Stéphane Trapier
Publié le 22/09/2010

Platon & Hannah Arendt, philosophes en herbe


Kierkegaard = bouffon

Né le 15 juillet 1790, Stéphane Trapier a toujours raté les rendez-vous de l’histoire. Ancien avant-centre de l’équipe de France, il n’a jamais gagné la coupe du Monde. Il collabore à Fluide Glacial (après le départ de Gotlib), au Monde (sans jamais croiser Beuve-Méry) ou encore à Télérama (dès la retraite de Jean-Claude Bourret). Il a illustré deux ouvrages de Jean-Michel Ribes, et son Rond-Point. Il ne connait pas personnellement Henri Guaino. 

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Le 12 novembre 2014 à 10:31

Alain Guyard : "La vraie philosophie se doit d'effrayer les bourgeois"

C’est un nouveau Céline, et je baise mes mots, smack, smack, smack, qui me met en éruption depuis quelque temps. Alain Guyard, à qui on devait déjà un polar carcéral totalement libératoire, La Zonzon (Le Dilettante), a en commun avec le frigousseur de Mort à crédit le parler en coups de vent cyclonal et le mauvais esprit piednickeléesque : son argot foutrement riche et son humour tirebouchonnant font plus penser à Rabelais, à Jean Yanne, au père Peinard qu’aux raplaplas esbroufeurs Frédéric Dard et Michel Audiard. Sa pensée dialecticienne pulvérise sur son passage tous les Finkielkraut de la galaxie. C’est que dans l’épastrouillant 33 leçons de philosophie par et pour les mauvais garçons (Le Dilettante aussi), le « décravateur de concepts » Guyard part en guérilla contre la philosophie « d’aspartame » pratiquée par des « bellâtres encostardés » ou des « petits crevés au teint hâve tout juste pondus de l’université qui font dans le concept avec des mines et des soupirs de rosière s’agaçant la framboise. » Leurs « plumes bien troussées », c’est « rien que du sémaphore anal à l’usage des autres petits salonnards. » À ces « clébards en train de se renifler la rondelle », Guyard oppose « les philosophes d’antan qui étaient de vraies épées, des mecs à la dure, honnis de l’ordre établi, gnières régulièrement soupçonnés par la flicaille, prenant systématiquement le rif contre la respectabilités ambiante. » « Il faut, pour oser entrer en vraie philosophie, du froid dans les châsses et un réel tempérament de castagneur, celui-là même qui effraie les bourgeois. » Et Guyard a beau schpile de démontrer que tous les philosophes qui comptent étaient de très mauvais garçons. La philo est d’ailleurs née en prison avec les Dialogues socratiques qui ne sont rien d’autre que « des conversations de parloir ». Plus qu’un accoucheur de vérités, Socrate était un avorteur (au sens littéral) de gonzesses et une mère maquerelle. Antisthène, c’était « le roi de la baston ». Diogène, c’était un « chanstiqueur de fausse mornifle ». Crates, c’était un punk à chien dont les « pets météoriques » semaient le trouble. Maître Eckhart, c’était « Iggy Pop chez les carmélites ». Gandhi, « derrière son sourire marloupin de pseudo-pacifiste, fut le premier skinhead. » Et on en apprend aussi des belles sur Marc-Aurèle, Descartes, Spinoza, Hegel, Stirner, Orwell, Nietzsche, Debord. Mais Alain Guyard ne s’en tient pas là. Estimant qu’un livre, pour être positivement philosophique, se doit d’être « dangereux à nos petits conforts intellectuels » et se doit de nous mettre en risque, il propose à ses lecteurs de s’aventurer dans des travaux pratiques à même de les entraîner fort loin : – Entrer dans l’arène pendant une corrida et encourager le taureau.– Tester un gros bonnet prétendant avoir de l’humour en l’entartant.– Vendre à la criée Les Douze preuves de l’inexistence de Dieu de Sébastien Faure à la sortie des mosquées.– Placarder partout des pubs pour des massages coquins à domicile avec comme numéro de téléphone de service celui de la police.– Substituer, lors d’une projection en plein air, aux bobines de Shrek celles de Hurlements en faveur de Sade de Guy Debord.– Dans les cafés-philo « branchouilles, décontractés et pédants », prendre la parole sans crier gare en ne la rendant plus. Se battre s’il le faut physiquement pour la conserver, l’objectif étant de faire perdre à l’interlocuteur sa capacité à philosopher ». Comme quoi, ainsi que disait Sénèque, la philosophie « doit enseigner à faire, non à dire ». Les petits derniers sulfureux d’Alain Guyard : La Zonzon, Le Dilettante, 2011, réédité au Seuil Points 2013. 33 leçons de philosophie par et pour les mauvais garçons, Le Dilettante 2013. La Fleur au fusil, Camino Verde, 2014.

Le 1 août 2013 à 08:08

Belge comme le jour

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la Suisse. Et ça tombe drôlement bien, puisqu'on m'a demandé : « plus belge, ta prochaine chronique ». Or, quand on y réfléchit bien, Suisses, Belges, tout ça, c'est un peu pareil. Ils ont des Flamands, nous avons des Suisses allemands, la langue est à peine différente et le pouvoir de nuisance est à peu près le même. Ils se débrouillent sans gouvernement, nous en avons un parce que c'est bien pratique pour dire que tout ça, c'est de sa faute, mais personne ne sait tellement qui est dedans. Ils ont un roi, nous avons trois cartes à l'as mit stöck et des combats de reines. Ils ont une équipe de foot surnommée les « Diables Rouges » mais qui est environ aussi diabolique qu'un best of de Kiss, notre équipe joue aussi en rouge. Ils ont Jacques Brel, nous avons Henri Dès. Ils ont des frites, on a des röstis. Ils ont réinventé la bande dessinée, nous avons Yakari. Ils disent 70, comme nous, alors que les Français disent 70, ce qui est parfaitement ridicule, tout le monde en conviendra. Personne n'a jamais très bien compris la Belgique, pareil pour la Suisse. C'est pourquoi je nourris secrètement un dessein politique ambitieux mais réaliste : la fusion de la Wallonie avec la Romandie, réunies sous la bannière de la République monarchique et patatière de Wallomandie. Dont je ne peux vous parler, puisque c'est un projet secret. Du coup, pour mener à bien ma mission, une chronique « plus belge », je vais me contenter de vous raconter des carabistouilles, alleïe, une fois.

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