Corinne Klomp
Publié le 18/09/2010

Supplique de la France


Writers studio 1, d'après Horace, de Corneille (il n'y a pas que Flaubert pour soutenir les Roms)

Roms, iniques objets d’un fort ressentiment
Roms, que par circulaire on renvoie au néant
Roms que j’ai vus naître mais qu’un parti abhorre
Roms enfin que l’on hait, droite extrême qu’on honore.
Puissent mes pays voisins ensemble conjurés
Préserver leurs campements si mal assurés.
Et s’il faut faire fi de la félonne Italie
Que la Terre, Jupiter et Mars à moi s’allient,
Que mille peuples unis des bouts de l’univers
M’aident à sauver les enfants, les pères, les mères !
Que ceux qu’on bannit, gens trop libres, du voyage
Puisent dans mon sol meurtri la force et le courage.
Que la honte et le dégoût gagnant la nation,
Brisent la ronde indigne de leurs expulsions.
Puissé-je de mes yeux voir cesser ce malheur,
Et ma belle Marianne recouvrer son honneur,
Donner aux Roms droit de vivre, envie de rire
Moi seule en être cause et rosir de plaisir !

Corinne Klomp a sévi quelques années dans la presse économique, côté marketing. Personne n’est parfait, elle encore moins. Un jour elle a tout quitté pour se consacrer à l’écriture scénaristique puis théâtrale. Depuis, sa vie, la vraie, a commencé. Elle écrit et joue la comédie pour les autres, mais ne chante que pour son pommeau de douche, et sur rendez-vous. Son patronyme n’est pas un pseudonyme. Non, même pas.

> http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-klomp

 

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Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 8 juillet 2010 à 18:16

« J'observe aujourd'hui qu'il y a une espèce de collusion médiatico-politico-trotskyste d'extrême qui essaie de jeter l'honneur d'Eric Woerth »

Nadine Morano, cour de Matignon, 7 juillet 2010

Du « Morano » ça doit être restitué in extenso pour en apprécier toutes les hardiesses syntaxiques, audaces conceptuelles, et autres ellipses historiques.  Elle est culte dans l’inculte, la pétaradante secrétaire d’Etat à la famille qui répondit un jour sur RTL où on lui opposait une citation de Georges Clemenceau : « Georges Clemenceau a le droit de dire ce qu’il veut ».  Elle a dû faire des impasses pour décrocher son DESS d’information, communication et organisation des entreprises. Quant aux travaux pratiques ultérieurs, ils souffrent d’approximations dans la « communication de crise » dictée de l’Elysée : taper à bras raccourcis sur Mediapart et son patron Edwy Plenel, connu pour ses sympathies trotskystes de jeunesse, qui ont monté une machination à caractère fasciste visant à abattre Eric Woerth comme la presse d’extrême droite s’attaqua jadis à Roger Salengro, et comme l’honneur de Pierre Bérégovoy fut naguère « jeté aux chiens » selon l'expression de François Mitterrand.  Nadine Morano a lu trop vite ses fiches et les a récitées en langage yaourt, oubliant de caser le qualificatif « fasciste ».  Elle s’est du coup privée de la compréhension des staliniens les plus chenus, lesquels dans les années 50 avaient anticipé, en traquant eux aussi "le complot hitléro-trotskyste."

Le 5 janvier 2012 à 11:24

« C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République »

Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe à l'UMP, BFM-TV, mercredi 4 janvier 2012

Elle a même failli en avaler son sifflet le nouvelle wonder girl de la cellulle « riposte » du parti du Président. On le croit pas ! L’ignoble Vizir socialiste venait d’être surpris en train de traiter de « sale mec » le Vizir légitimement en fonction. Le recours à la vidéo pouvait pourtant éviter à Valérie Rosso-Debord l’erreur de jugement. Les images enregistrées auraient montré un François Hollande ( celui qui veut prendre la place de qui l’on sait) parodiant devant des journalistes supposés l’écouter en « off » un Nicolas Sarkozy se présentant bientôt devant les électeurs : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..."  Un résumé plaisant de la seule carte qui reste à jouer pour un candidat à réélection au bilan quinquennal désastreux, mais qui se rappelle que dans le film Titanic, la panique était telle que personne n’a songé à faire passer le commandant par-dessus bord. Bref, François Hollande a fait de l’humour. Et ça c’est une arme déloyale aux yeux d’une Valérie Rosso-Debord qui admet qu’on peut rire de tout, mais pas du Président. Parce que sinon,  elle est une sacrée farceuse  la Valérie. Un jour qu’elle était invitée au Petit Journal de Canal + il lui fut demandé ce qu’elle avait fait le matin même en tant que femme de droite. Elle répondit : « J’ai fait une tarte. »

Le 12 novembre 2010 à 12:05

Au secours les mots : Eric Pessan défend le mot "grève"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Un jour de grève d'octobre 2010, quelque part en France…" Font chier avec leurs grèves"." Mes enfants, je les ai mis à Saint-Blaise, là-bas les profs ne font jamais grève », entends-je ce matin, en accompagnant mon fils à l’école, alors que je suis occupé à regarder le ciel par-dessus le village, magnifique éboulement de nuages tirant sur l’orangé. Le ciel est vaste en haut de la rue du Coteau, et toujours beau. Je le regarde, ce ciel, et me demande si le mot "grève" a un rapport avec la grève, celle du bord de mer ou de rivière, où on peut perdre pas mal de temps à observer l’eau couler sans rien faire. Effectivement, l’arrêt volontaire du travail par les salariés dans un but de protestation doit son nom à la place de la Grève à Paris (maintenant place de l’Hôtel-de-Ville) où avaient lieu les exécutions et où les ouvriers attendaient chaque matin une hypothétique embauche. La place de la Grève, elle, était nommée ainsi parce que située sur une grève de la Seine. CQFD.Ce matin, il a gelé, à peine, un voile blanc sur les champs en contrebas. C’est la grève, ceux qui la font roulent sous les insultes de ceux qui la subissent, on nous répète à loisir que la grève est irresponsable, puérile, idiote, inutile. On vomit un mot, on le brandit comme une menace, comme une malédiction, une erreur, une folie.Partout, la grève provoque de l’attente. Les mains bien au chaud dans mes poches, je fais un petit détour par les vignes avant de rentrer de l’école pour rejoindre mon bureau. L’attente d’un train, l’attente d’un métro ou d’un tramway. L’attente dans le piétinement lent des manifestations : la grève renvoie chacun à la patience matinale des ouvriers qui – chaque jour – espéraient être choisis et gagner le droit d’aller travailler. L’attente est devenue insupportable, le moindre retard ou le moindre report viennent heurter notre routine. C’est la grève, donc, et je me dis que lorsque l’on attend, les yeux dans l’eau ou les yeux dans le ciel, on se met à penser. C’est sans doute pour cela que la grève est belle, que ce mot est magnifique : sur la grève, face aux flux sociaux, aux remous et aux courants, on est seul et on réfléchit.Eric Pessan écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et des fictions radiophoniques. En un mot, il est auteur. Il collabore avec des artistes plasticiens, ainsi qu'à de nombreux ouvrages collectifs, comme au site remue.net. Ses derniers ouvrages : Un matin de grand silence (avec Marc Desgrandchamps, Ed. du Chemin de Fer), La fête immobile (avec Hervé Plumet, Ed. Presque Lune) et Tout doit disparaître (pièce de théâtre, Ed. Théâtre Ouvert, coll. Tapuscrit).Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com    

Le 15 septembre 2010 à 14:40

Patron de la Culture, tiens bon !

Conseil Citoyen 9

Depuis longtemps déjà, patron dans la culture, Tu diriges pépère une grosse structure Vendant et achetant à tes alter egos Des spectacles souvent qualifiés d’inégaux, Mais que toi tu défends comme étant « Grand Public ». Ce dont se satisfont tes soutiens politiques.   Cette rentrée pourtant te voit le souffle court. La femme d’un copain qui travaille à la cour T’a laissé sous entendre en sortant d’un dîner Qu’on évoque en haut lieu de te déboulonner. Depuis tu ne dors plus. Mais pourquoi tant de haine ? Qui peut vouloir ta tête et ton beau CDN ? Sait-on que tu as dit de cette région centre Où tu as tes fonctions et qui t’accueille en chantre: « Ce centre national est vraiment dramatique » ? Ce bon mot aurait-il engendré la réplique ? Que faire ou bien que dire avant que l’on t’évince ? Comment retrouver l’ombre et l’oreille du Prince ?   Saches-le, pour entrer encore au ministère Le sésame a deux mots: Restrictions budgétaires ! Ainsi, pour tes acteurs, sous-traite à l’étranger Dans un pays bien pauvre et juste ravagé Par une pandémie ou un puissant séisme. Politiquement neutre et emprunt d’exotisme Ton acte humanitaire, engagé, philanthrope, T’offrira du crédit jusqu’aux fonds de l’Europe. Choisis des spécimens assez haut en couleurs, Quelques femmes jolies, sans être racoleur, De ces jeunes qui rêvent d’atterrir en France. Aller les dénicher te fera des vacances. Qu’ils sachent bien bouger et prendre l’éclairage. Le texte quant à lui sera, en sous-titrages, Une histoire du cru traduite à ta façon Dont tu encaisseras ainsi l’adaptation. Paie-les en défraiements, ils ne s’en plaindront pas Et seront même heureux de sauter les repas Et de glorieusement reprendre leur charter Avec ce qui chez-eux vaut un an de salaire. Veille bien cependant qu’aucun d’eux ne se pique De vouloir demander l’asile politique. Bien sûr que des copains te trouveront réac, Tu feras des jaloux au sein du Syndeac, Qu’importe, il faut durer et tu pourras peut-être Finir en commandeur et des arts et des lettres.

Le 12 janvier 2011 à 09:01

« Dire que la Tunisie est une dictature univoque me semble tout à fait exagéré »

Frédéric Mitterrand, Canal +, dimanche 9 janvier 2010

Quand on tourne trop sa langue de bois dans la bouche avant de parler, on donne des verges pour se faire battre. Invité à réagir aux événements de Tunisie où, depuis trois semaines déjà, une révolte sociale et morale contre le régime Ben Ali est réprimée férocement par la police, le ministre de la Culture improvise une formule moins ciselée que celles dont il nous enchantait dans ses épopées de têtes couronnées, du temps où il s’appelait « Fred ». Qu’a-t-il voulu dire au juste en trouvant « exagéré » qu’on puisse avancer  que « la Tunisie est une dictature univoque » ? Beau diseur et fin lettré, il s’est peut-être risqué à suggérer que la dictature est un mot qui ne recouvre pas seulement un sens mais plusieurs ? Du point de vue des victimes ce n’est pas convaincant sur le coup. Ou plutôt sous les coups. Même une dictature qui ne serait plus « univoque » mais à l’inverse « équivoque » n’en serait pas plus supportable, l’ambiguité servant plus sûrement de masque à la terreur. Il était le premier des ministres du gouvernement Fillon à s’exprimer publiquement sur le sujet. Certains de ses prédécesseurs, rue de Valois, auraient saisi l’occasion pour se ranger du côté des « forces de l’esprit » (comme disait « Tonton »). Artistes matraqués, journalistes embastillés, bloggeurs hadopisés, les prétextes ne manquent pas en ce moment. Ça n’a pas suffi. M. le ministre de la Culture et de la Communication, bonsoâââârr…

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