Jean-Michel Helvig
Publié le 12/09/2010

« Vous frappez les femmes qui ont déjà des durées de vie incomplètes »


Ségolène Royal, « A vous de juger » sur France 2, jeudi 9 septembre 2010

La dame du Poitou n’y va pas de main morte pour illustrer son propos sur la malfaisance, à l’égard des femmes, du projet de réforme gouvernemental reportant l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans. Au pied de la lettre ce n’est même plus  SOS-femmes battues, mais on achève bien les femmes foutues. C’était au cours de la seule grande émission de la télévision sur les retraites, dont François Fillon était la tête d’affiche et Ségolène Royal la « guest star. » Une prestation sans peur, saluée par la critique, mais pas sans reproches. Il est fréquent en politique que les mots se bousculent dans la bouche de l’orateur qui veut écraser l’interlocuteur de toute la force de ses convictions. Le risque est alors maximum, de lapsus ravageurs ou d’ellipses obscures. Chez Ségolène Royal on a bien sûr compris que le verbe « frapper » métaphorisait la brutalité de la réforme et que par « durées de vie » il fallait entendre « durées de cotisation ». D’autant que l’indignation féministe succédait à l’indignation sociale pour les ouvriers « frappés » également par les 62 ans. Mais, justement, si la réforme est globalement injuste, les femmes sont plutôt plus pénalisées encore par le passage de 65 à 67 ans du droit à la retraite à temps plein.  Précisément à cause des carrières « incomplètes ». L’intention était bonne, l’exécution malhabile, le ségolénisme reste un art à parfaire.
Journaliste longtemps fournisseur exclusif à Libération avant de diversifier ses livraisons (La République des Pyrénées, Le Républicain Lorrain, Mediapart), a ouvert une succursale dans l’édition où il a proposé divers ouvrages à caractère notoirement politique, dont un « Bêtisier raisonné de la campagne 2007 » (Robert Laffont) qui est loin d’avoir épuisé le sujet. 

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Le 1 mars 2013 à 10:15

Je ne m'aime pas

Je suis comme plein de gens, je ne m’aime pas. Mieux : je me déteste. Or, pour vous, c’est simple : vous vous détestez, bon, voilà, c’est dit. Mais pour moi, c’est terrible ! Car je suis juif ! Et je ne peux pas me piffer. Je ne peux pas me voir en peinture, je me hais, je me conchie. De nos jours, c’est ultra-grave : Je suis juif, je ne m’aime pas, DONC je n’aime pas les juifs. C’est de l’antisémitisme primaire ! Ça tombe sous le coup de la loi ! C’est très grave ! Oh, j’ai bien essayé de tourner la chose différemment : Je ne m’aime pas, mais c’est pas parce que je suis juif ! Hum… Ça revient exactement au même ! je ne m’aime pas mais quoi que j’en dise, je suis juif DONC je n’aime pas le juif que je suis DONC je n’aime pas les juifs. Il n’y a pas moyen de sortir de ça avec ce putain de syllogisme !Que faire ? C’est extrêmement dangereux, ces idées là ! On sait où ça mène ! Dans un train ! Et pas en première classe ! Et si j’étais arabe ? Vous imaginez ? On me collerait vite fait l’étiquette d’islamophobe ! Ou noir ? Pof, raciste ! C’est vite fait de vous cataloguer… Par contre, handicapé, femme, myope, nain, c’est déjà moins grave. Y a pas de lobby.Mais juif ! Cependant, moi, qui suis juif et qui ne m’aime pas, j’ai une chance, oh toute petite, de ne pas être poursuivi pour antisémitisme : Je ne suis pas circoncis, oui, un accident. Ah pardon, ce n’est pas un détail. Car je peux dire en toute innocence : je ne m’aime pas mais rassurez-vous : je ne suis pas circoncis !

Le 23 mai 2011 à 08:51

Elodie

Recette pour un dîner réussi

Prenez les hommes. Jetez-les en pluie dans de l’eau bouillante au préalablement salée. Attendez quelques minutes. Attendez qu’ils remontent. Attendez qu’ils soient bien gonflés. Attendez qu’ils soient prêts. Attendez ce moment très exact où ils seront tous parfaits. Egouttez-les à l’aide d’un écumoire, disposez-les dans un plat bien approprié : rond, oval, carré. Si nécessaire, épongez le surplus de gras avec une feuille de papier absorbant pliée en trois. Mieux : pressez-les. Retirez quelques organes (la rate notamment, pleine de spleen et de romantisme, risque de gâcher votre plat). Remisez quelques minutes avant de les tasser dans un emporte pièce. Saupoudrez d’ambition, de perfidie et d’opportunisme. Ajoutez selon votre goût un peu d’hypocrisie, mais attention, cette dernière n’est pas appréciée de tous : l’homme étant par nature déjà fortement hypocrite, la saveur peut s’avérée trop forte pour certains. Servez très chaud. Admirez le dégoût de vos convives. Leurs regards médusés. Desservir très vite. Mettre le tout à la poubelle en ayant pris soin au préalable de laisser refroidir (les feux de poubelle sont la cause de nombreux accidents domestiques). Insultez vos invités pour leur manque de goût. Finissez le repas en proposant un miroir au chocolat. Puis, prenez congés d’eux en fuyant votre propre appartement. Recommencez dès le lendemain à leur préparer des choses bien dégueulasses. Il convient d’habituer au plus vite vos amis aux dures réalités de l’existence. Bon appétit ! (in Les Cahiers Gourmands d’Elodie)

Le 20 mai 2014 à 08:39

La parité haut la main (dans la gueule) !

Chez nous, paraît que la parité va coup-ci coup-ça. Les femmes seraient à la ramasse dans plein de domaines, la faute aux hommes qui s’agrippent au pouvoir comme la moule à son rocher. Faux ! Il est au moins un secteur dans lequel la parité domine, au point qu’on ne l’appelle plus parité mais majorité. C’est celui, très porteur, des baffes, coups et violences conjugales en tout genre entraînant la mort, avec ou sans intention de la donner (seul le résultat compte, commençons pas à chipoter). La preuve par les chiffres : en 2013, malgré une légère diminution de leur poids global dans le nombre total des victimes, les femmes caracolent en tête et trustent 83% du marché global, contre 85% en 2012. Chapeau bas mesdames, dommage que vous, les 121 victimes de 2013, ne soyez plus là pour recueillir médailles et lauriers ! Sacrée performance, d’autant que le secteur enregistre, avec 146 victimes au total cette année, une forte baisse de 16% par rapport à l’an passé. C’est la crise, on nous le répète assez. En tout cas, voilà de quoi clouer le bec aux féministes de tout poil qui nous soûlent avec leurs revendications d’un autre âge. Qu’elles ouvrent les yeux bon sang ! Ok, c’est pas toujours évident avec un œil, voire deux, au beurre noir, mais quand même, un effort quoi ! Y’a pas que dans les tâches ménagères qu’on a réussi à évincer les hommes et ça, ça redonnerait le sourire à une édentée. Pas vrai ?

Le 28 mai 2015 à 09:38

Inbox du futur

[Hôpital de surveillance à distance - message de relance du 11 octobre 2027] Vos données Google Implant® ont été analysées et votre taux d’ACE s’est encore rapproché du stade Alarmant. Des métastases circulent dans votre corps (cf. PJ) et pour localiser plus précisément la ou les tumeurs cancéreuses, vous devez vous rendre sous 8 jours à compter de la réception de ce message, dans le centre d’imagerie médicale le plus proche (ici). Le traitement vous sera automatiquement injecté dès que vous aurez accepté les Conditions Générales de Soins, en cliquant ici. [IFOP & Prestavote - message du 15 mai 2027] Vous trouverez ci-joint le détail de vos intentions de vote pour les élections qui auront lieu demain. Votre suffrage est d'ores et déjà prêt et programmé, aucune action supplémentaire n'est nécessaire de votre part. Si vous souhaitez toutefois le modifier, il vous reste douze heures pour vous rendre sur cette page et remplir le formulaire, la liste des pièces justificatives à fournir est ici.   [Sécurité Sociale - message du 27 avril 2028] Les données fournies par votre Google Implant® nous indiquent de votre part une non prise régulière des 5 portions de fruits & légumes par jour au cours de ces onze dernières années. En conséquence le remboursement de votre chimiothérapie Pfizer sera réduit pour passer à 22%. Pour revenir au taux de 31% vous devez suivre le régime imposé dont la prise sera vérifiée électroniquement par l’intermédiaire d'une Apple Watch™, disponible à la location pour 8,40€ par mois (hors applications) dans l’agence la plus proche de chez vous. Durant cette période vous ne devrez pas utiliser Google Implant® sous peine de voir annuler votre taux de 31% pour repasser à 22%, assorti d’une amende. PS/ À compter de ce jour, vos intentions de vote sont soumises à un contrôle de santé et d’autonomie.  [Bibliothèque municipale de Paris - message du 11 juin 2032] Vous avez dépassé votre quota de lecture de livres d'éditeurs indépendants pour l’année 2032, en conséquence votre catalogue personnalisé sera restreint à l’offre commerciale et culturelle en vigueur. Pour mieux vous conseiller d’après vos goûts et votre personnalité, nous vous proposons, afin de pouvoir lire jusqu’au 31 décembre : la réédition des œuvres complètes et définitives de Guillaume Musso en Quarto ; les trois derniers épisodes de la saga Intergalactique de Katherine Pancol et Alexandre Jardin ; le deuxième roman vérité de Lucas-Philibert d'Ormesson : Mon grand-père est un autre. [Sécurité Sociale et HSD - message du 4 décembre 2032] La chimiothérapie Pfizer et les différents traitements injectés dans votre corps ont chassé les tumeurs. D’après nos relevés vous êtes parfaitement rétabli, hormis ce petit rhume de saison et cette démangeaison au coude, et pouvez dès aujourd’hui retrouver l’ensemble de vos droits illimités à consommer, lire et voyager.  PS/ Vos intentions de vote restent soumises à contrôle pendant une période de probation de 90 jours, qui recouvre les 4 prochains scrutins. [Bibliothèque municipale de Paris - message du 4 décembre 2032] Pour fêter votre rétablissement et le retour de votre droit illimité à lire, nous vous avons réservé en exclusivité L’Intégrale des scénarios de Luc Besson 2000-2030, illustrés par Pénélope Bagieu, avec une préface de Laurent Weil. PS/ Attention, vous êtes en retard de 3 semaines pour rendre l’épisode 2 de La vie pro-active des pandas interstellaires de Pancol et Jardin, à 52% de pages lues ; l’amende a été débitée directement sur votre compte Paypal, en même temps que la prolongation automatique de votre abonnement. [Google - message du 6 février 2038] Les mots utilisés dans votre mail du 5 février à 20h31 ne sont plus homologués depuis le 1er janvier dernier. Votre mail n’a pas été expédié à la fois pour des raisons de sécurité intérieure, et pour des raisons d’inadéquation au message que vous vouliez faire passer. Pour le réécrire nous vous suggérons notre application de création automatique de correspondance qui vous aidera à mieux vous faire comprendre de votre destinataire. Ce service est gratuit jusqu’au 30 mars.  [Caisse de retraite, Sécurité Sociale & Goapple  - message du 3 novembre 2052] D'après les relevés statistiques des métadonnées de votre productivité, de vos géolocalisations, de vos communications, au cours de ces 15 dernières années, nous vous signalons qu'il vous reste 500 jours de production au taux régulier, ou 500 items échangeables au taux que vous pourrez atteindre, avant de toucher votre première mensualité. Pour fêter cet évenement, profitez dès aujourd’hui de notre catalogue de voyages avec une réduction de 8% sur les hébergements en bungalows médicalisés. Consultez notre site pour le rachat d'items et ainsi réduire vos objectifs. Vendez plus de données personnelles ou cédez plus de droits pour obtenir plus de réductions. [Institut de dépôt numérique, Goapple Federal State - message du 11 août 2070] L’archivage permanent de vos données arrive à son terme, votre disparition imminente nous oblige à vous demander les derniers accès que nous ne possédons pas, ainsi que les données non numériques en votre possession. Nous vous rappelons que l’évasion des données, quel que soit leur format ou support, est passible d’une amende jusqu’à 100.000 € et d’une peine allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement transmissibles à vos héritiers. Votre archivage sera accessible à vos proches indéfiniment selon les termes de votre contrat. Vous pouvez également, afin de repousser votre fin, acquérir des organes et prothèses de fin de vie, qui pourront vous prolonger de six mois à plusieurs années, via notre filiale Progle & Gambet. Cliquez ici pour lire les termes et conditions. [Goapple - message à Liste Famille, Liste Amis, Liste Livre, Liste Presse, Liste admirateurs, Liste admiratrices, du 30 septembre 2070] Votre parent, père, mari, amant, ami, ennemi, proche, auteur favori, meurtrier, troll, cible, vague connaissance, voisin, pire souvenir, inconnu total, erreur de destinataire, est décédé le 31 août 2070. Nous avons relevé depuis dans vos correspondances et conversations des mots et des phrases relevant du droit d’auteur. Ces emprunts pirates de sa langue vous seront facturés afin de respecter sa mémoire, et vous devrez prononcer les phrases de recueillement avant la fin de l’année en cours.   [Federal World State - message à tous, du 31 août 2071] Il nous a quitté voici une année. Une copie de sa personnalité est prête pour vous à l'adresse habituelle de son site web ou sur sa page Facebook permanente. Sa voix, ses expressions, ses tics, défauts, sa manie de l'écriture, tout cela aisément reproductible grâce aux algorithmes de nouvelle génération de l'OS Oreste 4R7. La version en ligne est disponible ici après abonnement et acceptation des Conditions Générales d’Héritage ; la version robotisée augmentée de son ADN, livrée à domicile, est à commander ici.

Le 3 août 2015 à 08:42

Du manque d'ambition

Pourquoi, dans toutes les statistiques, on constate ce cas de figure systématique : les femmes sont moins bien payées, font moins carrière, ont moins de postes à responsabilités ? Éliminons d’entrée le fait qu’elles puissent être moins intelligentes. Merci. Et je ne parlerai pas non plus des difficultés supplémentaires qu’elles peuvent avoir à s’imposer dans des domaines ou à des postes trustés depuis très longtemps par les hommes, qui hésitent à leur faire confiance. Ça va, on le sait, je ne veux faire de procès à personne aujourd’hui, je ne suis qu’amour. Non, c’est un autre sujet qui m’interpelle : elles manquent d’ambition. C’est une réalité culturelle et sociologique. Les femmes sont pour moitié responsables de leur situation. Naître fille, c’est être baignée dans un univers où le discours majoritaire n’est pas leur accomplissement personnel, mais celui de l’Autre. Les femmes sont les championnes du « care ». On leur apprend à être aux petits soins, attentionnées, à l’écoute de. Et on leur dit de faire passer leurs ambitions personnelles après. Nous je ne parle pas de 1954, mais bien d’aujourd’hui. On sait que les filles réussissent mieux à l’école, au moins jusqu’à l’entrée dans le Supérieur. Et même là elles sont plus performantes. Si ce n’est qu’elles choisissent plus souvent des filières dont les débouchés professionnels seront moins rémunérateurs, moins spécialisés. Est-ce que les femmes aiment-moins l’argent et la valorisation sociale que les hommes ? De façon biologique ? Ça m’étonnerait beaucoup... Mais on leur a dit depuis toujours que leur essentiel à elles, n’est pas là. L’orientation pour leurs études est moins poussée, moins réfléchie, moins pensée, l’investissement est en deçà de ce qu’il peut être pour un garçon. L’effort qui est demandé est moindre pour la fille. Leur essentiel (l’injonction sociétale de leur essentiel) c’est d’avoir une famille. Une femme a un utérus, elle doit un jour ou l’autre en faire usage. Point barre. Interrogez toutes les femmes qui n’ont pas procréé autour de vous, elles vous diront la pression qu’elles vivent ou ont vécu de la part de leurs familles, amis, entourages professionnels, etc. Une femme qui veut réussir est suspecte. Une femme qui veut réussir et qui ne veut pas avoir d’enfant est présumée coupable (de tout un tas de choses pas super reluisantes). Quid d’un homme ambitieux qui restera sans descendance ? Il a fait un CHOIX, lui. La femme dans la même situation aura SUBI. Voilà ce que l’on nous radote depuis notre tendre enfance. La pauvrette n’aura pas trouvé d’homme acceptant de lui faire des enfants. On a tous une tante machine à 12 degrés de séparations généalogiques dont on nous a rabâché l’histoire : « Elle n’a pas eu d’enfants : c’est une originale/une lesbienne (que cela soit vrai ou non, l’argument de lesbianisme des femmes sans enfant est très très fréquente)/elle n’en a fait qu’à sa tête et elle mourra seule (le truc super déprimant a priori si ce n’est qu’il me semble que l’on meure tous, seuls…). Tonton bidule, lui, qui a eu un parcours similaire, a « réussi sa vie, a été libre, a choisi de faire son chemin ». Sérieusement ? Il faut être très forte dans sa tête pour passer outre ce que l’on nous propose comme modèle. Les hommes ne sont pas en reste, je ne dis pas le contraire, et je ne nie pas leurs difficultés. Mais vraiment c’est incomparable. Revenons-en à nos moutons. La jeune fille fait des études, trouve un métier qui lui plaît se met en couple et fait un /enfant(s) parce qu’elle le souhaite et que c’est cool. Et là, on ne sait trop pourquoi, elle met sa carrière entre parenthèses. Pas le compagnon/conjoint/époux (je généralise, ne hurlez pas que chez vous c’est différent, bien évidemment qu’il y a des exceptions ; mais voilà : des EXCEPTIONS…) qui continue sur sa voie. Être père n’est pas un frein à la carrière professionnelle. Mais être mère….. Comment dire …. ? Parce que ma cocotte, le poupon (voir les 2 ou 3) qui hurlent la nuit, tu les as voulus (pas le papa apparemment…) et maintenant tu vas t’en occuper tu vas être « UNE BONNE MERE ». Ils sont ta priorité absolue. Plus rien d’autre ne doit passer avant. Surtout pas ton travail. Preuve : qui prend très majoritairement les congés parentaux en France ? ….. Pas les hommes. Mais pourquoi les femmes se sentent-elles obligées de se conforter à ce schéma ? Parce que c’est le modèle dominant qui leur est proposé. C’est être dans la norme. Et casser cette norme, défier la société, et son cercle poche, demande une énergie, un courage qui peuvent souvent anéantir toute velléité de faire « différemment ». C’est accepter aussi de se confronter à un monde tenu par les hommes, à leurs dures ambitions (« Ton bébé a 39 de fièvre, ce n’est pas une raison pour arriver en retard, tu l’as voulu, tu assumes ») parce que l’on ne laissera rien passer aux femmes (et c’est ça l’égalité, puisque c’est ce que vivent les hommes) tant qu’elles ne seront pas rentrées de façon massive dans cette démarche. C’est donc aussi par une transformation générale du monde du travail, que l’égalité homme/femme pourra avoir lieu : une transformation globale qui prenne en considération que l’être humain n’est pas un robot. Qu’il soit homme ou femme. P.S : Je n’ai pas parlé du partage des tâches ménagères. Cela aurait été trop long… P.S bis : Je ne souhaite en aucun cas à être stigmatisante ; être une mère au foyer est un choix (quand il s’agit bel et bien de choix) et une liberté tout à fait respectables. Et je sais aussi comme le regard de la société est dur pour les hommes qui choisissent d’être des pères au foyer.   Dessin : James

Le 6 mars 2012 à 07:29

Télé-réalité

Aujourd’hui j’ai jugé un dîner auquel je n’étais pas invité. J’ai casté sans concession un môme sans tête, une unique mèche de cheveux lui barrant les yeux, vraisemblablement émasculé, en train de se dandiner sur ce qui est paraît-il de la musique. J’ai applaudi un tour de magie raté, faut encourager les bonnes volontés. J’ai été ému par un couple de jeunes mariés, la robe est offerte par la publicité. J’ai plaint un futur chef confondant à la découpe ses doigts et une carotte. J’ai récuré un appartement ressemblant à un centre d’élevage pour acariens et autres champignons non identifiés. J’ai entendu une mère pleurer en parlant de son fils drogué, et pleurer parce qu’il se désintoxiquait. J’ai vu des couples se former, assis sur un tracteur sous le regard enjoué des vaches et des moutons qui les entourent. Les vaches se nourrissent au bonheur. J’ai entendu des voisins se déchirer pour une conduite d’eau bouchée. J’ai soutenu un étudiant dans sa recherche de studio. J’ai vendu un appartement après l’avoir entièrement refait. J’ai déplacé une cuisine, fait de l’enduit, marouflé des dizaines de rouleaux de papier.  J’ai vidé un grenier et mis aux enchères des casseroles en cuivre – ou presque. J’ai été obèse. J’en ai profité pour me faire opérer. J’ai testé de nouvelles prothèses et analysé les conséquences d’une liposuccion. J’ai fait une enquête exclusive sans qu’elle soit capitale. Rien n’est interdit quand on zone. Aujourd’hui j’ai regardé M6. Demain je me repose.

Le 15 décembre 2010 à 12:37

Mario Monicelli : un uomo grande grande

Se faire la belle par la fenêtre

Il se défendait d’être « le père de la comédie à l’italienne ». Tel était son surnom depuis 1958, année de sortie du génial « I Soliti Ignoti » (Le Pigeon). Menée par Peppe la panthère (Vittorio Gassman), boxeur raté mais beau parleur, une bande de cambrioleurs du dimanche projette de commettre un casse au Mont de Piété avant de percer le mauvais mur et de finir attablée dans une cuisine autour d’un plat de spaghettis aux pois chiches, à débattre des talents culinaires de la fiancée de Peppe. Pour Mario Monicelli, la comédie à l’italienne était née bien avant lui du temps de la Commedia dell’Arte, à travers les personnages de Polichinelle ou d’Arlequin, deux serviteurs qui luttent pour sortir de leur condition et se protéger de la misère ou des maîtres qui les maltraitent.  Pourtant, en 65 films et 60 ans de carrière, Monicelli a su mieux qu’un autre brosser les désirs, les désespoirs et les turpitudes des Italiens, donc des humains, en mêlant le comique et la farce à la mort et à la maladie. Réalisateur prolifique et maintes fois couronné – Lion d’or de Venise en 1959 pour « La Grande Guerra » (La Grande Guerre) – il n’a jamais cessé son combat politique, donnant des interviews jusqu’à la fin de sa vie pour brocarder les dérives de Berlusconi et la passivité de ses concitoyens. En 1977 il tourne « Un borghese piccolo piccolo » (Un bourgeois tout petit petit) dans lequel Alberto Sordi, magistral, campe Giovanni Vivaldi, un bourgeois obsédé par l’idée de venger la mort de son fils et qui en perd toute dignité, avant de sombrer dans une folie meurtrière. Le 29 novembre 2010, Mario Monicelli, âgé de 95 ans, s’est jeté par la fenêtre de sa chambre d’hôpital à Rome.  « Un uomo grande grande » (Un homme grand, très grand). Ça ferait un joli titre pour un dernier film.

Le 4 août 2015 à 08:09

Il ne suffit pas d'être femme pour être femme

La France peut déplorer dans son Histoire, un déficit de « femmes politiques », de figures féminines engagées auxquelles la masse des femmes en devenir puisse s’identifier ; ce qui paradoxalement n’a jamais nui à l’identité féminine de la France. Des personnages illustres, tel Dominique de Villepin, n’ont d’ailleurs pas hésité à faire de notre pays une femme… « chaude » : « La France a envie qu’on la prenne, ça lui démange le bassin », voire une femme « chienne » si l’on s’en réfère aux propos de François Mitterrand qui dans sa prime jeunesse, a qualifié la terre de France comme ayant un goût prononcé pour le viol et en redemandant : « La force naît de l’équilibre. Non par la demi-mesure, la fausse sagesse du juste milieu, mais par l’âpre violence, la conquête brutale, la soumission exigée. La terre (de France) aime ce viol et rend à l’homme plus qu’il n’espère. Mais, en le reconnaissant pour maître, elle le tient. Journal des compagnons de France », avril 1943 -récit de son retour de captivité –. Pas étonnant donc qu’au jour où la France a voulu s’ériger au rang de présidente avec la candidature à la présidentielle de Ségolène Royal – le seul exemple que j’ai pu trouver -, les réactions suscitées aient été exacerbées. Là où beaucoup n’ont voulu y voir que la cause d’une personnalité « déjantée », j’y vois d’avantage le reflet d’un rapport du collectif face à ce que l’on pourrait nommer l’érection, pardon l’élection d’une « femme femme » au pouvoir… J’entends par là une femme qui aurait un « mode de jouissance » différent du « tout phallique ». Si l’on regarde la plupart des femmes en politique de l’époque de la candidature présidentielle de Ségolène Royal, qu’il s’agisse de Michèle Alliot-Marie, de Martine Aubry ou tant d’autres, elles avaient toutes accepté d’endosser le costume de l’homme. Toutes adopté leurs codes, leurs modes et… leur phallus. En bref, il ne suffit pas d’être femme pour être femme. A leur décharge, on sait combien le mode de jouissance qui se rattache au féminin a toujours été menacé dès lors qu’il s’est agi de le sortir du champ traditionnel où il a été cantonné. Et si l’homme apprécie à sa juste mesure cette part dite « féminine » et qu’il a laissé à la femme tout pouvoir de l’exprimer dans les champs qu’il n’a pas investi, là où il siège en roi, il ne serait question qu’il perde la main. Inconcevable et paradoxal… La France risquerait de perdre sa virilité ! Il a donc fallu en faire des magouilles pour parvenir à investir le champ des hommes en montrant patte blanche, faire oublier cette part « féminine », et donner à croire qu’on est un homme déguisé en femme. Pour autant, je ne connais point d’homme seul, qui en matière de politique, ait fournit la preuve incontestable qu’il est le détenteur de la solution finale à tous nos problèmes (Hitler a bien tenté le coup…). L’introduction d’un autre mode de jouissance au pouvoir serait donc d’un certain intérêt, que dis-je une cause nationale, voire mondiale. Reconnaissons à Ségolène qu’elle a sûrement été une des premières femmes en politique qui n’a pas cherché à travestir sa part féminine. Elle est celle qui naïvement ou révolutionnairement a choisi de rester « femme femme » en politique. Et non contente de s’identifier à la France, La France Présidente, c’est un peu comme si elle avait ouvert ses bras ou ses jambes pour accueillir tous « les phallus de la renommée », soulevant dès lors, vague d’indignations et violences verbales infinies. Chaque adversaire n’hésitant pas à utiliser le discours argumentaire politique pour servir leur rejet d’une telle possibilité : comment une femme et qui plus est, la France, pourrait-elle au final jouir à ce point ?! Comment pourrait-elle vouloir être pénétrée sans restriction?! Dominique de Villepin avait raison ! (à L’ENA, cet homme visionnaire avait d’ailleurs déjà commencé à mettre en application son programme politique en sortant avec Ségolène... Cf VOICI). Or « il y a un plus de jouir indicible chez la femme » dit Lacan, indicible parce qu’impossible à symboliser et ce plus de jouir nourrit depuis la nuit des temps chez l’homme, un vaste et bien réel sentiment d’infériorité. Rien d’étonnant au fond à ce que n’ait cessé de se manifester cette volonté ancestrale de l’homme de soumettre la femme, de la détrôner de son statut de sujet en la rabaissant au rang d’objet. Iconisée par les uns, diabolisée par les autres, la dame blanche est dès lors devenue la femme à abattre. Jamais une élection n’a suscité autant d’angoisses de chefs, beaucoup n’ont pas supporté cette femme trop… « bonne ». Maintenant, le couvercle de la marmite s’est refermé et tous les éléphants et les buffles soufflent. Tout plutôt que l’élection de cette femme mi-vierge, mi-sorcière qui nous a fait perdre pied un instant… Mais que l’homme se rassure ! Car il n’est pas exclu de ce « plus de jouir », puisqu’il possède, comme la femme, une part féminine et une part masculine… Les maîtres de la psychanalyse mais aussi les grands mystiques tels Saint-Jean de la Croix (cf La montée au Carmel) ont su l’évoquer. Alors si l’homme parvenait à accepter cette accession au pouvoir du mode de jouissance féminin, ce serait un immense pas symbolique, le signe qu’il est enfin prêt à accepter sa propre part féminine sans le vivre comme une menace pour sa part masculine ; le début d’un grand rêve, celui de nous inscrire enfin dans une jouissance harmonieuse du pouvoir où féminin et masculin peuvent

Le 21 février 2011 à 10:57

La wrinkle pride

Conseil beauté : faites l'amour

C'est comme la gay pride, mais pour les ridés, puisqu'on n'y peut rien non plus. Donc pourquoi pas un défilé intitulé "la fierté des rides" ? Horreur ? Oui, horreur, je suis d'accord. Je préfèrerais me défiler. Cette idée m'est venue en voyant l'autre jour à la télé le pape de la chirurgie, Ohana, prénom Sydney, pratiquer des injections de botox à une jeune femme de 28 ans car pour son image professionnelle, il lui fallait faire disparaître de vilaines traces de fatigue.Deux choses :1/ Ça m'étonnerait que le pape Ohana-in-excelsis-Deo s'abaisse à piquer lui-même le bétail, au prix où il facture ses interventions ! Mais là, il y avait la télé, il était important pour sa promo qu'il y parût en clair et pas en off.2/ Se faire botoxer à 28 ans ! Il eût mieux valu que cette jeune femme qui n'était pas du tout moche se fît pénétrer non par une seringue, mais par un organe un peu plus joyeux activé par l'amour d'un mec ou d'une nana dans le but de lui faire plaisir, donc de la dérider. Cela s'appelle acte sexuel, en principe c'est gratuit, on peut en abuser, ça détend, ça fait chanter le regard, ça met du rose aux joues, ça rend belle. Et après tout, s'il se produit de petits bâillements le lendemain, cela rend les yeux plus brillants. Et Sydney Ohana peut aller se rhabiller. Heu, je ne suis pas sûre qu'il se déshabille devant ses patientes, enfin je l'espère pour elles !dessin © dominiquecozette

Le 23 avril 2011 à 10:30

Les yeux d'Elsa

Pubologie pour tous

Avant de se plonger dans les yeux d’Elsa, il faut savoir que cette campagne d’affichage, datant de 2010, a été une petite révolution dans le monde bien rangé du luxe. Pourquoi ? Parce qu’il y a un PRIX. Place Vendôme, déjà faire de la pub c’est limite, alors mettre un prix, vous n’y pensez pas. C’est putâssier. Avec un â, comme dans Versâilles. Alors pour compenser, on donne à la montre un nom en forme de phrase. Nom qu’on illustre par une photo d’un jour qui se lève, d’un beau bleu-vert lagon lagune laguna de la couleur des yeux de l’égérie. C’est fait exprès d’ailleurs. Pour ce genre de publicité, on fait un casting de stars, on les place devant la fenêtre, et si leur couleur d’yeux est celle du ciel, eh bien c’est gagné. Et sinon, il y a Photoshop. Là il y a eu Photoshop, c’est d’ailleurs pour cela qu’Elsa, 42 ans, a l’air d’en avoir 17. Mais les 42 ans d’Elsa ne sont pas un défaut. Ils sont une force. C’est son expérience qui lui permet de jouer si bien le jour qui se lève, amour. On le voit bien, dans ses yeux laguna, l’amour du jour qui se lève. Elle semble même un peu surprise d’ailleurs que l’amour se lève le jour, c’est probablement parce qu’elle était en train de faire la fofolle sur un trampoline de fils de soie, c’est pour ça qu’elle est décoiffée. Mais pas trop parce que les fils de soie ça ne rebondit pas très bien. Elsa, elle joue très bien l’air chagrin-enamouré-rêveur. Mais ça ne marche pas. Parce qu’on ne lui a pas dit à Elsa, mais faire la moustache avec ses cheveux, ça ne fait pas très chagrin-enamouré-rêveur, même si c’est rigolo. Mais surtout, Elsa, elle ne va pas nous faire croire que le jour se lève alors qu’il est dix heures à sa montre. Parce que soit elle vit au Pôle Nord Elsa, soit elle croit que tôt le matin c’est dix heures. Et ça c’est bien un truc de riches.

Le 9 septembre 2014 à 09:26

Il remplaçait les magazines dans les salles d'attente de médecins par des exemplaires récents

Troyes – Depuis plusieurs mois, des cabinets médicaux de la région de Troyes se plaignaient d’étranges agissements dans leur salle d’attente. Les magazines laissés à la disposition des patients étaient systématiquement remplacés par des exemplaires récents et intéressants à lire. Reportage. La police l’a interpellé, alors qu’il opérait dans le douzième cabinet médical, après une traque longue de plusieurs mois. « Nous avons reçu de nombreux témoignages, à la fois de patients et de docteurs qui étaient paniqués par ce qu’ils avaient vu et lu ». Amanda, une jeune fille qui avait rendez-vous chez son médecin raconte ce qu’elle a vécu. « Sur la table, à la place des Paris-Match, du Point et l’Express il y avait des magazines et des journaux récents, comme Humanoïde Magazine ou le Monde Diplomatique. J’ai cru m’être trompée de cabinet » explique la jeune fille encore choquée. Peu à peu une psychose s’est installée. De nombreux patients n’osaient plus voir leur médecin de peur de tomber nez à nez avec des magazines intéressants. Le jeune homme a raconté aux policiers son mode opératoire, achetant tout à fait légalement des dizaines de magazines et journaux récents et les posant simplement sur les tables. « Je voulais juste rendre service. Chaque fois que je vais voir le médecin, je me retrouve à ne lire que des dossiers sur l’immobilier ou le classement des villes de France de l’année passée. Je n’en pouvais plus » assure-t-il par le biais de son avocat. Dans l’immédiat, la police enquêtait sur une autre affaire trouble, cette fois à Paris. Des chauffeurs de taxi affirment ainsi qu’un mystérieux passager aurait  trouvé un moyen de changer la fréquence de leur radio, les empêchant ainsi de pouvoir écouter RMC durant tout le trajet de leur course.

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