Jean-Marie Gourio
Publié le 01/11/2010

Haïku de comptoir 89


Les microbes
Dans le cerveau
Radotent
Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

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Jean-Marie Gourio

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Le 14 juillet 2015 à 11:19

« Où sont les femmes ? »

C’est une question très technique qui plonge mes compétences dans un abîme de confusion puisqu’il faut d’abord s’entendre sur le sens du mot femme. Même si au cours de ma maigre expérience j’ai eu l’occasion d’en fréquenter pendant les soirées dansantes ou autres fantaisies vétérinaires, je ne peux décemment pas prétendre savoir ce qu’est une femme et encore moins dire où elles se trouvent. Néanmoins, puisque j’ai accepté de me prononcer sur cette question publiquement, mon intégrité ne peut se contenter d’une réponse fumiste et je vais tâcher de m’en sortir par l’habile pirouette de la culture. Au gré de mes lectures, j’ai pu observer que les femmes sont ainsi faites qu’elles se cachent pour vieillir. En revanche, lorsque sonne l’heure de l’apéro, elles ne sont pas les dernières à se damner la cuisse pour un bon Mercurey. Dans certains manuels de bricolage, on souligne que les femmes sont habiles à la carabine du fait de leur sens pratique en matière de composition florale. Les femmes travaillent dans des bureaux roses, sont carmélites ou pompiers volontaires. On en trouve parfois recroquevillées sous une auto bon marché dans l’espoir qu’un jour meilleur vienne balayer leur mari hors du véhicule. Quelques autres préfèrent vivre en meute, (« entre femmes » dit-on pudiquement) ou d’autres encore lisent des poèmes d’avant-garde. La rumeur populaire raconte que seule la femme peut enfanter et cuisiner un couscous mais quelques auteurs brillants prouvent modestement le contraire. Dans la plupart des grands classiques littéraires qui peignent la nature des femmes, j’ai relevé un goût farouche pour la couleur beige, les gros nibards et les contrepèteries infantiles. Au détour de mes meilleures lectures à ce sujet, j’ai pu examiner que quelques femmes s’adonnent à la vie avec une fureur mêlée de poivre et de distance qui confère à leur existence un caractère rudement sexy. D’autres par contre, portent le poil nu et ras, à l’instar de ces petits chiens hideux que l’on s’arrache sur le marché boursier. C’est tout ce que je peux vous dire à ce sujet. En attendant le silence, je vous propose d’alimenter cette brève réflexion à l’aide de quelques ouvrages de référence sélectionnés pour l’occasion. Bien à vous, Nicole

Le 17 juin 2016 à 16:09

Guillaume Vincent : "Rendez-vous gare de l'Est ce n'est pas un spectacle sur la maladie"

Pierre Notte – Comment avez-vous rencontré cette femme, bipolaire, de Rendez-vous gare de l’Est ?Guillaume Vincent – Au départ, je connais très bien la femme que j’interroge. Nous sommes très proches. Un jour, je l’entends parler de son traitement, elle énumère tous les médicaments qu’elle doit prendre le matin et le soir, c’est impressionnant, je me rends compte que j’en sais peu au fond sur ce sujet, sur cette maladie qui au fil du temps nous a éloigné l’un de l’autre. Je ne sais pas exactement comment l’idée est venue, mais je lui ai proposé de nous voir de manière régulière pour en parler. Au tout début, les entretiens ne tournent qu’autour de la maladie,puis au fur et à mesure, nous prenons de la distance par rapport au sujet. Elle me parle de son quotidien, de son mari, son travail... La maladie est toujours là, mais elle est au second plan. Il arrive que lors de nos rendez-vous, elle oublie que je l’enregistre. C’est aussi cette proximité et ce laisser-aller qui rendent sa parole intéressante. – Vous avez recueilli des dizaines d’heures d’entretiens... Ce qu’il en reste, est-ce sa parole intacte ? Ou une réécriture de sa parole ?– J’ai ré-écrit fidèlement sa parole sans rien changer. J’ai tout gardé, même ce qui d’ordinaire est mis de côté lorsqu’on retranscrit une parole orale. Mon travail a été celui d’un monteur. Au départ, je n’osais pas prendre de liberté par rapport à la chronologie de nos rendez-vous. Mais c’est notamment en réorganisant parfois l’ordre, que l’idée d’un monologue à destination du théâtre a commencé à faire son chemin. – Vous avez entrepris ce travail de recherche il y a plusieurs années... Pourquoi cela a-t-il pris tant de temps avant de devenir un spectacle ?– Le temps de maturation a été long entre la première lecture et la première du spectacle, presque 4 ans ! J’ai commencé à y réfléchir sérieusement, une fois seulement que j’ai compris que ce ne serait pas un spectacle sur la maladie, que l’intérêt c’était la femme, le portrait... Qu’il ne fallait avoir aucune velléité pédagogique ou clinique. Je parle à ma place, celle d’un auteur, même si les mots ne sont pas les miens, il s’agit toujours de mon regard. Et au fond, Rendez-vous gare de l’Est est certes le portrait d’une femme, mais ce qui se dessine assez nettement c’est aussi le regard que je porte sur elle, c’est notre relation, même si elle est pour ainsi dire cachée. C’est aussi pour ça que j’ai choisi ce titre, Rendez-vous gare de l’Est...

Le 22 mars 2017 à 12:19

Gérald Garutti : théâtre diurne ou théâtre nocturne ?

Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire. Théâtre du Rond-Point — Qu’est-ce qui vous touche dans ce texte ? S’agit-il d’un poème ? D’un conte ? D’une évocation philosophique ?Gérald Garutti —Le texte d’Ingrid Astier se compose de savoureux fragments d’un discours nocturne, allant d’Abyssalà Zoomen passant par Ciel; Appel de la nuit; Armée des ombres; Feu d’artifices... L’écriture en est somptueusement ouvragée d’une main d’esthète et d’un regard gourmand. L’ensemble invite à la rêverie, par sauts et gambades, à l’association disparate, à la plongée dans les replis de la phrase nocturne. Le réel défi était de passer d’une telle introspection littéraire, fragmentaire et analytique, à un propos théâtral incarné, à un véritable voyage au cœur de la nuit. J’ai ainsi procédé à un travail d’adaptation durant plusieurs mois, afin de mettre en valeur la portée poétique du texte initial. Avec l’aide de mes collaborateurs artistiques Païkan Garutti et Laurent Letrillard, de ma dramaturge Zelda Bourquin et de mon assistant à la mise en scène Raphaël Joly, nous avons sillonné de nombreuses œuvres évoquant la nuit. Dans le même temps, je sélectionnais dans lePetit élogeles entrées qui me paraissaient les plus pertinentes, les taillais, les agençais pour construire un parcours non plus alphabétique mais progressif –une traversée de la nuit dans ses versants contrastées, le rêve et le cauchemar, le désir et la méditation, le fantasme et la folie, la solitude et la fête...Tout en bâtissant cette architecture, au fil du travail avec mon équipe, j’ai choisi des textes complémentaires issus de différents genres – poésie, roman, philosophie, etc. – pour que résonnent les harmoniques du texte d’Ingrid. J’ai souvent suivi les hommages qu’elle rendait à certains poètes de la nuit que nous aimons tous deux (Poe, Baudelaire, Doyle, Cyrano), mais parfois aussi préféré d’autres figures plus en phase avec ma sensibilité et le sens du spectacle (Dostoïevski, Desnos). Au fil de ce processus, nous avons constamment essayé les textes avec Pierre Richard afin qu’ils soient en consonance avec lui ou révèlent de lui une facette que je souhaitais mettre en exergue. Au final, il s’agit véritablement d’un voyage à travers la Nuit. Il est porté par un homme qui la fait vivre, la suit, la vit, voire, par moments, l’incarne : un homme au sein de la nuit, la nuit au sein d’un homme.

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