En 1928, on découvre un petit tableau du peintre Dionisios Fierros qui représente une tête de mort sans mâchoire sous laquelle est inscrit « Crâne de Goya – 1849 ». Etrange, non ? L’histoire raconte que, dans son atelier, Dionisos Fierros avait un crâne. - Celui de Goya ? Impossible à vérifier. Le fils de Fierros, étudiant en médecine, emporta le crâne à Salamanque qu’il fracassa au cours d’une de ses expériences…

Sophie est journaliste, formatrice web et auteur. Superstitieuse un brin paradoxale, elle ne passe jamais sous une échelle mais adore les chats noirs.

Site : www.sophie-herber.com

 

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Ô Senescence !

Vieillir, c'est se suicider au temps qui passe. On ne le dit pas assez. J'ai remarqué que, arrivé à un certain âge, on devient épicurien de gré ou de force, dans le sens où on vit chaque jour comme le dernier. Il n' y a aucun remède contre cela, et la mort viendra à nous aussi sûrement que la joue vient au poing à qui sait la tendre. Dans notre société de consommation sans scrupules, même la sénilité fait recette. Les vieux sont prêts à avaler n'importe quoi pour rajeunir, comme le viagra, ou les crèmes anti-rides. Ou le concept des femmes cougars. Je m'excuse, mais une cougar, sans ses dents, ça fait pas courir grand monde ! Et notre Johnny, ils vont nous le tuer avec sa prochaine tournée, Cheveux blancs, idées noires. Ma grand-mère me donnait son avis sur la question l'autre jour : « Tu veux que je te dise ? La jeunesse, c'est dans la tête ! » La pauvre. Elle ne se rappelle même plus qu'elle a Alzheimer. Mon grand-père me disait à ce propos : « Regarde cette photo sur le mur. Elle était belle à dix-huit ans, ta grand-mère. Cette photo c'est un peu le portait de Dorian Gray, mais à l'envers. » La vie est une vaste blague et la mort en est la chute. Parfois, c'est une chute qui n'en finit plus de chuter. Chute des cheveux, chute des dents, chute de tension, chute dans la baignoire et, pour finir, chute dans l'oubli. Sans rigoler, on en finirait presque par se demander si ce ne seraient pas les plus courtes les meilleures.

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