Javi Poves réinvente le hors jeu
Carte postale d'Espagne
Il y a quelques jour, Javi Poves n'était encore qu'un joueur de football anonyme. Evoluant au sein du Sporting de Gijón (Espagne), il n'avait porté que 10 minutes en tout le maillot de l'équipe. Il ne s'était pas non plus rendu célèbre pour ses exploits sportifs ou son salaire mirobolant. Pourtant il est aujourd'hui sur le point de devenir une star.
Ce qui a propulsé la notoriété de Javi Poves c'est sa décision de raccrocher les crampons pour rester en accord avec ses convictions. Le quotidien La Nueva España qualifie même de "tsunami" la déferlante que ses déclarations tonitruantes ont
provoqué sur les réseaux sociaux. A mille
lieues de l’image traditionnelle du footballeur professionnel au QI atrophié et uniquement préoccupé par sa carrière et ses intérêts financiers, Javi Poves a décidé de fuir un milieu du
football qu'il décrit dans plusieurs interviews comme pourri et mortifère, gangréné par l’argent, endormant délibérément
les citoyens pour annihiler tout risque de révolte.
Ni communiste ni anarchiste, à la limite anti-système, Javi
Poves est plus radical qu’un
Cantona qui incitait il y a quelques mois les épargnants à retirer leur argent des banques
avant de prêter son image à une nouvelle campagne publicitaire.
Mais celui qui aurait pu devenir le porte-étendard des jeunes indignados
espagnols ne se reconnaît pas non plus dans ce mouvement qu’il juge créé par les médias
pour canaliser le mal-être et pour empêcher qu’une étincelle devienne
dangereuse et incontrôlable. Il rejette tout lifting du
système capitaliste et appelle à un changement radical. Pour le moment, le jeune homme envisage de reprendre des études d’histoire, et souhaite lire et voyager pour mieux comprendre le monde.
Atypique, anticonformiste et irrécupérable, il est malgré tout en passe, même s’il s’en défend,
de devenir une icône.