Michel Serres (3)


"Qu'est-ce que je peux faire contre Total qui collabore avec la Birmanie ?"

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"Décidemment, je n'ai jamais autant parlé de politique !" s'exclame Michel Serre à l'issue de cet extrait où il revendique la puissance du petit – de l'individuel – face aux grandes institutions. Il était venu au Théâtre du Rond-Point nous parler de sa conception du rire de résistance. Sa conférence, intitulée Chahut et canulars, démarrait ainsi :
"Voici : j'ai toujours désobéi. Pis, je n'ai jamais cessé de me conduire comme un intenable chahuteur, redouté de tous mes maîtres. Le chahut fut ma seule et réelle ambition politique. Vue sous cet angle, la politique se révèle délectable. Mais je ne fus, je l'avoue encore, qu'un petit orfèvre en chahut. J'en connus, par après, de royaux..."

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> 1er épisode

"Un pays heureux n'a pas besoin d'humour." Staline

Soyez les cancres du sérieux, faites voler en éclats de rire le bon goût et sa bonne conscience, en écoutant les cours, performances et autres conférences de progesseurs agrégés d'insolence et de cocasserie.

Avec France Culture et Tilder.

 

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Le 27 mars 2015 à 11:52

Depuis le 7 janvier, je parle aux oiseaux

Bonsoir Jean-Daniel,Je t'écris, c'est la nuit.La dernière fois que nous nous sommes écritsc'était à propos du Coq à Lasne je croisun spectacle que j'aurais volontiers partagé avec les spectateurs au Rond-Pointj'aime ce lieu et son foisonnement  l'autre jour je suis venue écouter dans la petite salleLe Discours à la nationréjouissant, interpellantLa scène est cet espace où un autrui renouvelle un autruioffrir être regardé partager la parole créer au même espace d'autres possiblesqui bouleversent font rire rêver interrogent éblouissent tuent ressuscitent...Aujourd'hui, tu m'invites à écrire sur l'autre peut-être est-ce le moment pour moi de le dire...Depuis le 7 janvier, ma vie est bouleversée.depuis le 7 janvier,  je parle aux oiseaux. Je marchais là dans ma ville au plat pays, tôt le matin, "le Carré de Moscou", c'est le nom de cette place aux abords de chez moi ; un oiseau s'est approché et puis un autre, j'ai regardé autour de moi, je me suis dit "il doit y avoir quelqu'un juste derrière mon épaule qui tient un morceau de pain" mais non personne.Un oiseau, oui, et un autre et puis un autre encore…En vérité, Jean-Daniel, je te le dis, je parle aux oiseaux.Je ne parle pas avec mes lèvres,pas avec des syllabes ni avec des voyellespas avec ma langue mouilléepas en sifflant ni gazouillantni croassant ni glougloutant non,pourtant je parle aux oiseaux.Le premier jour, il y avaitdes pigeons bien sûrmais aussi 7 mouettes 29 merlettes38 pinsons 63 moineaux 12 perruches vertestoutes sortes d'oiseauxune nuée d'oiseaux s'est posée petit à petit autour de moila ville dormait encore un peuon s'est entretenu comme ça les oiseaux et moi je peux te dire à quoi pense le pigeon qui ouvre ses ailes quand l'enfant arrive en courantou la sensation fantastique d'une nuée d'oiseaux qui vole en nappe au-dessus de la villeje parle aux oiseaux Jean-Daniel une vieille dame, lente, est passée pas étonnée du tout la dame âgée de me voir entourée ainsi par les oiseauxelle a sorti de son sac des bouts de vieux pain qu'elle a égrainésj'ai picoré les miettesD'ailleurs, je parle aussi aux vieilles dames.J'étais assise sur un banc il y a quelques jours, une vieille dame s'est assise à côté de moiet une autre puis une dizaine de vieilles dames et puis une centaineet toutes ensemble, nous nous tenions là, immobiles, ensuite nous avons traversé la ville au bruit des cannes et des petits talonsgrand troupeau de lenteur et c'était bon Jean-Daniel cette lenteur majestueuse qui recouvrait la villesi bonet aux enfants aussi je parle comme le joueur de flûte je peux si je veux mener un cortège d'enfants aux eaux de la Senne  et puis voilà que l'autre jour un groupe d'hommes et quelques femmes parmi euxse sont rassemblés autour de moije me suis demandé "à qui je parle cette fois-ci ? à quel autre dont je suis l'autre ?"un d'eux m'a tendu une photo du prophèteun autre un fusil d'assautpuis plus rien, juste nous rassemblés comme çaje ressentais en leurs cœurs l'ivresse et la puissance métalliqued'installer un nouvel ordre nous n'étions pas tant que ça  je nous ai comptés, 33là rue de la Paix à Ixellesleurs visages m'interpellaient, me réclamaient justice paix harmoniemais ce sang Jean-Daniel sur mes mains au bout de mon fusilterrible ce sang   mal j'ai malça non je me disais ça pas possiblenous marchions du même pas décidé et effacéet là Jean-Daniel, il y a eu un moment  fantastiquedes vieilles dames se sont jointes à nouspuis les oiseaux nous ont fait une traînece n'était plus un groupe ou l'autrec'était nous tous ensemble et mélangésnous ne savions plus où nous allionsplutôt vers le nord me semblait-il déjà sur mon visage le baiser des embrunset quelques rires naissaient de notre bande drôle presque dansantej'ai senti dans tout mon êtrecombien nous nous portons les uns les autrescombien lui elle toi moi sommes effroyablement prochescombien je suis l'oiseau et la vieille dame et l'enfant et l'extrémisteoh l'autre ! qui me dévisageje ne sais trop quoi faire de tout cela qui m'arriveje me dis que si ça arrive à moi ça doit arriver à d'autres aussi…?une communion sans parolesune pentecôte sans finUne phrase d'Emmanuel Levinas me revient à l'esprit« J’entends la responsabilité comme responsabilité pour autrui, donc comme responsabilité pour ce qui n’est pas mon fait, ou même ne me regarde pas, ou qui précisément me regarde, c’est-à-dire qui est « absorbé » par moi comme visage. »J'attends les jours plus chauds pour parler aux papillonsaux bourgeons peut-être aussiMais à l'instant dans cette nuit où je t'écrisun nuage d'insectes volants arrive vers mois'agglutinese précipite sur l'écran de l'ordiplusieurs nuages tour à tour s'y fracassent  perdent leurs ailes tapis d'ailes à mes doigtsje ne parviens presque plus à t'écrireils me cachent la lumière  et je croisque je vais moi aussipercuter l'écranje suis cet éphémère qui va perdre ses aileset qui se précipite vers la lumièreallez allezje clique sur "envoyer"avant de passercher Jean-Danielavant de tomberjeclic

Le 27 avril 2010 à 18:40

6 mai devant le Fouquet's

C'est une invitation, ce n'est pas un ordre

Tous les ans depuis l’élection de notre très cher président Zébulon 1er, le mouvement de résistance ludique « Les 1000 colombes », appelle au pèlerinage des insatisfaits, au Solutré des utopistes !     Ce mouvement de résistance ludique est né le 6 mai 2007 à 23h17, suite à l'apparition de l'icône des Japonais, Mireille Mathieu, sur scène lors du raout "musical" de la droite décomplexée place de Concorde. Pour fêter l'élection de Zébulon 1er, elle lâchait son tube "Mille Colombes" a capella. Une page de l'Histoire de France se dessinait sous nos yeux. Du jamais vu ! De l'inimaginable ! Même l'humoriste le plus doué de sa génération n'aurait jamais pu imaginer un tel moment. Au-delà du kitchissime et du pathétique réunis, nous étions en train d'assister à un moment surréaliste. Trop c'est trop ! Certes il faut s'incliner devant le suffrage universel – au risque d'avoir mal – mais la démocratie a des limites qui venaient d'être franchies. Bien que n'étant ni militants, ni syndicalistes, ni encartés, notre sang de gauche ne fit qu'un tour! Il fallait réagir. Quinze jours plus tard, une petite bande de loosers (nous, c'est-à-dire la bande qui était devant la télé ensemble à 23h17) organisait la première chorale des "Mille colombes" devant le Fouquet's, en l'honneur du sauveur de la nation. Pour être vraiment honnête : nous avions remarqué que ces premiers instants sonores de "gouvernance autrement"  avaient été assez mal vécus par les supporters de Zébulon (sur la scène et en dehors). Cette chorale serait donc leur madeleine de Proust mal digérée.3 ans déjà ! Comme le temps passe lentement…Pour fêter le grand timonier de la pensée universelle, nous allons refaire une chorale devant le Fouquet's à Paris. Mais cette fois en sus du petit discours de bibi (c'est pas la matière qui manque), vous aurez une fanfare, un lâcher de colombes, une distribution de billets de 500 euros pour relancer le pouvoir d’achat, de surplus de vaccins anti-grippe et de masques, de drapeaux français et bien sûr… Mimi et ses "Mille colombes", que nous allons entonner le plus faussement possible tous en chœur, pour nous achever et puis… quelques surprises. Le but de ce mouvement étant de mettre en avant, de façon humoristique, les errances et les carrences de ce pouvoir et de son idéologie, tout cela doit doit se passer dans la joie et la bonne humeur moqueuse. Regardez la vidéo ci-jointe : l'ambiance a été familiale et bon enfant, qu'elle le reste. A noter que la police a toujours été très cool avec nous, qu'elle le reste. Rendez-vous le 6 mai à 20H devant le Fouquet's. Que l'espoir soit avec nous.

Le 19 novembre 2015 à 09:54

Jade Lindgaard : "Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans"

L'état des savoirs sur les changements climatiques La journaliste Jade Lindgaard suit pour Médiapart les négociations climatiques en vue de la COP21. Aujourd'hui, nous dit-elle, les travaux du GIEC offre une synthèse sans précédent sur l'état du climat et des effets sur lui de nos activités économiques. C'est un outil extraordinaire, réunissant les travaux de physiciens, chmistes, météorologues, sociologues, économistes, spécialistes de la faune et de la flore, etc. Il est de plus en plus précis et ses conclusions sont plus alarmantes que jamais. On y voit clairement un lien entre les émissions de CO2 et le dérèglement du climat qu'on peut déjà observer à travers des événements qu'on ne prévoyait que pour dans plusieurs décennies. Les limites maximum de taux de CO2 dans l'atmosphère sont déjà dépassées depuis deux ans. Comme il faut beaucoup de connaissances pour apprécier les résultats complexes de ces travaux, un objectif symbolique et politique a été établi autour d'une limite du réchauffement global de l'athmosphère limité à 2°. Il s'agit d'une élévation de température moyenne pour l'ensemble de la planète, qui cache des réalité disparates, avec des régions déjà torrides où il fera 5 voire même 6 degrés de plus. Or certaines régions gagneront à ce réchauffement. En fondant la banquise arctique donne accès à des champs pétrolifères jusqu'alors inaccessibles. Vu de France, 2° ne semblent pas effrayants. Mais d'énormes bouleversements auront lieu, comme l'arrivée du moustique vecteur du chikungunya ou le déplacement des vignobles vers le nord...  

Le 2 octobre 2015 à 08:49
Le 8 septembre 2015 à 09:02

Jean-Michel Besnier : "Le transhumanisme n'est pas un progrès, c'est une rupture"

C'est après avoir lu son livre Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette 2009) que nous avons désiré rencontrer le philosophe Jean-Michel Besnier. D'abord spécialiste de Georges Bataille, il s'intéresse vite aux sciences cognitives et à l'intelligence artificielle. Une coopération exaltante avec des chercheurs qui l'amènent à faire la critique des ambitions des transhumanistes, ce mouvement très actif aux USA et fortement financé qui annonce, avec le futurologue Ray Kurzweil, l'homme modifié et l'immortalité pour les prochaines décennies. "Il s'agit d'une prise de pouvoir scientiste sur d'anciennes questions philosophiques, les rapports entre l'âme et le corps par exemple. Les transhumanistes rêvent de réaliser toutes les ambitions de l'espèce humaine. Il ne s'agit pas d'un "progrès de l'esprit humain" au sens où l'entendait Condorcet en 1793. Leur référence est plus à chercher du côté de la Renaissance : ils attendent non pas un progrès, mais une rupture avec tous les modèles précédents. Les renaissants n'annoncent pas un modèle d'humanité qui ferait l'objet des efforts des hommes. Mais une régénérescence, une revitalisation. On n'est pas dans une vision progressiste, on est dans l'attente d'une rupture. Ray Kurzweil lui a donné un nom : la Singularité. L'humanité serait à la veille d'être submergée par quelque chose qui fera rupture." Agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques, Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), où il a créé et dirigé le Master « conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées » de 2001 à 2013 et où il dirige actuellement l’EA 3559 « Rationalités contemporaines ». Il est membre du conseil scientifique de l’IHEST, du Directoire du MURS (Mouvement universel pour la responsabilité scientifique) et de la commission Littérature scientifique et technique du CNL. Parmi ses ouvrages :Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Hachette 2009L'homme simplifié : Le syndrome de la touche étoile, Fayard 2012

Le 9 mai 2013 à 10:15

Christian Salmon : Ces histoires qui nous gouvernent #6

> Premier épisode           > Episode suivant Dans sa conférence-performance "Ces histoires qui nous gouvernent", l'écrivain et journaliste Christian Salmon poursuit son salutaire travail d'analyse du story-telling. Dans cet extrait, il revient sur un récit édifiant mais fictif qui a joué un rôle décisif dans l'intervention américaine en Afghanistan et même au-delà. "Quoi de plus innocent et charmant qu’une histoire bien tournée ? Les histoires nous distraient et nous instruisent en nous faisant rêver. Désormais, avec la technique du storytelling, elles nous gouvernent et sont devenues un instrument de contrôle des opinions, une « arme de distraction massive ».L’entrée en guerre préventive contre l’Irak, le reality show au début du mandat de Sarkozy, sa métamorphose en capitaine courage face à la crise financière, l’épopée victorieuse de Barack Obama… Autant de fictions préparées dans le secret de war rooms où s’élabore le storytelling intégré. Christian Salmon nous propose un voyage dans les démocraties contaminées par l’hypermédiatisation, une exploration des mythes politiques à l’âge du néolibéralisme. Une traversée de la crédulité contemporaine. " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

Le 1 avril 2010

Michel Onfray

Les grands riards

Depuis six mois Michel Onfray «décentralise» l'Université Populaire de Caen vers Paris, plus précisément au Théâtre du Rond-Point. Expérience positive, elle sera renouvelée la saison prochaine. Pour l'heure, il nous parle des philosophes qu'il préfère : ceux qui savent rire."L’histoire de la philosophie officielle aime les pisse- froids, les tièdes, les raseurs, les émétiques, les verbeux, les tristes figures, les barbants, les phraseurs. Nul besoin de donner les noms, la liste se superposerait à celle des auteurs officiels des programmes scolaires ou à celle des habituels totems universitaires. Or il existe une autre histoire de la philosophie, non officielle. Elle  n’est ni enseignée, ni éditée, ni traduite, ni diffusée, et pour cause : elle est subversive, elle défend le corps et la chair, le vin et les femmes, la vie et l’amour, la table et l’amitié, le théâtre et la poésie, le voyage et la musique, elle moque les puissants et rit des Princes, elle raille les honneurs et méprise l’argent, ces sucres d’orge des esprits bas. Dans cette liste dont l’origine remonte au VIe siècle avant l’ère courante, on ne trouve que les grands « riards » comme dit Montaigne qui en fait partie, à savoir : Démocrite et les matérialistes, Diogène et les cyniques, Aristippe et les cyrénaïques, Philodème de Gadara et les épicuriens, Carpocrate et les gnostiques, Quintin Thierry et les Frères du Libre Esprit, Montaigne donc, Cyrano et les libertins, puis une pléiade de mauvais garçons dont les derniers furent, après Nietzsche, Foucault, Deleuze et Guattari. Rire, voilà à quoi il faut philosophiquement tendre : rire des puissants et de leurs hochets, rire des politiques et des importants, rire des présidents de ceci, des roitelets de cela, rire des icônes du marché, rire du barnum télévisuel, rire des journalistes, ces demi-habiles qui jouissent d’un pouvoir sans contre-pouvoir, la définition de toute tyrannie, rire des sportifs, rire des philosophes en chambre, des penseurs en toc, rire des curés, de tous les curés, rire des dévots des religions, de toutes les religions, rire des uniformes, rire des partis, rire des uniformes, rire des écoles, rire des chapelles, rire du vulgaire de la plupart des comiques qui ne savent pas rire, rire des rubans à la boutonnière, rire des ministres, rire des professeurs qui n’aiment pas leur métier, rire, rire, rire….Et pour ce faire, philosopher en ayant présente à l’esprit l’invite rimbaldienne qui suppose « la philosophie féroce »…"Michel Onfray, philosophe, fondateur de l’Université populaire de Caen> l'Université populaire de Caen au Rond-Point

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