Uchronique du second quinquennat (4)
La passation de pouvoir
Presque 10 jours après l’élection, Nicolas ne s’en remet toujours pas. Il a développé un nouveau tic, verbal cette fois : il ponctue toutes ses phrases par « j’les ai niqués». « Alain, ça en est où l’Afghanistan j’les ai niqués ? », « Carlita, tu peux me passer les patates j’les ai niqués ? », « J’ai pas envie de voir la tronche d’Angela et Barack au G20 j’les ai niqués »… Ce n’est plus un langage fleuri c’est Jardiland.
Nicolas a décidé de maintenir la cérémonie de passation de pouvoir. Il envisage dans un premier temps de demander à François d’arriver en voiture dans la cour de l’Elysée, puis d’en repartir aussitôt à pied, seul, sous les huées, pour symboliser sa défaite. Mais son entourage le dissuade de faire cette proposition au camp adverse. Le jour dit, Nicolas sort donc de sa superbe voiture rouge – le constructeur officiel de l’Elysée est devenu Ferrari, en hommage à l’Italie – et s’élance, sous les clameurs de ses supporters, vers son destin et le perron de l’Elysée. Sa tenue est décontractée, il porte un t-shirt bleu roi sur lequel on peut lire « JE SUIS LA FRANCE ». Il grimpe au trot les marches de l’entrée, puis se retourne, embrasse son épaule droite, embrasse Carla B, fait un bras d’honneur en l’air et entre au château.
Nicolas écourte la cérémonie de passation (« Non mais ça va, je connais, venez-en au fait les gars »). Il a été décidé que le Président porterait à nouveau le Grand Collier de la Légion d’Honneur (« Ca fera plus solennel , plus crédib »). Nicolas prend le collier des mains du grand chancelier, et se l’enfile tout seul. Le collier recouvre une partie de l’inscription de son t-shirt : on lit maintenant « JE SUIS RANCE ».
C’est reparti pour 5 ans.