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Publié le 18/10/2010
 

Sophie Herber


Chroniqueuse

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Lettre de motivation


Recherche d'emploi

Extrait de la lettre de motivation d’une table de cantine souhaitant se faire embaucher dans une brasserie : « Si par hasard votre établissement dispose d’une arrière-salle où se pratiquent quelques jeux illicites, sachez que je sais faire montre d’une discrétion hors pair. Cette qualité fait aussi de moi la partenaire idéale pour tout dessous de table que vous jugeriez opportun. »
Gilles Marchand, Dans l’attente d’une réponse favorable, éd. aNTIDATA.
 

"Nous voterons Sarkozy parce qu'il y a quelque chose d'indéplaçable en lui, parce qu'il pose franchement cette question : de quelle vérité l'homme est-il capable ?"


Igor et Grichka Bogdanoff, Le Parisien, 9 mars 2012.
Les deux plus fameuses protubérances mentonnières de l’univers connu, viennent d’apporter au Président-candidat, un soutien qui va lui faire chaud dans les tuyères. Un soutien cosmique à tous égards. 
Il faut être capable de penser en cinq dimensions (au moins) pour justifier la réélection d’un sortant au motif qu’il est « indéplaçable. » A notre misérable échelle humaine, on pense qu’au terme de cinq ans à un poste où il n’aurait pas spécialement brillé – à en croire des sondages terrestres divers et concordants – son déménagement définitif de la rue du Faubourgg Saint-Honoré serait d’une logique démocratique banale. Errare ! Ces anciens présentateurs de l’émission « Temps X » sur TF1 (une sorte de journal  de la science hard), sont les messagers d’une opinion intersidérale attribuant à Nicolas Sarkozy l’immanence définitive tant sa masse développe d’énergie :  E= M6, si l’on préfère résumer d’une équation cette brève vulgarisation de la pensée bogdanovienne. Assurément un homme qui descend parmi les hommes, pour leur délivrer des vérités dont ils ne seraient pas rendus compte par eux-mêmes,  leur démontrer qu’en osant tout on peut tout, alors oui cet homme-là est d'une autre dimension. Et on ne s’en débarrasse pas comme ça, sur le coup d’une humeur électorale. Un de ses prédécesseurs n’a toujours pas été déplacé de la croix où des jaloux l’avaient cloué.

Mort de Ben Laden


Le web pourri par de fausses citations

Le 2 mai dernier, en écho à la mort de Ben Laden, un internaute nous proposait de publier une citation de Mark Twain, "Je n'ai jamais souhaité la mort de quelqu'un, mais j'ai lu quelques nécrologies avec grand plaisir ! ". En recherchant sur le net l'origine de cette phrase, la rédaction de ventscontraires.net a très vite découvert que la version anglaise de la phrase circulait déjà massivement sur les réseaux sociaux, Twitter notamment. Dans la langue de Shakespeare et de Mark Twain, cela donnait : "I've never wished a man dead, but I have read some obituaries with great pleasure". Pour des milliers d'internautes, la citation était l'illustration parfaite de leur sentiment à l'égard de la mort du leader d'Al Qaida : un mélange de satisfaction et de refus de se réjouir de la mort d'un homme, quel qu'il soit.
Parfaite illustration mais peut-être un peu trop parfaite. Car la phrase de Mark Twain a quand même un petit défaut : l'écrivain ne l'a jamais écrite ou prononcée. Il existe une autre référence avérée cette fois mais elle est l'oeuvre de Clarence Darrow, avocat américain né en 1857 et mort en 1938 : "“I have never killed a man, but I have read many obituaries with great pleasure." / "Je n'ai jamais tué un homme mais j'ai lu de nombreuses nécrologies avec grand plaisir". D'après certaines explications, la citation de Darrow se serait retrouvée à proximité d'une phrase de Mark Twain dans un recueil de citations en ligne et c'est de cette proximité que la serait née la confusion, amplifiée ensuite par la viralité d'Internet.

Sur les réseaux sociaux, toujours à l'occasion du décès de Ben Laden, une autre phrase est devenue un best seller. Elle était cette fois attribuée à Martin Luther King : "I will mourn the loss of thousands of precious lives, but I will not rejoice in the death of one, not even an enemy" / "Je pleurerai la perte de milliers de vies précieuses, mais je ne me réjouirai jamais de la mort d'un seul, pas même un ennemi". Cette fois encore, l'auteur de la phrase n'était pas celui qu'on croyait. Il s'agissait en fait de quelques mots personnels postés dans un statut facebook par une certaine Jessica Dovey, une Américaine de 24 ans, professeur d'anglais au Japon, en exergue d'une véritable citation de Luther King. Les mots de la jeune femme attribués par erreur au pasteur américain ont ensuite été relayés sur son compte Twitter par un acteur et écrivain américain du nom de Penn Jillette. Et comme le brave Penn Jillette compte la bagatelle de 1 600 000 "followers", il n'en a pas fallu plus pour que la "citation" fasse le tour du monde et des réseaux sociaux.

PS : la citation du titre n'est pas de Saint Matthieu.

Eloge de l'homme superficiel



- L’homme superficiel n’aime pas l’horizon.
- L’homme superficiel vit trois ans de plus que sa sœur.
- L’homme superficiel perd son centre de gravité avec la gravité.
- Par temps clair, l’homme superficiel peut voir jusqu’à Carcassonne.
- L’homme superficiel fait l’amour en Belgique.
- L’homme superficiel ne pense jamais à autre chose.
- L’homme superficiel évite la poésie qui ralentit.
- Les enfants de l’homme superficiel sont rarement de lui.
- L’homme superficiel s’assied dans le métro mais s’allonge dans l’autobus.
- L’homme superficiel aime marcher devant la Sorbonne au printemps.
- En Norvège, l’homme superficiel se baigne jusqu’à mi-pénis.
- L’homme superficiel ne rit jamais en courant.
- En juillet, l’homme superficiel n’est pas opposé à la calvitie.
- L’âge de l’homme superficiel est variable.
- L’homme superficiel ne regarde la télévision que sur les bords.
- L’homme superficiel n’épouse jamais une femme superficielle.
- L’homme superficiel se rend chez son dentiste à l’aurore.
- Le nombre des amis de l’homme superficiel qui travaillent dans l’import-export ne dépasse jamais quatre.
- L’homme superficiel n’a pas d’opinion précise sur l’au-delà.
- L’homme superficiel fait semblant de faire l’amour quand il le fait.
- L’homme superficiel ne tient pas à vous connaître.

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