Alban Orsini
Publié le 22/08/2013

Richard


Richard est né nu un jour il y a quelques années déjà. Puis il a grandi. Il a été élevé par ses parents dans une maison. Enfant, Richard jouait beaucoup et faisait des bêtises. Il a fait des études et a beaucoup appris. Un jour, il a trouvé un travail avec des horaires plus ou moins fixes. Richard s'est insurgé contre les guerres, les maladies telles que le cancer, le sida et il n'aimait pas non plus, les dictatures totalitaires. Richard n'aimait pas les transports en commun bondés et les trains qui n'arrivent pas à l'heure. De la même façon, Richard n'aimait pas être éclaboussé par les voitures lorsqu'elles roulent dans une flaque ni être piqué par une guêpe et encore moins être mordu par un chien. Richard n'aimait pas non plus se cogner contre les meubles ou payer des places de cinéma trop chères. Richard aimait les chatons et les chiots parce qu'il les trouvait mignons. Richard pensait que la violence ne mène à rien. Richard, dans le même esprit, n'aimait pas les gens foncièrement méchants. Richard appréciait beaucoup ses amis et il aimait l'amour (et le sentiment amoureux, ça va de soi). Richard aimait le sexe aussi parce qu'il trouvait ça bon. Richard aimait les surprises et ouvrir les cadeaux à Noël. Richard aimait la nature. Richard pensait que la cigarette est mauvaise pour la santé. Richard tombait de temps en temps malade. Richard détestait être enrhumé et devoir se moucher toutes les dix minutes. Puis Richard a vieilli et un beau jour il est mort. Sa famille et ses amis l'ont pleuré.
Lors de son enterrement, quelqu'un a dit : "Bah, ce Richard quand même... ah, sacré Richard va !".

Né en 1980, écrivaillon de petites choses éparses de-ci de-là, ouvert à rien, décidé à tout, Alban Orsini n'aime pas parler de lui à la troisième personne mais adore les kebabs sur assiette, le son des fils en métal sur les mâts des bateaux amarrés, fumer ses cigarettes entre le pouce et l'index et le théâtre ce qui au final revient au même.
Pour l'instant publié en revue, Alban Orsini a pour ambition d'apprendre l'algorithme de résolution du Rubik's Cube pour rendre la vie meilleure et les moments plus doux... Il est également rédacteur pour le webzine Culturopoing.
Le blog d'Alban Orsini
 

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Les extraterrestres pensent trouver une intelligence humaine d'ici 20 ans

Les extraterrestres restent étonnamment optimistes dans leur prévision de recherche. Ainsi, ils ont maintenu leur objectif de trouver une preuve d’une potentielle intelligence humaine sur Terre d’ici vingt ans. « Nos schémas de calculs nous montrent que notre faisceau de recherche se réduit, on va forcément toucher au but » estiment les chercheurs extraterrestres, pas découragés par la possibilité de se heurter à un possible mur. « On y pense, bien sûr. Qu’au fond, nous ne soyons qu’en fait terriblement seul dans l’Univers. Mais on pense que la Terre possède les caractéristiques nécessaires pour l’apparition de la vie et donc, pourquoi pas, d’une intelligence ». Découvrir une trace d’intelligence sur Terre remettrait en question de nombreuses théories et ouvrirait aussi la porte à un nouveau champ de possibilités. « C’est un peu notre obsession, savoir si nous sommes seuls dans l’Univers capables de raisonnement et d’empathie »  explique un chercheur,  même si pour bon nombre la possibilité que l’humain puisse posséder une telle faculté d’empathie reste clairement du domaine de la science fiction. Les chercheurs arpentent ainsi la planète depuis des années, équipés de dispositifs et d’appareils, destinés à calculer et relever les traces de vies. « Nous avons décelé des traces de vies, très résiduelles, mais pas forcément des traces d’intelligence » contre-balance un autre chercheur, moins optimiste que ses confrères. À l’issue de la conférence de presse, les chercheurs ont annoncé  leur intention de focaliser leur recherche sur une région non analysée dans l’immédiat et dans laquelle ils ont placé de grands espoirs de découvertes, le Moyen-Orient.

Le 15 octobre 2010 à 08:00

Au secours les mots : Thierry Illouz défend le mot "cité"

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Postez vous aussi vos contributions ici.Les enjeux du langage dépassent largement la constatation objective d’une évolution, d’un simple glissement sémantique, ainsi ils incorporent tous les mécanismes de la désignation, de la stigmatisation de la disqualification.J’aimerais prendre pour exemple le mot magnifique de "cité". Son sens premier que je découvrais avec passion dans mes livres d’histoire est celui de la réunion, de ce tout qui englobe, qui tisse entre les gens un lien de coïncidence, non seulement géographique mais aussi moral et politique. La cité c’est le lieu où s’accomplit et s’épanouit l’idéal démocratique, c’est le lieu de la parole commune, de la parole entendue.
 Et pourtant par une forme d’intention sociale, médiatique ou politique le mot s’est chargé d’une connotation, d’un poids, d’un sens qui non seulement diffèrent de son sens premier mais en véhiculent littéralement le contraire. Etre un jeune des cités, c’est en effet porter le poids d’une rupture d’avec le groupe, d’une mise hors du collectif, une relégation, une défiance, un rejet.Habiter les cités ne signifie plus en rien aujourd’hui participer de la démocratie d’un espace commun structuré et attentif aux attentes de ses acteurs mais simplement vivre dans de vastes ensembles architecturaux où sont parquées ce que l’on peut appeler sans risquer d’être contredit "les classes dominées".Que ce terme noble, exigeant, philosophique depuis la Grèce antique soit devenu le symbole de ce mépris de cette distance dans tous les sens du terme mérite l’examen, ne pensez-vous pas ?Et peut-être surtout parce que le reproche permanent adressé aux habitants des « cités » consiste, on se pince pour le croire, dans l’absence de sens "citoyen", de sens "civique" tandis que ces populations comparaissent dans les tribunaux comme à la une des journaux au titre de toutes les "incivilités".Il faut commencer par s’occuper des mots, je le crois, ce sont les indicateurs et les indices de tous les mauvais virages et ce sont aussi souvent les protections, les parapets, les remparts.Je voudrais si j’en avais seul le pouvoir remettre le mot "cité" sur son pied, d’égalité s’entend, de respect, de considération, c’est cela la cité que je veux, la vraie et dont je fais partie.Le sort des mots est parfois un combat et sur ce terrain comme sur bien d’autres, comme le disait Brecht : "Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite."  Thierry Illouz est avocat et écrivain. Le 20 octobre 2010 à 19h30, il plaidera pour la défense des monstres dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point. (voir lien ci-dessous)

Le 6 mai 2014 à 06:26

Trop souriant dans le métro, il finit en garde à vue

Une histoire bien singulière dont se souviendra sans doute pendant longtemps Jean Baptiste Rumelier. Alors qu’il se rendait sur son lieu de travail en métro, il a, à plusieurs reprises esquissé plusieurs sourires envers les autres voyageurs de sa rame.  Il a par ailleurs été plusieurs fois  aimable avec d’autres voyageurs, n’hésitant pas à laisser son siège à une personne âgée. Jugeant son comportement suspect, plusieurs voyageurs ont averti le service de sécurité de la RATP. L’individu a été appréhendé dans le calme. Récit. Comportement suspect Il est à peine dix heures du matin dans cette rame de la ligne 4 lorsque les usagers remarquent le comportement suspect d’un voyageur. Celui-ci vient de laisser, sans préavis, son siège à une personne âgée. Auparavant, l’homme s’est fait plusieurs fois remarquer. Alors qu’il entre dans la rame, il lance un « Bonjour tout le monde » avant d’aller s’asseoir et de s’excuser à plusieurs reprises tandis qu’il bouscule involontairement des usagers. Un peu plus tard, il n’hésite pas à donner son journal gratuit qu’il vient de finir de lire. La tension monte un peu plus dans la rame, quand par inadvertance, une jeune femme lui marche sur les pieds. Alors qu’elle s’excuse, celui-ci répond de manière péremptoire selon les témoignages  « Ce n’est rien du tout, voyons. » C’est alors que tout bascule. Une personne âgée, ayant visiblement du mal à se déplacer pénètre dans la rame. Aussitôt, l’homme se lève et propose à la vieille dame de prendre sa place. Les usagers, inquiets d’un tel comportement, ont alors demandé l’intervention du service de sécurité de la RATP. L’homme a été interpellé à la station suivante et placé en garde à vue. Retour de vacances Interrogé, l’homme a expliqué son comportement par « un reste d’euphorie des vacances » et une volonté de commencer cette rentrée dans la bonne humeur. « J’ai pensé bien faire, je ne voulais pas créer une psychose » a-t-il confessé. Pour la police, la réaction des usagers peut se comprendre: « Dans un contexte marqué par le terrorisme, certains comportements apparaissent plus suspects que d’autres, ce qui permet de rapidement localiser ces individus » saluant aussi la réaction prompte et maîtrisée des usagers.

Le 29 avril 2012 à 07:36

Combien de temps ?

Cette nuit, moi j’ai rêvé que je perdais mes dents. Alors j’me suis levée, j'ai fait le tour de mes sentiments. Mais aussi le tour de ma vie pour voir si j’étais méritante. C’est pas bon signe le coup des dents... c’est signe de mort qu’on dit tout l'temps ! J’ai inspecté ma mémoire, j’voulais savoir... si j’aurais droit au paradis ou bien alors au purgatoire. Et j’ai même pensé à St Pierre avec sa barbe au fromage blanc, son air gentil, enfin j’espère, parce-ce… quand j’y pense: toutes les conneries que j’ai pu faire... c’est peut-être l’enfer qui m’attend !  Allez, demain c’est sûr, j’irai les voir, mes vrais amis et mes parents. J’vais rattraper tous mes retards, j'vais leur crier combien j’les aime, malgré l’existence qui nous saigne. Parce-que tout n’a qu’un  temps… mais pour combien, combien de temps ?   J’me suis pincée, j’me suis fait mal... c’était pas bon signe, j’ai rigolé. Je préfère rire que de penser que j’vais mourir, j’suis pas pressée ! C’est important de le savoir parce-qu’ici tout est illusoire... tout n’a qu’un temps… Et puis… j’me suis regardée dans le miroir pour voir si j’étais quelqu’un de bien. J’ai vidé même tous mes tiroirs pour être sûre que j’oubliais rien… Mais j’ai rien vu dans le miroir, y’avait personne, pas de reflet ! Alors tout est devenu noir, j’me suis même pas entendue crier. Y’avait personne dans le miroir! La mort m’avait donc prise en traître... mais comment peut-on disparaître, comme ça, sans s’en apercevoir ? Alors maintenant c’est sûr, j’peux plus les voir…  mes vrais amis et mes parents. J’peux plus rattraper mes retards, ni dévoiler mes sentiments à celui qui est mon seul amour, il ne le sait pas, mais c’est plus le jour ! J’peux plus crier combien j’les aime, à cause de la mort qui m’entraîne... j'peux plus crier, malgré tous mes efforts… Mais combien, combien de temps dure la mort ?      

Le 11 février 2012 à 09:20

La bourse ou la vie !

Comme je n’attends pas que la vie me donne des coups ou qu’un type me braque pour me piquer mon fric, je me suis mis un bon coup de poing dans le ventre, puis j'ai mordu ma main, avant de me tirer les oreilles. Je n’ai même pas eu mal, car je n’ai pas du tout peur de moi ! C’est tout de même moins impressionnant de se faire agresser par soi-même ! Dans la vitre de l’abribus, je me suis lancé un regard froid avec un tas d’insultes : « Pov con ! Donne-moi ton sac ! » avant de me menacer avec un couteau, à bout rond, en plastique — parce que je ne voulais pas avoir de problèmes avec les flics ! Je me suis fait les poches, puis j'ai couru, avec mon portefeuille sous mon pull, vers les toilettes publiques plantées sur la place de ma ville-dortoir. À l’intérieur, je suis tombé sur un vieux (aux grosses valises sous les yeux) qui pissait dans un urinoir bouché, en fredonnant du Brel. Quand il m’a vu, il a vite remonté sa braguette, et il est sorti, sans se laver les mains. En nage, j'ai plongé ma tête sous le robinet du lavabo, avant de me fixer avec un sourire carnassier, dans un miroir moucheté d'eau. J’ai ouvert le portefeuille que je venais de me voler, mais — cruelle déception — il ne contenait qu’un billet de cinq euros. Pourquoi prendre autant de risque pour si peu ? C’est vraiment la crise, les gens n’ont plus un rond sur eux ! Alors, j’ai foncé dans le premier café perdu, pour m’acheter un jeu à gratter. Optimiste ? Sûrement ! Je crois que la chance, ça existe encore, et qu’on ne peut pas recevoir que des coups dans la vie !

Le 27 septembre 2011 à 11:18

Jean-Paul Clébert, clochard céleste

Portrait 25

Jean-Paul Clébert a été surnommé un temps, le clochard qui a failli avoir le prix Goncourt. Jean-Paul Clébert est né le 23 février 1926 et il est mort la semaine dernière, le 21 septembre 2011. Dans son nom, Jean-Paul Clébert est à une voyelle de clébard. Après avoir été cheminot, trimard, résistant puis avoir parcouru l’Asie, il tape la cloche dans le beau Paris Insolite des années cinquante. Ses compagnons de route ? Doisneau, Giraud, quelques surréalistes, quelques situationnistes. Il écrit au dos des paquets de gauloise après avoir découvert Bourlinguer de Cendrars. C’est lui qui l’introduira chez Denoël. Son seul maître, avec peut être Henry Miller à qui il fait visiter les bordels Parisiens. Clébert parlait des gitans, des arabes, des juifs, des caniveaux, des chiens, des petits matins rouges, des ficelles, des putes, des chineurs, de la faim et du vin. Il n’idéalisait rien et surtout pas la misère. Il montrait ce que personne n’en connaissait, sa beauté, sa fierté, son courage. Il était venu finir sa vie pas loin de chez moi, dans les collines du Luberon, loin du Paris frimeur qu’il ne reconnaissait plus, écrire des livres sur l’ail ou la Provence. Mais il sera resté jusqu’au bout du même bord ; «avec ces hommes qui crèvent de  faim, se foutent pas mal des beautés de la liberté et de la marche à pied, ont misé sur l’avenir et le boulot bien fait et dont on apprend du bout des yeux le décès dans la colonne des faits d'hiver, vieux et vieilles morts solitaires dans un taudis innommable, ou rongés tout vivants sur leur grabats par les rats». Les éditons Attila ont rééditées son Paris Insolite il y a deux ans.

Le 28 mars 2015 à 10:44
Le 2 février 2012 à 08:19

Jean-Pierre Martinet

Il est de ces écrivains qui vous bouleversent au point que garder le secret de leur existence semble un acte criminel. Pour autant, difficile de conseiller Martinet à n’importe qui, à des inconnus dont vous ne savez pas s’ils auront les épaules assez larges pour encaisser le choc. Car on ne se plonge pas dans un livre de Martinet comme on allume la télévision, d’un œil distrait, pour se détendre. La « lecture-plaisir » paraît ici hors sujet. On parlera d’épreuve initiatique et de jouissance esthétique morbide, tant l’écriture est aussi belle que le propos désespéré. Jamais je n’ai lu un écrivain plus pessimiste que Martinet : son univers est d’une noirceur absolue. Pas d’amitié possible entre les êtres, encore moins d’amour. Toute relation est vouée à une impasse. Cependant, on peut sentir affleurer parfois un humanisme déçu, une tendresse ravalée à force d’avoir été rabrouée. Lire Martinet est une expérience forte, à conseiller aux lecteurs aguerris n’ayant pas peur de se confronter à des univers sombres, où la violence côtoie l’autodestruction (par l’alcool en particulier) et la perversion (celle des petites filles rousses surtout), la folie née d’un trop-plein de solitude… Son premier roman, « La Somnolence », paru  en 1975, lui avait apporté l’estime de certains critiques littéraires puis l’injuste oubli qui précéda sa mort à 49 ans, en 1993, à Libourne où il était revenu habiter avec sa mère après avoir sombré dans l’alcool. C’est grâce aux éditions Finitude que Martinet a pu être redécouvert par une nouvelle génération de lecteurs dans les années 2000 avec la réédition de « Jérôme », son chef-d’œuvre de 1978. Martinet, c’est surtout un grand styliste, influencé par Lautréamont, Céline, Faulkner, Gombrowicz et les Russes…

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