Carmelo Marchetta
Publié le 19/12/2010

Pourquoi cette illusoire intuition, qu'hier j'avais plus d'avenir qu'aujourd'hui ?


En quarantaine, en Belgique.
Adepte de la banalyse,il s'applique à sublimer le banal et à donner du non-sens à l'absurde.
 
 
 
 

Plus de...

Carmelo Marchetta

 ! 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 19 septembre 2015 à 08:45

Les interfaces

Les progrès du futur #2

Pendant toute la fin du XXe et le début du XXIe siècle, on fit d’important progrès dans la communication avec l’ordinateur. Les débuts historiques s’étaient faits avec seulement l’écran et le clavier. Puis on inventa les fenêtres et la souris. Plus tard vint le capteur de mouvement, grande contribution du jeu vidéo à l’informatique généraliste. Vers 2010-2020, les écrans devinrent tactiles, puis pliants, puis holographiques. On put enfin travailler debout en agitant les bras, comme Tom Cruise. Ce fut la période dite « windmill ». On vit le reflux des grandes épidémies liées au travail sédentaire, obésité et troubles musculo-squelettiques. Cela contribua à résoudre une partie du déficit budgétaire des pays riches. En revanche, les fractures de la main devinrent fréquentes. Pendant ce temps, la communication entre humains stagnait. On s’était très longtemps satisfait de la parole, fluide mais fugitive. L’écriture avait rendu possible l’accumulation des connaissances et le progrès technologique. Mais elle était lente. L’informatique, le réseau et les terminaux mobiles mirent un peu de réactivité dans tout ça. Cela dit, seul l’implant cérébral libéra véritablement la communication. Il devint possible de partager instantanément ses idées et ses impressions. On vit l’apparition de l’utopie fusionniste, qui prévoyait l’harmonie de l’espèce, sur la base d’une compréhension profonde et totale de tous les individus. Alors quelqu’un eut l’idée de connecter son implant au réseau. Ce fut la naissance du cybiocerveau planétaire.

Le 14 août 2015 à 08:23

Ma femme est jalouse

Ma femme est jalouse, mortellement jalouse, non seulement de toutes ces femmes dont mon donjuanisme effréné a déjà fait la conquête, comme en témoignent mes tiroirs débordant de leurs lettres d'amour, mais aussi, et cette jalousie prospective l'obsède tout autant, de celles, peut-être encore plus nombreuses, que ma séduction extraordinaire et mon ascendant inouï vont fatalement aimanter dans les mois, les années, les décennies à venir. J'ai beau lui dire que je n'aime qu'elle, que je ne pense qu'à elle, mon passé ne plaide pas en ma faveur, où c'est à bon droit qu'elle pourrait lire l'augure d'un futur aggravé, car s'agissant du présent, si ça peut la rassurer, c'est le calme plat, je ne possède ni même ne désire aucune, absolument aucune de ces femmes qu'il m'est donné de croiser tous les jours dans la rue ou de côtoyer au bureau, et pour être tout à fait franc, ma propre épouse, dont je viens d'évoquer la jalousie morbide, je ne l'ai pas touchée depuis, depuis je ne sais quand, je la vois comme une ombre, c'est comme si je ne la voyais pas, et d'ailleurs je ne suis pas tout à fait convaincu de sa réalité, il m'arrive même à certains moments de me demander si je ne suis pas, tout bonnement, solitaire, célibataire, quant à ces lettres que j'évoquais tout à l'heure, qui faisaient de ma chambre une amoureuse caverne d'Ali-Baba, où sont-elles? je ne les vois plus, j'ai beau passer la main dans mon tiroir qui serait vide si n'y subsistaient, tout au fond, quelques vieilles photos découpées dans des magazines spécialisés, et qui ne me font plus rien quand mon désoeuvrement les exhume.

Le 23 juin 2010 à 07:24

"Il ne faut jamais perdre le désespoir", Cuauhtémoc Blanco

Le match France-Mexique vu de Mexico

Ça fut la dernière phrase de Cuauhtémoc Blanco après avoir obtenu la qualification du Mexique à la coupe du monde. Huit mois plus tard, le Mexique gagne 2-0 contre la France, quatre jours plus tard on perd contre l'Uruguay, désillusion, l’espoir s’évanouit, seul nous reste « le désespoir ».  Chaque jour les choses  sont plus compliquées au Mexique : l’économie, la violence, la délinquance, tout !  Je récuse complètement ceux qui disent que le football est seulement un sport. C'est peut-être vrai pour eux, mais au Mexique c’est un phénomène social. Après la victoire contre la France, tout le pays était en fête. Imaginez une ville comme Mexico où vivent plus de vingt-deux millions de personnes, et maintenant imaginez ces vingt-deux millions dans la rue, fêtant le Mexique avec cet appétit de victoire, je dirais pas seulement une victoire sportive, mais une victoire dans la vie. La sélection mexicaine a rassemblé les rêves d’un peuple divisé, d’un peuple qui vit en état d’apathie, de famine, de pauvreté avec l’illusion de voir un jour les choses s'améliorer, et la vie leur réussir. Le football est bien plus qu'une passion, bien plus qu'un business, c’est d'avoir vu soudain un homme riche serrer dans ses bras un homme pauvre, c’est d'oublier  un instant la réalité et la souffrance. Je me souviens d’un ami qui m'a raconté la Coupe du monde en France. Quand Zidane a levé le trophée tout a paru changer. Les rues de Paris étaient bondées, les Français se sentait fiers de cette victoire, surtout face au Brésil. Je voudrais que les Mexicains vivent ce bonheur, cette sortie de la réalité – au moins un jour – un instant où tous les problèmes s’éloignent, un instant où nous nous sentons fiers d’être Mexicains. Mais la réalité aujourd’hui s'appelle Uruguay, notre réalité footbalistique (voilà un mot franco-mexicaine). La vie est comme ça, les échecs nous font regarder nos erreurs et aller de l'avant. C'est seulement en regardant notre réalité en face qu'on pourra la changer, seulement en acceptant nos faiblesses qu'on sera plus forts. Il ne faut pas rêver, il ne faut pas avoir de vains espoirs, il faut se préparer à tout. Le Mexique va peut-être perdre contre l’Argentine, mais même pour perdre il faut une préparation. Je suis probablement pessimiste, mais non, tout ce que je veux (j’allais dire « j’espère » ), c'est simplement voir un bon match entre le Mexique et l’Argentine. C’est tout.

Le 2 septembre 2014 à 09:42

Les extraterrestres pensent trouver une intelligence humaine d'ici 20 ans

Les extraterrestres restent étonnamment optimistes dans leur prévision de recherche. Ainsi, ils ont maintenu leur objectif de trouver une preuve d’une potentielle intelligence humaine sur Terre d’ici vingt ans. « Nos schémas de calculs nous montrent que notre faisceau de recherche se réduit, on va forcément toucher au but » estiment les chercheurs extraterrestres, pas découragés par la possibilité de se heurter à un possible mur. « On y pense, bien sûr. Qu’au fond, nous ne soyons qu’en fait terriblement seul dans l’Univers. Mais on pense que la Terre possède les caractéristiques nécessaires pour l’apparition de la vie et donc, pourquoi pas, d’une intelligence ». Découvrir une trace d’intelligence sur Terre remettrait en question de nombreuses théories et ouvrirait aussi la porte à un nouveau champ de possibilités. « C’est un peu notre obsession, savoir si nous sommes seuls dans l’Univers capables de raisonnement et d’empathie »  explique un chercheur,  même si pour bon nombre la possibilité que l’humain puisse posséder une telle faculté d’empathie reste clairement du domaine de la science fiction. Les chercheurs arpentent ainsi la planète depuis des années, équipés de dispositifs et d’appareils, destinés à calculer et relever les traces de vies. « Nous avons décelé des traces de vies, très résiduelles, mais pas forcément des traces d’intelligence » contre-balance un autre chercheur, moins optimiste que ses confrères. À l’issue de la conférence de presse, les chercheurs ont annoncé  leur intention de focaliser leur recherche sur une région non analysée dans l’immédiat et dans laquelle ils ont placé de grands espoirs de découvertes, le Moyen-Orient.

Le 21 octobre 2010 à 08:00

À vendre : 1 gramme d'espoir

Carte postale du Chili

Madame, Monsieur, Après quelques semaines d’absence, la Régie revient sur les ondes contraires avec dans sa valise une exclusivité qui vous laissera sans voix. En ces temps de doute, de peur et d’introversion, la Régie vous propose d’acquérir, et ce pour quelques euros, l’objet qui, en toutes circonstances, vous redonnera goût à la vie.Quel est ce miracle de poche ?  Un flacon, madame, monsieur. Et que contient ce flacon ? L’espoir !!! Précisément, 1 gramme d’espoir ! Durant son absence, la Régie n’a pas perdu son temps. Profitant d’une convalescence bien méritée au Chili, elle s’est rendue pour vous sur le toit du monde médiatique, à 700 mètres au-dessus des 33 mineurs piégés sous la terre de San José. Quelle expérience formidable que de sentir la ferveur de ces familles dans l’attente du retour de leur pères, frères ou fils. Quel suspens ! Quelle intrigue ! Seront-ils présents pour Noël ? Comment font-ils pour assouvir leurs besoins naturels ? Ont-ils Internet ?  Bref, c’est là, assis à l’ombre d’une TVmobile, éclusant un café d’une rare qualité en compagnie de mon nouvel ami Spielberg (qui ne faisait que passer), que l’idée m’est venue de rapporter à mes tristes compatriotes un peu de l’espoir ambiant.Ce flacon, qui se glissera avec aisance dans votre sac madame, dans votre sacoche monsieur, dans votre poche ou dans la boîte à gants de votre voiture, contient 1 gramme de l’essence de cet événement tragique et magnifique à la fois. 1 gramme mâché, gorgé, estomaqué, intestiné, colorecté… Vous suivez ? Après des jours de négociation, et quelques billets glissés dans des poches adéquates, il m’a été donné l’autorisation de prélever une centaine de kilos d’excréments de nos 33 mineurs. Excréments que j’ai soigneusement fait trier, découper, peser et tailler par un diamantaire local rencontré lors d’une de ces soirées privées qui se tenait tard le soir à l’abri des regards du monde. Cher compatriote dépressif, que vous soyez le travailleur entassé dans le trop plein d’un métro en grève ou que vous soyez le gréviste dans l’attente vaine d’une réaction d’un gouvernement autiste, n’attendez pas le burn out ! Ouvrez votre flacon d’espoir, plongez-y le nez, et inspirez un bon coup… Voilà, ça va déjà mieux ! N’hésitez plus, commandez sans plus attendre votre gramme d’espoir en flacon. Attention, il n’y en aura pas pour tout le monde ! Profondément, La régie 

Le 9 décembre 2014 à 08:52

Vie sur Terre - Dieu parle d'un malheureux concours de circonstance

C’est un des mystères les plus anciens que notre monde connaît. Dieu a accepté de faire quelques révélations au sujet de l’apparition de la vie sur la planète Terre lors de son traditionnel point presse du mercredi. Moins silencieux que de coutume, le grand Créateur évoque un acte involontaire et un enchaînement malheureux du cours des événements. Si Dieu admet avoir manqué de discernement et parle d’une bête erreur de manipulation, il précise qu’il n’envisageait pas de telles conséquences à ce qui reste selon lui « la plus grosse boulette de toute sa carrière ». « A l’époque j’étais jeune, je jouais à l’apprenti sorcier et je créais des mondes à un rythme effréné. Quasiment un pas semaine » explique-t-il en tentant de réorganiser ses souvenirs. La boulette Dieu donne des détails précis de ce moment où tout a basculé « Ça faisait deux jour que je travaillais sur un monde pas trop pourri. Mais le troisième jour, j’ai fait une grossière erreur de dosage dans mes produits sans m’en rendre compte. À partir de là, les choses m’ont échappé. » confesse-t-il en faisant mine d’être désolé. Tandis que les premières formes de vie primitive se développent sur Terre , Dieu n’a semble-t-il pas pris la mesure de son erreur puisqu’il avoue s’être contenté d’observer sans tenter d’intervenir pour endiguer le processus. « Au début, ça ressemblait à un phénomène tout à fait sans danger. C’est quand j’ai constaté que certaines formes de vie avaient pris conscience de ma propre existence que j’ai compris que j’avais fait une connerie » explique-t-il. Dieu avoue toujours hésiter à intervenir aujourd’hui pour corriger son erreur. « Vous savez, toutes mes tentatives pour améliorer les choses n’ont fait qu’empirer la situation » reprend-il avec fatalité. « J’ai même tenté plusieurs fois sous la colère de faire disparaître toute forme de vie, rien n’y fait, il en reste toujours un peu » ajoute-t-il. Le grand Créateur termine en précisant qu’il a quand même pris des dispositions afin d’isoler ce monde et éviter toute propagation de la vie en dehors de celui-ci. Une mesure de sécurité qui lui aurait été imposée par ses supérieurs lorsqu’ils ont découvert son incroyable raté.

Le 3 juillet 2013 à 10:31

L'homme augmenté

Les progrès du futur #4

Oscar Pistorius fut un pionnier : ce fut le premier homme à devenir plus performant grâce à des prothèses. Malgré ses déboires avec la justice, il ouvrit une voie dans laquelle beaucoup d’autres s’engouffrèrent bientôt. En particulier, la miniaturisation aidant, dès les années 2030 tout le monde avait le phone greffé à l’oreille, au sens propre du terme. Là encore, la sonde cérébrale était bien pratique pour fouiller rapidement son carnet d’adresse.   D’autres furent plus créatifs : prenant modèle sur les requins, les adeptes de hockey subaquatique se firent greffer un ruban électrosensible sur les flancs, afin de mieux percevoir les impulsions électriques dans les muscles de leurs adversaires. Cette innovation, conjuguée à l’invention des branchies amovibles, rendit ce sport beaucoup plus populaire, au point d’en faire une discipline olympique. Malheureusement, le monopalme mécanique, très spectaculaire, fut interdit par les pisse-froid du comité olympique par peur des accidents.   Pendant ce temps les amputations volontaires se multipliaient. De tristes sires se désolaient, déclarant qu’on crachait à la face de Mère Nature et que s’ouvrait l’ère des monstres. Ce à quoi les prothètes, menés par le philosophe Bernabé Fakebum, rétorquaient que l’homme étaient prothésé depuis son premier outil. Et ils inventaient de nouveaux dispositifs ludico-sexuels inspirés des céphalopodes.

Le 19 mars 2014 à 08:11

Il sort d'un coma de 19 ans et ouvre un vidéo club

Ses proches n’ont pas osé lui dire qu’il faisait fausse route. Loïc Janson, un habitant de Pau, est sorti du coma à la mi-janvier après plus de 19 années de silence radio. Aujourd’hui âgé de 37 ans, ce dernier a décidé de réaliser son rêve d’enfant, à savoir devenir le propriétaire d’un vidéo club. Hélas, le palois risque de se confronter à de sérieuses difficultés économiques, ses amis refusant de lui révéler les changements de notre société depuis son entrée dans le coma en 1995. Éviter le choc « Il s’est réveillé un jour, sans prévenir. Et avant même qu’on lui parle de ce qui avait changé, il nous a dit que la raison pour laquelle il s’était réveillé, c’était ce vidéo club qu’il voulait ouvrir plus que tout. Alors on n’a pas osé lui dire la vérité. » explique, plein de culpabilité, Loïc, le meilleur ami de Loïc. Car pour Loïc Janson, tout commence le 11 janvier 1995. Alors qu’il revient en voiture d’une soirée, le jeune homme, alors âgé de 18 ans et un peu éméché au moment des faits, rentre parfaitement chez lui. Mais trois semaines plus tard, alors qu’il joue à la Super Nintendo, Loïc est victime d’une attaque cérébrale qui le plonge immédiatement dans le coma pour les 19 années à venir. Mais au milieu du mois de janvier dernier, le palois se réveille, demande à ses proches de se réunir autour de lui au plus vite. « Il nous a fait venir. Il avait le sourire. Il disait n’avoir aucun regret, que c’était le destin mais que maintenant il était temps pour lui d’être celui qu’il était au fond, un gérant de vidéo club. » raconte Loïc Sr., son père. Alors, famille et amis décident de ne pas révéler à Loïc l’impasse dans laquelle il se trouve, par peur de lui infliger un choc psychologique trop lourd. « Il avait l’air si heureux de pouvoir reprendre une vie normale. C’est tellement dommage qu’il choisisse une voie dans laquelle il va se marginaliser socialement. » commente Loïc, la sœur de Loïc. Étaler les révélations Malgré ce tabou dans lequel Loïc Janson est maintenu par son entourage, les proches de ce dernier souhaitent tout de même essayer de le ramener dans ce siècle qui est le nôtre. « On va d’abord tenter de lui annoncer que le service 3615 Ulla n’existe plus. Il faut y aller pas à pas. Parce que s’il tombe sur un Blu-ray par accident, il est capable de nous refaire un AVC avec un autre coma derrière. Ce qui serait plus pratique pour tout le monde cela dit. » nous dit le père de Loïc.   Le Gorafi

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication