Pierre Cleitman
Publié le 15/09/2010

Conférence instantanée 1


Le monde est devenu si dur
et en même temps si mou
qu'il n'y a plus que les êtres
vraiment droits
qui réussissent encore
à se planter
Entre le one man show humoristique et la Conférence traditionnelle, Pierre Cleitman invente un nouveau genre : la Conférence extravagante, aux confins du réel et de l'absurde, du probable et de l'incertain, de l'arithmétique et du dérisoire.  En 2000, il crée un spectacle d'aphorismes, Sortir en boîte, sous la direction d'Ana Delgado, et en 2003 interprète Le Lumbago chez Baudelaire, mis en scène par Marc Feld au Théâtre du Rond-Point, dont l'humour annonce celui des Conférences extravagantes, (cinq présentées au Rond-Point entre 2004 et 2007). Dernières créations en date: L'ésotérisme du 22 à Asnières en 2009, La croisade des cochons, janvier 2011 et La place du sourire en coin dans la formation de l'esprit de système, avril 2011. 

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Le 20 octobre 2010 à 13:01
Le 4 août 2010 à 18:17

The People's Republic of Stokes Croft (PRSC)

Carte postale de Bristol

La fresque vous éclate au visage sitôt franchie la frontière sud de la République Populaire de Stokes Croft – le pays où les taggers sont rois. Pas sûr que vous en ayez déjà entendu parler… Bombardé avec le reste de la ville par les Nazis, ce quartier de Bristol était resté "délibérément et criminellement négligé par les autorités", dixit  la Constitution du nouvel Etat. "C'est ici que la municipalité installait ses centres pour drogués et  sdf – tout ceux qu'elle ne voulait pas voir dans le centre de la cité. On va en faire un joyeux centre d'excentricité", précise  Chris Chalkley, Président de la République en bonnet de laine rencontré dans son quartier général de Jamaica Street où il vend tableaux et porcelaines taggées RPSC. "Les habitants ont décidé il y a quatre ans de prendre les choses en main eux-mêmes." Et vous l'annoncent dès votre arrivée via une signalétique jaune et noire très stencil posée au pochoir sur les murs : PEOPLES REPUBLIC OF STOKES CROFT, WE MAKE OUR FUTURE;  WELCOME TO STOKES CROFT, CULTURAL QUARTER, CONSERVATION AREA, OUTDOOR GALLERY. Quelle municipalité accepterait de voir de simples habitants nommer une place "Turbo Island" et d'y planter de mini statues de l'Ile de Pâques ? De s'opposer à l'implantation d'un hypermarché Tesco dans un ancien Comedy Club ? De peindre le mobilier urbain en jaune ? De chercher des jumelages avec d'autres villes du monde et de métamorphoser rues et façades en une chapelle Sixtine mi-rock mi-train fantôme (voir visite virtuelle) ? Le Président Chalkley entouré de quatre directeurs gère les relations musclées avec la mairie et pilote les initiatives en cours : ouverture de galeries, centres d'art, restaurants, et même un musée ready made où se rassemble avec malice l'histoire de la jeune république (on pourra y voir la photo d'un tagger enfermée dans une cage d'oiseau, une bouteille en plastique contenant les cendres d'un sdf dont la PRSC a financé les funérailles...). Et bien sûr, la mise en fresques du nouveau quartier-galerie: "Tout le monde est libre de peindre en plein jour. Mais il y a des propositions si généreuses sur les murs que les taggers doivent être à la hauteur", dit Chris Chalkley en pointant du doigt l'œuvre du célèbre graffeur Banksy : un ours blanc lance un cocktail molotov sur trois bobbies armés de boucliers. On peut l'admirer en dégustant un ramier garni à l'oseille, aux pois rouges et à la confiture de betterave sur la terrasse du café Canteen qui vient d'ouvrir à Stokes Croft et depuis laquelle, chers aficionados de ventscontraires.net, je vous écris cette carte postale.

Le 13 mai 2015 à 08:29

Tahiti, en pauvre, se dit Palavas-les-Flots

Même allongés sur le sable, à moitié nus devant la mer, Monsieur Riche et Monsieur Pauvre restent différents.Monsieur Riche est mince et musclé. Monsieur Pauvre est flasque et mou.Monsieur Riche a des jambes fines et nerveuses, comme celles d'un pur-sang. Monsieur Pauvre a des varices et des chaussettes en tire-bouchon.Monsieur Riche porte un bermuda en lin. Monsieur Pauvre un short en soldes. Monsieur Pauvre a un tee-shirt sur lequel est écrit, en gros caractères : "University of Columbia". Monsieur Riche a fait ses études au M.I.T. de Boston, mais ce n'est pas écrit sur son polo beige.Au soleil, Monsieur Riche bronze, Monsieur Pauvre rougit. Quand Monsieur Pauvre retire son tee-shirt, on voit sur son épaule, toute rouge, une grosse rose tatouée. Quand Monsieur Riche retire son polo, on voit un bronze de Praxitèle.Sur la plage, Monsieur Pauvre dort la bouche ouverte, un journal sur la tête, à côté de son transistor mal réglé sur RMC et de sa glacière en polystyrène bleu Floride.Assis sous un joli parasol de toile écru, Monsieur Riche scrute la mer avec des grosses jumelles noires.Monsieur Pauvre boit une canette de bière pour faire passer le temps et les œufs durs remplis de sable. Il écoute la retransmission du match de football PSG-Lens, Lens perd trois à zéro, il est accablé.Tandis que Monsieur Riche regarde son grand fils qui fait du ski nautique, Monsieur Pauvre regarde son grand fils qui fait le con. Madame Pauvre, dans sa marinière à fleurs, retourne une claque à la plus jeune qui s'est mise torse nu : "T'as pas fini de montrer tes titis ?"Quand une mouette défèque en plein vol, ça ne tombe jamais sur Monsieur Riche, toujours sur Monsieur Pauvre. Ça fait rire Madame Pauvre, elle croit que ça porte bonheur.Ça ne fait pas rire Monsieur Riche. Il ne le voit pas.Monsieur Riche est à Tahiti. Monsieur Pauvre est à Palavas-les-Flots. Les Mots des riches, les mots des pauvres, Le Livre de Poche

Le 20 mai 2015 à 10:03

On vit tous dans l'argent

On vit tous dans l’argent. Moi par exemple ça me fait chier : c’est complètement naïf mais je voudrais être en dehors de l’argent. Je veux être dans l’écriture hors de l’argent. C’est naïf mais c’est lié : l’argent et l’écriture sont liés dès l’origine : l’origine de l’écriture (cités-états de Sumer) c’est lister des choses à stocker, à échanger ; l’origine de l’argent c’est matérialiser des rapports, des relations, des échanges. C’est naïf mais je veux écrire des rapports autres, libidinalement autres : le rapport à l’argent comme le rapport à l’écriture (écriture au sens large, très large, au sens de fiction – fiction au sens très large, mégalomaniaquement large de fabrication de vie) passe par un rapport au fantasme ; l’argent et l’écriture sculptent du fantasme, de la fiction libidinale. Pour être hors de l’argent je veux sculpter une intensité vie dont la fiction est autre que celle du pouvoir d’achat. En dehors de l’argent je veux sculpter de l’écriture-forme-de-vie qui fait exploser les concepts de pauvreté et de richesse, le pouvoir d’achat est un fantasme pas drôle. Les concepts de pauvreté et de richesse s’inscrivent dans le paradigme malade de l’argent, dans la mauvaise fiction du paradigme malade de l’argent. L’argent comme croyance fondamentale indubitable du monde contemporain est la clôture métaphysique la plus tenace de l’époque : ne pas croire en l’argent aujourd’hui est aussi impensable que de ne pas croire au christianisme au Moyen-Age : ça n’a pas lieu d’être. Dire « je ne crois pas en l’argent » est complètement inutile, c’est du vent, je veux être ce vent, je veux à nouveaux frais dire que la pauvreté n’est pas le problème mais la solution. Pas au sens chrétien dévoyé condescendant bien sûr, mais au sens de l’intensité nue d’un vent de clochardisation biohardcore des comportements. Travail sur les fantasmes, sculpture des fantasmes et désirs, pardon d’être naïf mais je souhaite que l’écriture-argent n’entre en quoi que ce soit dans l’écriture des formes de ma vie, désolé je pars bosser à un autre paradigme, pauvre, clodo, biohardcore, riche, salut !

Le 29 janvier 2020 à 14:38

Alain Damasio, Pablo Servigne et leurs invités vous attendent au Théâtre du Rond-Point en... 2120 !

Le 4 février prochain, la grande salle du Rond-Point anticipera le regard rétrospectif que nos descendants porteront sur la crise climatique et de société dont nous commençons la traversée. Une soirée fiction pour fêter l'humanité qui aura eu le courage, souhaitons-le-nous, de passer de l'anthropocène à la gaïacène, une ère où homo sapiens ne se considèrera plus comme un usager de la nature, mais comme un de ses membres. Cette soirée fiction fêtera l’ouverture du festival « Réparer le monde – nos disques sont rayés #4 » (4-15 février).   Nous sommes le 4 février 2120. Paris est-il toujours Paris ? Des bisons broutent-ils la prairie autour du Rond-Point ? Et le théâtre est-il désormais une ferme en permaculture, un atelier low-tech ou un centre d'hébergement pour les migrants climatiques ? Pour apprivoiser l'avenir, jouons ensemble que nous sommes un siècle plus tard, réunis à nous remémorer l'effondrement et son dépassement inattendu : comment nous sommes sortis de la dissonance cognitive qui empêchait la mobilisation générale alors que l'alerte sonnait depuis des décennies ; nos stratégies de (sur)vie ; cette nouvelle façon de s'émanciper par et au-delà des technologies ; les rétromorphoses insoupçonnées du capitalisme ; le renouement au vivant en nous et hors de nous ; l'amitié, le collectif, le temps retrouvé. L'auteur SF Alain Damasio et le collapsologue Pablo Servigne viennent de planètes différentes, mais ils croient l'un comme l'autre aux vertus expérimentales de la fiction. Porteurs tout au long de la soirée de brèves narrations qui nous font toucher le basculement en cours, il en déplient les enjeux avec leurs invités : la journaliste militante pour le climat Jade Lindgaard ; le philosophe et pisteur de la trace animale Baptiste Morizot ; Guillaume Desjardins et Jérémy Bernard, auteurs de la série « L’Effondrement » Les Parasites/Canal+) — et avec le public. Photos : Adrien Barbier / Vanessa Chambard > le programme complet du festival

Le 16 mai 2011 à 12:00

Denis Robert : "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"

Interview

Nous avons déjà diffusé 8 épisodes de ton Bankenstein, la conférence-confidence-causerie amicale sur l'affaire Clearstream que tu nous avais donnée cet automne, avant la relaxe. Qu’est-ce que ça a représenté pour toi de venir dans un théâtre parler de tes coulisses intimes, alors que tu n’étais pas encore sorti d’affaire ?Denis Robert : Ça a été très intéressant car cette situation (la scène, un public, un lieu chargé de cette histoire-là) crée une distance nouvelle par rapport à ce qu'on dit et ce qu'on est. Un théâtre est lieu de (plus de) liberté et d'expérimentation. On est dans un espace-temps différent. On sent qu'on doit être vrai. C'est étrange. Dans une université, à la télévision ou dans n'importe quelle salle de conférence, le rapport aux autres est plus codé. Le fait d'être dans l'incertitude (quant à l'issue des procès) créait une énergie, un humour particuliers. Même si j'ai gagné aujourd'hui contre l'hydre Clearstream, je ne suis pas sorti d'affaires. Ils refusent de payer leurs amendes, me poussent à reprendre le combat. Il faut une mission d'enquête parlementaire européenne. Il faut des relais. Si mes livres disent le vrai, et la cour de cassation m'autorise à le dire, alors les politiques, les juges, voire les citoyens doivent se saisir du problème. Sinon il faut accepter l'idée qu'on se fait plumer en toute connaissance de cause.Qu’est-ce qui selon toi fait le lien entre toutes les activités dans lesquelles tu te lances : enquête, écriture, film, peinture, spectacle, et à présent une pièce de théâtre ? Où est le point nodal  ?DR : Des questions centrales m'habitent et me taraudent... En voici une "Comment et pourquoi un pays aussi riche que le nôtre produit autant de pauvreté? "... En voici une autre "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"... Une troisième pour la route : "Où est la bonne information (la bonne place) dans cet univers en mouvement ?"... J'essaie de répondre... Mon métier de base, c'est l'écriture... Tout part de là... Les toiles ont existé car on m'a empêché d'écrire. Je parle de la censure de mes livres... Pour ce qui est de la bédé, c'est différent. C'est un vrai travail, la bédé demande un énorme recul et un gros effort de pédagogie. De l'humour aussi... Les chorégraphies ou le théâtre, c'est encore différent et plus nouveau pour moi. J'adore expérimenter et entre deux livres ou des toiles, travailler en équipe... Le point nodal, disons que c'est de ne jamais me répéter, ni m'ennuyer, de ne pas me soucier du regard des autres et d'avancer dans ma compréhension du monde et des hommes qui le composent. Ça fait un gros point nodal...Le monde irait mieux s’il y avait plus de... ? Moins de...? DR : Plus de contre-pouvoir, de danseurs et de danseuses, d'oiseaux de nuit... Moins d'oligarques, de policiers, de policières, de Jean-François Copé...Le monde va comme il est c’est tout, on doit se battre dedans ?DR : CertesQu’est-ce que ça te fait de passer ainsi ta vie dans les vents contraires ? On s’y sent plus seul ? Moins seul ?DR : Je passe ma vie à avancer contre des vents contraires. J'essaie de tenir droit. Pour l'instant ça marche. Sans vents contraires, on se ferait bien suer... > Denis Robert contre Bankenstein, feuilleton vidéo sur ventscontraires.net

Le 5 février 2020 à 14:49

Alain Damasio, Pablo Servigne et leurs invités : assemblée citoyenne au Théâtre du Rond-Point en... 2120 !

Soirée d'ouverture du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés" 4 février 2020, avec Alain Damasio, Pablo Servigne, Baptiste Morizot, Jade Lindgaard, Héloïse Brézillon, Guillaume Desjardins et Jérémy Bernard : diffusé en direct par notre partenaire Le Média Nous sommes le 4 février 2120. Paris est-il toujours Paris ? Des bisons broutent-ils la prairie autour du Rond-Point ? Et le théâtre est-il désormais une ferme en permaculture, un atelier low-tech ou un centre d’hébergement pour les migrants climatiques ? Pour apprivoiser l’avenir, jouons ensemble que nous sommes un siècle plus tard, réunis à nous remémorer l’effondrement et son dépassement inattendu : comment nous sommes sortis de la dissonance cognitive qui empêchait la mobilisation générale alors que l’alerte sonnait depuis des décennies ; nos stratégies de (sur)vie ; cette nouvelle façon de s’émanciper par et au-delà des technologies ; les rétromorphoses insoupçonnées du capitalisme ; le renouement au vivant en nous et hors de nous ; l’amitié, le collectif, le temps retrouvé. L’auteur de science fiction Alain Damasio et le collapsologue Pablo Servigne viennent de planètes différentes, mais ils croient l’un comme l’autre aux vertus expérimentales de la fiction. Porteurs tout au long de la soirée de brèves narrations qui nous font toucher le basculement en cours, ils en déplient les enjeux avec leurs invités artistes et penseurs – et avec le public. Programmation Jean-Daniel MagninCaptation Le Média

Le 12 juin 2010 à 17:39

Le sacrifice jurisprudentiel

Dieu bientôt de retour aux affaires ?

Christine Boutin, ex-ministre du Logement, vient d'inaugurer un nouveau genre d’esquive en politique : le sacrifice jurisprudentiel, par lequel un responsable politique pris la main dans le sac fait briller soudainement une auréole autour de sa tête, tout en détournant vers ses camarades les regards et les soupçons. C’est Jeanne d’Arc montant seule au bûcher et imposant le chemin de la sainteté à ses pairs : en renonçant à ses 9500 euros mensuels pour une mission que lui avait confiée l'Elysée, elle prévient : « Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd'hui ou demain être confrontés au même problème » – ce qui bien entendu reste à prouver. Bien mieux que le mea culpa du secrétaire d'état à la Coopération Alain Joyandet, pincé il y a peu pour avoir loué aux frais de l’Etat un Falcon privé pour se rendre à Haïti après le tremblement de terre. Si la même grâce l’avait lui aussi touché, qu’aurait-il fait, sinon doubler la mise en offrant de sa poche deux fois 116 000 euros aux sinistrés qu’il s'empressait de visiter ?Et Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, accusé d’occuper deux logements de fonction ? Miracle, il déménage, offre les clefs à deux familles dans le besoin en proclamant : que tous ceux qui ont un logement de fonction suivent mon exemple !Imaginez le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, récemment condamné pour injure raciale, se jetant à terre et suppliant qu'on le pardonne, se dépouillant de ses vêtements avant de cheminer vers la Mecque pour y faire pénitence...

Le 31 mai 2015 à 09:00

Paul Jorion : "Vivons-nous encore en démocratie ?"

Une étude très intéressante faite par la Banque des Règlements Internationaux – la "banque des banques" donc ce ne sont pas des révolutionnaires – était de savoir si nous sommes encore une démocratie. Ils se sont aperçus qu'on ne tient absolument pas comptge, dans les décisions politiques, de l'opinion de la majorité de la population. Il est clair que dans l'ensemble c'est le milieu des affaires et quelques personnes très riches qui influencent le monde. La conclusion de cette étude est qu'on vit en oligarchie, avec une apparence de démocratie parce que nous votons encore... Non, les gens ne sont plus le plus grand lobby du monde. Il faut de l'argent pour être un lobby. Le journal US Politico est venu à Bruxelles en disant que cette ville est le Washington de l'Europe au vu du nombre de ses lobbies : 147 transnationales qui représentent 70% de l'économie. Les cinquante premières sont de grosses banques. L'historien britannique marxiste Eric Hobsbawm a dit qu'aujourd'hui la révolte est impossible. Il faudrait, pour qu'elle ait lieu, qu'elle se produise à l'échelle de la planète. Mais il y a l'obstacle des langues pour que surgisse une opinion publique mondiale. Déjà en Europe les opinions publiques ne communiquent pas entre elles. Ce qui se discute en Allemagne ne passe pas en France, en Italie, etc. Il faudrait tout traduire en anglais. Pour comprendre où nous en sommes, je me demande si nous ne devrions pas lier les savoirs relatifs à l'individu et ceux relatifs au groupe. Je vais essayer de le faire dans mon prochain livre, entre psychanalyse et anthropologie. On ne peut pas ne pas tenir compte du fait que des collectivités d'êtres humains ont un comportement qu'on ne peut comprendre en additionnant simplement les comportements individuels, comme le prétend la théorie de l'homo economicus. De même, il ne suffit pas d'en rester au plan de la sociologie. Il y a une faiblesse liée à notre nature, nous pensons que tout s'explique par la rivalité et la concurrence. Et nous ne voyons pas que notre comportement spontané est plutôt celui de l'attirance vers les autres, du désir de faire des choses ensemble, de la solidarité. Nous avons un sentiment de culpabilité attaché à notre comportement lié à la rivalité qui nous le rend perceptible, et aucun attaché à notre besoin d'aimer les autres, ce qui fait que nous le perdons de vue. Nous ne sommes pas un loup pour l'homme, c'est grâce à la solidarité que nous pouvons survivre dans les situations de concurrence extrême, comme dans les camps de concentration. Nous devons nous organiser dans l'avenir selon la philia d'Aristote, cette bonne volonté que nous mettons tous à faire marcher les choses. > le blog du Paul Jorion

Le 21 février 2017 à 10:32

Patrick Declerck : "le clochard rêve d'un autre monde"

Patrick Declerck est anthropologue, psychanalyste, philosophe et romancier. Dans les années 1990, il exerce comme consultant au centre d’accueil et de soins hospitaliers (le CASH) de Nanterre. De cette expérience, il tire des livres où il raconte s’être déguisé une nuit en clochard pour se faire embarquer au centre de Nanterre, évoque ses consultations psychiatriques auprès des SDF, explique comment il tente de les soigner, avoue les aimer autant qu’il les hait. Bouleversé par leur lecture, le metteur en scène Guillaume Barbot en tire "On a fort mal dormi", une pièce à plusieurs voix interprétées par Jean-Cristophe Quenon.   « Si l’enfant s’endort en suçant son pouce, le clochard, lui, tente d’endormir sa conscience en buvant son vin. Le monde lui est odieux. Non pas ceci ou cela dans le monde, mais le monde lui-même, le monde dans sa structure, le monde dans son être. Le clochard est égaré dans la poursuite d’une impossible ataraxie. L’ataraxie, c’est cet état de tranquillité de l’âme enfin apaisée, enfin délivrée de la tourmente incessante des désirs et des passions. Mais pour le clochard, c’est une ataraxie radicale, forcenée, qui va jusqu’à nier le fondement même de toute réalité possible. Une ataraxie devenue folle... Il s’abandonne à exister aux portes de la mort. Bercé par la perverse jouissance du néant, le clochard rêve d’un autre monde. Un monde de satisfation immédiate, sans impossible, sans frustration, sans blessure, sans hiatus. Ce monde atemporel et sans contraintes, ce nirvana de la pulsion de mort et du possible infini, est celui du fantasme utérin. Le clochard est le fœtus de lui-même. Si nous ne pouvons l’accoucher à la vie, au moins mettons-le à l’abri. Offrons-lui asile. Voyons comment ? »   Patrick Declerck

Le 20 avril 2011 à 03:21

Denis Robert contre Bankenstein - 7 : J'étais filé par la DST

Les coulisses de l'affaire Clearstream

Denis Robert raconte les coulisses de l'affaire Clearstream, 7e épisode. C'était trois mois avant qu'il soit relaxé par la Cour de Cassation des accusations portées contre son enquête. Denis Robert ne savait pas encore qu’il allait gagner au moment où nous l'avons enregistré...Mais la polémique continue, après la diffusion par Canal+ du documentaire "Cleastream, le grand bal des menteurs", réalisé par Daniel Leconte. Voici ce qu'en dit Denis Robert dans une tribune publiée par notre partenaire bibliobs.com - qui reprend notre feuilleton sur son site. Extrait :"En plein procès, Leconte avait eu la riche idée  d’interroger des journalistes pour leur demander ce qu’ils pensaient de mon travail. J’étais dans un premier temps au générique avec la mention « avec Denis Robert dans son propre rôle ». Ma victoire judiciaire les a obligés in extremis à virer les passages me concernant. J’écris « ils », car Daniel Leconte n’est pas seul. Richard Malka, son avocat qui est aussi celui de Clearstream et Denis Jeambar ont participé au film. Je ne comprends pas ce que Jeambar est venu faire dans cette galère mais tant pis pour lui. Pendant des semaines au moment des audiences, puis dans les mois qui suivirent, puis un an après, Leconte, Jeambar et les petites mains qui ont fait ce film m’ont poursuivi, écrit, supplié de parler devant leur micro. J’ai toujours refusé. Je m’en suis expliqué dans un courrier très poli."Bankenstein, conférence-performance enregistrée à l'Université Monstrueuse du Théâtre du Rond-Point le 22 octobre 2010 > épisode suivant> 1er épisode> en partenariat avec le site littéraire du Nouvel Observateur, bibliobs.com

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