Jean-Marie Gourio
Publié le 01/11/2010

Haïku de comptoir 89


Les microbes
Dans le cerveau
Radotent
Il commence à écrire en 1976 dans le magazine Hara-Kiri, dont il devient bientôt rédacteur en chef adjoint. C'est là que paraissent ses premières "brèves de comptoir". Il écrit aussi pour la radio, la télévision, le cinéma et la bande dessinée. Et puis des romans, 9 à ce jour. Depuis 1987, il publie un recueil de Brèves de comptoir par an. Après ses Nouvelles Brèves de comptoir au Rond-Point avec Jean-Michel Ribes, il va lancer sur ventscontraire.net des Haïku de comptoir, des essais philosophiques épais comme un fil, des visions, des pensées en rond, des tribunes de stade...
 

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Jean-Marie Gourio

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Le 25 novembre 2015 à 11:13

Marco Decorpeliada, l'homme aux schizomètres

Conférence-performance de Jacques Adam, psychanalyste ; Marcel Bénabou, historien et écrivain ; Baptiste Brun, historien de l’art ; Dominique de Liège, psychanalyste ; Yan Pélissier, psychanalyste et Olivier Vidal, chercheur en sciences de gestion modérateur Jean-Luc Deschamps « Schizomètres » est le nom d’une révolte, dont le héros solitaire est Marco Decorpeliada (1947-2006). Interné à plusieurs reprises dans différents hôpitaux psychiatriques, Marco Decorpeliada a cherché à répliquer, trait pour trait, chiffre pour chiffre, à l’épinglage diagnostique auquel la psychiatrie le soumettait. Avec ses schizomètres, qu’il a imaginés et réalisés, Marco Decorpeliada met à nu la machine à diagnostiquer du DSM – bible de la psychiatrie « moderne » –, non sans montrer la limite de tout systématisme. Artiste s’ignorant, il a aussi été encarté du côté de l’art brut, autre épinglage auquel ses créations se dérobent, mettant sans dessus dessous les catégorisations en usage dans le champ de l’art. Les schizomètres, outils pour déclassifier, voire clarifier ? Pour répondre à cette question, les meilleurs spécialistes de la vie et de l’œuvre de Marco Decorpeliada – psychanalystes, écrivain, historien de l’art, chercheur en sciences de gestion – débattront de ce génie méconnu et de son impact sur la pensée contemporaine. Conférence-performance donnée le 9 novembre 2015 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point Durée 1:31:20

Le 22 mars 2017 à 12:19

Gérald Garutti : théâtre diurne ou théâtre nocturne ?

Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire. Théâtre du Rond-Point — Qu’est-ce qui vous touche dans ce texte ? S’agit-il d’un poème ? D’un conte ? D’une évocation philosophique ?Gérald Garutti —Le texte d’Ingrid Astier se compose de savoureux fragments d’un discours nocturne, allant d’Abyssalà Zoomen passant par Ciel; Appel de la nuit; Armée des ombres; Feu d’artifices... L’écriture en est somptueusement ouvragée d’une main d’esthète et d’un regard gourmand. L’ensemble invite à la rêverie, par sauts et gambades, à l’association disparate, à la plongée dans les replis de la phrase nocturne. Le réel défi était de passer d’une telle introspection littéraire, fragmentaire et analytique, à un propos théâtral incarné, à un véritable voyage au cœur de la nuit. J’ai ainsi procédé à un travail d’adaptation durant plusieurs mois, afin de mettre en valeur la portée poétique du texte initial. Avec l’aide de mes collaborateurs artistiques Païkan Garutti et Laurent Letrillard, de ma dramaturge Zelda Bourquin et de mon assistant à la mise en scène Raphaël Joly, nous avons sillonné de nombreuses œuvres évoquant la nuit. Dans le même temps, je sélectionnais dans lePetit élogeles entrées qui me paraissaient les plus pertinentes, les taillais, les agençais pour construire un parcours non plus alphabétique mais progressif –une traversée de la nuit dans ses versants contrastées, le rêve et le cauchemar, le désir et la méditation, le fantasme et la folie, la solitude et la fête...Tout en bâtissant cette architecture, au fil du travail avec mon équipe, j’ai choisi des textes complémentaires issus de différents genres – poésie, roman, philosophie, etc. – pour que résonnent les harmoniques du texte d’Ingrid. J’ai souvent suivi les hommages qu’elle rendait à certains poètes de la nuit que nous aimons tous deux (Poe, Baudelaire, Doyle, Cyrano), mais parfois aussi préféré d’autres figures plus en phase avec ma sensibilité et le sens du spectacle (Dostoïevski, Desnos). Au fil de ce processus, nous avons constamment essayé les textes avec Pierre Richard afin qu’ils soient en consonance avec lui ou révèlent de lui une facette que je souhaitais mettre en exergue. Au final, il s’agit véritablement d’un voyage à travers la Nuit. Il est porté par un homme qui la fait vivre, la suit, la vit, voire, par moments, l’incarne : un homme au sein de la nuit, la nuit au sein d’un homme.

Le 17 juin 2016 à 16:09

Guillaume Vincent : "Rendez-vous gare de l'Est ce n'est pas un spectacle sur la maladie"

Pierre Notte – Comment avez-vous rencontré cette femme, bipolaire, de Rendez-vous gare de l’Est ?Guillaume Vincent – Au départ, je connais très bien la femme que j’interroge. Nous sommes très proches. Un jour, je l’entends parler de son traitement, elle énumère tous les médicaments qu’elle doit prendre le matin et le soir, c’est impressionnant, je me rends compte que j’en sais peu au fond sur ce sujet, sur cette maladie qui au fil du temps nous a éloigné l’un de l’autre. Je ne sais pas exactement comment l’idée est venue, mais je lui ai proposé de nous voir de manière régulière pour en parler. Au tout début, les entretiens ne tournent qu’autour de la maladie,puis au fur et à mesure, nous prenons de la distance par rapport au sujet. Elle me parle de son quotidien, de son mari, son travail... La maladie est toujours là, mais elle est au second plan. Il arrive que lors de nos rendez-vous, elle oublie que je l’enregistre. C’est aussi cette proximité et ce laisser-aller qui rendent sa parole intéressante. – Vous avez recueilli des dizaines d’heures d’entretiens... Ce qu’il en reste, est-ce sa parole intacte ? Ou une réécriture de sa parole ?– J’ai ré-écrit fidèlement sa parole sans rien changer. J’ai tout gardé, même ce qui d’ordinaire est mis de côté lorsqu’on retranscrit une parole orale. Mon travail a été celui d’un monteur. Au départ, je n’osais pas prendre de liberté par rapport à la chronologie de nos rendez-vous. Mais c’est notamment en réorganisant parfois l’ordre, que l’idée d’un monologue à destination du théâtre a commencé à faire son chemin. – Vous avez entrepris ce travail de recherche il y a plusieurs années... Pourquoi cela a-t-il pris tant de temps avant de devenir un spectacle ?– Le temps de maturation a été long entre la première lecture et la première du spectacle, presque 4 ans ! J’ai commencé à y réfléchir sérieusement, une fois seulement que j’ai compris que ce ne serait pas un spectacle sur la maladie, que l’intérêt c’était la femme, le portrait... Qu’il ne fallait avoir aucune velléité pédagogique ou clinique. Je parle à ma place, celle d’un auteur, même si les mots ne sont pas les miens, il s’agit toujours de mon regard. Et au fond, Rendez-vous gare de l’Est est certes le portrait d’une femme, mais ce qui se dessine assez nettement c’est aussi le regard que je porte sur elle, c’est notre relation, même si elle est pour ainsi dire cachée. C’est aussi pour ça que j’ai choisi ce titre, Rendez-vous gare de l’Est...

Le 21 février 2017 à 10:32

Patrick Declerck : "le clochard rêve d'un autre monde"

Patrick Declerck est anthropologue, psychanalyste, philosophe et romancier. Dans les années 1990, il exerce comme consultant au centre d’accueil et de soins hospitaliers (le CASH) de Nanterre. De cette expérience, il tire des livres où il raconte s’être déguisé une nuit en clochard pour se faire embarquer au centre de Nanterre, évoque ses consultations psychiatriques auprès des SDF, explique comment il tente de les soigner, avoue les aimer autant qu’il les hait. Bouleversé par leur lecture, le metteur en scène Guillaume Barbot en tire "On a fort mal dormi", une pièce à plusieurs voix interprétées par Jean-Cristophe Quenon.   « Si l’enfant s’endort en suçant son pouce, le clochard, lui, tente d’endormir sa conscience en buvant son vin. Le monde lui est odieux. Non pas ceci ou cela dans le monde, mais le monde lui-même, le monde dans sa structure, le monde dans son être. Le clochard est égaré dans la poursuite d’une impossible ataraxie. L’ataraxie, c’est cet état de tranquillité de l’âme enfin apaisée, enfin délivrée de la tourmente incessante des désirs et des passions. Mais pour le clochard, c’est une ataraxie radicale, forcenée, qui va jusqu’à nier le fondement même de toute réalité possible. Une ataraxie devenue folle... Il s’abandonne à exister aux portes de la mort. Bercé par la perverse jouissance du néant, le clochard rêve d’un autre monde. Un monde de satisfation immédiate, sans impossible, sans frustration, sans blessure, sans hiatus. Ce monde atemporel et sans contraintes, ce nirvana de la pulsion de mort et du possible infini, est celui du fantasme utérin. Le clochard est le fœtus de lui-même. Si nous ne pouvons l’accoucher à la vie, au moins mettons-le à l’abri. Offrons-lui asile. Voyons comment ? »   Patrick Declerck

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