Fanch Ravenelle
Publié le 30/10/2010

Pour votre sauvetage demandez un devis !


Conseil Citoyen 10

Un hasard malheureux et qui reste un mystère
Te fait te retrouver bloqué cent pieds sous terre,
Ne pouvant accuser que ta seule imprudence
A vouloir pimenter un peu plus tes vacances.
Le problème l’ami, ainsi enseveli,
C’est que tu es français, on n’est pas au Chili,
Et même dans le cas de ta prise en otage
Tu risques de payer les frais de sauvetage.
Rappelle-toi le prix du baptême de l’air
Offert à ta maman pour son anniversaire.
Multiplie-le par cent ou, que dis-je, par mille,
Compte les spéléos, les maîtres cynophiles…
C’est à se demander s’il vaut mieux remonter
Respirer, à l’air libre, à jamais endetté
Ou finir, dans le fond, comme un aventurier,
Toi qui n’étais, là-haut, qu’un blafard employé.
Toi pour qui l’aventure était, assis peinard,
De regarder des gens sauter du Fort Boyard.  

Si malgré tout tu tiens à retrouver ta vie,
Demande aux sauveteurs de te faire un devis.
Comment le demander ? Mais en morse bien sûr !
En tapant quelque part avec une chaussure.
Refuse absolument l’emploi d’hélicoptères !
Aucun professionnel, juste des volontaires
Et un chien et demi : un berger, un caniche.
Le premier pour trouver l’endroit où tu te niches
L’autre pour la photo, car soyons réalistes
Ceux qu’il te faut avoir, ce sont les journalistes.
Si tu joues bien ton jeu, tu pourras faire en sorte
Qu’au lieu de te coûter, tout cela te rapporte. 
 
S’ils te trouvent trop tôt, planque-toi, fais le mort,
Le temps que les médias s’installent au dehors.
L’idéal, il est vrai, pourquoi te le cacher,
Ce serait d’être deux et que l’autre amoché
Périsse à tes côtés. Tu en manges un morceau,
Tu deviens nécrophage et là c’est le grand saut.
Avec une bouchée, un peu de peau de coude,
Tu vendras ton histoire aux studios d’Hollywood.
Signe-toi en sortant ! Ça fera le spectacle.
Les médias relaieront en parlant de miracle.  

Quand enfin tombera, de là haut, la facture
Fais valoir l’audimat de ta mésaventure,
L’argent qu’ont rapporté, chaque jour, tes tracas
Et comment, en soudant le pays sur ton cas
L’info s’est détournée de dossiers plus sensibles.
Ne cesse plus jamais de rester bien visible.
Comédien, chanteur, fleuriste et géniteur,
Il incline aujourd’hui à faire aussi l’auteur.
Sa prose est assumée sous son vrai patronyme,
Mais c’est sous un pseudo qu’il aligne les rimes.
Pater familias, téléphobe avéré,
Heureux dans les cuisines et les vieux cabarets,
Il aime, sans témoin, prendre ses douze pieds,
Manie moins l’écran plat que les bouts de papier,
Milite volontiers au parti des terriens
Et tâche que sa vie ne rime pas à rien. 

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Le 15 novembre 2011 à 09:10

"Je me méfie des blasphémateurs sacrés"

Entretien avec Noël Godin

Toi qui es l’auteur d’une somme sur la subversion carabinée, peux-tu nous dire si tu as repéré dans l’Histoire quelques coups de main contre l’intégrisme calotin dont tu ne peux que saluer le panache ?   Je porte un toast-souvenir au foudroyant raid sacrilège réalisé par quatre trépidants mécréants franco-belges et par moi-même le dimanche 8 septembre 1996 à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes. Ce jour-là, quinze jours avant le pèlerinage de Jean-Paul II en France, la grand-messe est dite non seulement par Monseigneur Gaston Lequimener, conseiller spirituel de la station « Radio Fidélité », mais aussi, du jamais vu, par cinq autres serviteurs divins intégristes dont trois évêques et un diacre. Et, au moment de la consécration, alors qu’on entend des « Gloup ! Gloup ! » retentissants dans toute l’église épiscopale, une dizaine de turlupins remontent les travées de la nef, surgissent dans le chœur et balancent de somptueuses tartes à la crème sur les prestigieux officiants. Pendant que d’autres indévots déploient une banderole pro-condoms et lancent aux quatre coins de la cathédrale des préservatifs remplis d’eau non bénite. Une anecdote à peine croyable à ce propos. Le soir même de l’attaque, une parente d’un de nos complices travaillant au secrétariat de « Radio Fidélité », qui a retransmis la cérémonie en direct, lui a garanti qu’un quart au moins des nombreux auditeurs ayant téléphoné à la station calotine en fin de matinée avaient très sérieusement demandé si le « Oh, oh, oh, oh, oh ! » carillonnant qu’ils avaient perçu soudain signifiait qu’à cet instant précis, celui des entartements en rafales, il y avait eu… un miracle.   Tu as entarté Jean-Luc Godard car il avait accepté de retirer son film « Je vous salue Marie » d’un cinéma proche du Vatican… D’autres lâchetés face aux intégrismes que tu punirais volontiers ?   Une des lâchetés courantes les plus agaçantes, c’est la tolérance béate. Comment arriver à réellement tolérer que des personnages estimables à plus d’un titre s’agenouillent crapoteusement devant « un grand linge sale » comme disait Sade ou bien Picabia. N’hésitons pas à jouer de mauvais tours aux bien-aimés se rendant imbécilement à la messe. Entrons, par exemple, dans l’église derrière eux. Et puis tout à coup, d’une voix tonitruante, proposons à l’assemblée des fidèles cette belle prière de Benjamin Péret : « Vierge Marie sur qui je pisse après l’amour, je vous encule, je vous dévore comme un cochon ».   Qu’est-ce qui distingue l’attentat pâtissier du jet d’huile de vidange ou d’œufs pourris ? Une question de gastronomie ?   Le jet d’huile de vidange ou d’œufs pourris, ça a beau être pas mal plouc, ça peut faire de beaux dégâts chez les crapules ivres de pouvoir, mais ce n’est pas près d’égaler, bien sûr, la portée symbolique des attentats pâtissiers. Une tarte à la crème s’écrasant sur un visage pète-sec, ça renvoie directement, évidemment, à l’essence du ciné burlesque, du slapstick, ou à celle de la belle époque du cartoon agressif quand les yippies avant la lettre Bugs Bunny et Woody Woodpecker balançaient des pâtisseries dégoulinantes sur des raseurs. Et puis, sur le plan esthétique, une explosion tartesque, c’est plus joli qu’un jet d’œufs ou d’huile. Notons que les cocasses inventeurs de la tartapulte, Benoît Delépine et les autres fauteurs de troubles grolandais, ont fait également construire par les compères du Théâtre royal de Luxe de Nantes, connus pour leurs marionnettes géantes, un superbe canon à œufs bio. Le hic avec lui, c’est qu’un œuf propulsé à une folle vitesse, par exemple, sur Claude Guéant risque de traverser littéralement sa tête de part en part.   Le droit au blasphème est-il sacré ?   Pas du tout. Je me méfie des « blasphémateurs sacrés » à la Antonin Artaud – il se définissait comme ça – terriblement iconoclastes par moments mais englués par ailleurs dans des stéréotypes mystiques débilitants. Et puis, je n’aime pas plus les droits, à la paresse, au plaisir, à l’insolence, que les devoirs. Réclamer un droit, c’est présupposer qu’il existe des instances habilitées à nous l’accorder ou à nous le refuser comme l’a fort bien décrit Max Stirner dans L’Unique et sa propriété. À nous de nous permettre tout ce que nous ressentons comme souhaitable pour peu qu’on ait un minimum de lucidité critique sur nous-mêmes et sur le monde à réinventer.   Si Noël Godin était Dieu, que ferait-il pendant la semaine ?   Je veux bien être Dieu comme je veux bien être Diable à condition que tout le monde le soit aussi dans la galaxie. À nous tous les plaisirs les plus pimentés dans un nouveau monde amoureux féerique et burlesque comme celui imaginé par Charles Fourier.   Ça va bien en ce moment ?   Ça va toujours bien quand je m’encanaille avec Jean-Daniel, avec Jean-Michel et avec les autres espiègles fers de lance du rire de résistance du Théâtre du Rond-Point.   Les trois principes essentiels de la subversion carabinée à inculquer à ses enfants…   1. Être clairvoyant. Comprendre les mécanismes qui font qu’une veule complicité s’est souvent établie entre les gouvernants et les gouvernés les maintenant au pouvoir par leurs flaccides soumissions. Réaliser de surcroît que le seul art qui vaille encore d’être pratiqué, c’est celui de construire passionnément, ludiquement, rigolotement sa vie en niquant au mieux toutes les formes de contraintes. 2. Se rendre compte qu’absolument n’importe quel lustucru en pétard, à commencer par soi-même, est à même, s’il le désire vraiment, de jouer des tours très pendables aux puissants du jour et aux raclures autoritaires de toute farine. 3. Ne pas oublier que nos guérillas contre les pouvoirs constitués ne sauraient percer de vraies brèches si elles ne se menaient pas autant qu’il se peut dans le plaisir et la drôlerie, et aussi la tendresse, ajouterait le Tiqqun, ainsi que le préconisaient les hippies des années soixante-dix.   Et pour finir, que t'inspire ce dessin de Stéphane Trapier  ?   Stéphane Trapier réveille en moi une vieille idée qui m’a déjà valu quelques convocations ubuesques à la police : celle de suggérer à des gaillard(e)s condamné(e)s par d’impitoyables maladies à nous quitter bientôt de s’offrir un baisser de rideau grandiose en se métamorphosant subitement en kamikazes chantilly s’élançant tartes à la main, sous des pluies de balles, vers des cibles historiques, le président de Chine, de Russie, des States ou le pape.

Le 23 juillet 2013 à 14:43

La Suisse expliquée aux Français

Le passage piéton

C'était par une belle après-midi de début d'été. Je déambulais, guilleret, dans les rues parisiennes. Une brise chenue jouait dans ma chevelure désinvolte. Et si, me disais-je, je proposais une nouvelle série sur Vents contraires qui s'intitulerait "La Suisse expliquée aux Français ?" (Parce qu'en fait, je suis suisse, j'aurais peut-être dû le mentionner pour la compréhension). Le pas léger, j'entrepris de traverser la route afin d'aller de l'autre côté : je ne m'imaginais pas, à cet instant précis, que j'allais trouver dans ce fait banal l'inspiration pour la susmentionnée série. Car je ne vais pas vous le cacher, cela se passe grosso modo de la même manière par chez nous.  J'avisai un passage piéton qui somnolait au soleil évanescent et, naïf, j'y posai un pied conquérant. Un automobiliste qui cheminait le long des grands boulevards m'aperçut. Ma sotte provocation ne pouvait rester impunie ! Il piedauplancha, les yeux injectés de sang et le carburateur de diesel. Sur le trottoir, des quidams alertés se saisirent immédiatement de leurs téléphones portatifs afin d'immortaliser ma mortalité. Fort heureusement, je me rendis compte à temps de ma funeste bévue et pus éviter d'un demi-chouïa la fatale rencontre. Car en Suisse, voyez-vous, le piéton est prioritaire. Il suffit de manifester expressément l'intention de traverser, ou même de songer très fort à un passage piéton, pour qu'immédiatement, l'automobiliste plante sur les freins, descende de son véhicule, déroule son tapis rouge, vous aider à traverser en vous tenant par le bras et vous offre une boisson fraîche à mi-parcours. Et l'Office fédéral des routes aimerait également que tous les passages piétons soient éclairés la nuit, car des maladroits arrivent encore, malgré tout cela, à se faire renverser. La statistique officielle ne tient évidemment pas compte des gens qui traversent au rouge ou en dehors des clous, qui n'ont que ce qu'ils méritent.  Il paraît, d'ailleurs, qu'en réalité, les deux législations sont sensiblement pareilles, mais que c'est leurs mises en application qui diffèrent. J'aurais pu vérifier cette affirmation, mais j'ai préféré ne pas le faire.   Tout ça pour dire que la différence principale entre les manières de traverser française et suisse est que du côté riche du Doubs, les passages piétons sont jaunes.

Le 25 juin 2012 à 08:46

Mon petit pan de mur gris

Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 11

> premier épisode "Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?" C'est le titre du dernier livre de Jeannette Winterson, lecture conseillée par Patrice. Je lis, j'aime beaucoup et tandis que je découvre Winterson ils sont dans la dernière semaine de Je m'occupe de vous personnellement. Dimanche prochain, dans quelques heures, ce sera fini, tout va disparaître. La salle Roland Topor va retrouver son gris bleuté et fini pour moi les exercices d'admiration. Cette dernière semaine ne parachève rien, au contraire, Yves-Noël recommence, de plus belle, c'est encore un nouveau spectacle, neuf comme tous les matins du monde. Je sens monter une vague de nostalgie, elle me prend à la gorge, je bois la tasse salée. La nostalgie n'est que l'angoisse du futur et l'appréhension du vide après le plein. Bientôt, dimanche en fin d'après-midi, dans quelques heures donc, un petit pan de ma vie - petit pan de mur jaune - va s'estomper, disparaître, s'évanouir. J'aurais vécu avec eux, les acteurs d'Yves-Noël, je les aurais aimé d'amour. Tant pis si on me trouve sentimental ou naïf, c'est l'amourre qui fait ça. Je crois que je n'ai jamais offert autant de fleurs qu'à Valérie Dréville, je crois que je n'ai jamais offert autant de pastèque qu'à Dominique Uber. Tous ensemble et chacun en particulier, je les ai caressés du regard, je les ai écoutés, tendrement contemplés. J'ai admiré Yves-Noël, je l'ai supporté, parce qu'il peut être infernal YVES-NOËL GENOD, infernal dans le sens que Duras donnait à ce mot, infernal comme est infernal ce qu'il a fait et tenu, tout seul pendant trois semaines, un spectacle différent chaque soir, mettre tant de liberté à la fois sur un plateau, gérer les fauves, ne pas leur couper les griffes ou les endormir. Je pense au premier spectacle de Rabeux que j'ai vu : Les Enfers Carnaval. Correspondances.  Yves-Noël cite souvent Peter Handke : "Regarde le miracle, et oublie-le". Je ne sais pas comment je vais oublier le miracle que fut ce spectacle mais comme souvent quand j'ai un problème, je relis Proust : "L'oubli est un puissant instrument d'adaptation à la réalité parce qu'il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle."  Et j'ai encore envie de faire une citation, parce que ceci sera ma dernière chronique et je sens que ma bouche s'assèche déjà : "Bien sûr nous eûmes des orages, vingt ans d'amour c'est l'amour fol. Mille fois tu pris ton bagage, mille fois tu pris ton envol. Et chaque meuble se souvient dans cette chambre sans berceau, des éclats des vieilles tempêtes. Plus rien ne ressemblait à rien, tu avais perdu le goût de l'eau et moi celui de la conquête." Dominique Uber, chère Catherine Deneuve du Sauvage et de Possession réunis, je vous aime. Anne Issermann, chère Virginia Woolf à l'ovale lumineux, je vous aime.  Alexandre Styker, mon Marilyn, mon Marcello, mon jeune faon diaphane, je vous aime.  Lorenzo De Angelis, mon cher nageur prodige, toi qui porte bien ton nom de famille, je vous aime.  Marlène Saldana, chère délicate et fine figure du réel, je vous aime.  Philippe Gladieux, mon cher faiseur et défaiseur de lumières et de sons, je vous aime.  Simon Bourgade, mon cher "garçon naturel", je vous aime.  Valérie Dréville, pour tout ce que j'ai déjà écrit et pour le reste, je vous aime.  Yves-Noël Genod, mon cher chat blond, de gouttière et angora, qu'est-ce que je peux ajouter ?  J'avais de grandes ambitions avec mes chroniques pour Vents Contraires, j'aurais voulu suivre le spectacle, en rendre compte de la manière la plus précise qui soit. Une sorte de spectacle littéraire dans le spectacle. Pas sur le spectacle mais dedans, exactement, sous le soleil. Je n'y suis pas arrivé. Il y aura eu 22 représentations, je n'ai fait que 11 chroniques. On ne suit pas à pieds dans la vase un pur sang lancé au galop. Au final il y aura eu autant de Je m'occupe de vous personnellement que de têtes et de mémoires de spectateurs. Ce que j'ai vu, je l'ai vu par le trou de ma serrure personnelle, tout petit point de vue, l'instant d'un regard. Mais un regard qui s'est dilaté à la mesure de toute la vie.  Je vais moins vivre désormais. J'aurai moins de vie vécue. Dimanche soir, après la dernière, je me mettrai sérieusement dans mon second livre. Je suis prêt pour l'apnée. J'ai eu beaucoup d'oxygène ces-temps-ci.

Le 28 juillet 2014 à 10:22
Le 8 août 2013 à 07:58

Anne

Ma vie a changé, NOTRE vie a changé, depuis que notre petite Anne a fait cette annonce entre le gigot et le gâteau au yaourt : « Papa, Maman, j'ai quelque chose à vous dire ». Le temps s'est suspendu. Dehors un chien jappa. « Je suis catholique ». Nous lui avons dit : « Non mais ça va pas bien, petite connasse, tu ne pouvais pas être lesbienne comme tout le monde ? » mais rien n'y a fait. Nous n'avons plus aucun pouvoir. Nous l'avons même frappée avec un nerf-de-boeuf pour la première fois et rien. Son catholicisme fait comme une espèce de couenne qui la protège des coups. Elle lit du Josemaría Escrivá de Balaguer, porte des jupes à motifs Vichy et parle avec un air niais de sa virginité comme d'un trésor. Il fallait la voir avant. Elle ne se la racontait pas autant. Notre fille, elle avait un petit côté pute. Maintenant, elle porte une gaine et un col Claudine alors qu'elle s'appelle Anne et qu'elle a 16 ans. Elle dit aussi des choses atroces comme : « S'ils ont le Sida, c'est pour une bonne raison, faut pas se plaindre » ou « l'avortement, c'est la facilité des filles de mauvaise vie » ou encore « si on calomniait de la même façon les musulmans et les juifs, alors là oui hein, vous n'accepteriez pas ». Elle va se mettre au latin et votera pour le FN : elle est si cliché. Elle devient si prévisible qu'elle a accroché un poster de Christine Boutin sur un des murs de sa chambre.Je ne suis pas si certaine que notre fille soit devenue idiote du jour au lendemain, mais quand même. Anne nous parle de sa vérité comme s'il s'agissait de la seule possible. Elle nous dit : « C'est ma vérité et c'est la seule possible ». Puis elle rajoute : « Je suis comme ça, rien ne me changera ». Elle nous parle de la Bible, je lui rétorque que Simone de Beauvoir est la seule vérité possible et elle me répond que ça n'a strictement rien à voir. Elle me donne envie de vomir. Je voudrais échanger notre fille contre un Kinder Bueno. Mais plus que tout se pose la question de savoir ce que nous avons raté. Avons-nous été trop de gauche ? Anne est-elle allée si à gauche qu'elle a fini par faire un tour complet ? Une fois calmée, je lui ai dit qu'en soit, le catholicisme est plutôt une belle chose pour peu qu'on y croie, mais que son catholicisme à elle est puant. Elle s'est contentée de répondre : « je ne mangerai plus jamais de ton gigot et de ton gâteau au yaourt » puis : « je veux un serre-tête et un enfant blond : nous irons au parc et tout le monde nous enviera ». Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Nous l'avons tabassée, attachée, et nous l'avons enfermée dans la cave. Nous lui donnons à manger une soupe insipide avec des pâtes en forme de lettre pour la culture et du pain sec pour la forme. Nous ne l'appelons plus Anne mais « la Sale Catholique » et nous la montrons du doigt : « Tu n'es pas tolérante, vilaine !!! » et parfois même nous lui jetons des pierres dessus. Depuis, nous essayons mon mari et moi d'avoir une autre fille. Une fille qui soit telle que nous la voulons. Hier, nous avons reçu le faire-part de mariage d'une de nos amies d'enfance. « La cérémonie aura lieu à quatorze heure en l'Eglise de B. ». J'ai hurlé : « Chéri, sors les bombes lacrymo et les prospectus sur Marx, nous partons en Croisade !!!! ».

Le 9 avril 2011 à 08:45

Tornade chantilly sur Mgr Léonard, primat intégriste

Carte postale de Belgique

Bonjour les aminches,A Bruxelles, c'est la bamboula.Notre internationale pâtissière vient d'entarter Monseigneur Léonard, le primat intégriste de l'Eglise catholique belge.Louvain-la-Neuve, mardi 5 Avril 2011Alors qu’il se rendait à l’université catholique de Louvain-la-Neuve à un débat avec le professeur de physique théorique Jean Bricmont sur le thème « Concilier science et foi, est-ce bien raisonnable ? », Mgr Léonard est tombé dans une embuscade pâtissière.Une première tarte à la crème a atterri sur son visage au moment où il entrait dans le bâtiment universitaire. Une fois débarbouillé, André-Joseph Léonard a pu gagner sans encombre l’auditoire Coubertin où on l’attendait. Mais à peine le primat de l'église catholique belge avait-il pénétré dans les lieux qu’il recevait de plein fouet trois nouvelles tartes dégoulinantes.Les quatre jeunes entarteurs de l’archevêque intégriste, qui n’en étaient pas à leur coup d’essai (en 2011, opérations Éric Zemmour et Melchior Wathelet), se sont ralliés depuis peu à l’Internationale pâtissière.Gloup, gloup, gloup, gloup !Entartons, entartonsl’homophobe ratichon !Déclaration à chaud des Maurice Gloup :"Entartons, entartons les homophobes en robeEt les anti-avortements qui, dégueulassement,Protègent ceux qui tripotent les petits enfants.Que M'sieur SIDA ne s'en fasse pas,la capote, eux, ils ne la mettent pas."

Le 27 janvier 2015 à 09:12

Un garagiste honnête avoue que le joint de culasse est une totale invention

C’est une mini-révolution qui secoue la profession des garagistes depuis ce matin, depuis que Michel Gerron, garagiste dans la Nièvre, a révélé que le joint de culasse était une invention. Enquête. Une fable inventée de toutes pièces « Le joint de culasse, ça a jamais existé, c’est une pièce qu’on a inventée pour escroquer les gogos » a déclaré le garagiste lors d’une conférence de presse organisée pour l’occasion. « C’est sûr, on peut pas faire avaler ça à n’importe qui, y a des gens qui s’y connaissent et d’autres qui se méfient » a-t-il poursuivi devant un parterre de journalistes atterrés. « On essaye de repérer les proies faciles, les intellos. Après, avec les collègues, on fait des paris, on mise sur des clients. Si t’arrives à les arnaquer, tu rafles la mise et si en plus tu inventes le nom d’une pièce, tu gagnes le double. Une fois, j’ai même fait croire à un gars qu’il fallait changer la courroie de distribution de sa roue avant, ça m’a payé l’apéro pendant un an » L’arnaque : une voie de garage Mais Michel était sans doute trop sensible pour continuer à exercer cette profession sans être titillé par sa conscience : « Un jour, j’ai vu une maman de cinq enfants fondre en larmes après avoir vu la facture de 3000 euros qu’elle devait payer. Elle disait que les huissiers allaient venir chez elle. Là, je me suis dit qu’on allait trop loin » confesse-t-il. Lorsqu’on lui demande alors de préciser ce qu’il entend par « aller trop loin », Michel est sans concession : « Je me suis dit que son chèque était sûrement en bois et avec la crise, j’ai eu peur qu’y ait plein d’autres cas comme ça » Quant à savoir s’il craint la réaction de ses collègues, Michel se montre catégorique : « Pas du tout. Avec tout ce que j’ai déjà empoché en acceptant les interviews des magazines, j’vais pas moisir ici. » Une bien belle histoire qui n’est pas sans rappeler celle de ce serrurier déclarant au micro d’une chaîne de télévision il y a quelques mois qu’il avait décidé de faire une facture non-abusive la veille de sa retraite, « pour voir ce que ça faisait ».

Le 26 mars 2013 à 10:53

Toulouse: il se fait abattre de 46 balles dans le corps pour avoir demandé un « pain au chocolat »

C’est une histoire qu’on préférerait être une blague. Mais la tragédie, elle, est bien réelle. Hier aux alentours de 16H15, dans une boulangerie du centre-ville de Toulouse, Benjamin Malot, un jeune touriste parisien de 26 ans a été brutalement mis à mort. Son crime ? Avoir demandé à la boulangère un « pain au chocolat » et non une « chocolatine» comme on l’appelle dans le sud-ouest. Récit. Un drame à cause d’une viennoiserie Liliane, 52 ans a été le témoin privilégié de ce terrible fait divers qui s’est déroulé dans cette petite boulangerie située à deux pas de la basilique Saint-Sernin : « Le garçon est entré tout souriant dans la boulangerie. La boulangère était très gentille également. Très polie, comme à son habitude. Puis il a fait sa commande et c’est là que ça a dégénéré. » Benjamin Malot demande alors un sandwich nordique, un canette de soda mais surtout demande un « pain au chocolat ». Ignorant qu’à Toulouse et dans la région, les habitants appellent ça une chocolatine. La boulangère entre alors dans une violente colère, comme le raconte Liliane : « Elle s’est mise à lui crier dessus, en lui disant « C’est à moi que tu parles ?! C’est à moi que tu parles ?! » La patronne sort ensuite un pistolet semi-automatique 9mm et le décharge intégralement et à bout portant dans la poitrine du touriste parisien. Plusieurs minutes passent, la boulangère semble se calmer. Elle enchaîne même quelques commandes de clients entrés dans sa boulangerie entre temps. Patrick fait partie de ces clients arrivés sur place après le début de l’incident : « On la sentait encore sous pression. Je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a raconté le comportement de cet homme puis elle s’est à nouveau énervée et s’est remise à tirer sur lui alors que de toute évidence il avait l’air déjà mort. » Sylvie, la boulangère enragée tire donc à nouveau sur le cadavre de Benjamin Malot. Les témoins affirment l’avoir vu recharger trois fois son arme et les policiers chargés de l’affaire ont également confirmé la présence de 46 balles dans le cadavre du jeune homme. Une province qui se radicalise ? Si cette nouvelle a semble-t-il indigné bon nombre de personnes, à Toulouse et dans le Sud-Ouest, on essaie de relativiser la gravité de ce crime : « On se renseigne un peu sur les traditions et les coutumes de l’endroit où on se rend. C’est comme si je décidais d’aller à la Mecque avec une caricature de Mahomet sur mon T-Shirt. Ce qu’il a fait là le gars, c’est plus de l’inconscience qu’autre chose. » commente un autre habitué de la boulangerie toulousaine. Ce fait divers, même s’il devrait être classé sans suite par la justice toulousaine, pourrait bien porter à conséquence à l’échelle nationale. En effet, ce genre d’incidents semble se multiplier un peu partout sur le territoire et les pouvoirs publics se disent « vraiment très très inquiets ». On se souvient notamment qu’il y a 2 mois, une famille originaire de Lille avait été lynchée à mort sur la place de la Victoire à Bordeaux pour avoir appelé par mégarde une « poche » un « sac ». Le Gorafi Photo: Luc Latour / Wikicommon

Le 19 mars 2014 à 08:11

Il sort d'un coma de 19 ans et ouvre un vidéo club

Ses proches n’ont pas osé lui dire qu’il faisait fausse route. Loïc Janson, un habitant de Pau, est sorti du coma à la mi-janvier après plus de 19 années de silence radio. Aujourd’hui âgé de 37 ans, ce dernier a décidé de réaliser son rêve d’enfant, à savoir devenir le propriétaire d’un vidéo club. Hélas, le palois risque de se confronter à de sérieuses difficultés économiques, ses amis refusant de lui révéler les changements de notre société depuis son entrée dans le coma en 1995. Éviter le choc « Il s’est réveillé un jour, sans prévenir. Et avant même qu’on lui parle de ce qui avait changé, il nous a dit que la raison pour laquelle il s’était réveillé, c’était ce vidéo club qu’il voulait ouvrir plus que tout. Alors on n’a pas osé lui dire la vérité. » explique, plein de culpabilité, Loïc, le meilleur ami de Loïc. Car pour Loïc Janson, tout commence le 11 janvier 1995. Alors qu’il revient en voiture d’une soirée, le jeune homme, alors âgé de 18 ans et un peu éméché au moment des faits, rentre parfaitement chez lui. Mais trois semaines plus tard, alors qu’il joue à la Super Nintendo, Loïc est victime d’une attaque cérébrale qui le plonge immédiatement dans le coma pour les 19 années à venir. Mais au milieu du mois de janvier dernier, le palois se réveille, demande à ses proches de se réunir autour de lui au plus vite. « Il nous a fait venir. Il avait le sourire. Il disait n’avoir aucun regret, que c’était le destin mais que maintenant il était temps pour lui d’être celui qu’il était au fond, un gérant de vidéo club. » raconte Loïc Sr., son père. Alors, famille et amis décident de ne pas révéler à Loïc l’impasse dans laquelle il se trouve, par peur de lui infliger un choc psychologique trop lourd. « Il avait l’air si heureux de pouvoir reprendre une vie normale. C’est tellement dommage qu’il choisisse une voie dans laquelle il va se marginaliser socialement. » commente Loïc, la sœur de Loïc. Étaler les révélations Malgré ce tabou dans lequel Loïc Janson est maintenu par son entourage, les proches de ce dernier souhaitent tout de même essayer de le ramener dans ce siècle qui est le nôtre. « On va d’abord tenter de lui annoncer que le service 3615 Ulla n’existe plus. Il faut y aller pas à pas. Parce que s’il tombe sur un Blu-ray par accident, il est capable de nous refaire un AVC avec un autre coma derrière. Ce qui serait plus pratique pour tout le monde cela dit. » nous dit le père de Loïc.   Le Gorafi

Le 18 septembre 2014 à 08:01

La rentrée, cette jolie fille à la joue fraîche

L’école c’est comme un boomerang, tu as beau t’en débarrasser fin juin, ça finit toujours par te tomber dessus début septembre. Au Liban, il vaudrait mieux peut-être parler de CEV (Ceinture Explosive Volante). Bref, l’école, tu ne peux y échapper, ça c’est sûr. Ceci dit, pour l’élève moyen – que je fus – la rentrée reste la période la plus stimulante de l’année scolaire. Une période pleine de promesses comme un livre qu’on ouvre ou une bière fraîche qu’on déflore. Aussi tout ce qui vient après n’est-il que gavage et ballotement. D’abord une petite mise au point. Les pédagogues du monde entier s’entendent sur le fait qu’un élève moyen est généralement un élève bourré d’intelligence mais paresseux. « Il ne se concentre pas assez en classe », « il est facilement distrait », « il ne travaille pas assez à la maison » avancent-ils… Au fil du temps, pour faire court, ils ont inventé un slogan, le fameux « peut mieux faire. » Et c’est vrai, l’élève moyen peut mieux faire – d’ailleurs, il ne faut pas se méprendre, le « peut mieux faire » ne déplaît guère à l’élève moyen, bien au contraire. Dans son esprit, cela équivaut à « je peux quand je le veux, quand je le décide, et si je le décide je suis capable d’être non seulement premier de ma classe mais aussi de l’école, sauf que voilà il se trouve que pour l’instant j’ai encore rien décidé et je vous emmerde » –. Il n’en reste pas moins que, jusqu’au jour d’aujourd’hui, les pédagogues semblent refuser d’aller plus loin dans leur observation. Pour peu qu’on soit doté d’empathie on ne peut que constater qu’un élève « paresseux » est généralement un élève sensible et imaginatif, injustement mis à l’écart. Bref, ce n’est donc qu’au début de l’année scolaire que l’élève moyen manifeste un enthousiasme peu commun qui ne manque pas de surprendre tous ceux qui suivent de près ou de loin sa trajectoire académique. Les parents sont aux anges, les professeurs vantent ses mérites, ses camarades palissent d'envie. « Comment ça se fait ? » s’exclament-ils tous. C’est que l’élève moyen est un fin esthète chez qui tout passe par la beauté. Cette beauté se traduit, si ses parents ont les moyens, par un nouveau cartable, une nouvelle trousse, de nouveaux stylos, des livres flambant neufs, des cahiers dont les feuilles rutilent par leur blancheur virginale… et, s’il est assez chanceux, cette année la jolie Julie partagera enfin son pupitre. La beauté le porte et le motive. En classe, il participe à tout et a un avis sur tout, prend des notes couleur arc-en-ciel, organise religieusement son agenda, soigne son écriture, range son pupitre et songe même à être délégué de classe. Rentré chez lui, à peine a-t-il fini de manger il se pose à son bureau et attaque un à un ses devoirs. Il ne prend pas de pause, il n’en a pas besoin, c’est du gâteau. Après, il met de l’ordre dans ses tiroirs, prévoit ses habits pour le lendemain, et s’il a un peu de temps il bouquine un peu avant de se coucher, de bonne heure. Il travaille au jour le jour, pas d’accumulation, la procrastination «connais pas !». Il est à la page. Cette année il sera un élève exemplaire. Mais voilà – lui-même s’en est douté – c’est trop beau pour que cela dure longtemps. A peine passée la deuxième semaine l’élève moyen est happé par la monotonie et, comme dans des sables mouvants, il y pataugera tout le reste de l’année. Il a beau lutter, il n’y a rien à faire : le flegme très british de la prof d’anglais, la voix de baryton lasse du prof de maths, les reniflements incessants de Julie qui est toujours enrhumée et qui « n’est pas si jolie que ça après tout »… Tout le fatigue et l’ennuie, même l’engouement pour les-exceptions-qui-confirment-la règle de la prof de français ne l’atteint plus. Il trouve les heures longues, ridiculement longues. A compter les minutes et les secondes il est devenu un as du calcul mental. D’ailleurs, son imagination s’est élargie, il est vrai, mais ça ne vole pas haut. Il pense à ce qu’il va manger tout à l’heure une fois rentré chez lui, et c’est à peu près tout. Dormir pour oublier c’est tout ce qu’il lui reste à faire. Alors il demande qu’on lui change de place, qu’on le mette au fond de la classe de préférence où il peut roupiller à son aise. S’il ne ronfle pas à tous les coups, il bave immanquablement sur le pupitre et attrape des torticolis. Entretemps, il a raté les explications. Il lui manque des éléments pour comprendre, des mots-clés. Le gouffre se creuse. Il n’arrive plus à suivre. Il n’entrave rien à la chimie, encore moins à la physique. Ses cahiers de notes on dirait Beyrouth, son agenda le désert de Gobi. Il accumule les mauvaises notes et écope de toutes sortes de sanctions. On finit par convoquer ses parents, on le menace d’expulsion s’il ne se reprend pas. L’élève moyen est mal en point. Mais l’élève moyen est débrouillard. Il compose à merveille avec le stress, c’est sa nature. Il lui suffira de se fendre d’un tout petit effort pour sauver les meubles. Et il y arrivera. Ainsi, les années passent et l’élève moyen devient un étudiant moyen, qui devient un employé moyen. En tout cas, une chose est certaine : un homme, moyen ou pas, n’oublie jamais les joies de la rentrée, cette jolie fille à la joue fraîche.

Le 26 juillet 2011 à 09:00

Steph & Max, des spectateurs pas tout à fait comme les autres

Ce duo de graphistes fait pour nous son festival d'Avignon

Certains les appellent « les p’tits ». Il faut dire qu’il reste de l’enfance dans le regard de ces trentenaires. Et pas seulement… Leur insatiable curiosité les conduit dans les capitales du monde, à la recherche de menus plaisirs esthétiques et de grandes joies gourmandes. Dernière capitale nommée, celle du théâtre, Avignon. « Steph & Max » (et non pas « Max & Steph ») ont planté leur tente à deux pas du Palais des Papes pour ne pas perdre une miette du Festival. Ils ont envoyé régulièrement leurs cartes postales graphiques à ventscontraires.net. Pour en savoir davantage sur ces tourteraux passionnés de graphisme et de théâtre, nous leur avons posé quelques questions…Qui êtes-vous ?Un binôme permanent!Vous êtes nos envoyés très spéciaux à la grand-messe d’Avignon, mais pour vous, c’est quoi, le festival ?C'est deux heures de patience pour tenter d'avoir quelqu'un au bout du fil le jour de l'ouverture des réservations. C'est l'excitation, la densité, c'est la cour Calvet, le cloître, l'électricité du public, ceux qui gueulent, ceux qui doublent, ceux qui hurlent au scandale, ceux qui ont été bouleversés.Comment sont faites les cartes postales que vous envoyez à ventscontraires.net ? Et quelle est cette phrase que vous choisissez ?C’est une interprétation subjective, une phrase qui s'échappe du spectacle. Pour le matériel : des feuilles bristol, un porte-mine, une gomme, un cutter, un x-acto, une planche à découper, de l’encre typographique, un pinceau-tampon et une application "scan" iPhone. En clair : un pochoir et un mail avec notre téléphone.Vos coups de cœur de ce festival ?«Enfants » et « La levée des conflits », de Boris Charmatz, « Cesena », le spectacle de l’aube par Anne-Teresa de Keersmaeker & Co et « I am the wind » de Patrice Chéreau. Beaucoup de danse, donc, cette année.Vos coins préférés là-bas ?Et puis quoi encore ? Trop contents d’avoir quelques havres de paix dans la grande foule, on se les garde, ou on les file aux copains!Vous y serez l’an prochain ?Oh oui.Et sur ventscontraires.net ?On fera de notre mieux. On a d'ailleurs quelques cartes postales de retard, prêtes à envoyer.Plus d'infos sur www.dupont-barbier.com

Le 13 décembre 2011 à 08:02

Jésus, reviens, ils sont devenus fous

Ah ! Les vilains méchants, les sombres iconoclastes ! Mécréants, incrédules, apostats. A deux semaines de Noël, vous faites de la peine au petit Jésus qui a tant souffert pour nous, sur sa croix. Et à sa maman qui a enduré les souffrances des mamans sans en connaître les plaisirs. C'est-y pas un crève-cœur ? Pour qui c'était, les contractions ? Pour sa pomme. Pour qui c'était la précarité ? Pour sa pomme. Va-t-en accoucher dans la paille entre des bestioles qui puent, toi qui manies le blasphème avec tant d'aisance, et qui prétend de surcroît ramasser de la monnaie avec, alors qu'ils vivaient comme des cloches, ceux que tu injuries. Et pour qui c'était les larmes de la maman devant le cadavre de son enfant unique ? Tout ça pour racheter vos vilains penchants, vos fautes inavouées. Les croisades, les guerres de cent ans, les guerres de trente ans, les guerres où l'on meurt à vingt ans, les conquêtes colonisatrices, les inquisitions, les misères, les holocaustes, les tortures, le mépris des autres, les viols, les assassinats, l'amour de l'or qui est aussi mauvais pour l'homme que le phylloxéra l'est pour la vigne, c'est pour quoi qu'il est mort, le petit Jésus ? Pour vos museaux. Pour vos vilaines trognes de jouisseurs. Bien sûr, les guerres, la misère, les mauvais sentiments. Mais il en faut bien pour prendre conscience de ce qu'est le mal. Et à qui pourrait-on donner à la sortie de la messe s'il n'y avait pas de pauvres ? La pauvreté des autres permet aux personnes bien d'être gentilles. Deux mille ans que l'on vous dit que Dieu est amour et vous ne comprenez toujours pas ? Va-t-y falloir qu'on vous casse les dents, qu'on vous caresse les côtes et l'épine dorsale avec des gourdins, qu'on vous fasse brûler vifs pour vous faire comprendre ce qu'est l'amour universel ? Sales gens. Vous n'avez pas de coeur. Quelle injustice. Jésus, reviens, ils sont devenus fous.

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