Cabinet de Curiosités
Publié le 17/12/2010

Mohamed Rouabhi et l'Internationale lettriste


Projet d'embellissements rationnels de la ville de Paris 2

paris nord par Guy Debord

Extrait de son Cabinet de curiosité : l'écrivain Mohamed Rouabhi vous dit avec la comédienne Gaëlle Héraut quelques projets d'embellissement rationnels de la ville de Paris concoctés dans les années cinquante par l'Internationale lettriste, préfiguration du mouvement situationniste...

> réalisation Laure Egoroff à écouter sur le site de France Culture, Drôles de drames


Illustration : Paris nord dans le film de Guy Debord In girum imus nocte et consumimur igni (1978)


Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet du cabinet de curiosité de Mohamed Rouabhi.

Pour les pédants on a du matériel
Sur une idée de Jean-Michel Ribes, une émission de France Culture pilotée par l'équipe de la fiction, en collaboration avec le Théâtre du Rond-Point.
Chaque mois, un ou une écrivain ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres que des comédiens viennent interpréter en public.
> site de la fiction sur France Culture 

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Le 23 avril 2015 à 09:59

Les suicidés du réseau social

Chacune de nos interventions sur la toile est la fixation temporaire d’un de nos fantômes. On se souvient de la façon dont Nadar évoquait l’apparition de la photographie : « Ce mystère sentait en diable le sortilège et puait le fagot. Rien n’y manquait comme inquiétant : hydroscopie, envoûtement, évocations, apparitions. » Balzac expliqua même à son ami que chaque image était le détachement d’un des spectres foliacés du corps de la personne captée qu’on appliquait ensuite sur la feuille de papier. Depuis, nous avons été filmés, enregistrés et effacés ; nous avons communiqué par téléphone, envoyé des messages à la vitesse de la pensée et lancé des lettres d’amour à travers le monde, produisant un nombre infini de spectres et de duplicata. Et puis Internet est arrivé et nous avons tous eu, au sein de notre foyer, un four psychique où tremper nos doubles et les ressortir comme une multitude de petites épées brûlantes, prêts pour l’amour ou pour la guerre. Chacune de nos interventions sur la toile est la fixation temporaire d’un de nos fantômes, mais aussi l’envoi express de nos Golems dans les contrées de l’amitié. Seulement voilà : on a beau graver emet (vérité) dans la glaise, c’est toujours met(mort) que notre interlocuteur est susceptible de lire alors que notre créature est en train de saccager l’espace de son intimité. « Attends, semble-t-on dire alors à notre bien-aimé, attends, j’envoie mes domestiques parler avec les tiens ! » Dans l’intervalle, ça ressemble à un conte de Kafka. Les domestiques se perdent, s’engueulent, ils butent contre des problèmes secondaires, un nombre incalculable de malentendus apparaît. Il semble qu’ils ne délivreront jamais le message. L’espace qui nous sépare de notre bien-aimé est comme celui du plus proche village, mais nous avons beau lui envoyer tous les serviteurs, diplomates et jongleurs du monde, jamais nous n’arrivons à nous faire entendre. Chaque salut inoffensif est perçu comme une provocation ; les tentatives maladroites d’humour interprétées comme des insultes ; les lolcats rugissent comme des tigres, et les smiley sont des clowns de Stephen King ! Nous sommes inabordables l’un pour l’autre. Chacun a son cercle, et se tient à l’intérieur de celui-ci. D’où notre consternation quand on se rencontre : deux personnes incapables de se faire du mal, apathiques comme deux patates – et pourtant il y avait tant de démons entre nous. Et la marche arrière est impossible. On se fait la bise et on rentre chez soi, se bombarder de mails menaçants ou de SMS suicidaires. Alors quoi ? Alors, ce sont nos esprits qui se disputent, pas nous. Mais, du coup, qui est « nous » ? Le type bilieux qui ne lâche pas l’affaire tant que son ami ne s’avoue pas vaincu ? Le sentimental qui envoie des cœurs à sa petite copine ? L’être distingué qui publie le morceau de musique parfait sur Facebook ? Ou encore la personne derrière l’ordinateur avec son café froid et ses yeux fatigués ? Nous ne savons plus. Nous sommes tous devenus des Andy Kaufman du réseau social. Comme lui, nous sommes à la fois Oncle Andy qui anime sa page Facebook avec des chansons et des débats gentillets, et Mister Kaufman qui engueule tout le monde et considère l’humanité à peine digne de nettoyer ses pompes. Comme lui, quand nous prenons une seconde identité et nous nous transformons en troll, nous sommes son chanteur irascible Tony Clifton – pour finir par nous engueuler nous-mêmes par dessus le marché. Et puis nous sommes Foreign Man surtout : l’homme que l’hyperconnectivité a rendu hyperconformiste, mais au point où l’hyperconformisme le rend étranger à toutes et à tous. Ce que Internet nous aura démontré, c’est que, plus nous essayons de nous rapprocher, plus nous devenons étrangers au monde comme à nous-mêmes. L’univers est devenu sociable sans nous. Mais ça ne va pas durer. Parce que nous savons que Facebook n’est qu’une lettre d’amour perdue que Mark Zuckerberg a envoyé à son ex-girlfriend Erica Albright il y a maintenant une douzaine d’années. Et le jour où celle-ci finira par accepter sa demande d’amitié, le démiurge de notre « pocket cosmos » n’aura d’autre choix que de symboliquement nous suicider. Il brûlera son chef d’œuvre et fera exploser cette incroyable manufacture d’intimité. Ce jour-là sera comme un matin où le soleil ne se serait pas levé. Nous sortirons dans les rues, tout d’abord terrifiés, mais progressivement nous verrons les liens invisibles apparaître entre nous et les autres. Jadis signes de notre aliénation et de notre incapacité à vivre, des fils vibrant d’électricité circuleront magiquement dans l’espace comme le tissu de toutes nos relations accumulées, l’aura de cette communauté d’esprits dont le monde moderne nous avait depuis si longtemps privé. Rendus hypersensibles par les années passées à errer sur les réseaux, devenus intuitifs et visionnaires, ayant soudain récupéré tous nos spectres foliacés, sentant en diable le sortilège et puant le fagot, nous serons unis pour renverser ce monde menteur comme nous ne l’avions encore jamais été. Les suicidés du réseau social seront les anges exterminateurs du cadavre de cette société.

Le 6 mars 2013 à 15:48

Alfredo Arias

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Une émission France CultureChaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.Alfredo Arias Avec Alfredo Arias, Georges Claisse, Michel Fau, Catherine Salviat"La misère, la pauvreté, l’exploitation ne datent pas d’aujourd’hui dans notre pays. Les grands auteurs, poètes ou pamphlétaires pour les dénoncer avec férocité non plus. Pour débiner l’hypocrisie des bourgeois, des patrons et des politicards, Jehan Rictus ou Emile Pouget – avec son Almanach du Père Peinard - n’ont jamais manqué de verve ni de panache. Imperméables à toute forme d’autorité, indifférents aux oreilles sensibles, ils s’expriment dans un argot fruité et corrosif, un pur joyau de la langue populaire française, une écriture insolente, bourrée d’humour et de colère. Qui donne envie de tout fracasser pour être libre. Attention aux éclaboussures m’sieurs dames!" De Copi à Alfredo Manguel, en passant par Roberto Arlt, Alan Pauls, Hector Bianciotti ou Silvina Ocampo, les lectures argentines d’Alfredo Arias. Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 4 avril 2011 au Théâtre du Rond-Point Durée : 58:23

Le 19 mars 2013 à 12:09

Jean-Claude Grumberg

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Une émission France CultureChaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.Jean-Claude Grumbergavec Jean-Claude Grumberg, Geneviève Mnich, Olga Grumberg, Antoine Mathieu « Évoquer en moins de soixante minutes près de soixante années de lectures boulimiques m’a semblé à première vue impossible. Comment faire entendre toutes les nouvelles de Tchekhov ou de Saroyan ou de Gogol ou encore de Maupassant ? Que faire de Kafka, d’Herman Melville, de Stephen Crane, sans parler ou penser à Dostoïevski, Bellow, Malamud et tous les Roth ?  Philip, Henry, et celui qui mourut près de chez moi, Rue de Tournon, Joseph, écrivain de langue allemande, juif et catholique, lucide et alcoolique, ou plutôt alcoolique parce que lucide ? Bon, c’est impossible n’y pensons plus. Oublions les Schnitzler et autres Zweig. On lira comme je lis aujourd’hui, ramassant les miettes sur la table au creux de ma main, pour les avaler tout rond. On lira n’importe quoi de préférence, qui me touche ou m’a profondément touché récemment au hasard des livres feuilletés. Ainsi va la vie des boulimiques vieillissants, réduits à se goinfrer sans cesse de petits riens et de grands touts. » Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 12 avril 2010 au Théâtre du Rond-Point Diffusée sur France Culture le samedi 17 avril 2010 à 20h Durée : 59:12

Le 13 mars 2014 à 10:46

Ma réponse aux accusations de Nathalie Kosciusko-Morizet

Pour répondre aux accusations sur le Théâtre du Rond-Point régulièrement répandues par Nathalie Kosciusko-Morizet dans sa campagne, voici quelques chiffres précis qui montrent que son usage habituel de la contrevérité trouve une fois de plus sa contradiction évidente. Non, le Théâtre du Rond-Point n'est pas une entreprise privée appartenant à Monsieur Jean-Michel Ribes. C'est un théâtre public constitué en SARL au même titre que les Centres Dramatiques Nationaux et donc soumis aux mêmes règles et obligations, le gérant s'interdisant notamment à la répartition des bénéfices. Monsieur Jean-Michel Ribes a été nommé en 2002 à la tête de cette institution par les représentants de la Ville et du Ministère de la Culture sur la base de son projet présenté lors d'un appel à candidature.Oui, la SARL exploite le bâtiment par le biais d'une convention d'occupation signée avec la Ville de Paris (propriétaire) et ce aux mêmes conditions que ses prédécesseurs.Non, la SARL ne bénéficie pas d'un soutien exceptionnel. Il lui est attribué une subvention d'exploitation faisant l'objet d'une convention annuelle d'objectifs signée au terme d'une délibération du Conseil de Paris (dont font partie les élus de Madame Nathalie Kosciusko-Morizet)... subvention qui ne peut supporter comparaison qu'avec les aides accordées aux Théâtres Publics (dont les Théâtre Nationaux) et non aux "confrères" (?) énoncés. Il faut que Madame Nathalie Kosciusko-Morizet sache que le Théâtre du Rond-Point n'est pas un théâtre d'arrondissement.Cette subvention de 1.960.000 euros HT représente moins de 18% du budget annuel de la SARL dont les recettes propres sont de 64% (dont 48% de billetterie et apports artistiques).Non, le Théâtre du Rond-Point n'a pas de mal à remplir ses salles, L'analyse de la fréquentation présentée est totalement fausse.Le Théâtre du Rond-Point depuis l'année 2002 a reçu plus de 2.350.000 spectateurs dans ses trois salles soit un taux de fréquentation moyen de 77%, le plaçant dans les premiers théâtres en terme de fréquentation, sans compter les spectacles du Rond-Point en tournée en France et à l'étranger qui représentent plus de 500.000 spectateurs.Et donc : Non, la situation financière du théâtre ne se dégrade pas au fil des ans.Bien qu'ayant repris en 2002 une situation fortement déficitaire, le TRP à ce jour présente un bilan à nouveau créditeur.Oui, regardez les comptes et réfléchissez.

Le 1 mars 2016 à 14:12

Le Cabinet de curiosité de Jean-Michel Ribes, avec France Culture

Cabinet de curiosité - Pour les pédants on a du matériel

Une émission France CultureChaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.Jean-Michel Ribesavec Jean-Michel Ribes, Micha Lescot, Daniel Martin, Alexie Ribes "Depuis que l'on m'a confié la responsabilité de diriger et programmer le Théâtre du Rond-Point, j'ai compris que l'important n'était pas d'offrir au public ce qu'il aimait mais plutôt ce qu'il ne savait pas qu'il aimait. L'idée de cette émission  est la même et nous sommes nombreux à connaître des textes savoureux qui hélas ne sont pas diffusés comme ils le mériteraient. La première victime est le public qui en est privé faute d'en connaître l'existence. J'espère qu'à travers les textes hélas peu connus d'André Frédérique, Alexandre Vialatte, Jean Ferry, Jonathan Swift, Benjamin Péret, Roland Topor et Chaval, les auditeurs de France Culture éprouveront un plaisir à les découvrir d'autant plus intense qu'il sera mêlé à celui de la surprise." Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 16 novembre 2009 au Théâtre du Rond-Point Diffusée sur France Culture le samedi 21 novembre 2009 à 20h Durée : 58:19

Le 23 janvier 2018 à 18:47

Laurent Petit (ANPU) : psychanalyse de l'extrême urbain

ANPU (l'Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine)L'ANPU se donne pour mission de « coucher les villes sur le divan », détecter les névroses urbaines et proposer des solutions thérapeutiques adéquates. Après dix années de recherches menées près d'une centaine de villes ou de territoires, l'Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine se trouve aujourd'hui à même de cerner les limites d'un extrême urbain dont l'avenir s'annonce florissant. Au travers de l'évocation de cas particulièrement lourds comme Vierzon, Hénin-Beaumont, Genève, Cherbourg, Charleroi ou Alger, nous étudierons la possibilité d'un éventuel recentrage et l'éventualité de voir l'extrême repousser ses limites tout en essayant aussi de joindre les deux bouts on ne sait pas encore comment. Les résultats de cette analyse seront présentés sous la forme d'une conférence désopilante agrémentée d'images à couper le souffle. Laurent Petit est ingénieur informaticien de formation. Il renonce très vite à un avenir doré pour entamer une longue carrière de jongleur et de clown de supermarché avant de se spécialiser dans des spectacles dits para-scientifiques où le vrai et le faux se mélangent si bien que le public finit par en perdre son latin. Après l’énorme succès remporté par sa conférence-diaporama Mickey l’Ange et son nombre, il se tourne vers la philosophie tout terrain avec le trio de philosophes déjantés du Cabaret philosophique. Auteur protéïforme allant de la pièce de théâtre et du spectacle de cirque à l’opérette en passant par toutes sortes de canulars ou théâtre d’intervention voire à des installations d’art contemporain, Laurent Petit crée en 2008 l’ANPU (l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine). En se fondant sur les fondements d’une science poétique inventée de toutes pièces, son équipe et lui ont déjà analysé une centaine de villes et de territoires avec l’objectif avoué de psychanalyser le monde entier d’ici la fin de l’année 2017 et la brûlante et imminente question de savoir s’ils vont y arriver.  Laurent Petit est aussi l’auteur de La Ville sur le divan (La Contre-Allée, 2013).  Conception et interprétation : Laurent Petit"Journaliste" : Diane BonnotMise en scène et conception graphique : Charles AltorfferAgent de liaison : Fabienne QuéméneurProgrammation du festival Nos disques sont rayés : Jean-Daniel MagninProduction Théâtre du Rond-Point, coproduction l'ANPU.fr, le Nom du Titre, le PoLau, la Maison-Folie Wazemmes, le collectif ExyztEnregistré le 10 février 2017 au Théâtre du Rond-PointCaptation vidéo : Larissa Pignatari, Léo Scalco

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