Et la terre trembla...
Je me demande quelle est la probabilité pour qu'un tel évènement se
produise: qu'un homme prenne la parole pour présenter sa justice et ayant à
peine prononcé trois phrases, que la terre tremble sur les plus hautes villes
du pays, s'attaque au Pentagone, le temple des armées, fasse exploser ses
canalisations, mette à l’arrêt, bloquant même ses systèmes de secours, la
centrale nucléaire de North-Anna en Virginie.
Il y a dans les anciennes mythologies des interventions divines de cette
nature, quand les devins scrutent le ciel et les éclipses. Et soudain au moment
de l’attaque, la terre tremble.
Certes, nous sommes matérialistes et ceci n'est pour nous qu'un tremblement
de terre force 5, 9, totalement inhabituel en ces contrées. Sans aucun rapport
avec aucun évènement humain.
Mais je ne le ressens pas ainsi.
Je crois que la terre en a ras le bol.
Ras le bol de l'homme, de ses compromissions, de ses mensonges, de sa
puanteur, de sa facilité de céder à l'intérêt.
Ce jour-là cet homme devait prendre la parole au nom de la justice. Mais
il ne prit la parole qu'au nom de sa carrière. Il présenta une femme qui avait menti face à un accusé qui avait menti,
hier et aujourd’hui, dans un pays où il y a un nombre insensé de menteurs, dans
la presse, dans les sphères boursières et gouvernementales, dans le monde d'une
justice qui s'offre avec impudeur à l'argent. C’est le pays où un staff
gouvernemental se fait photographier en prenant des airs effrayés quand il
regarde le dernier épisode de « Desperate housewives. »
Et la terre trembla…
Je crois qu'elle en a marre des mensonges des hommes, de la lâcheté des
justes et de la pourriture de leurs maîtres. De leurs intérêts et de leur
science sans conscience.
Marre de voir les cinq éléments suppliciés.
Les atomes explosés, la terre éventrée pour son sang noir, l’air chargé
de poison, l’eau, la plus pure des créations, la plus avilie, les pluies
charriant la mort sur tous les continents, elle la bienfaitrice, la porteuse de
moissons, désormais porteuses d’isotopes mortels.
Marre des dauphins étouffés du
pétrole de Louisiane, des saumons entassés dans des cuves, eux autrefois les
plus libres des animaux, des thons rongés de métaux et nous qui les mangions
parce que leur splendeur libre nous nourrissait, aujourd'hui abêtis et abrutis
par leur chair, nous sommes gavés des poubelles de nos industries.
Il pleut des oiseaux morts, les rivières, soudain sont débordantes de
cadavres.
Il n'y a pas de profondeur qui ne soit souillée, irradiée, poubelles
d'un profit aveugle.
Les coraux sont des champs de plastique à l'infini. Les neiges
éternelles sont des photos.
Et la terre trembla et le pyramidion de l'obélisque fut fissuré. Et des
flèches néo-gothiques de la cathédrale tombèrent.
L'ouragan Irène court vers New York....
Si j'étais DSK, je regretterais , vraiment, de n'avoir pas mis, ce
matin-là mon peignoir en sortant de ma douche!