La pita qui se fout de la charité
(parce que j'ai fini par renoncer à "Je m'appelle Hellène" ou "sirtaki le tour")
On m'a demandé une chronique « plus
grecque ». En effet, bien des lecteurs de « Vents
Contraires » s'interrogent, et c'est légitime, sur
l'opportunité de racheter la Grèce pour un euro symbolique et,
comme je suis suisse, je m'y connais forcément bien en symbolique.
Bien entendu, le futur acheteur aura
des frais. Déjà bien avant la crise actuelle, il y avait beaucoup
de laisser aller dans la gestion du patrimoine culturel. C'est plein
de ruines partout, une catastrophe.
Il faudra également songer à
retravailler un peu la mythologie. C'est d'un compliqué ! Et
que je me transforme en pluie d'or, et que je sors de ta cuisse, et
que je suis Dieu des récoltes, des bichons, des mardis et des
boissons chaudes... Prenez la mythologie suisse : une flèche,
une arbalète, c'est simple, c'est efficace. L'idéal, pour le futur
acheteur, serait d'adapter quelques séries en dessin animé. "Jason
42", par exemple, ça pourrait marcher. Ou "le masque de Zorba", à la limite.
Une chose importante, il faudra
repenser le nom. Grèce, c'est très péjoratif, à cause de
l'homonymie. Hellas, on n'en parle même pas. J'avais pensé à un
truc plus sain, mais qui reste dans l'hellénistique : Omega
trois.
Pour la bouffe, ça manque un peu de
typicitude. Yaourt grec, sandwich grec, salade grecque : rien de
très original, qui n'a pas son yaourt, son sandwich et sa salade, de
nos jours ? Il faudra revoir ça
Mais sinon, le côté mer bleue, toits
blancs, très bien, très vendeur. A la limite, moi, je revendrais
toute la partie un peu montagneuse du pays. Et je recollerais toutes
ces îles aussi. Le côté insulaire, c'est sympa, mais il faut pas
tomber dans l'exagération.
Voilà. Une dernière recommandation.
Je sais que j'insiste un peu avec ça mais c'est important : le
futur acquéreur de la Grèce devrait, à mon avis, renoncer au titre
de champion d'Europe de foot 2004, je reste persuadé que tout ça
n'était qu'une vaste plaisanterie.