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Publié le 01/10/2010
 

Corinne Klomp


Chroniqueuse

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« Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de "bons Français", je serai très heureux. »


Déclaration d'Eric Besson au Parisien

En exclusivité, voici le premier spécimen de « bonne Française » fabriquée par ladite machine. Au ministère, on ne cache pas sa satisfaction. Certes quelques menus réglages doivent être opérés, mais n’oublions pas que le ministre a parlé de « bons », et non de « beaux » Français. Par ailleurs, nous sommes en mesure de vous révéler que la fabrication sera désormais, pour des raisons budgétaires évidentes, sous-traitée en Chine. Le ministre a demandé à son homologue chinois d’intensifier les cadences de ses bons ouvriers, l’objectif étant d’obtenir pour les fêtes de fin d’année dix millions de nouveaux « bons Français », en état de marche. Un cadeau original pour remplacer tous les « mauvais Français » qui d’ici là seront morts de faim, de froid ou encore renvoyés dans de mauvais pays.  

 

« Depuis 2002, chaque année la délinquance a recruté dans ce pays. »


Claude Guéant, Assemblée nationale, mardi 29 novembre 2011.
Ce serait d’ailleurs un des seuls points positifs pour l’emploi en France. Nul besoin de passer par le Pole Emploi, toute demande pressante exercée auprès d’un guichetier de banque suffit pour entrer dans la carrière.
Une formation spécialisée, suivie en prison, peut permettre le cas échéant au "junior"  d’accéder au niveau "senior", ouvrant de fructueuses perspectives dans le secteur du convoyage de fonds.
Une autre filière pour les jeunes sans qualification est envisageable à partir d’un stage dans le négoce des hallucinogènes, avant d’accéder à des postes plus intéressants dans la pharmacopée des rave parties ou  la diffusion de poudre en boites de nuit.
La connaissance de langues étrangères reste un avantage comparatif au moment de l’embauche. L’espagnol est requis dans le transport intercontinental de colis.
Enfin pour les demandeurs d’emploi habiles de leurs mains, des emplois à haute technicité politique sont accessibles en période électorale où une provocation à l’émeute est convenablement rémunérée par tout candidat faisant de la peur du désordre son propre fonds de commerce. Atttention, seuls des CDD sont à espérer dans cette activité qui offre néanmmoins quelques ouvertures en cours de mandat, lors d’éventuels troubles sociaux.
Hélas, le code pénal freine une croissance riche en emplois. Des allègement ou suppressions de dispositions inutilement tatillonnes, seraient un encouragement à la baisse du chômage.     

« Nous ce qu'on a envie c'est que Sarkozy y soit giclé »


Philippe Poutou, candidat investi par le NPA à la présidentielle, Europe.fr, mardi 26 juillet 2011.

Foin des scrupules de classe ! Le préposé à la succession du facteur Besancenot est certes un ouvrier syndiqué de chez Ford dont il serait socialement incorrect de moquer la syntaxe, mais depuis que le président de la République en exercice martyrise une langue française ayant pourtant chez nous valeur constitutionnelle, il est permis de souligner que, d’emblée, la nouvelle figure du trotskysme présidentiel prend rang parmi les bonnets d’âne du débat politique national. Une catégorie transpartisane en pleine croissance. Le niveau monte assurent des sociologues de l’Education, mais pas uniformément. Le camarade Poutou a le pronom qui fait gicler la conjonction, et la voix passive qui couvre la voix active, en ce sens il tiendrait aisément la jambe à un  Nicolas Sarkozy dont les propos improvisés – ou les discours lus trop vite – sont truffés de phrases mal embouties. Un débat d’entre deux tours les réunissant à l’horizon 2012, aurait des côtés pittoresques. À coups de « c’est quoi que vous aurez fait à ma place ? » et de « c’est facile de causer ce qu’on sait pas », ou encore de « marre que c’est toujours les mêmes qui se la rincent », le débat public tutoierait des sommets. Bien sûr un Jean-Marie Le Pen usait d’un subjonctif impeccable à des fins détestables, ce qui suggèrerait que conjugaison n’est pas raison. Mais ce n’est pas une raison non plus pour pousser la grammaire dans les orties.
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