Special Guest
Publié le 26/11/2010

Catherine Hiegel fume pour soutenir les paysans


extrait de "Monsieur Monde", de Jean-Michel Ribes

Hiegel
      Partager la vidéo 
Monsieur Monde est un gardien de prison radieux dans un pays radieux cousin de la Corée du Nord. Monsieur Monde est aussi le titre d'un monologue écrit par Jean-Michel Ribes, le monologue d'un gardien de prison radieux dans un pays radieux cousin de la Corée du Nord. Monsieur Monde fume par nationalisme. Monsieur Monde est assez monstrueux dans son genre, d'ailleurs son "Portrait de monstre"  a été lu par Catherine Hiegel, monstre sacré du théâtre, au Rond-Point sous les caméras d'Arte Live Web. En voici un bref extrait

> la lecture intégrale sur Arte live web
, avec des Portraits de monstres de Philippe Minyana, Pierre Notte, Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes
Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

Plus de...

Catherine Hiegel

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 25 août 2015 à 16:10

Perdu dans Tokyo #4

Journal de l'auteur associé au Théâtre du Rond-Point

23 aoûtLes méthodes Le type de FamilyMart m’explique que je dois rejoindre la file d’attente. Faire le tour, par derrière. Il répète la même chose, de plus en plus gentiment, plus de douceur, s’excuse de se faire si mal comprendre. Il est désolé, je dois faire ma tête d’ahuri souriant. Il s’excuse encore, je finis par comprendre. À la réception de l’hôtel, un Américain veut savoir où se trouve la salle du petit déjeuner japonais. Il parle en anglais, se répète. Le réceptionniste ne comprend pas, l’Américain s’énerve de ne pas se faire comprendre, devient agressif, parle plus fort, articule davantage, hausse le ton. Méthodes divergentes. Des passants. Un occidental massif, tee-shirt et short kaki, roule à bicyclette sur une quatre voies. Il pédale avec une prothèse en acier, genre futuriste. Unijambiste. Je croise un japonais en chemisette blanche et pantalon noir, comme tous les businessmen du quartier, qui mesure plus de deux mètre dix. Un peu voûté, dans une foule où la taille moyenne doit être d’un mètre soixante. Deux russes colossaux marchent autour des deux tours de l’hôtel de ville de Shinjuku, deux mètres chacun, un mètre de large, barbus, voix forte, les passants qu’ils croisent passent pour des maquettes. Le plus étrange ici, c’est qu’en apparence, personne ne regarde personne. Jamais. Un japonais baraqué, un mètre cinquante, mauvaise humeur, me rentre dedans, brutal, sans se retourner, quand je le croise sur un trottoir sur lequel j’ai oublié d’occuper la bonne bande. Il grogne, pas de regard. Workshop. Dernier jour, présentation de l’atelier. Kenichi Shinomoto et Hyo Hirota accueillent les universitaires, intervenants. Masaru Hirayama est venu, il a mis en scène depuis dix ans au Japon quatre de mes pièces. Je lui rends hommage. L’équipe de Moi aussi je suis catherine deneuve est là. Des étudiants, des comédiens, des amis. On présente les exercices, les scènes travaillées cette semaine. Une heure d’une vraie jolie proposition très maitrisée par les stagiaires, avec enchaînements, chansons, solos, chœurs. Le décalage, le tragique loufoque, l’incarnation des monstres ordinaires, la catastrophe. Figures humaines et inhumaines, les murs à faire tomber, jouer le contraire de ce qu’on dit, donner du corps, de l’énergie, faire jaillir quelque chose plutôt que rien, la vie inextricable. Le beau travail, je suis fier, heureux. Les comédiens japonais de Moi aussi je suis qui vous savez se poilent devant l’ensemble, ils connaissent l’univers, comprennent tout ce que les deux universitaires regardent en fronçant des sourcils épais, ils étudient. La présentation est suivie de la conférence, traduite par Fumiko, professionnelle et amicale. You, à mes côtés, complète, développe. Les deux universitaires font des petites grimaces avec la bouche. J’évoque la nécessité impérieuse, la question de vie ou de mort qui doit saisir le comédien sur le plateau. Une étudiante s’endort, glisse de chaise, se relève, se rassied. Il ne s’est rien passé. Je poursuis. Je vais au bout du machin. Le théâtre du Rond-Point, son histoire, son actualité, son patron, sa vitalité. Les auteurs vivants, les écritures, les couleurs. On évoque encore Charlie Hebdo, la culture, l’éducation. Les universitaires commentent, l’un évoque ses traductions de Jacques Brel, et l’autre la nécessité des ateliers dramatiques dans les écoles japonaises où les violences se multiplient, agressions que le théâtre et sa pratique peuvent juguler. On est tous d’accord, tout va bien. Excellente séance, épuisante. C’est fait. On plie.  Dîner. Shinomoto et Hirota nous emmènent dans un sous-sol, genre restaurant traditionnel. On enlève ses chaussures, on s’assied autour d’une table basse, jambes sous le plateau. Tout le monde est là. Nouvelle fête. Comédiens heureux et fiers, moi itou. On mange du raisin de mer, algues fines. Beignets de crevettes, raviolis chinois, salades de tofu, carrés de poulet frit. Je fais tomber des petits haricots par terre. Je comprends que je ne suis pas le seul, que c’est la vie, que c’est comme ça. On boit des bières. Et tout le monde se présente. J’étais persuadé que le groupe était déjà formé. Quand je suis arrivé le premier jour, tous s’exerçaient déjà ensemble, comme s’ils avaient participé à des multitudes d’expériences semblables. J’avais pensé que tout le monde se connaissait, et parfaitement. L’entente semblait évidente. Mais l’un vit à Londres, une autre à Kyoto, l’autre travaille dans une troupe professionnelle de théâtre conservateur, une autre est free lance, une autre metteuse en scène reconnue, une autre travaille en amateur. En réalité, personne ne connaissait personne. « Typiquement japonais » dit You. Le bar. Fin de soirée dans un bar en hauteur. On enlève encore ses chaussures, disposition traditionnelle du mobilier, des matériaux et des couleurs. Innovation tokyoïte, on commande par une tablette électronique, et les serveurs se radinent avec boissons, haricots, nouilles frites. Autour de la table, on fait le compte, la plupart des femmes sont célibataires. Pour d’autres, impossible de savoir. Mais dans l’ensemble, seuls deux hommes sont mariés, l’un avec un new-yorkais à Londres, l’autre avec un parisien à Paris. Quelques heures plus tard, il est minuit au Châtelet et cinq heures à Uneo. Brice dîne dans un restaurant parisien irréprochable, quand il aperçoit une petite souris. A Tokyo, peu de pigeons. Mais j’enjambe un rat écrabouillé sur l’une de mes routes sans trottoir.  

Le 30 août 2011 à 10:00

"René l'énervé", facétie musicale et opéra tumultueux

Entretien avec Jean-Michel Ribes #1

"Depuis 2007, j'éprouve un malaise qui ne diminue pas" dit Jean-Michel Ribes en parlant de notre gouvernement. Pour en finir avec cette nausée, il a décidé de la transformer en farce joyeuse : un opéra bouffe mis en musique par Reinhardt Wagner, qui débute le 7 septembre prochain au Théâtre du Rond-Point. Un éclat de rire de résistance "face à l'affaissement du langage, au dénigrement de l'esprit, à cette agitation immobile dont la médiocrité nous étouffe". Quand vous tourniez Palace ou Merci Bernard, le mot d’ordre était : « Tout, sauf l’actualité ! ». Et jusqu’ici, on vous trouvait plutôt du côté de l’absurde, rarement vers la satire… C’est vrai que jusqu’ici, ma manière de me moquer du monde ou des étouffements de la société passait par l’absurde ou le non-sens. A l’ombre des dadaïstes, je m’efforçais de dynamiter l’esprit de sérieux à sa racine. René l’énervé s’approche beaucoup plus d’une réalité visible. Cela vient du fait que depuis plusieurs années, je ressens un malaise face à la gouvernance de notre pays et de la politique en général. Avant que cela ne se termine en aigreur, j’ai préféré tenter de le transformer en farce joyeuse. Un rire de résistance en chansons. De plus, j’ai une passion pour l’opéra bouffe où l’entrain et la légèreté emportent tout.   À la lecture du titre, René l’énervé, c’est au chef de l’État que l’on pense. Est-ce qu’on se trompe ? On doit plutôt penser à l’univers politique dans son ensemble, qui a été coloré par Nicolas Sarkozy. Car la force du Président de la République est d’avoir non seulement bouleversé la façon de faire de la politique, mais d’avoir transformé aussi son opposition, et toute la classe politique ! Le Sarkozysme, ce n’est pas uniquement Nicolas Sarkozy. C’est une sorte de contagion de lui-même qui envahit l’ensemble des politiques. Une mise en coma agité de la société ! C’est la raison pour laquelle cet opéra bouffe met en scène aussi bien un conseiller nommé Hurtzfuller qui aime les Arabes quand ils ressemblent aux habitants du Cantal, un ministre des hautes frontières, un autre de la prise de sang, mais aussi les opposantes Ginette et Gaufrette, des philosophes nouveaux, as du cerveau s’il en est ! Des écolos bio bio et encore bio, et bien sûr le parti montant des « Cons de la Nation »… C’est une galopade rigolote qui traverse le barnum politique en perpétuelle parade.   Propos recueillis par Pierre Notte

Le 14 juillet 2015 à 11:19

« Où sont les femmes ? »

C’est une question très technique qui plonge mes compétences dans un abîme de confusion puisqu’il faut d’abord s’entendre sur le sens du mot femme. Même si au cours de ma maigre expérience j’ai eu l’occasion d’en fréquenter pendant les soirées dansantes ou autres fantaisies vétérinaires, je ne peux décemment pas prétendre savoir ce qu’est une femme et encore moins dire où elles se trouvent. Néanmoins, puisque j’ai accepté de me prononcer sur cette question publiquement, mon intégrité ne peut se contenter d’une réponse fumiste et je vais tâcher de m’en sortir par l’habile pirouette de la culture. Au gré de mes lectures, j’ai pu observer que les femmes sont ainsi faites qu’elles se cachent pour vieillir. En revanche, lorsque sonne l’heure de l’apéro, elles ne sont pas les dernières à se damner la cuisse pour un bon Mercurey. Dans certains manuels de bricolage, on souligne que les femmes sont habiles à la carabine du fait de leur sens pratique en matière de composition florale. Les femmes travaillent dans des bureaux roses, sont carmélites ou pompiers volontaires. On en trouve parfois recroquevillées sous une auto bon marché dans l’espoir qu’un jour meilleur vienne balayer leur mari hors du véhicule. Quelques autres préfèrent vivre en meute, (« entre femmes » dit-on pudiquement) ou d’autres encore lisent des poèmes d’avant-garde. La rumeur populaire raconte que seule la femme peut enfanter et cuisiner un couscous mais quelques auteurs brillants prouvent modestement le contraire. Dans la plupart des grands classiques littéraires qui peignent la nature des femmes, j’ai relevé un goût farouche pour la couleur beige, les gros nibards et les contrepèteries infantiles. Au détour de mes meilleures lectures à ce sujet, j’ai pu examiner que quelques femmes s’adonnent à la vie avec une fureur mêlée de poivre et de distance qui confère à leur existence un caractère rudement sexy. D’autres par contre, portent le poil nu et ras, à l’instar de ces petits chiens hideux que l’on s’arrache sur le marché boursier. C’est tout ce que je peux vous dire à ce sujet. En attendant le silence, je vous propose d’alimenter cette brève réflexion à l’aide de quelques ouvrages de référence sélectionnés pour l’occasion. Bien à vous, Nicole

Le 3 janvier 2017 à 17:40

Jean-Michel Rabeux et Claude Degliame : Aglaé s'en fiche qu'on ait fait un spectacle sur elle

L'auteur et metteur en scène Jean-Michel Rabeux et la comédienne Claude Degliame ont tiré leur spectacle de leur rencontre inespérée avec "Aglaé", prostituée ayant dépassé les soixante-dix ans, toujours en activité, qui défend avec une morgue aristocratique la liberté avec laquelle elle a toujours exercé son métier. Jean-Michel Rabeux – Aglaé nous a fait taire en fait. Nous sommes sortis de chez elle joyeusement, stupéfaits d’une liberté de parole qui racontait une liberté de vie. Elle revendique son destin, elle s’amusait beaucoup à nous le raconter. Liberté est un de ses mots. Certains autres de ses mots sont beaucoup plus crus. J’ai beaucoup coupé, mais pas pour l’amadouer ou la trahir. Je n’aimerais pas du tout trahir cette femme. Son humour, sa causticité, son intelligence, mais aussi sa générosité, son amour pour ses clients, enfin, certains, sa profondeur humaine, nous ont réjouis. Nous sommes sortis de chez elle revigorés. Aussi par son intransigeance, ses emportements terribles contre les maquereaux ou les lois, qu’elle met un peu dans le même panier.   Aglaé c’est une Dame, avec majuscule, c’est le mot qui nous est venu. Une aristocrate. De Sarcelles, mais une vraie, pas par le sang, par l’altitude. Une que l’avis de la société sur sa pensée, sur son mode de vie, laisse de marbre, elle se met d’ailleurs assez aisément hors-la-loi. C’est une qui diffère. Elle nous a plu pour ça, elle diffère. Ce n’est pas tant son métier qui nous a retenus, c’est sa différence. Je le dis vraiment sans provocation, la personne à qui elle nous a fait le plus songer est un mathématicien de haut niveau de nos amis. Lui aussi est ailleurs de nous, il est autrement.   C’est cette différence qui, outre sa drôlerie, son humain trop humain, en fait un personnage de théâtre : elle n’est pas « normale », pas dans la norme. Ça non ! Phèdre non plus. Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit Aglaé, loin de là, mais c’est peut-être ce désaccord qui nous a fait tenter le plateau. Elle sait des choses que nous ne savons pas, elle les sait avec son corps, c’est, à bien des égards, difficile de se mettre à sa place. C’est pourtant exactement ce que Claude Degliame va faire, tenter de faire, se mettre à sa place, prendre sa place, pour vous faire ressentir ce que nous avons, par elle, ressenti. Avec émotion nous vous présentons cette Dame, pour qu’il soit rendu justice à sa forme de liberté. Il y a, socialement, politiquement, débat déchaîné sur son métier. Ça ne nous intéresse pas, en tout cas pas ici. Ici c’est l’humain qui nous intéresse. Il n’y a humainement pas débat : Aglaé est une grande, très grande personne. Grâce soit rendue à sa vie de chien !

Le 25 juin 2010 à 16:07

Les Festivals recommandés par ventscontraires.net

Tout ceci est absolument véridique

Si, ayant suivi l'avis de Jean-Loup Chiflet, vous passez l'été replié loin des festivals et que soudain la démangeaison culturelle vous reprenait, voici un florilège de festivals triés sur le volet par la rédaction de ventscontraires.net :Enghien a son festival de la carte postale. Rouen le festival de la Brouette. Louiseville celui de la Galette. Les journées de la Harpe sont à Arles. Le festival de la Photo de Montagne est à Pralognan. Le festival de la Voix au Pays de Dieulefit. Le festival de la Parole de Dieu au Parc des Expositions de Caen. Le festival national des Robots à Mantes-la-Jolie. Et celui des Fées à Saint-Pierre-en-Vaux. Il y a festival de la 111ème Rosière de Pessac. Il y a le festival de la caricature « Les Humouroïdes » à Corcoué sur Logne. Tauxigny a le festival de la Contemplation. Condom a le festival de Bandas. Le Val d’Argent celui de la Soupe. Sans oublier le festival international de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.Sainte Enimie en Lozère a la BD médiévale et pseudo-médiévale. L'Université Nice Sophia Antipolis a le festival de la Quatrième dimension. Paris a son festival du Thé. L’île de Groix le festival international du Film insulaire. Le festival du Mot est à la Charité sur Loire. Les Globe-trotters à Massy. Les Jeunes Auteurs à Saint Geoirs. Le festival des Carnets à Brest. Et si rien de tout cela ne vous attire, ou si vous ne n'avez pas le cœur de sortir du bled où vous avez votre tanière, pourquoi ne pas y lancer vous-même votre propre festival ? Besoin d'une idée ? Lancez le festival le plus bref de France et du monde – il ne durerait que quelques minutes ou secondes – nommez-le "festival du B.R.E.F." (Brèves Rencontres sur l’Expression Fragmentaire), appelez sans attendre le maire du coin...

Le 10 avril 2017 à 09:52

Jean-Daniel Magnin : "Dans un canard", les influences

Ses pièces ont été jouées au Festival d’Avignon, à la Comédie-Française. Avec "Dans un canard", il écrit et met en scène une comédie grinçante qui épingle la drôle de catastrophe de la société du travail, ses dérives, ses failles, ses pièges, sa folie. Jean-Daniel Magnin — J’ai eu la chance d’avoir exercé trente-six métiers parallèlement à ma vie d’écrivain de théâtre, à tous les échelons et dans tous les secteurs. Mais c’était avant la mise en place de cette méthode de domination appelée  le benchmarking, avec ses coachs-évangélistes, ses autoévaluations mutilantes, la recherche de la qualité zéro  défaut qui contrôle, compresse et parfois tue. Si vous désirez en savoir plus, et si vous avez les nerfs solides, regardez sur le Net la formidable série documentaire La Mise à mort du travail de Jean-Robert Viallet, et aussi les analyses accablantes du psychiatre du travail Christophe Dejours.    La leçon que j’en tire ? La pièce campe un monde où les revendications syndicales, la défense des droits sont  oubliées ou perçues comme obsolètes. C’est la maladresse du héros qui va provoquer des catastrophes et révéler la souffrance de chacun au sein de l’entreprise. Je ne suis pas optimiste quant à la résistance possible dans le  monde du travail, mais je crois à une chose qui grippera à un moment ou un autre la machine, une chose qui réside au fond en chacun de nous : la paresse et la lâcheté, un peu comme autrefois dans le monde soviétique...  Cette pièce n’est pas un constat ni une leçon sur notre rapport au travail, mais plutôt une vision tendre et comique qui va contribuer, je l’espère, à nous rassembler un instant autour de cette question. Qu’est-ce qui est pire ? Travailler, ou ne pas travailler ? Je ne pense pas que la question soit celle du travail, mais plutôt celle de l’emploi. Dans le monde sans emploi et automatisé en train de se mettre en place, tout un chacun devrait pouvoir s’adonner sans souci à l’activité  qui le motive et le fait grandir. Qu’il s’agisse d’art, d’engagement associatif, de bricolage ou d’agriculture,  peu importe. Il faut regarder vers les pays qui commencent à mettre en place un système de revenu garanti  minimum, et considérer l’émergence croissante d’initiatives expérimentant une économie contributive qui  permettrait à chacun de se responsabiliser sur ces questions...    > en partenariat avec theatre-contemporain.net

Le 2 août 2013 à 08:32

"Vous êtes tous des auteurs dramatiques"

Cet été j'écris une comédie puis une tragédie ! Jean-Michel Ribes vous tient la main

Il n'est plus admissible aujourd'hui, alors que la lune est à portée de la main, que l'on guérit et comprend tout, que vous ne puissiez écrire une pièce de théâtre - simplement parce que vous n'êtes ni doué, ni créatif, ni inventif. Nous vous proposons un certain nombre d'éléments qui vous permettront aisément d'écrire un drame ou une comédie, sans avoir un instant recours au talent que vous n'avez pas.20 personnages au choix :- Le Roi - Madame Andrée - le fils - le conseiller - la mère du conseiller - Jean-Claude - Michel son demi-frère - le capitaine de la garde écossaise - Andromaque - Andromaquette - Monsieur Peyrol (peut être anglais ou grec) - le jardinier - saint Antoine - l'Homme qui revient - Hermione - le chanteur musulman - Madame Sardine - Périclès - Richard III du Portugal12 répliques au choix et quelques rimes :1/ Bonjour2/ Tu sais, Michel, si tu continues...3/ La mer tout entière enragée t'emportera jusqu'au port.4/ Je vous rappelle que c'est ma femme que vous aimez.5/ Oui! Oui!6/ Si vous dites demain, je suppose que vous avez vos raisons!7/ Madame, s'il vous plaît... il faut qu'à petits coups de hache je me détache de vous... (Peut être utilisé au masculin en remplaçant "Madame" par Monsieur".)8/ A quelle heure tu rentres (ou "rentres-tu" si on préfère) Jean-François?9/ Juste te regarder sourire, et puis fermer les yeux, et puis t'aimer doucement au fond de moi...10/ Madame, fuyez, le Roi est hors de lui. (A dire essoufflé.)11/ -Hector? Je pensais que vous vous appeliez Alain?12/ Je pense que c'est mieux ainsi Simone, le mensonge n'a pas d'issue. (Si on est gêné par l'allitération ainSi Simone, on peut appeler Simone Bernard.)Pour ceux qui seraient tentés d'écrire une œuvre dramatique en vers, voici quelques rimes :A/ Pain, vain, matin, Simonin, alors, hein!?, cabotin, chien de chasse (enlever "de chasse").B/ Bateau, allô, pas beau, caraco, San Francisco, bateau (attention, très utilisé), Dario Moreno.C/ Chandernagor, changer de bord, alors, tribord, totor, Salvador, bague en or, cors de chasse (enlever "de chasse").4 idées de décros au choix :- la Place Saint-Marc à Venise;- la salle de bains de la fille du personnage principal;- une partie de chasse (enlever "de chasse");- un magasin de canapés.6 intrigues au choix :1/ Le père de Jean s'aperçoit qu'il est norvégien. L'avouer, ne pas l'avouer? Tout se finit bien grâce à Denise qui vient lui rendre visite dans un rêve. Il comprend que c'est elle qu'il aime, il quitte aussitôt son emploi de juriste dans une grande société dont on taira le nom.2/ Urbain de Casterheim, seigneur de Livarie, n'a qu'une fille. Cosme VII, comte d'Estremadure et de Roubaix, n'a qu'un fils. Louis le Pieux dit Louis le Brave (ou le Sérieux), évêque de Tunis, de Saint-Mandé et de Brestlitovsk, n'a qu'un rein. C'est à ce moment de l'action que débarque André, envoyé du pape Camille VI, père de trois jumeaux qui n'ont qu'un oeil.3/ Françoise aime Paul qui ne l'aime pas. Paul aime Catherine qui ne l'aime pas. Catherine aime Françoise dont le vrai nom est Liliane.4/ Jean se réveille sur une île déserte perdue au milieu de l'océan. Soudain il aperçoit son visage dans une flaque d'eau et réalise que l'île n'est pas déserte. Bouleversé il se pend. (Pour une pièce en un acte, ou un lever de rideau.)5/ Le docteur F., célèbre psychanalyste, découvre que sa patiente Mireille G. n'est autre que lui-même. Il refuse de la faire payer.6/ Koa-tang vient de mourir, sa femme Tsi-buhli le veille en silence.8 titres au choix :- Cours mon beau printemps;- La Camaraderie;- Le Cendrier attendu;- Le Tigre et la Rascasse;- L'Anniversaire de Paula;- L'Echafaud cartilagineux;- Le Décès de la veuve;- Les Alouettes suisses.Prix des places (quelques propositions) :- 2 euros;- 15 euros;- 23 euros;- 15075 euros.Une fois que vous aurez terminé votre pièce, si vous souhaitez un metteur en scène et des acteurs, vous trouverez quelques conseils pour les choisir dans un prochain article de ventscontraires.net.Bravo d'y être arrivé et merci de ne pas nous envoyer votre manuscrit. Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701

Le 26 septembre 2014 à 09:44

France-Culture - 2004

C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #2

Parcours chaotique d’un môme doué et maladivement prétentieux. Je ne me présente pas à toutes les épreuves du baccalauréat. La même année, à Chaillot, 1987, le prof nous emmène voir Electrede Sophocle mis en scène par Antoine Vitez. Evelyne Istria, là, solaire et tragique, rayonne d’une souffrance tangible, peu importe alors la parole et le mot, tout est dans les yeux, la voix, la peau d’une comédienne investie. Habitée par l’horreur d’un drame humain, souffrance matérielle reportée sur le plateau, tout est compréhensible de la guerre de l’être en proie à l’inextricable vie. Ce ne sont pas les mots qui parviennent et atteignent, c’est elle, l’existence brûlante, la chair en feu, la voix concrète du mal, de la volonté, de la puissance d’agir, la force tangible de jaillir hors du rang des morts, des assassinés. L’émotion exactement, qui agit, bouge dans l’air et parvient, traverse la peau, claque le sang. Moi, alors, je veux faire ça, n’importe quoi et n’importe comment mais ça, voir ça encore, venir encore là, continuer à entendre et à voir, à respirer cet air-là où les autres s’agitent et se pavanent pour que vivre soit moins dur à faire. Je veux voir tout, et m’y coller à mon tour, porter une parole sur un plateau, l’incarner, l’écrire, la jouer, la mettre à distance, l’étudier et la comprendre cette putain de tragédie humaine d’une existence mise à l’épreuve sans cesse. Je quitterai le lycée. Danser sur les ruines La même année encore, Jean-Louis Besson, le prof, et Chantal Mutel, intervenante artistique de la première option dramatique de l’histoire du baccalauréat supervisée par Jack Lang, à Asnières, nous emmènent aussi voir La Veillée de Deschamps et Makeïeff à Nanterre. Au désir de tragique, à l’appel de la gravité, s’ajoute le goût du rire, de la fête du spectaculaire et du décalage, de la dérision, le plaisir aussi, la fantaisie du désastre. Danser sur les ruines, ce sera ça aussi, qui constituera mon corps de spectateur. Je suis adolescent, je me vois mort dans deux ans. Je veux vivre mais je n’ai pas le temps. J’écris pour écrire, et pour ne pas lire parce que c’est trop difficile. Je quitte le lycée. Je vends des disques au Lido Musique la nuit, puis je suis manutentionnaire sur les Champs-Elysées pour la boutique Virgin Megastore qui vient d’ouvrir. Je vole beaucoup, et j’écris chaque jour, je compose, dans ma tête, j’établis mes phrases, mes mots, pour oublier les gestes répétitifs. Je fais d’autres métiers. Animateur dans un centre de loisirs à l’hôpital Beaujon. Maurice Nadeau publie mon premier roman, en 1992. La chanson de madame Rosenfelt, c’est une histoire de chanson et de temps qui est passé. La fin d’un monde, la peur de la perte du désir. Une drôle de fête J’ai vingt-trois ans. Je me voudrais bien auteur de théâtre et metteur en scène, et compositeur et musicien, alors je trouve les moyens de créer ma compagnie, de monter La Ronde de Schnitzler parce que c’est une œuvre de référence pour mon ancien prof, et de mettre en scène mes premières pièces, en 1993, et 1994, La Maman de Victor, à Clichy, et L’Ennui (d’Alice) devant les arbres à Paris, L’Européen. Nadeau est venu, je l’ai fait se lever et chanter, mon ancien proviseur de lycée aussi. Une drôle de fête. Je tente de lire Beckett, Kafka, Camus, Sarraute et Duras. Faute d’y parvenir, j’écris. Par vengeance. Plus facile à faire. À la publication du roman, je suis flatté par les propositions du Nouvel Observateur d’écrire pour les pages du programme de la télévision. Je vois plus tard Pièces de guerre d’Edward Bond, mise en scène d’Alain Françon, avec un nouvel ami journaliste qui me flatte en m’invitant à rejoindre l’Événement du jeudi où la place de critique dramatique occupée par Brigitte Salino, appelée au Monde, est vacante. J’y resterai jusqu’à la mort du titre, paix à son âme. Je deviens journaliste, critique dramatique, pendant dix ans, c’est une flopée d’effrois, d’humiliations, de malentendus, mais j’écris en secret, mêmes nécessités, je fais mon œuvre en toute discrétion. Une liberté possible et nouvelle En 2002, en près de dix ans déjà, j’ai été responsable des pages consacrées au spectacle vivant pour l’Événement, La Terrasse, Épok, pour Théâtres ou Théâtre Magazine, pigiste précaire ou rédacteur en chef. Le temps a passé, je veux finir d’être journaliste. Trop de mondanités, de violences, de jeux de séduction, de destructions, de mises à mort, d’arrogances de petit justicier redresseur de torts qui en fait beaucoup trop, de missionnaire intègre, de faux découvreur à flatter, de dénonciateur des flagorneries mais qui a du goût pour les réalités de la courtisanerie. Je vois Juste la fin du monde au théâtre de la Colline, de Jean-Luc Lagarce, mis en scène par Joël Jouanneau. Les atermoiements de la langue, la recherche des mots, leurs accidents, le langage musical et heurté, en perfectionnement, comme la situation, les confrontations de la parole, la phrase mise à l’épreuve et les sentiments, la narration, tout déclenche comme une ouverture, une liberté possible et nouvelle, dans le projet d’écriture. Le langage comme outil et sujet, et non plus comme moyen ou poème, mais comme action. La parole qui agit, qui est, matérielle comme la chair et la voix d’Évelyne Istria, la parole qui se fait sujet et atteint. Ou qui échappe à ceux à qui tout échappe, comme chez Philippe Minyana. J’écris par plagiats, toujours, en suivant des modèles, en copiste qui tente de s’affranchir. J’écris alors Clémence à mon bras, que je soumets à Jouanneau puis à Michèle Simonnet, son interprète dans le Lagarce. Je soumets la pièce à Paul Tabet pour l’association Beaumarchais. Il la soumet à Valérie-Anne Expert pour la SACD. Elle la soumet à Texte Nu que chapeaute Jean-Michel Ribes, qui la confie à Jacques Gamblin, qui la lira pour Blandine Masson et France-Culture. C'est dans le noir qu'on voit tout Dès lors, j’écrirai pour la radio. Parce que c’est dans le noir qu’on voit tout, parce que le spectateur travaille, imagine et figure, saisit les mots et les sons et se met un peu au boulot. La scène comme espace de travail collectif, poussée à son comble à la radio. L’auditeur voit ce qu’il ne voit pas. C’est son job. Pour France-Culture, Blandine Masson réalise C’est de l’être parti qu’il s’agit, avec Jérôme Kircher, Denis Lavant, Evelyne Didi. Une affaire de voix intérieures dans un deuil à faire d’un être aimé qui s’éloigne. Je travaille avec Céline Geoffroy, conseillère littéraire, qui me fait écrire et réécrire, avec qui je construis des mondes sonores, pièces aveugles. Cela donnera encore L’État de Gertrud ; Pédagogies de l’échec ; Et l’enfant sur le loup. Mais cette fois-ci, je propose d’écrire pour la radio des scènes courtes de confrontations d’individus qui ne s’entendent plus, bloqués dans des lieux fermés aux bruits identifiables, oppressions sonores courantes. Une voiture, un ascenseur, un couloir d’hôpital. Petites boîtes à sons particuliers où les individus se noient. À la scène écrite depuis peu pour les élèves de l’option, Ma mère pour en finir avec, j’ajoute alors des scènes antérieures, saynètes d’intérieurs avec sons. Les mêmes personnages s’acheminent d’abord isolés et disparates vers l’espace commun de la chambre d’hôpital. Ils s’avancent vers la catastrophe du deuil à venir de la figure matriarcale. D’abord isolés dans des espaces confinés, ils luttent contre leur peur, contre eux-mêmes, contre le lieu qui les rétrécit. Tonio et Geneviève dans la voiture. Le père et la mère dans l’ascenseur. La pièce convoque alors d’autres personnages, la fille et sa copine dans un couloir, le médecin dans une salle d’attente, qui disparaîtront plus tard. Les sons, prédominants, disent tout, racontent les êtres dans des cadres fixés. La pièce grandit. Je l’allonge de fragments courts de ces mésententes. Le tout est alors intitulé Sombre précurseur - sitcom, parce que c’est l’âge auquel je découvre Gilles Deleuze, parce que je vois, revois, veux apprendre par cœur L’Abécédaire, parce que c’est toujours plus facile à regarder, la télévision, qu’un livre à lire. Parce que Deleuze explique que « le précurseur sombre » est un terme scientifique qu’il affectionne, qui désigne le moment où des éléments disparates, des potentiels, entrent en relation pour créer un éclair, une énergie, la vie. Ce moment, le lien, cette mise en rapports entre les potentiels, nommé « précurseur sombre », c’est la création du monde en quelque sorte. On va enregistrer mon Sombre précurseur - sitcom, composé en deux parties. D’abord les éléments disparates, petits-enfants et parents, séparés par couples, dans leurs oppositions et leurs paniques, s’affrontent. Ensuite le moment de la confrontation, autour de la grand-mère mourante, des « potentiels », de ces « éléments disparates » qui se réunissent dans cette fête de famille qu’on pourra appeler aussi le carnage d’exister en tribu. J’arrive en studio, une alcôve de Radio-France, moment pour moi important, gratifiant, effrayant. Je débarque là avec un sac entier de biscuits et de bonbons. Je suis un auteur vivant qui veut participer à l’aventure de l’enregistrement radiophonique de sa pièce. Fier, flatté, heureux, veux être aimé. La fin de la parole et des mots J’arrive à la table, où Laurence Roy, Jean-Claude Dauphin, Léna Bréban, Elsa Mollien, Anne Bouvier, Alexandre Steiger découvrent la pièce. Personne ne la comprend si je comprends bien. Regards désemparés des acteurs face à l’auteur. Le silence. Pas de regards. La gêne. Je m’assieds, je me tais, je sens que j’aurais mieux fait de ne pas être là, de n’avoir pas écrit ça, de n’avoir pas écrit, de n’avoir pas raté mes suicides. Comme humilié, je mets tout sur le compte d’une parano tenace, je souris, je laisse les biscuits et les bonbons dans le sac, je les oublie ou je fais semblant. Je laisse ma queue entre mes jambes et j’attends que ça passe. Personne ne dit rien de la pièce. Pas un mot, pas une question. Myron Merson, réalisateur, fait son boulot, et très bien. La pièce existe, elle est enregistrée, sa première partie est écrite, faite de scènes courtes de confrontations des personnages séparés, réunis à l’hôpital dans la deuxième. Les difficultés du langage, ses travers, ses failles, lapsus et surdités, mauvaises routes de mots mal dits, mal compris, c’est bien de cela qu’il s’agit dans la pièce. Dans la panique d’une émotion qui les dépasse, comment des êtres s’en prennent aux leurs, comme on dit « des siens » pour dire de la famille, comment ils se lâchent comme des chiens en cage. Comment on se parle, comment on s’entend. Comment on écoute, comment on subit les bruits du monde et les voix des autres, ce qu’on en fait, comment on les prononce, les mots pour se comprendre, pour se défendre, pour s’emparer du monde, pour tenir droit et debout par la parole plutôt que de tomber dans le silence. Mais au moment de la pièce, de son enregistrement, sa première réalisation, rien. Rien de rien, le silence, la fin de la parole et des mots. Une exécution.

Le 13 décembre 2011 à 16:32

Sus à la liberté d'expression et au rire moqueur

Texte publié dans l'édition de Charlie Hebdo du 7 décembre 2011

Mi-Tintin au Congo, mi Godefroy de Bouillon, le souriant Alain Escada, leader belge du mouvement Civitas, champion de la pensée immaculée et du Christ roi du Monde s'apprête, tout bardé d'une armée d'extrême droite déguisée en curés, à lancer sa grande croisade contre le Théâtre du Rond-Point pour délivrer Jésus du tombeau de blasphèmes où le tient prisonnier Rodrigo García et sa pièce "Golgota picnic". Les trompettes de l'intégrisme sonnent, les étendards templiers sont brandis, le renouveau français piaffe sus à la liberté d'expression et au rire moqueur, "corde par laquelle le démon entraîne le plus d'âmes en enfer", comme le rappelait dans chacun de ses prêches le très subtil Saint Curé d'Ars. Mais de qui se moque-t-on, sinon des artistes ! De ces artistes qui depuis des siècles montrent Jésus beau, douloureux, émouvant, révolté, sensuel, drôle, grotesque ou fascinant. Sans le peintre assassin Caravage, sans le sculpteur homosexuel de génie Michel-Ange, sans Molière le banni, sans Renan, sans Rouault, sans Buñuel, sans tant d'autres qui ont tous fait de Jésus mieux qu'un Dieu, un chef d'œuvre, aurait-il été tant aimé ? Sans artistes, quelle foi ? Les catholiques devraient aujourd'hui mettre un cierge devant les effigies de Romeo Castellucci et Rodrigo García qui montrent grâce à leurs œuvres combien dans un soi-disant monde sans Christ il est présent et s'impose en provoquant le débat, délivrant ainsi Jésus de la tombe obscure dans laquelle les fondamentalistes le tiennent étouffé. Qu'aurait-il pensé ce jeune homme révolté de ces intégristes calcifiés dans leur foi hystérique qui le réduisent à un chef de secte ? Sans doute aurait-il fini par rigoler en regardant ces clowns sinistres.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kamel Daoud : entretien avec Raphaël Enthoven
Live • 18/09/2017
Pascal Blanchard : Pourquoi la France est incapable d'avoir un musée de la colonisation ?
Live • 17/02/2017
Carte blanche au Bondy Blog : Ecrire ensemble
Live • 14/02/2017
François Ruffin : répétition générale publique avant son premier meeting pour les législatives à Flixecourt
Live • 08/02/2017
L'avocat William Bourdon et Antoine Deltour, lanceur d'alerte du Luxleaks
Live • 03/02/2017
Tous les podcasts
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication