Jeanne Lacland
Publié le 22/11/2010

Au bord de la Laponie, Andreas Eklöf et le silence nordique


Tant qu'il y aura du froid



Patterns for three pianos – in four parts - Andreas Eklöf


Le concert va commencer. Je dois jouer. Je voudrais aller jusqu’au silence, le capter, le comprendre, le donner. Comme le froid, le silence ne supporte que lui-même, un peu de rareté, et rien d’autre.
 
Glenn Gould y est arrivé. Il est monté au nord, au plus nord qu’il lui était possible par train. Il joue. Puis il ne joue plus, il ne joue plus jamais en public, il ne donne plus aucun concert, il ne fait qu’enregistrer. Mais moi, je viens d’ailleurs ; ma radicalité, je la place ailleurs. Et puis, j’en viens du nord, ce n’est pas lui ma seule matière à silence. Ma radicalité, elle est dans le Cd que je viens de donner.
 
Le concert va commencer. On se presse, on entre, on s’assoit. On est venu nombreux de Stockholm. Une personne lit en attendant. Elle est venue m’écouter jouer du piano, mais j’aimerais surtout qu’elle écoute le premier morceau du Cd.
 
Nor., c’est le nom de mon album. Je ne souhaite pas qu’il soit écouté en concert, ni même dans une grande pièce. Le son doit être réglé en médium. Dans le premier morceau, il y a trois pianos, il y a des pauses et des soupirs, et peu de notes. Alors, au moment où je pense que l’on commence à m’écouter, à écouter, à s’habituer à la musicalité, je fais silence, au milieu du morceau, j’éteins tout, j’arrête de jouer, j’arrête d’enregistrer. Même les sons de la pièce sont niés, je pense que l’on s’en rend compte, j’aimerais que l’on s’en rende compte. Un simple soupir n’aurait jamais suffi à donner le silence. Et je repars, dans la pièce, dans la pièce dans laquelle je joue, dans celle dans laquelle vous l’écoutez.
 
La personne a arrêté de lire, elle attend. Je dois commencer à jouer. Peut-être que je vais y arriver. Son attention va se porter sur les sons du piano, elle va se concentrer, ralentir, refroidir, elle va se crisper, s’intensifier. Peut-être que je vais y arriver, peut-être que pendant ce concert je vais l’emmener jusque-là, peut-être qu’il va être question de faire silence, de faire silence ensemble.
 

Je suis née sur un continent.Pour commencer, je pars. En mer. Je pars en voilier. Loin.
Je traverse une fois, deux fois.
D’autres fois.
Et je repars.
Je suis femme de pirate, de pirate du Nord.
D’autres fois, je ne suis pas femme de pirate. Je tente de prendre terre.
Et je repars, en mer, en voilier, loin.
Un jour, je touche l’extrême nord du Pacifique, jusqu’à la barrière de l’archipel des Îles aléoutiennes.
Et je passe de l’autre coté, au-delà du Pacifique, tout en haut.
À travers l’océan glacial arctique. Là où naissent les vents.
Là où la glace.Et je reviens. Congelée, surgelée, frigorifiée.

jeannelacland.unblog.fr

 

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Le 21 décembre 2011 à 12:13

Viktor Orban reprend sa fréquence à Klubradio, la seule radio d'opposition

Carte postale de Hongrie

Le site du Monde.fr nous apprend que l'unique radio d'opposition en Hongrie, Klubradio, a perdu sa fréquence après une décision du Conseil des médias, proche du gouvernement conservateur de Viktor Orban, a annoncé son directeur mardi 20 décembre au soir, à Budapest. "Je n'en reviens pas, je n'aurais jamais cru qu'une radio qui existe depuis dix ans, écoutée par un demi-million de personnes, puisse être traitée de telle sorte", a déclaré Andras Arato, directeur de Klubradio, dans une interview accordée dans la soirée à la chaîne de télévision commerciale ATV. Comme je vous en parlais en juillet dernier, la même Autorité de répartition des fréquences avait contraint la chaîne d'info à devenir musicale, pour qu'elle se taise. Ce à quoi la chaîne avait répliqué en chantant les news :En Hongrie l'autocrate Viktor Orban a muselé la presse d'une manière radicale : désormais journaux, télévisions et radios devront présenter un point de vue univoque, décalqué sur celui de l'agence de presse centrale – à sa botte.Mais Klubradio, une station d'info et de débats indépendante et très écoutée, résiste. Pour la museler, L'Autorité de répartition des fréquences vient de la contraindre à devenir musicale. Réplique immédiate de la station : les news en chantant.C'est la proposition qu'a faite à l'antenne Gyuri Kozma, caricaturiste politique, auteur d'une anthologie des cabarets hongrois, professeur de philosophie à l'université juive et vice-cantor dans une synagogue de Budapest.Klubradio : Tu proposes qu'on chante les news ?Gyuri Kozma (il chante) : Oui, il faut s'adapter à la situation politique Et si le gouvernement veut que Klubradio Devienne une station musicaleAlors il faut chanter au lieu de parler :Dans ce pays joyeuxLes membres de l'opposition joyeuseVont chanter joyeusementA l'heure des infos joyeusesKlubradio :Le pouvoir espère que Klubradio ne parviendra pas à respecter ces nouveaux quotas et qu'ensuite ils pourront fermer la station…Gyuri Kozma (chante) :Justement nous voilàOn va respecter leurs quotas!On peut très bien s'il le fautSe mettre à chanter les infos :Les Grecs vont se ramasser.Les Allemands seront détestés.Mais personne cette annéeNe quittera la zone Euro.Klubradio :Gyuri, peux-tu chanter la visite en Hongrie du chef du gouvernement chinois ?Gyuri Kozma (chante) :Josef Szajer et Gergely GulyasDeux députés membres de la majoritéOnt jugé inacceptable que l'OfficeDe l'immigration et de l'Identité NationaleAit convoqué tous les Tibétains de HongrieAvant la visite de la délégation de Pékin."La liberté de rassemblement est un droit primordial",Ont protesté les deux députés de la majoritéJosef Sajer et Gergely Gulyas.Klubradio :Et quelle a été la réaction de Viktor Orban après ça ?Gyuri Kozma (chante) :Viktor Orban a dit : "Bien sûr on peut manifester,  Mais je compte sur…"Klubradio :Attends tu ne changes pas de mélodie ? C'est quand même Orban qui parle !Gyuri Kozma (chante) :Est-ce que les présentateurs changent de ton quand ils citent des points de vue différents ? Moi je ne sais pas d'avance ce que je vais lire ! Mais bon pour toi je vais changer de tonalité…(il chante)"Bien sûr on peut manifester, Mais je compte sur les manifestantsLes objectifs de notre diplomatieNe doivent pas être compromis!"A dit au Parlement Viktor Orban Avant de la visite de la délégation de Pékin"On peut exprimer ses opinionsSans faire de scandale ni mettre le boxonCar la Hongrie a besoin de ces relations"A dit au Parlement Viktor Orban"Ces rencontres au sommetNe peuvent en aucun cas être dérangées"En collaboration avec notre chroniqueur de Gyugy (Hongrie) Janos Xantus

Le 9 novembre 2010 à 09:37

Au bord de la Laponie, Elin Larsson et la nuit polaire

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Le deuxième jour, la nuit. Elin Larsson monte sur scène, jeune et faussement fragile. Elle attend que le batteur soit en place, le guitariste aussi. Et elle envoie. Elle envoie tout. Parfois le trombone essaie de s’imposer, mais rien à faire, Elin Larsson est là, le plus prêt possible du micro, avec des notes rapides et précises, jouées avec la plus grande présence possible. Elin Larsson et personne d’autre. Elle absorbe tout, elle prend toute la place. Il est 14h30, nous sommes à Umeå, à quelques centaines de kilomètres du cercle polaire et de la Laponie, au bord de la mer Baltique. La salle de concert se remplie.La nuit n’a pas encore.Mais presque. Le froid non plus.Elin par contre.Elin Larsson parce qu’enfin, il est question de jazz, même en novembre, même à 62° de latitude nord. Il est donc question de basse, de batterie et d’instruments qui s’affirment, qui se combattent, s’affrontent. Elin Larsson est dans son instrument, cuivré, long, recourbé, elle est autre chose qu’une voie, autre chose que le silence ou la retenue. Il est 14h50. La salle est pleine, on est venu nombreux de Stockholm. Quelqu’un allume la lumière. Puis éteint.Elin s’arrête. Décontenancée. Puis la guitare, puis le batteur.Personne ne parle, personne ne bouge.Le silence est revenu.Le silence au nord de la Suède, dans une salle de concert. Elin s’approche du micro.Plus personne ne sait où il est, où il en est.Elin essaie de parler.Je.Je pense que c’est le moment pour Le ciel sombre.Le ciel sombre, celui qui va arriver dans quelques instants et ne plus partir pendant des mois.Elin laisse la guitare, la contrebasse et la batterie s’amuser, dans une musique blanche, adoucie, consolée. Elle les laisse jouer, à contre des jazz anciens, à contre des affrontements et des combats. Puis de conclure par un rire, de nouveau fragile, de nouveau humain.Le ciel sombre peut arriver. Il peut tout absorber. Il peut prendre place, il peut prendre toute la place. A écouter : Elin Larsson Set free.

Le 20 mai 2011 à 08:55

Au plus nord du continent américain #2

Tant qu'il y aura du froid

Ce que l’on voit, c'est d'abord la nuit dans ces images prises par une webcam posée dans les hauteurs de Barrow, village situé au plus nord du continent américain. Eben Hopson est né ici en 1922. > voir l’épisode précédent Eben Hopson ne comprend pas. Il n’a pas vingt ans, et cette fois-ci, il n’a pas demandé à partir de Barrow. Il est inupiaq, esquimau, indien, il n’a pas de droits civiques. Il s’est retrouvé dans un bateau, ce n’était pas le North Star, mais un bateau de l’armée américaine, de l’incorporation américaine. Direction Nome, toujours en Alaska, mais au-dessous du cercle polaire, au-dessous du détroit de Béring. Nome, une ville de chercheurs d’or, de crevards, de joueurs, de tricheurs.   Eben Hopson se rend chaque matin sur la base aérienne, la dernière base avant l’Urss. Il est là pour construire des avions, des avions russes. La guerre n’a pas commencé, alors les Américains et les Russes commercent. Eben Hopson ne comprend pas. Il est encore chez les Inupiat, en face, de l’autre côté du Détroit, des Tchouktches doivent subir le même sort, un peu plus au sud, ce doivent être des Aléoutes, des nomades, éleveurs de rennes, chasseurs de morses, amateurs de viandes crues, ne demandant rien à personne. Eben Hopson fait ce qu’on lui dit. Les Américains et les Russes entrent en guerre. Il fait ce qu’on lui dit, il embarque sur un autre bateau pour la guerre des mille miles dans l’archipel des Aléoutiennes. Au moment du bombardement d’Unalaska par les Japonais, il n’est pas loin. Quand les Américains déportent les Aléoutes dans des camps sans eau ni chauffage au centre de l’Alaska, il n’est pas loin. Quand, ils pillent les maisons, tuent les phoques sans raison, s’amusent à la chasse au phoque, il est là.La guerre se finit, Eben Hospon fait ce qu’on lui dit, il reste à Nome pour installer les radars contre les missiles balistiques russes. Il est un soldat accompli, l’Amérique a besoin de lui, il ne rentrera à Barrow qu’en 1946.

Le 11 novembre 2015 à 08:38
Le 12 août 2010 à 10:00

Toujours au-delà : le froid

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Mon nom est Claude-Achille de Bussy, mais au conservatoire, ils m’ont appelé Claude Debussy. Ce n’est pas tellement que je ne supporte pas les règles, les codes, les conventions. Je les traverse pour mieux m’en défaire, pour mieux les dépasser. Ce n’est pas tellement que j’entretiens mon image d’homme étrange. Ce sont mes pièces qui sont étranges, pas moi. Cela n’a même rien à voir avec mes pièces, c’est juste qu’il faut un petit temps pour s’habituer à l’étrangeté. J’aime aussi les mots mystère, intériorité, lointain et parfois même incompréhension. Les mots s’arrêtent trop vite, même s’ils sont bien plus nombreux que les quelques notes dont je dispose pour écrire un opéra. J’aimerais bien écrire un opéra. Comment faire ? Je ne sais pas encore, je vais voir. Il n’y a aucun concept dans mon écriture, je n’ai que faire des questions intellectuelles, je ne cherche que l’immédiateté d’une sensation pour qu’elle s’évapore seule, apaisée, reposée. Je m’appuie sur un ensemble de régulations intimes, denses qui me permettent d’aller plus loin, vers d’autres strates musicales. Je cherche, je me heurte, j’écris, je réécris, je m’arrête et je repars ailleurs, parfois, je ne fais rien, j’attends. Je sais que mes désirs ont des routes longues et tenaces et des chemins qui s’explorent à mon insu. Un jour, je tombe sur Pelléas et Mélisande, écrit par Maeterlinck. Est-ce parce que les personnages sont dans un pur état de folie ? Est-ce parce que Maeterlinck me donne toute latitude pour maltraiter son texte ? Je vais écrire un opéra. Des années, des années durant, je coupe, je taille, je relègue le texte, je mets en avant la musique, ou l’inverse. Pendant dix ans, je cherche, je me heurte, j’écris, je réécris, je doute. Je ne doute plus. Je me défais, je me répands, je saisis, j’apaise, j’apaise encore. J’invente le silence, du silence, le mien. Mélisande meurt, j’ai fini, j’ai écrit un opéra.  GOLAUD. Quel âge avez-vous ? MELISANDE. Je commence à avoir froid. Pelléas et Mélisande, I, 1.

Le 6 août 2013 à 07:58

Le boa aime le beatbox

Carte postale de Naplouse

Il a fallu en douce tirer l'électricité depuis le village jusqu'à l'amphithéâtre romain, et croiser les doigts pour que le concert ne soit pas interrompu manu militari. C'est que le village et les ruines qui l'entourent se situent en zone C et sont donc sous contrôle israélien. La fête de la musique durera dix jours en Palestine mais ce concert, annoncé dans le programme officiel, pourra-t-il se dérouler sans être interrompu ? Tout le monde ici l'espère, et surtout celui qui a organisé cet événement, le compositeur et violoniste Ramzi Aburdwan, fondateur de l'école Al Kamandjâti à Ramallah. Musique arabe en première partie, avec des instrumentistes et un chanteur issus de l'école. Puis ce sera nettement plus hip hop, car Ramzi a invité ses copains Ezra et Los, champions d'Europe de beat-box – vous savez, ces musiciens qui prononcent à une vitesse hallucinante "tchiki tom tom" la bouche collée contre un micro et vous font croire qu'un DJ ou qu'un orchestre entier est sur la scène.Ramzi Aburdwan ? Sa photo a fait le tour du monde quand il avait huit ans, vous l'avez certainement vue : un  gamin haut comme trois pommes en train de caillasser les troupes de Tsahal. Et une autre bien des années plus tard, où Ramzi a troqué ses cailloux contre un violon : en écho au solo de Rostropovitch devant le mur de Berlin en 1989, il joue devant le mur de séparation édifié en plein territoire palestinien par l'occupant. La sono est prête, le soleil a glissé derrière les collines, un petit vendeur s'est posé sur le chemin longeant l'amphithéâtre avec un caddie débordant de melons... le concert commence sans attendre que le public ait fini de s'installer sur les hautes marches de pierre : gosses des villages suivis par leurs mères et grandes soeurs, quelques élégants venus de Naplouse, vieux en keffieh et grand-mères qui préfèrent s'asseoir derrière l'orchestre. Arrivent enfin les jeunes gars du coin, entourant Khaled aux épaules chargées d'un lourd fardeau : un boa constrictor de deux mètres, que tout le monde vient caresser. C'est l'attraction pendant un moment. Puis le boa, le maître et ses lieutenants prennent place sur les gradins de pierre antique. L'orchestre est ovationné. Les beat-boxers vont faire un triomphe. Pas de colonies de peuplement au sommet des collines en face. La lumière baisse doucement. C'est la liberté. 

Le 11 novembre 2010 à 15:43

Les oiseaux

Chroniques de mon jardin à moi

Dans mon jardin à moi, il y a des oiseaux. C’est écrit « Propriété privée », à la porte de mon jardin mais ils s’en foutent, les oiseaux, de la propriété privée. Ils ont dû lire Marx et Proudhon, les oiseaux de mon jardin. Ils picorent les insectes de mes rosiers, ça c’est plutôt bien. Ils picorent mes cerises au printemps, ça c’est franchement agaçant. Un coup de bec par cerise, pas deux, un, un seul, rien de plus, histoire de bien saloper la récolte. Jamais ils ne les finissent. Les oiseaux, ils chipotent, ils gâchent, ils ponctionnent à droite à gauche, ça leur plait de détruire la moitié des fruits. En plus ils commencent par celles du bas, celles qui sont accessibles. Et ils attaquent dès six heures du matin ! C’est courageux, les oiseaux. A la fin, il reste plein de cerises en haut, intactes, rouges, appétissantes… mais inaccessibles. Et les oiseaux, eux, ils s’en foutent, ils sont déjà partis chez le voisin faire les mêmes dégâts. L’hiver, Il n’y a plus rien à becqueter pour les piafs, je les regarde se dandiner sur place, battre de l’aile, soulever les feuilles, fouiller les bosquets, visiter les buissons. Et pépier de leur ridicule petit gazouillis. Ils crèvent la dalle. Parfois ils lorgnent vers le sommet du cerisier, ils pensent aux belles cerises qu’ils ont laissées intactes et qu’ils aimeraient tellement bouffer maintenant. Ils regrettent de ne pas avoir de congélateur pour faire des réserves, les piafs. Alors je descends leur mettre des graines dans une mangeoire. Et c’est tout de suite la folie. Je les regarde se battre pour attraper les meilleures graines. Je les regarde se gaver, devenir ronds, dodus et gras. Je les regarde tout en caressant mes chats. Puis je soulève la chatière et je dis : Allez, à table les chats, servez-vous !Illustration : Black bird suite, huile sur toile 200 x155, Jean-Loup Martin-Melville

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