Service Rond-Point
Publié le 14/11/2010

Soyez les premiers à découvrir la composition du nouveau gouvernement Fillon


La parité sacrifiée

Premier ministre : François Fillon.

Ministre d'État, ministre de la Pause, de la Continuité de l'élan, de la Révision des réformes et du Quinquennat : François Fillon.

Ministre d'État, ministre de l'Intérieur, de l'Immigration, de l'Identité nationale, du Tourisme et des Populations : François Fillon.

Ministre d'État, ministre de la Communication, de la Défense, de l'Armement, des Grands contrats et de la Moralisation de la vie publique, porte-parole du Gouvernement : François Fillon

Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fiscalité et des Affaires sensibles : François Fillon.

Ministre auprès du Premier ministre, chargé de la Justice, des Libertés, de la Parité, de l'Equipe de France, de la Culture, de la Presse et de l'Alimentation : François Fillon.

Ministre auprès du Premier ministre chargé du Travail, de la Retraite, du Bénévolat et de la Privatisation de la fonction publique : François Fillon.

Ministre auprès
du Premier ministre chargé de la Santé, de l'Énergie, de la Mer, de l'Outre-Mer, de la Pêche, de la Chasse et des Campagnes françaises : François Fillon.

Ministre auprès du Premier ministre chargé
des Relations avec le Secrétariat général de l'Elysée : François Fillon.




 

La rédaction de Vents Contraires se met en quatre pour résoudre les grandes énigmes du moment, vous offrir cadeaux & conseils, poser les questions qui vous préoccupent et y répondre à votre place. Bref le Service Rond-Point vous prodigue le service irréprochable auquel vous avez droit. 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 10 novembre 2010 à 18:11

"Le président de la République est le premier depuis Louis XIV à avoir soumis le budget de l'Elysée à l'appréciation de la Cour des comptes"

Henry de Raincourt, ministre des Relations avec le Parlement, Assemblée nationale, 9 novembre 2010

Si on y va par là, Matignon n’avait pas payé les sondages de l’Elysée depuis Colbert !  A la Cour des anachronismes déconnants, le sieur de Raincourt serait grand chambellan. A quelques jours d’un remaniement mieux vaut se faire bien voir, mais là il a tellement chargé le carrosse qu’il a fait crouler de rires les députés de l’opposition, lors de la séance des questions au gouvernement. Nicolas s’inspirerait donc de Louis en faisant viser ses dépenses par la Cour des comptes. Outre que cette dernière a été créée sous Napoléon, le côté mendésiste du Roi-Soleil était resté méconnu jusqu’ici. A commencer du Parlement de l’époque – qui votait les impôts – et auquel le jeune monarque asséna en début de règne : « L’Etat c’est moi ». Même ignorance du côté de Fouquet, superintendant des Finances, jeté au cachot pour avoir exhibé en son château de Vaulx-le-Vicomte de tels signes extérieurs de richesse que le Souverain s’en trouva humilié et décida alors la transformation du château de Versailles en Elysée somptuaire : « le Budget c’est moi » en quelque sorte. Cela coûta 100 millions de livres (un ouvrier gagne alors 12 sous par jour – une livre vaut 20 sous) mais ce n’était que 5% des dépenses militaires qui ruinèrent plus sûrement le pays. Nul Philippe Séguin pour ronchonner. La Cour passait avant les Comptes.

Le 12 juin 2010 à 10:44

« L'idée que je pourrais "dealer", entrer dans une manoeuvre avec qui que ce soit, est une idée enfantine ! »

François Bayrou, La Croix, 9 juin 2010

L’idée que François Bayrou se fait d’une idée enfantine a de quoi affoler dans les maternelles. Il viendrait naturellement à l’esprit des mioches, le commerce des substances opiacées et les roueries de la politique ! On les croit scotchés devant les Télétubbies,  ils lisent en douce Millenium ! A moins que l’évocation des noirceurs enfantines ne soit qu’une manière de masquer ses propres turpitudes, en l’espèce deux rencontres discrètes avec un Nicolas Sarkozy contre lequel il était entré « en résistance ». Le  régime n’en a pas été plus ébranlé que ça,  tandis que le capital de voix constitué par François Bayrou en 20O7 se dilapidait au fil des élections. Seul réconfort, Nicolas Sarkozy commence à faire une allergie au Nouveau Centre – les Iagos du Modem - depuis qu’un des siens a des démangeaisons présidentielles. Pour le président de la République en quête de réélection mieux vaut un centriste qui braconne à gauche, qu’un centriste qui déconne à droite. Pour le président du Modem un petit espace s’ouvre alors pour revenir dans le jeu de son ancien camp sans changer de maillot. Un enfant de cinq ans le comprendrait. Justement, François Bayrou a une trop haute opinion de son destin pour le laisser à portée des enfants. Une intelligence aboutie est demandée à quiconque prétend interpréter ses choix. Le Modem bientôt interdit aux moins de 18 ans ?

Le 23 septembre 2014 à 10:34

Le portefeuille porte-poisse

Lorsque Najat Vallaud-Belkacem a été nommée ministre de l’Education nationale à la rentrée de 2014, les grenouilles de bénitier se sont remises à coasser. Pas de quoi émouvoir la souriante impétrante qui en avait vu d’autres dans sa courte mais intense carrière ministérielle. Si l’on doit s’inquiéter pour elle, ce serait plutôt que ce ministère de toutes les écoles est de tout temps le ministère de tous les dangers. Celui dont on sait dans quel état on y entre, mais jamais trop comme l’on en sort. Bref, osons ce conseil aux ministrables à qui l’on propose le portefeuille d’y regarder à deux fois. « Ça va à l’école ? – euh, pas vraiment, M. le Président… Il ne resterait pas une petite place à la Francophonie ou aux Anciens combattants ? » Une fois installé 110 rue de Grenelle (siège parisien du ministère), le risque est de se retrouver en guenilles si l’on se lance dans de trop grandes réformes ou de passer pour un ramasse-miettes si l’on fait profile bas. A un ministre qui a fait sortir dans la rue profs, élèves et étudiants, succède un ministre chargé de les faire rentrer. Une exception en 1986. Sous le gouvernement Chirac de cohabitation, c’est le ministre délégué à l’enseignement supérieur, Alain Devaquet, qui présenta un projet de réforme instituant une (timide) autonomie des universités. Les manifs étudiantes d’une rare violence lui coûtèrent son poste 263 jours après sa nomination. Elles coûtèrent aussi la vie au jeune Malek Oussekine ce qui était nettement plus grave, et le premier ministre lui-même se charge d’apaiser les esprits en retirant le projet de loi mais laissant en place le ministre de l’Education nationale de plein exercice, René Monory. On avait bien compris qu’il ne servait à rien d’autre qu’à meubler la rue de Grenelle d’ici la présidentielle de 1988. Vincent Peillon, bien plus tard, tenta de repenser des rythmes et des méthodes d’enseignement que plus personne au monde ne nous envie, il ne dut son salut qu’à une fuite vers Strasbourg au Parlement européen, son successeur Benoit Hamon calma le jeu en échelonnant la réforme, mais au bout de 126 jours il se fit prendre dans un chahut politique dont il n’était même pas le meneur. Xavier Darcos, sous Sarkozy, s’était risqué à la semaine des quatre jours mettant en ébullition l’Education nationale, ce qui aboutit à l’exfiltration du susdit, remplacé par Luc Chatel qui, en trois ans, réussit à faire de sorte de ne laisser aucun souvenir de son passage rue de Grenelle. Chapeau l’artiste ! Dans cette configuration du méchant qui chamboule tout et du gentil qui rattrape le coup, Claude Allègre et Jack Lang font figure de duo incomparable sous l’ère Jospin à Matignon. Citons aussi Luc Ferry (c’était du temps de Raffarin), philosophe de métier qui faillit être lynché pour d’irrémédiables péchés dont le moindre n’était pas d’avoir mis son nez dans le contenu des cours de ses collègues, et auquel succéda pour un an le transparent Fillon (celui d’avant maintenant) chargé de recoller les morceaux. Au bout d’un an il passa le pot de glue à Gilles de Robien, centriste pondéré et social, lequel se prit malgré tout de plein fouet la vague anti-CPE de 2006. Jean-Pierre Chevènement avait succédé en 1984 à Alain Savary, victime expiatoire du « grand service public unifié et laïque de l’Education nationale » qui mobilisa comme jamais « l’Ecole libre » et que François Mitterrand enterra sans grand souci des sentiments de son ministre qui ne s’en releva jamais. On doit à son successeur – qui ne trouva pas de motif à démission durant les 608 jours de son mandat – le slogan du bac pour 80% d’une classe d’âge : la suite a montré que le problème était ailleurs pour un pays désormais à la traîne dans les classements internationaux de la performance scolaire. Au chapitre des réformateurs dépités, ne pas oublier Lionel Jospin. En 1988, il put ouvrir comme ministre les robinets budgétaires de la « revalo » des salaires enseignants : « il arrose le sable » ricanaient alors ses contempteurs à l’Elysée et à Matignon qui observaient que les réformes qualitatives ont continué d’être bloquées par les corporatismes maison. Et en plus il se prendra dans les dents une insurrection étudiante pour avoir voulu alléger leurs heures de cours… Après son départ en 1992, il entame une traversée du désert. Et par qui est-il été remplacé ? Par Jack Lang, déjà. En un demi-siècle de Ve République, on dénombre 30 ministres de l’Educations nationale (y compris N.V-B), soit un tous les 22 mois (et une tous les 30 ans !) Pourtant certains sont parvenus à durer et endurer. Ainsi François Bayrou (4 ans et 2 mois), à sa nomination bourré d’idées d’agrégé (lettres classiques), mais qui se mélangea les crayons dans une révision de la loi Falloux offrant au camp laïc l’occasion de prendre sa revanche sur « l’Ecole libre » en faisant descendre à son tour un million de personnes dans la rue. François Bayrou survécut en se montrant ensuite des plus coopératifs avec Monique Vuaillat, la secrétaire générale du puissant syndicat du second degré ( SNES) dont de mauvais esprits prétendent qu’elle fut de 1984 à 1999 la ministre-bis rue de Grenelle, voire la seule vraie ministre en certaines périodes. Le recordman de la durée rue de Grenelle reste Christian Fouchet (4 ans et 4 mois) mais son bilan des plus médiocres lui est retourné en boomerang quand, ministre de l’Intérieur, il se retrouva face à l’insurrection étudiante de mai 68. Son successeur, Edgar Faure prouva, lui, qu’on peut faire de grandes choses en peu de temps (343 jours) puisqu’il fit voter une loi d’orientation des universités approuvée par la gauche et la droite, intermède consensuel que tout le monde préféra oublier, notamment son propre camp qui torpilla ses velléités d’être candidat à la présidence de la République. On ne serait donc jamais meilleur ministre de l’Education nationale que quand l’on fait voter des réformes juste avant de prendre les jambes à son cou ? Le grand Jules Ferry en est l’illustration, lui qui occupa trois fois le poste, pas plus de deux ans d’abord et ensuite quelques mois à deux reprises. Il a néanmoins été l’architecte d’un enseignement public dont les grands principes perdurent, mais ses contemporains ne l’ont guère ménagé tant du côté de la droite boulangiste que de la gauche communarde. Et on instruit maintenant contre lui un procès mémoriel pour avoir célébré (au XIXe siècle) les vertus de la colonisation sur les « races inférieures. » Sic transit… Enfin il sera évoqué, pour mémoire, le destin tragique de Joseph Fontanet, centriste de bon aloi, assassiné le 2 février 1980 devant chez lui sans que l’on n’ait jamais su par qui et pourquoi. La police n’a pas retenu comme une piste sérieuse son passage au ministère de l’Education nationale entre 1972 et 1974.  

Le 22 novembre 2012 à 17:48
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication