Fanch Ravenelle
Publié le 15/09/2010

Patron de la Culture, tiens bon !


Conseil Citoyen 9

Depuis longtemps déjà, patron dans la culture,
Tu diriges pépère une grosse structure
Vendant et achetant à tes alter egos
Des spectacles souvent qualifiés d’inégaux,
Mais que toi tu défends comme étant « Grand Public ».
Ce dont se satisfont tes soutiens politiques.  
Cette rentrée pourtant te voit le souffle court.
La femme d’un copain qui travaille à la cour
 T’a laissé sous entendre en sortant d’un dîner
Qu’on évoque en haut lieu de te déboulonner.
Depuis tu ne dors plus. Mais pourquoi tant de haine ?

Qui peut vouloir ta tête et ton beau CDN ?
Sait-on que tu as dit de cette région centre
Où tu as tes fonctions et qui t’accueille en chantre:
« Ce centre national est vraiment dramatique » ?
Ce bon mot aurait-il engendré la réplique ?
Que faire ou bien que dire avant que l’on t’évince ?
Comment retrouver l’ombre et l’oreille du Prince ?  

Saches-le, pour entrer encore au ministère
Le sésame a deux mots: Restrictions budgétaires !
Ainsi, pour tes acteurs, sous-traite à l’étranger
Dans un pays bien pauvre et juste ravagé
Par une pandémie ou un puissant séisme.
Politiquement neutre et emprunt d’exotisme
Ton acte humanitaire, engagé, philanthrope,
T’offrira du crédit jusqu’aux fonds de l’Europe.

Choisis des spécimens assez haut en couleurs,
Quelques femmes jolies, sans être racoleur,
De ces jeunes qui rêvent d’atterrir en France.
Aller les dénicher te fera des vacances.
Qu’ils sachent bien bouger et prendre l’éclairage.
Le texte quant à lui sera, en sous-titrages,
Une histoire du cru traduite à ta façon
Dont tu encaisseras ainsi l’adaptation.
Paie-les en défraiements, ils ne s’en plaindront pas
Et seront même heureux de sauter les repas
Et de glorieusement reprendre leur charter
Avec ce qui chez-eux vaut un an de salaire.

Veille bien cependant qu’aucun d’eux ne se pique
De vouloir demander l’asile politique.
Bien sûr que des copains te trouveront réac,
Tu feras des jaloux au sein du Syndeac,
Qu’importe, il faut durer et tu pourras peut-être
Finir en commandeur et des arts et des lettres.
Comédien, chanteur, fleuriste et géniteur,
Il incline aujourd’hui à faire aussi l’auteur.
Sa prose est assumée sous son vrai patronyme,
Mais c’est sous un pseudo qu’il aligne les rimes.
Pater familias, téléphobe avéré,
Heureux dans les cuisines et les vieux cabarets,
Il aime, sans témoin, prendre ses douze pieds,
Manie moins l’écran plat que les bouts de papier,
Milite volontiers au parti des terriens
Et tâche que sa vie ne rime pas à rien. 

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Le 9 octobre 2012 à 08:05

Super Mario contre les spéculateurs

Econotrucs #7

Les banques de Wall Street sont des championnes du lobbying et ont influencé les décisions politiques ayant conduit à la déréglementation financières tous azimuts et aux crises récentes. Dans ce contexte, la nomination en 2011 de Mario Draghi à la tête de notre Banque Centrale Européenne (BCE) a posé question : Celui-ci a en effet été vice-président pour l'Europe de la banque d'affaires Goldman Sachs entre 2002 et 2005. Et cette même banque a aidé la Grèce à truquer ses comptes publics au tout début des années 2000. Cela sentait bon le conflit d’intérêt, et certains en ont même déduit que Mario Draghi (qui entretemps fut cinq ans gouverneur de la Banque d'Italie) était resté aux ordres de Goldman et des puissances occultes de l'argent. ( C’est la thèse du documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde » par exemple). Depuis un ans qu’il exerce son mandat, on constate au contraire que Draghi a pour l'instant très bien joué son rôle, réussissant habilement à intervenir pour stabiliser la zone euro, tout en restant en conformité avec le mandat très étriqué qui lui a été confié. Justement parce qu'il est issu de Goldman Sachs, Draghi connaît très bien les marchés, leur fonctionnement, leurs biais, leur psychologie, et les marchés, de leur côté, le respectent et en ont même peur : les opérateurs des marchés qui ont parié sur un éclatement de la zone euro sont carrément terrorisés par ce Super Mario. Car lorsque que vous pariez sur un événement qui ne se produit pas, vous pouvez perdre beaucoup d'argent. Les grandes banques n'ont pas intérêt à ce que la zone euro s'effondre, (elles seraient les premières touchées,) mais les Hedges Funds, alliés objectifs des eurosceptiques, et tous les représentants de la finance fantôme qui ont contribué aux crises financières récentes, ont depuis 2010 souvent largement parié sur la fin de l'euro. Lorsque Draghi intervient comme il l'a fait en septembre (annonçant des achats illimités de dette si un pays voyait ses taux s’envoler) cela fait beaucoup de mal aux spéculateurs. La question qui se pose, c'est de savoir combien de temps Draghi parviendra à tenir en respect les marchés, si pendant ce temps les gouvernants continuent - le nez sur les sondages - la valse des demi-mesures, demi-tours et autres hésitations ? Une monnaie commune c'est une volonté politique, et c'est cette volonté politique que testent en permanence les marchés. En attendant, on peut remercier Goldman Sachs d'avoir bien formé Mario Draghi.

Le 14 juillet 2010 à 14:37

Kodi

On rigole bien en France. Kodi (Claude-Michel Wilfrid) a 26 ans.  Kodi avait un travail, une vie sociale et une vie tout court, comme tout le monde. Il habitait Port-au-Prince. Oui mais voilà : à Port-au-Prince il y a eu un tremblement de terre, et Kodi y a tout perdu, comme ça, en quelques minutes (certainement dans le but de faire son intéressant, Kodi, tout le monde le sait, est comme ça). Une explosion au propane, ça pardonne pas : Kodi est brûlé au visage, aux mains, au torse, au dos et aux jambes. Comme Kodi ne fait rien à moitié, il possède également de nombreuses plaies ouvertes, certainement pour se donner un genre, faire son rebelle et se la péter grave devant ses potes (quel sacripant ce Kodi!). Jusque là me direz-vous, ce n'est pas très drôle. Rassurez-vous, c'est maintenant que ça va le devenir, promis. Kodi, cet immonde opportuniste, a bénéficié de la mesure qui a permis à de nombreux Haïtiens de séjourner en France pour traitements d'urgence. Alors la France, comme c'est un grand pays, elle l'a soigné le Kodi pendant tout ce temps. Sans rien demander. Très généreusement. A Lamalou-les-Bains. Lamalou-les-Bains c'est très joli en plus. Parce que la France elle a la classe atomique : elle ne rechigne devant rien, et a un cœur gros comme ça. Oui mais voilà, Kodi est en France depuis bientôt trois mois, et la France, et bien, elle permet aux Haïtiens de ne rester que trois mois, c'est la loi (la France elle est altruiste mais elle a des règles). Alors dans sa très grande mansuétude, eh bien elle a décidé qu'il fallait le renvoyer à Port-au-Prince le Kodi. Parce qu'après tout la France, elle est bien gentille, mais cette petite frappe de Kodi faudrait pas qu'elle prenne ses aises ici et ne profite trop du système. Il est pas complètement soigné Kodi ? Bah, il avait qu'à cicatriser plus vite aussi (il est d'un lent ce Kodi... c'est le premier pour faire des conneries, mais pour ce qui est de cicatriser dans les délais impartis, on attend toujours...). Alors Kodi, on va le renvoyer là-bas. Bon d'accord, il ne peut plus vraiment se servir de ses mains, aura des difficultés certaines à retrouver du boulot dans son état mais bon, la France elle fait ce qu'elle peut hein et quand elle dit trois mois, et ben elle dit trois mois: la France, elle transige pas avec les contrats ! Le Kodi il est bien mignon, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus.  La France, elle aime pas les profiteurs. Quel salaud ce Kodi... Je vous l'avait dit, on rigole bien en France... > plus dans le Midi Libre > plus sur Facebook

Le 14 avril 2014 à 08:47

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Est-il facile d'être dictateur?

NON. Etre dictateur, c’est un dur métier, on ne rigole pas tous les jours, on doit se raser tous les matins pour passer à la télévision d’Etat. En plus de ça, il faut briller dans toutes les matières : histoire-géo, économie, police politique, plomberie, torture. Et la liste est loin d’être close, car si on veut être un bon dictateur, il faut savoir tout sur tout, et même ce qui est connu de Dieu seul. C’est pourquoi les dictateurs sont très attentifs à ce qui se publie sur le web : ils veulent tout savoir, tout apprendre, tout contrôler. Ce sont de vieux enfants un peu envahissants qui aiment se cultiver. N’empêche, il y a des moments où c’est particulièrement difficile d’être dictateur. Un exemple : supposons que le pays se trouve mis en crise à cause d’un problème de plomberie. Les canalisations de la capitale ont sauté. Les bidets fuient. Les opposants s’enfuient. Tout va à vau-l’eau. Eh bien, en tant que dictateur, et comme vous craignez la concurrence des plombiers, vous les accusez d’avoir fomenté un complot, vous les mettez en prison, au pain sec et à l’eau, et il ne vous reste plus qu’à régler le problème TOUT SEUL. Et c’est bien là le problème. Le dictateur est un homme seul, snif. Il ne peut pas tout résoudre, sauf les grilles de mots croisés de force 2. On le voit par cet exemple : le métier de dictateur a ses limites, sinon on tombe très vite dans l’amateurisme. C’est pourquoi, quand la plomberie pète les plombs, il vaut mieux faire appel aux professionnels.

Le 9 janvier 2013 à 08:51

La mélopée des pierres

Le monde de la finance et de l’économie ne tournant pas rond, celui-ci prend tout sons sens dans les débats du Rond-Point. C’est ainsi que dans son excellente chronique La bulle de l’euro (version 1.0), Pierre-Antoine Durand, chroniqueur économique de ces lieux, nous éclaire brillement sur l’éclatement de la bulle de l’euro et ses conséquences désastreuses pour la Grèce (ou à cause de la Grèce, suivant que l’on se positionne du côté des spartes ou du côté du théâtre de l’Athénée, non loin des Champs-Elysées où la guerre de Troie n’a paraît-il jamais eu lieu). En guise de souffle zéphyrien, je me permets d’ajouter que si l’éclatement de la bulle monétaire est peut être à l’origine de la crise, il n’en est pas de même pour la pierre, dernière valeur refuge des marchés. Preuve en est avec Athènes où beaucoup se bousculent encore pour y visiter ses ruines. Et là, toute la question se pose. Comment ce berceau antique de la civilisation à qui l’on doit  des personnages aussi illustres et essentiels que Socrate, Platon, Aristote, Pythagore, Sophocle, Aristophane, Nana Mouskouri, a-t-il pu finir à ce point endetté ? Rappelons que le mot « économie » vient du grec “oikos” (la maison) et “nomos” (l’ordre). Dans Ethique à Nicomaque, Aristote dénonce l’accumulation de la monnaie pour la monnaie, activité contre nature qui déshumanise ceux qui s’y livrent, condamnant par là même le goût du profit et l’accumulation des richesses. Puisque, selon Aristote, cette activité se veut contre nature, alors pourquoi ne pas spéculer à présent sur quelque chose de plus naturel, à commencer par les océans marins : plus riches, plus vastes, plus diversifiés et d’une profondeur bien plus abyssale que n’importe quelle dette souveraine. Dans un monde suffisamment absurde pour vous faire culpabiliser de prendre l’avion avec votre tube de dentifrice en cabine, rien n’est impossible. Ainsi, nous pourrions spéculer sur la prolifération des algues, l’ouverture des plages boursières dépendrait des marées et le thon n’aurait qu’à bien se tenir. Le cours des actions marines fluctuerait au gré des alizés et le change des devises en fonction de la brise. Selon l’indice de la houle, les agences de notation balnéaires agiteraient des drapeaux de couleur verte, jaune, voire rouge en cas de grosse vague et risque d’effondrement des rochers sur les places côtières. Enfin, les embruns monétaires seraient régulés par le Fonds Marin International lui même administré par des phoques à vingt mille lieues sous les mers. Ah, j’oubliais, pour en revenir à la Grèce, que les marchés se rassurent, la Grèce reste l’un des pays les plus riches, riche de son histoire et de son passé et qu’elle peut être fière, elle, de ne pas voir sa star Nana Mouskouri s’exiler comme d’autres en Russie puisqu’elle réside en Suisse.

Le 16 juillet 2013 à 07:14

Tour de France : un supporter courant à côté des cyclistes contrôlé positif à l'EPO

Cette édition 2013 de la Grande Boucle n’échappera pas aux éternels scandales de dopage. Ce matin, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) vient d’annoncer un nouveau cas de contrôle positif. Et cette fois-ci, le choc est encore plus rude puisqu’il s’agit d’un spectateur du Tour qui est directement concerné, un Allemand de 61 ansconnu sous le nom de El Diablo. Il accompagnait en courant les cyclistes du Tour de France depuis des années déjà. Les organisateurs de l’épreuve comme les fans de la course se disent abasourdis. Affaire. L’une des figures du Tour Dieter Senft est son nom. Il est connu comme le spectateur le plus fou du Tour de France dont il parcourt les routes depuis plus de 20 ans déjà. Costume rouge et trident empoigné, il était jusqu’à aujourd’hui l’une des attractions régulières du Tour. Seulement voilà, Dieter Senft, qui s’époumonait à courir à la suite des vedettes du Tour vient d’être contrôlé positif à l’EPO par l’AFLD comme l’a confirmé ce matin Christian Prudhomme, le directeur de la Boucle : « De nombreuses analyses effectuées lors des contrôles anti-dopage traditionnels tendent à prouver que El Diablo a bien eu recours à des produits interdits pour améliorer ses performances. Nous sommes obligés de l’interdire dès à présent de toute participation au Tour de France, même dans le public. » Pour Maryse, qui chaque année part en caravane avec son mari pour suivre le peloton au fil des étapes, c’est un terrible coup dur pour l’image de l’épreuve déjà bien écornée : « C’est terrible ! Déjà les coureurs, et maintenant El Diablo…C’est terrible. C’était l’une des grandes figures du Tour, peut-être même plus que les grands noms du cyclisme qui cherchent à y décrocher le maillot jaune. El Diablo c’était le folklore, le bon état d’esprit si propre à la Grande Boucle. Ce matin, je n’arrive tout simplement pas à croire qu’il se soit dopé. » Pour Michel, un autre supporter inconditionnel de la plus grande course de vélo du monde, cette révélation n’est pas tout à fait sans surprise : « Je suis évidemment choqué comme tout le monde mais quelque part je m’en doutais un peu. On le voyait tous courir comme personne derrière les cyclistes en pleine montée d’un col. C’était suspect, surtout à son âge. Peu importe ce que disent les uns et les autres. On ne cavale  pas à cette vitesse et on ne fait pas des sauts de cette hauteur sans se doper. Et ceux qui pensent le contraire sont soit des menteurs soit des naïfs. » Christian Prudhomme, après avoir confirmé les résultats de l’Agence de lutte contre le dopage a également fait part de sa désolation et de sa tristesse : « El Diablo était un ami personnel. On se connaît depuis que je dirige le Tour de France. C’est un peu une trahison qui vient une énième fois jeter le discrédit sur le cyclisme, et en même temps une déception dans ma vie personnelle particulièrement dure à vivre aujourd’hui. »  Une suspicion devenue générale Après cette terrible révélation, le Tour semble à nouveau accuser le coup alors que la course avait jusque là échappé aux affaires de dopage. Désormais, chacun devient suspect. A.S.O, la société organisatrice, a annoncé, dans une volonté de transparence, vouloir renforcer les contrôles anti-dopage pour « toutes les personnes impliquées de près ou de loin » dans le Tour de France. Un grand ménage qui aurait d’ailleurs même déjà commencé avec une grande campagne d’analyse d’urine chez les motards de France Télévisions qui suivent à longueur de journée les coureurs du peloton. Le Gorafi

Le 11 avril 2013 à 09:43

Les bonnes raisons de se lancer sur la piste d'envol

Après vous avoir dit comment, voici pourquoi

Pourquoi vous lanceriez-vous sur la piste d’envol ? Aucune idée et pire encore, je n’en ai que faire, je suis vide de bienveillance et d’empathie. Pourquoi me lancerais-je ? Ça je sais, je peux vous le dire et pire encore, je veux que vous vous posiez la question, je suis emplie de narcissisme et d’égocentrisme.   Je veux la célébrité et le pognon qui va avec. Je veux ne plus pouvoir me balader dans la rue sans qu’une horde d’inconnus me salue. Je veux que cette même horde se roule à mes pieds. Ô adule-moi ! Crie-moi ! Hume-moi ! Mais pas le matin. Je veux la notoriété. Etre une connasse et dire « Barre-toi ! Tu vois pas que tu me fais chier ! » Je veux le fric. Etre une pétasse et dire « Remballe ton Saint-Emilion ! Tu vois pas qu’il est daubé ! » Je veux être célèbre et belle et blonde et épouser un sportif. Pas n’importe lequel, un footballeur. C’est pas la discipline qui importe c’est le compte en banque… et le prestige. Ne surtout pas à avoir dire « Tiens je viens d’épouser un pongiste ! », c’est trop pourri !   Je veux me fagoter comme une savate et citer haut Audiard : « Regarde public ingrat ! Arrache-toi les yeux ! » Je veux être comme la rosée du matin, mouiller les pieds, dessiner les toiles d’araignée et sécher un peu avant 11 heures moins le quart, même si ça ne veut rien dire.   Ou alors, c’est tout le contraire, je ne sais plus… je suis perdue.   Laisse-moi public ingrat, je dois me retirer, j’ai besoin de repos. Il faut que je médite, tu vois pas bordel que je suis perdue ?

Le 27 septembre 2010 à 12:24

"De plus en plus, ces fonds d'investissements étrangers n'ont pour seul objectif que la rentabilité financière à des taux excessifs. Quand je vois certains qui réclament une rentabilité à 20-25%, avec une fellation quasi nulle..."

Rachida Dati, Canal +, dimanche 26 septembre 2010

Y’en a qui voient le mâle partout. Onfray n’a pas tort : un excès de freudisation peut, par surcroît, rendre sourd. Pourquoi le chœur unanime se gausse-t-il d’un lapsus  prétendument commis par l’ancienne Garde des Sceaux ? Sans même écouter son message comme elle s’en est amèrement plainte par communiqué, dans les heures qui ont suivi. Bien sûr que les fonds d’investissement, ça suce énormément. Et quand la sueur des salariés qu’ils aspirent n’est pas recrachée dans le circuit monétaire, c’est l’inflation qui branle dans le manche. Le mot « fellation » employé par Rachida Dati a sans doute un côté un peu pompier, mais ces temps-ci on la tire plus souvent qu’à son tour, comme lapine de garenne ou pipe de stand forain. Trop injuste. Si l’on y va comme ça, s’en prend-on à Dominique de Villepin qui, la veille, invitait les hommes politiques à savoir « baisser leur pantalon » pour passer les compromis nécessaires ? Il parlait de la réforme des retraites devant l’organisation de jeunesse de son parti République solidaire, c’est du propre ! Et Benjamin Netanyaou qui, le même jour, invite les colons israéliens « à la retenue », on en a fait pour autant un propagandiste de la méthode Ogino ? Tout fout Lacan décidément.

Le 16 octobre 2014 à 14:39

A plus d'un titre

Clémentine Mélois aime les livres et son histoire d'amour avec eux franchit une nouvelle étape : elle en publie un ! Ses petits bijoux d'humour et d'esprit, couvertures détournées, pieds de nez érudits et facétieux, ont déjà fait un tabac sur la Toile, et vous avez pu en découvrir quelques uns ici-même. Clémentine Mélois aime la culture, ou la Culture, comme vous préférez, la Culture majuscule, la sous-culture, la pop culture, toutes les cultures au sens même du végétal, ce qui grandit, se développe, croît et offre ses fleurs à qui veut bien les recevoir. Clémentine Mélois sait recevoir, justement, et elle accueille à la table (des matières) de son livre tous les auteurs qu'elle aime. Elle reçoit sans chichis mais avec une grande délicatesse les écrivains les plus académiques, les plus classiques et leur propose de partager un moment avec ses autres héros, ceux de la culture populaire, de la variétoche ou des nanars cinématographiques. Clémentine Mélois n'aime pas les chapelles et elle aime tellement ses amis qu'elle se dit que même s'ils ne sont pas du « même monde », il n'y aucune raison que François Valéry ne puisse pas s'entendre avec Paul Valéry, aucune raison que Rambo et Rimbaud ne se trouvent pas des points communs autour d'un verre. Un Fernet-Branca par exemple. Avec ses Cent titres, Clémentine Mélois nous redonne des envies de livres, d'encre, d'odeur et de grain de papier. Et ça tombe bien parce que son livre est vraiment un livre. Généreux et drôle, cultivé et potache, ludique et réjouissant. Un livre qui lui ressemble. Et nous, on l'aime. A plus d'un titre.   Clémentine Mélois, Cent titres, Grasset, parution le 22 octobre, préface de Jacques Roubaud, 224 pages, 10 € Du 24 Octobre à la fin novembre, venez découvrir l'exposition Clémentine Mélois à la librairie le Rond-Point des Livres. Rendez-vous le 24 à partir de 19h pour un vernissage pas comme les autres !    

Le 12 février 2012 à 08:41

Industrie et rouflaquettes : le retour de la contrainte extérieure

Econotrucs #6

Dans le débat économique de ces derniers mois, le sujet de la  « politique industrielle »,  cette vieille lanterne pompidolienne,  a fait un come back détonnant. OK, je l’admets, ces jours-ci, d’autres choses peuvent nous rappeler la France de Pompidou, comme la peur des Chinois, le contrôle de la télévision publique (et de l’O.R.TF1), ou encore Jacques… Heu, Thomas Dutronc. Mais ceci est une rubrique économique… Si sauver quelques emplois ouvriers juste avant les élections ne relève pas de la politique industrielle, mais de la cosmétique,  cela vous a au moins permis de découvrir, la larme à l’œil, que notre pays avait perdu une large partie de son industrie.  On se rappelle subitement qu’on ne peut pas vivre sans industrie.   On assiste en fait au retour d’une ancienne terreur, qu’on avait plus connue depuis que  nos ministres ont abandonné les lunettes en plastique marron et les rouflaquettes : celui de la « contrainte extérieure ». Un pays est « contraint » lorsqu’il voit ses importations progresser plus vite que ses exportations. Il doit donc les financer par la dette, et cet endettement va peser sur la valeur de sa monnaie. Dans les années 70, cela voulait souvent dire une monnaie attaquée, une dévaluation pour trouver sa compétitivité extérieure. C’est une des raisons pour lesquelles on à créé le SME puis la monnaie unique. Une dette en euros essentiellement détenue par des investisseurs européens éliminait les questions de contrainte extérieure. Ce qui devenait important, c’était l’équilibre commercial de la zone euro, qui était grosso modo assuré grâce aux excédents commerciaux allemands. L’Europe  restait globalement légèrement excédentaire vis-à-vis du reste du monde.   Pour être plus clair, disons que d’un point de vue financier, on voyait l’Europe un peu comme les  Etats-Unis ou les excédents de tel état vont compenser les déficits de tel autre : personne n’a songé à attaquer le dollar lorsque la Californie était au bord de la faillite. Mais la crise a rappelé que la dette grecque et la dette allemande quoique libellées dans la même monnaie, n’étaient pas équivalentes, et donc que l’euro n’était pas suffisant pour éliminer la contrainte extérieure. Elle a souligné les faiblesses de l’Europe  : une construction inachevée avec un faible budget communautaire, une mobilité faible du facteur travail, et des mécanismes de solidarité inexistants, que l’on est obligé d’inventer en catastrophe, à la faveur de la crise.   Sur une planète où les trois quarts des échanges mondiaux portent sur des biens industriels, un pays qui n’est pas compétitif, (c’est-à-dire qui n’est pas capable de vendre les biens demandés sur le marché international) est conduit à avoir des difficultés grandissantes. Entre 1978 et 82, puis au début des années 90, la France a déjà connu deux vagues de désindustrialisation,  au point qu’on se demande si cette troisième vague ne vas pas sonner le glas de nos derniers bastions industriels. Le désarroi s’installe, que peut-on faire, face aux petits chinois sous-payés ?   On admet en effet désormais que la concurrence des pays émergents est largement responsable de la disparition de tout un pan de l‘industrie française : L’aspect positif des choses, c’est que la crise a sonné la fin d’une certaine mythologie libérale arrivée avec la mondialisation (une « économie de service », des entreprises « sans usines »). Mais puisque d‘autres pays européens sont parvenus à maintenir leur base industrielle, (en particulier l’Allemagne), ne peut-on pas nous aussi envisager une politique industrielle sans rouflaquettes et sans pantalon pattes d’ef, bref, une politique industrielle innovante, basé sur un nouveau modèle ?    Je tenterai de vous apporter des éléments de réponse au prochain épisode, mais j’ajouterai pour conclure que Pompidou, lorsqu’il passait à télé, avait de la classe, de la culture, et la cigarette au bec, choses qui nous manquent cruellement ces derniers temps.

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