La Régie
Publié le 07/05/2014

Enfants, fumez vos parents


Message à caractère playbicitaire

Annonceurs, décomplexez-vous ! Frappez au cœur ces intellectuels égarés, baladés au gré des vents contraires. Le temps qu’ils consacrent à lire, à se cultiver, à tenter en vain de combler leur irrémédiable “besoin de consolation” assis dans les sièges pourpres et mous de la culture en regardant gesticuler des saltimbanques à moitié homosexuels, est la preuve d’un profond désir de consommation. Offrez-leur la chance de retrouver enfin les sentiers lumineux de la convoitise, et la douce sérénité de la possession.  

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 9 septembre 2014 à 09:26

Il remplaçait les magazines dans les salles d'attente de médecins par des exemplaires récents

Troyes – Depuis plusieurs mois, des cabinets médicaux de la région de Troyes se plaignaient d’étranges agissements dans leur salle d’attente. Les magazines laissés à la disposition des patients étaient systématiquement remplacés par des exemplaires récents et intéressants à lire. Reportage. La police l’a interpellé, alors qu’il opérait dans le douzième cabinet médical, après une traque longue de plusieurs mois. « Nous avons reçu de nombreux témoignages, à la fois de patients et de docteurs qui étaient paniqués par ce qu’ils avaient vu et lu ». Amanda, une jeune fille qui avait rendez-vous chez son médecin raconte ce qu’elle a vécu. « Sur la table, à la place des Paris-Match, du Point et l’Express il y avait des magazines et des journaux récents, comme Humanoïde Magazine ou le Monde Diplomatique. J’ai cru m’être trompée de cabinet » explique la jeune fille encore choquée. Peu à peu une psychose s’est installée. De nombreux patients n’osaient plus voir leur médecin de peur de tomber nez à nez avec des magazines intéressants. Le jeune homme a raconté aux policiers son mode opératoire, achetant tout à fait légalement des dizaines de magazines et journaux récents et les posant simplement sur les tables. « Je voulais juste rendre service. Chaque fois que je vais voir le médecin, je me retrouve à ne lire que des dossiers sur l’immobilier ou le classement des villes de France de l’année passée. Je n’en pouvais plus » assure-t-il par le biais de son avocat. Dans l’immédiat, la police enquêtait sur une autre affaire trouble, cette fois à Paris. Des chauffeurs de taxi affirment ainsi qu’un mystérieux passager aurait  trouvé un moyen de changer la fréquence de leur radio, les empêchant ainsi de pouvoir écouter RMC durant tout le trajet de leur course.

Le 29 avril 2014 à 15:06

Travail, Famille, Freak Show

La question de la famille ne se poserait pas si l’homme était capable de subvenir seul à ses besoins. La question de la famille ne se poserait pas si l’homme pouvait, seul, s’en sortir. Or, à mesure que nous avançons dans l’Histoire, une minorité toujours plus petite devient toujours plus riche alors que la majorité de l’Humanité est plongée dans une misère de plus en plus grande. Que le jovial Pascal Lamy propose désormais d’accumuler les jobs en dessous du SMIC alors que les super-riches se sont encore enrichis jusqu’à l’obscénité ne doit donc étonner personne : cette « crise » n’est pas une anomalie historique, ce n’est pas une erreur ; c’est étudié pour ; c’est la règle stricte de leur monde infernal. Du coup, la zone de compensation, ou le service après-vente inventé par ce monde, a été la « grande famille de l’Etat » – un peu comme naguère la « grande famille du cinéma » – des maffias au sens le plus strict du terme : des « familles » de substitution, attendu que l’homme n’est toujours pas payé pour son travail (et il le sera de moins en moins) mais nourri de subventions en raison d’une allégeance qui le permet, en contrepartie, de travailler. Famille d’un côté, patrie de l’autre, pétainisme partout : nous sommes maudits ! « Tracas, famine, patrouille » disait Léon-Paul Fargue. Ou plutôt, il faudrait citer Groucho Marx en hôtelier devant les grooms non-payés de Coconuts : « Le salaire est la base de l’esclavage des prolétaires – et je veux que vous soyez libres. » Nous travaillons, mais nous ne sommes pas payés, nous appartenons, soit à la famille, soit à la patrie. Du coup, face à cette double impasse, il est temps de trouver une solution. Celle-ci est, et a toujours été, la Famille des Freaks, la « Tod Browing & Schlitzie Appreciation Society », la Parade des Monstres – l’Utopie. Aujourd’hui, il est impossible de regarder Freaks (1932) sans pleurer. Certes, nous avons déjà presque totalement perdus les monstres eux-mêmes, suite à un eugénisme scientifique strict qui ne dit pas son nom et qui, déjà à l’époque de Browning, se proposait de débarrasser les familles américaines de ces « êtres encombrants ». Nous avons perdu les hommes-limaces qui allumaient leurs cigarettes avec leurs lèvres, les sœurs siamoises qui jouaient ensemble de deux saxophones sopranos et surtout les pinheads androgynes microcéphales au langage mystérieux et qui se collaient contre vous pour un câlin protecteur. Mais nous avons surtout perdu ce qui les reliait, cette relation magique, au-delà de l’amitié, qui tient au sentiment d’étrangeté réciproque et qui devrait toujours être la source des amours humains. Nous avons perdus leur de la solidarité cosmique, leur espèce de rosicrucianisme d’opérette, leur maçonnerie bricolée de forains : « We accept you ! We accept you ! One of us ! One of us ! Gobble-Gobble ! Gobble-Gobble ! » En perdant les freaks, c’est nous que nous avons perdus. Nous avons perdu ce que nous avions de plus beau, de plus noble, de plus juste. Nous devons retrouver la solidarité des monstres, cette façon de ne jamais voir la Terre que comme un territoire hostile sur lequel les bizarres doivent s’entraider pour survivre. Nous devons recommencer à voir la Terre comme la route des pèlerinages de la parade des monstres et des forains, dont chaque lieu n’est qu’une étape et la géographie d’une épreuve, comme dans la série Carnivàle de Daniel Knauf (2003-2005). Plus que jamais, nous sommes pris en sandwich par une fausse gauche et une vraie droite, appels à choisir entre une fausse démocratie et une vraie dictature. Refusons ce chantage. Reconstruisons la Famille des Freaks ; notre famille.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication