Jean-Marie Gourio
Publié le 21/10/2010

Haïku de comptoir 78


Les HLM
Ont les fenêtres
Qui sèchent
Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

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Le 28 août 2017 à 17:53

Kery James : faire se rencontrer les deux France

Rond-Point – Kerry James, pourquoi aujourd'hui écrire et interpréter une pièce de théâtre ? Kery James – Je veux faire de À vif une pièce dont on ne ressort pas indemne, une pièce qui marque, bouleverse parfois et peut-être même change les choses. Peut-être même une seule. Une pièce importante, sociale, nécessairement politique mais pas politicienne. En d’autres termes, une pièce qui participe à la vie de la cité. Ce sont là les objectifs que je me suis fixés tout au long de ma carrière musicale et je ne saurais faire autrement dans le théâtre, la peinture ou le cinéma. Cette pièce a selon moi la capacité d’intéresser un très large public car elle raconte la rencontre entre ce que j’appelle les « Deux France ». « Deux France » qui ne se connaissent pas ou s’ignorent. « Deux France » qui se méprisent parfois et qui continueront à avoir peur l’une de l’autre tant que seuls les médias et la classe politique leur serviront d’intermédiaires.   Ces deux mêmes France que l’on va tenter d’opposer en 2017, lors des élections présidentielles. Il est une évidence que les mots d’ordre pour les prochaines élections seront la division, la stigmatisation et l’exclusion d’une partie des Français du sentiment d’appartenir à la Nation. Il s’agira d’une course pitoyable à la séduction de l’électorat de Marine Le Pen.   Cette pièce ne règlera certainement pas le problème, mais proposera quelque chose de fondamental à la cohésion nationale : un dialogue. Elle tentera de briser les idées reçues et de mettre en évidence la complexité de ces deux France que certains tentent d’opposer en les présentant comme deux blocs compacts et soudés dans lesquels tout le monde vit et pense de la même manière.   C’est pourquoi tout au long de mon écriture, je me suis efforcé à ne caricaturer aucune de ces deux France. Les deux avocats se livrent tous les deux à une plaidoirie fortement argumentée et construite. Je n’ai pas cherché à favoriser une opinion plutôt qu’une autre. Ma conviction intime étant que tous ensemble nous pouvons parvenir à améliorer la situation des banlieues en France et le vivre ensemble.   En 2012, je me suis produit au Théâtre des Bouffes du Nord pendant trois semaines. Accompagné d’un clavier et d’un percussionniste, j’y ai interprété les titres les plus marquants de ma carrière. Le public amateur de rap dans une forme plus habituelle n’a pourtant pas boudé le concept, au contraire. Il s’est retrouvé mélangé au public habituel du Théâtre des Bouffes du Nord et aux curieux, qui ne connaissaient pas mon répertoire. En raison du sujet évoqué, en plus du public habitué à fréquenter les théâtres, À vif attirera des spectateurs qui habituellement n’y viennent pas car ils le jugent, à raison selon moi, trop abstrait et éloigné de leur réalité.   Les deux France se rencontreront au théâtre, dans le réel et peut-être même, échangeront. Ce sera déjà un petit pas vers le vivre ensemble. Les montagnes sont faites de petites pierres.

Le 24 janvier 2018 à 11:27

Pascal Blanchard : Pourquoi la France est incapable d'avoir un Musée de la colonisation ?

Un passé qui ne passe pas ! En 2012, nous étions quelques-uns dans Libération à imaginer la nécessité d'un espace muséal sur le passé colonial en France. L'histoire coloniale est encore un enjeu politique du présent. La manière de lire ce passé, d'écrire cette histoire, de la faire entrer au musée est devenu un enjeu symbolique et identitaire fondateur. Depuis trois ans, le paysage muséographique est en mouvement, à travers l'inauguration du Mémorial ACTe en Guadeloupe, avec celle du Mémorial de l'abolition de l'esclavage à Nantes. Dans le même temps, un tel projet sur l'île de La Réunion a été stoppé suite à un changement politique au niveau régional, ainsi que le projet du Musée de l'Histoire de la France et de l'Algérie par la nouvelle municipalité de Montpellier. On le voit, le combat qui s'engage ne sera pas seulement celui de la transmission de l'histoire coloniale et son entrée au musée, mais bien de savoir si la manipulation du passé doit servir les politiques identitaires du présent. > visite de l'exposition commentée par Pascal Blanchard en seconde partie du podcast de la conférence Historien, spécialiste du « fait colonial » et d’Histoire des immigrations en France, chercheur associé au CNRS au Laboratoire Communication et Politique, Pascal Blanchard est co-directeur du Groupe de recherche Achac (colonisation, immigration, post-colonialisme) et membre du conseil scientifique de la Fondation Lilian Thuram – Éducation contre le racisme. Il a été le co-commissaire scientifique de l’exposition Exhibitions. L’Invention du Sauvage présentée au Musée du quai Branly (2011-2012), vient d’inaugurer l’exposition Zoos humains. L’Invention du Sauvage à la Cité Miroir de Liège. Il a co-dirigé de nombreux ouvrages, notamment Zoos humains et exhibitions coloniales. 150 ans d’invention de l’autre (La Découverte, 2011), La France Noire. Trois siècles de présences des Afriques, des Caraïbes, de l’Océan Indien et d’Océanie (La Découverte, 2012), Vers la guerre des identités ? (La Découverte, 2015) ainsi que le catalogue de l’exposition, Exhibitions. L’Invention du Sauvage, avec Gilles Boetsch et Nanette Snoep (Actes Sud). Il a co-réalisé entre autres les séries télévisuelles Noirs de France ; Paris couleurs ; Frères d’armes et Champions de France. Il a co-dirigé plusieurs éditions dont les ouvrages de La Fracture coloniale (2005) ; le coffret Un siècle d’immigration des Suds en France (2010) et, avec Sandrine Lemaire, Nicolas Bancel, Éric Deroo, Gilles Boetsch : Zoos Humains. De la Vénus hottentote aux reality shows (La Découverte 2002).  Enregistré le 8 février 2017 pendant le festival "Nos disques sont rayés - quinze jours sur les blocages français"Programmation du festival : Jean-Daniel MagninCaptation vidéo : Larissa Pignatari, Léo Scalco

Le 14 février 2017 à 14:58
Le 14 février 2017 à 18:36
Le 22 mars 2015 à 09:09

L'autre peuple

On est tous dans un peuple, moi par exemple ça me fait chier, moi par exemple je ne veux pas faire partie d’un peuple, à la limite ce que je veux bien faire c’est créer un peuple, mais alors un peuple expérimental : un peuple lié à des végétaux sur terre, un peuple expérimental discret des forêts. Un peuple invisible, qui non pas se fond mais nage dans le paysage. Nage c’est-à-dire circule, mais pas spécialement exclusivement linéairement, aussi de haut en bas et de travers, de tous côtés, en fonction des circonstances. Un peuple qui végète pas mal aussi, d’ailleurs, affalé, connecté à la façon des plantes, par des moyens un peu zarb, hormonaux, souterrains. Prolifération de plantes, observées avec toute la patience du monde, prolifération de tout un peuple de plantes, les plantes comme modèles politiques, un peuple le moins humain possible, un peuple fatigué d’être humain, un peuple fatigué, un peuple fatigué d’être techniquement intelligent, un peuple qui développe des stratégies intenses de passivité, un peuple sur lequel on ne compte pas, un peuple alangui, un peuple du degré zéro de l’énergie vitale, un peuple désolé, presque pierre mais néanmoins végétal, un peuple végétal qui tend à devenir pierre, une population qui ne rigole pas, couchée, jamais debout, en désaccord avec ses organes, en désaccord avec la dictature de son système de digestion. Un peuple calme, dont le corps est l’œil, un peuple-corps-œil, content-contemplatif-fatigué. La fatigue est bonne pour la santé, c’est la pierre dans le système, le poids, le sentiment de poids dans le système nerveux, et c’est précieux car c’est le calme qui s’installe, or justement ce dont on a besoin c’est de la tristesse du calme désolé. La tristesse du calme désolé ouvre le gouffre grâce auquel l’enthousiasme peut déborder. Déborder calme, le végétal a tout compris. Le rire décolle, le poids et la tristesse collent.

Le 13 février 2018 à 14:24

Tobie Nathan : Le Parlement des dieux

Tobie Nathan écoute des migrants depuis quarante-cinq ans. Professeur de psychologie à Paris VIII, il a fondé en 1993 le Centre Georges Devereux, centre universitaire d'aide psychologique aux familles migrantes. Il a publié une quarantaine d’ouvrages, dont Ethno-roman (Grasset, prix Femina essai 2012) et Ce pays qui te ressemble (Grasset, finaliste du prix Goncourt 2015). Avec Les Âmes errantes (L’Iconoclaste 2017), il affirme ce rare talent d’être un essayiste doublé d’une plume d’écrivain. Et si la laïcité, de moins en moins accueillante, ne parvenait plus à endiguer ce que Tobie Nathan appelle « la guerre des dieux » ? « Et je parle de tous les dieux, tant des divinités païennes que des dieux monothéistes, chacun singulier dans ses exigences, du Dieu des catholiques, des protestants, des musulmans ou des juifs ». Comment penser enfin un monde que les dieux, de fait aussi multiples que les peuples, accepteront un jour de partager en paix ? Peut-on, tel un guérisseur, apaiser ces forces dont les religions n'ont pas réussi à maîtriser la violence ? La République, à travers la loi de 1905, promettait de le faire. Nous en constatons l'échec : « ce sont ces mêmes dieux qui réapparaissent aujourd'hui, rendus d'autant plus cruels qu'ils se trouvent, du fait de la mondialisation, du déplacement accéléré des populations, en concurrence directe les uns avec les autres. » Pour Tobie Nathan, il est grand temps d'ouvrir, au sein de la laïcité française, un large « parlement des dieux ». Enregistré le 10 février 2018 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-PointDurée : 02:04:31

Le 14 janvier 2019 à 17:50

Nos disques sont rayés #3 : la périphérie

Nos disques sont rayés #3 festival citoyen des « périféeries urbaines » Conception Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes 4-18 février 2019 salles Renaud-Barrault et Roland Topor  Issue de secours, la périphérie ?  Quinze jours de débats, performances et conférences pour renverser notre vision sur la banlieue, les marges, les « territoires ». Disputes, engueulades et rires salutaires : quand les démocraties vacillent sous le poids des inégalités, il est temps de prendre la parole, de débattre, de sortir des entre-soi. « Acceptons-nous que l’Europe se construise loin de ses citoyens ? Aimons-nous cette France à plusieurs vitesses, l’hypocrisie apartheid et tant de zones oubliées qui ruminent en silence ? » demande l’organisateur Jean-Daniel Magnin, directeur littéraire des lieux. À la veille des élections européennes, le Rond-Point ouvre les issues de secours côté banlieue. Il s’agrandit à tous les publics, aux talents qui débordent, pour un festival citoyen des périféeries urbaines. Activistes, artistes, écrivains et penseurs, musiciens ou philosophes, les intervenants décortiquent les travers de la mise à l’écart des individus hors des grandes mégalopoles. À la demande de Jean-Michel Ribes, Magnin instigue les rendez-vous. Semaine 1 : banlieues et provinces, migrations, gestion policière de plus en plus militaire. Semaine 2 : autisme, genres, voguing,  SF,  élections européennes. 17 rendez-vous filmés et diffusés sur nos sites et nos chaînes vidéo. LUNDI 4 FÉVRIERSOIRÉE D'OUVERTURE20H – LE GRAND ORAL DÉSOPILANT DU BARREAU DE PARISjoute oratoire avec des avocats du barreau de paris et des invités (distribution en cours)en complicité avec Bertrand Périer> en savoir plusMARDI 5 FÉVRIER18H30 – TANIA DE MONTAIGNE : L’ASSIGNATION conférence-performance avec Tania De Montaigne et Stéphane Foenkinos> en savoir plusMERCREDI 6 FÉVRIER18H30 – CARTE BLANCHE À LA REVUE SOCIALTER : LA GENTRIFICATION  conférence-débat avec Ian Brossat, Anaïs Collet (à confirmer), Sinny&Ooko, Elena Scappaticci> en savoir plusJEUDI 7 FÉVRIER18H30 – KADER AOUNconférence stand-up avec Kader Aoun et des stand-uppers> en savoir plus21H – CAROLE THIBAUT : LONGWY TEXASconférence-performance de Carole Thibaut> en savoir plusVENDREDI 8 FÉVRIER18H30 – LA RUMEUR : 10 ANS DE PROCÈS conférence-performance du groupe hip hop La Rumeur, avec Hame, Ekoue et leur avocat> en savoir plus21H – CARTE BLANCHE À AMNESTY INTERNATIONAL : AU PAYS DES DROITS... DE QUI ?soirée débat et concert avec Amnesty International, Slim Ben Achour, Dominique Curis, Kamel Daoudi, Mathilde Robert, le chanteur HK et ses musiciens> en savoir plusSAMEDI 9 FÉVRIER18H30 – ERRI DE LUCAconference-performance de Erri De Luca> en savoir plus21H – DAVID REINHARDT ET MATHIEU CHÂTELAIN : INTRODUCTION AU JAZZ MANOUCHE, AUTOUR DE DJANGO REINHARDTconférence musicale avec David Reinhardt et Mathieu Châtelain> en savoir plusMARDI 12 FÉVRIER18H30 – DANIEL TAMMET : LE CONTEUR DE NOMBRESconférence-performance avec Daniel Tammet> en savoir plusMERCREDI 13 FÉVRIER18H30 – À DÉFINIR DANS UN FUTUR PROCHE : NOS PÉRIPHÉRIESune soirée imaginée par Elodie Demey, Mélissa Phulpin et Géraldine Sarratia avec Léonie Pernet, Ariane Ascaride, Barbara Carlotti, Laetitia Dosch, Aloïse Sauvage> en savoir plusJEUDI 14 FÉVRIER18H30 – JEAN-MICHEL RIBES : LA CUISSE DE JUPITER conférence-performance avec Jean-Michel Ribes> en savoir plusVENDREDI 15 FÉVRIER18H30 – MOTHER LASSEINDRA NINJA : LEGEND QUEER DU VOGUING PARISIENconférence-performance avec Lasseindra Ninja> en savoir plus21H – DÉMONSTRATION VOGUING : THE HOUSE OF NINJA  danse-performance avec Lasseindra Ninja et ses children (distribution en cours)> en savoir plusSAMEDI 16 FÉVRIER18H30 – ALAIN DAMASIO : MANIFESTE CONTRE BIG MOTHERmanifeste et conversation avec Mathias Echeney, éditeur> en savoir plus21H – LA PÉRIPHÉRIE VUE PAR LA SCIENCE-FICTION : CARTE BLANCHE AUX EDITIONS LA VOLTEpériphérythmes avec Jacques Barbéri , Alain Damasio, Catherine Dufour, Luvan, Norbert Merjagnan et le guitariste Yan Péchin> en savoir plusLUNDI 18 FÉVRIERSOIRÉE DE CLÔTURE20H – YANIS VAROUFAKIS : CONVERSATION AVEC ALAIN BADIOUentretien libre conduit par Aude Lancelinen partenariat avec Le Media

Le 2 mars 2018 à 14:38

Tobie Nathan : Le Parlement des dieux

Tobie Nathan écoute des migrants depuis quarante-cinq ans. Professeur de psychologie à Paris VIII, il a fondé en 1993 le Centre Georges Devereux, centre universitaire d'aide psychologique aux familles migrantes. Il a publié une quarantaine d’ouvrages, dont Ethno-roman (Grasset, prix Femina essai 2012) et Ce pays qui te ressemble (Grasset, finaliste du prix Goncourt 2015). Avec Les Âmes errantes (L’Iconoclaste 2017), il affirme ce rare talent d’être un essayiste doublé d’une plume d’écrivain.Et si la laïcité, de moins en moins accueillante, ne parvenait plus à endiguer ce que Tobie Nathan appelle « la guerre des dieux » ? « Et je parle de tous les dieux, tant des divinités païennes que des dieux monothéistes, chacun singulier dans ses exigences, du Dieu des catholiques, des protestants, des musulmans ou des juifs ». Comment penser enfin un monde que les dieux, de fait aussi multiples que les peuples, accepteront un jour de partager en paix ? Peut-on, tel un guérisseur, apaiser ces forces dont les religions n'ont pas réussi à maîtriser la violence ? La République, à travers la loi de 1905, promettait de le faire. Nous en constatons l'échec : « ce sont ces mêmes dieux qui réapparaissent aujourd'hui, rendus d'autant plus cruels qu'ils se trouvent, du fait de la mondialisation, du déplacement accéléré des populations, en concurrence directe les uns avec les autres. » Pour Tobie Nathan, il est grand temps d'ouvrir, au sein de la laïcité française, un large « parlement des dieux ». Conférence programmée par Jean-Daniel Magnin pour le cycle "Nos disques sont rayés #2"Enregistré le 10 février 2018 salle Roland Topor du Théâtre du Rond-PointCaptation et montage Léo Scalco et Sarah-Mei ChanDurée : 02:04:27

Le 20 janvier 2017 à 11:34

Nos disques sont rayés : quinze jours sur les blocages français

À quoi bon « résister » si on connaît la fin ? (…)Nos disques sont rayés. Mais demain, peut-être trouverons-nous des réponses.Mehdi Meklat et Badroudine Said AbdallahBondy Blog 7 décembre 2015 Conférences performances avec Mediapart, le Bondy Blog, Edgar Morin, Jean-Pierre Filiu, William Bourdon, François Ruffin, Frédéric Lordon, La Rumeur, Kader Aoun, Pascal Blanchard, Emma la clown & Françoise Dolto, l’ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine), Gérard Mordillat, Christophe Meierhans - conception Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes Dès le 1er février, retrouvez chaque jour sur ventscontraires les podcasts et vidéo des 14 conférences-performances "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne. Passé colonial mal digéré, apartheid dénoncé mais non réparé, crise de la représentativité, pouvoir régalien exorbitant du chef, corruptions, inégalités, évasion fiscale, emprise des lobbies sur la nature et notre santé sont bien sûr au menu. Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ? Pourquoi recommence-t-on encore et encore ce qui ne marche plus ? Comment sortir d'une situation bloquée ? Suffit-il de s'indigner ? Va-t-on enfin élargir le paysage ? Quinze jours de cartes blanches, conférences, concert, performances pour rencontrer ceux qu'on maintient en lisière ou qu’on regarde avec méfiance : penseurs dérangeants, hip hopers, stand-upers, spectacles qui fracturent le champ politique par le rire – et des rédactions ne dépendant que de leurs lecteurs et d’elles-mêmes, bienvenue à Fakir, le Bondy Blog et en ouverture Mediapart, invité dans la grande salle du Rond-Point pour une soirée pirate diffusée en direct sur son site. Festival Nos disques sont rayés, quinze jours sur les blocages français, du 23 janvier au 11 févrierCaptation vidéo : Larissa Pignatari, Léo Scalco

Le 6 mai 2014 à 08:23

Résidence Sophocle

  Aujourd'hui je suis tombé sur mon fils en me risquant hors de la chambre. Le pauvre aveugle n'a pas senti ma présence, il était venu se ravitailler dans le coin cuisine, il tâtonnait à la recherche de son carton de céréales. En passant devant lui sur la pointe des pieds et sans respirer, j'ai pu aller jeter un coup d'œil à la salle de bain pour voir si sa mère y était. Il n'y avait que ses sous-vêtements qui flottaient dans le lavabo. Sa manie de rester propre en toutes circonstances. J'ai eu bien tort de m'inquiéter pour elle. Je farfouille dans la lessive par acquis de conscience, au cas où elle y aurait caché quelque chose pour moi, que sais-je, un signe, un couteau. Mais pourquoi aurait-elle eu cette idée, ils doivent me croire mort en travers du matelas conjugal. Sauf que je me suis relevé et que je vais me casser de cette taule. Je ne sais quel crime j'ai pu commettre pour mériter une humiliation pareille. J'ai dû oublier. Le problème pour m'en aller, ça va être de passer devant leur chambre. Trop risqué pour l'instant. J'attends qu'ils dorment. Une fois dehors qu'est-ce que je ferai ? Je ne suis pas certain d'aller sonner chez le voisin. Le gars ne va pas très bien non plus depuis la visite de son frangin. Ils étaient fâchés depuis des années, je crois que l'un couchait avec la femme de l'autre, aucun de ses gamins n'était de lui. Mais miracolo le cadet a décidé de pardonner, le voilà un beau jour sur le palier avec sa marmite en fonte dans les bras. Il avait mitonné un plat pour se rabibocher avec son grand frère. Les deux hommes s'étreignent en chialant. Descendent des bières et se relaient devant la gazinière pour touiller le ragoût à feu doux. C'est quand même beau la famille. Le fumet s'est mis à envahir la cour, l'immeuble entier bavait sur ce ragoût, moi compris. Mais au milieu de la nuit on a entendu des hurlements atroces – pire qu'un lion dépecé vivant. Au voisin, son frère venait de raconter qu'il lui avait fait bouffer ses deux bambins adultères en sauce. Le malheureux a eu la courante du siècle, des vipères lui roulaient dans le ventre, il voulait se vomir, se retrousser par la bouche. De bas en haut la cour s'est illuminée comme un théâtre à l'italienne, les voisins se marraient, s'envoyaient des commentaires, ça fusait d'une fenêtre à l'autre. La seule qui ne disait rien, une fois de plus, c'était la sorcière du cinquième. La sorcière de l'Est en déshabillé noir. Celle-là personne ne l'a jamais vue sortir de ses gonds. Elle suivait la scène en tirant sur sa clope. Mais elle avait eu son heure de gloire elle aussi, le jour où son gus l'avait plaquée pour une jeune Bettencourt. Sans un mot, elle avait lâché l'un après l'autre ses deux gamins endormis dans le vide de la cour. On a entendu deux splatch puis la fenêtre se refermer lentement. Je me dis que si j'arrive à me tirer d'ici, je monterai plutôt frapper à sa porte. On ne sait jamais, elle me laissera peut-être entrer. Une période de calme s'annonce. Le temps que ça incube. Même le voisin on ne l'entend plus. Lui aussi doit être en train de ruminer sa vengeance. Un plat qui se mange froid, si j'ose dire. Souvent ça implique de repartir à zéro. En fondant une nouvelle famille par exemple.

Le 22 mars 2019 à 11:57

Le grand oral désopilant du Barreau de Paris, avec Florence Aubenas #1

Faut-il détruire le périphérique ?

Nos disques sont rayés #3 – Festival citoyen des "périféeries urbaines", soirée d'ouverture : Le grand oral désopilant du Barreau de Paris, avec Florence Aubenas. En complicité avec Bertrand Périer. Avec les avocats du Barreau de Paris : Laurent Delvolve, Edmond-Claude Fréty, César Ghrénassia, Arnaud Gris, Thomas Heintz, Julien Mayeras, Serge Pererz, Louis-Romain Riché, Anne-Guillaume Serre, Antoine V. Invitée d'honneur Florence Aubenas Candidats : Wassim Adib et Joachim Pinto Les meilleurs avocats du moment vont s’étriper devant vous sur les enjeux liés aux banlieues, aux territoires perdus de la République, à la France périphérique. Entre catch verbal et jeux du cirque, cette joute oratoire saignante suit un rite où tous les coups – absolument tous les coups – sont permis. Les avocats font leur entrée avec un.e invité.e d’honneur devant une foule surchauffée. L’un d’eux fait un portrait volontairement irrévérencieux de l’ invité.e qui pourra rectifier les contrevérités les plus flagrantes. Deux jeunes courageux candidats venus des banlieues viennent défier les avocats en prononçant un bref discours sur les deux questions du jour : « Faut-il détruire le périphérique ? » et « Le populisme est-il forcément populaire ? ». Ces discours sont ensuite critiqués avec humour et mauvaise foi par chaque avocat. Puis c’est à l’invité.e de prendre, s’il ou elle le souhaite, la défense des jeunes orateurs. À la fin un ou deux avocats viennent régler leur compte à leurs confrères, et sauver l’honneur des candidats. Programmé le 4 février 2019 par Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point.Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

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