Alain Guiavarch & Maël Canonne
Publié le 18/12/2010

Peut-on juger objectivement la valeur d'une culture ?


– Mon père était originaire de "Papa Westray" une petite île au Nord de l'Ecosse. Dans le village de pêcheurs où il est né, la tradition veut que lorsque tu deviens père de famille, tu te laisses pousser la barbe uniquement sous le menton, pour marquer ton appartenance à la communauté. Par cet acte, tu affirmes ton adhésion aux valeurs qui en découlent. Cette coutume se transmet de génération en génération. 
– Oh la honte ! (Eclat de rire) C'est complètement grotesque... Et en plus, c'est moche !
Alain Guiavarch & Maël Canonne auraient rencontré Valérie Lemercier en octobre 2008, lors du lancement de leur roman photographique KLAC Artists'Book à la Villette (http://www.klac.fr).
Le problème c'est qu'elle ne s'en souvient plus malheureusement. 
Elle avait pourtant incité Jean-Michel Ribes à les rencontrer mais celui-ci n'a pas été franchement convaincu par ce duo d'imposteurs, sans doute parce que le plus petit avait commandé un lait-fraise au Restaurant du Théâtre du Rond-Point. 

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Le 27 juin 2011 à 09:03

Un dinosaure à déclarer

Histoires d'Os 14

Sous son képi autoritaire, le douanier italien ne voulait rien entendre. Il venait de contrôler la cargaison du véhicule et les explications savantes du jeune homme qui la transportait, ne faisaient que l’agacer. Ces caisses contenaient un squelette. Un cadavre d’animal auquel ce prétentieux prétendait naïvement faire franchir la frontière, au mépris des règles d’hygiène et des obligations douanières. L’homme avait beau lui expliquer dans son verbiage entortillé qu’il s’agissait d’un dinosaure, mort depuis des millions d’années et qu’on l’attendait à Venise pour l’exposer, très légalement, dans le nouveau Muséum, le zélé fonctionnaire demeurait intraitable. Il voulait bien admettre les raisons scientifiques du chercheur de fossiles et ne pas trop insister sur l’aspect sanitaire ni sur l’aspect moral d’une telle opération (ce n’était pas de son ressort) mais il devait aussi accomplir son devoir douanier. Dans la mesure où ce squelette était comme il l’avait compris, un objet de collection, il devait bien avoir un prix, une valeur à mentionner sur la déclaration afin que l’administration puisse calculer ses droits. Alors, c’était au tour du jeune homme arrogant de se montrer embarrassé. Et c’est ainsi qu’une équipe d’experts (juristes et paléontologues) fut dépêchée depuis Paris pour tenter d’apprécier le prix du kilo de dinosaure, une marchandise inestimable qu’aucun consommateur transalpin n’aurait songé à importer.

Le 10 janvier 2011 à 20:02

Origines douteuses

Histoires d'os (6)

On avait découvert ses restes, à plusieurs années d'intervalle, dans une carrière du Sussex. De pauvres restes en vérité : un fragment de crâne humain et un débris de mâchoire qui ressemblait à celle d'un orang-outang. Le tout soigneusement emballé dans un environnement crédible. Il n'en fallait pas davantage à quelques scientifiques zélés pour y reconnaître le fameux « chaînon manquant » annoncé par la théorie darwinienne. Cette trouvaille hériterait du nom d’Eoanthropus et sèmerait une fichue pagaille dans les rangs partagés de la paléontologie. Car ce fossile remarquable contredisait toutes les découvertes effectuées dans les ravins d'Afrique de l'Est où s'imposait l'évidence d'un mécanisme évolutif tout à fait opposé, incarné par les Australopithèques. Aucun ancêtre de l'homme ne semblait devoir associer de manière aussi convaincante des caractères anatomiques simiesques et humains. Ce qui n’empêchait pas l'imposture de rassembler ses zélateurs. Et il fallut attendre une bonne cinquantaine d'années pour qu'elle soit enfin dénoncée. L'homme de Piltdown était un faux, une chimère fabriquée avec un crâne d'homme médiéval et une mâchoire d'orang-outang, vieillis, limés, traités pour donner l'apparence du vieux.Quelques années plus tard, le British Muséum organisait une exposition sur les origines de l'homme et le célèbre faux y occupait une vitrine de choix. Le commissaire d'exposition qui y promenait les étudiants, s'arrêtait souvent devant cette vitrine et il souriait avec malice afin de commenter de manière théâtrale : " N'en doutez pas ! Il s'agit d'un faux!" La valeur de l'original justifiait à elle seule le fait qu'on en expose une copie ? A moins d'y voir une manifestation du sens de l'humour britannique ?

Le 12 juillet 2015 à 08:15

L'épouse, fée de la famille

Quelques perles tirées d'un Manuel scolaire d'Économie Domestique pour filles dans des écoles catholiques en 1960

FAITES EN SORTE QUE LE SOUPER SOIT PRÊT Préparez les choses à l'avance, le soir précédent s'il le faut, afin qu'un délicieux repas l'attende à son retour du travail. C'est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu'ils rentrent à la maison et la perspective d'un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la chaleur nécessaire d'un accueil. SOYEZ PRÊTE Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d'être détendue lorsqu'il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d'être égayée et c'est un de vos devoirs de faire en sorte qu'elle le soit. PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L'ANNÉE il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d'avoir atteint un havre de repos et d'ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle. RÉDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MINIMUM Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d'encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire. ÉCOUTEZ-LE Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n'est pas le moment opportun. Laissez-le parler d'abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne. NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S'IL RENTRE TARD À LA MAISON Ou sort pour diner ou pour aller dans d'autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d'ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.

Le 14 avril 2014 à 08:47

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Est-il facile d'être dictateur?

NON. Etre dictateur, c’est un dur métier, on ne rigole pas tous les jours, on doit se raser tous les matins pour passer à la télévision d’Etat. En plus de ça, il faut briller dans toutes les matières : histoire-géo, économie, police politique, plomberie, torture. Et la liste est loin d’être close, car si on veut être un bon dictateur, il faut savoir tout sur tout, et même ce qui est connu de Dieu seul. C’est pourquoi les dictateurs sont très attentifs à ce qui se publie sur le web : ils veulent tout savoir, tout apprendre, tout contrôler. Ce sont de vieux enfants un peu envahissants qui aiment se cultiver. N’empêche, il y a des moments où c’est particulièrement difficile d’être dictateur. Un exemple : supposons que le pays se trouve mis en crise à cause d’un problème de plomberie. Les canalisations de la capitale ont sauté. Les bidets fuient. Les opposants s’enfuient. Tout va à vau-l’eau. Eh bien, en tant que dictateur, et comme vous craignez la concurrence des plombiers, vous les accusez d’avoir fomenté un complot, vous les mettez en prison, au pain sec et à l’eau, et il ne vous reste plus qu’à régler le problème TOUT SEUL. Et c’est bien là le problème. Le dictateur est un homme seul, snif. Il ne peut pas tout résoudre, sauf les grilles de mots croisés de force 2. On le voit par cet exemple : le métier de dictateur a ses limites, sinon on tombe très vite dans l’amateurisme. C’est pourquoi, quand la plomberie pète les plombs, il vaut mieux faire appel aux professionnels.

Le 5 juin 2014 à 09:20
Le 16 octobre 2014 à 14:39

A plus d'un titre

Clémentine Mélois aime les livres et son histoire d'amour avec eux franchit une nouvelle étape : elle en publie un ! Ses petits bijoux d'humour et d'esprit, couvertures détournées, pieds de nez érudits et facétieux, ont déjà fait un tabac sur la Toile, et vous avez pu en découvrir quelques uns ici-même. Clémentine Mélois aime la culture, ou la Culture, comme vous préférez, la Culture majuscule, la sous-culture, la pop culture, toutes les cultures au sens même du végétal, ce qui grandit, se développe, croît et offre ses fleurs à qui veut bien les recevoir. Clémentine Mélois sait recevoir, justement, et elle accueille à la table (des matières) de son livre tous les auteurs qu'elle aime. Elle reçoit sans chichis mais avec une grande délicatesse les écrivains les plus académiques, les plus classiques et leur propose de partager un moment avec ses autres héros, ceux de la culture populaire, de la variétoche ou des nanars cinématographiques. Clémentine Mélois n'aime pas les chapelles et elle aime tellement ses amis qu'elle se dit que même s'ils ne sont pas du « même monde », il n'y aucune raison que François Valéry ne puisse pas s'entendre avec Paul Valéry, aucune raison que Rambo et Rimbaud ne se trouvent pas des points communs autour d'un verre. Un Fernet-Branca par exemple. Avec ses Cent titres, Clémentine Mélois nous redonne des envies de livres, d'encre, d'odeur et de grain de papier. Et ça tombe bien parce que son livre est vraiment un livre. Généreux et drôle, cultivé et potache, ludique et réjouissant. Un livre qui lui ressemble. Et nous, on l'aime. A plus d'un titre.   Clémentine Mélois, Cent titres, Grasset, parution le 22 octobre, préface de Jacques Roubaud, 224 pages, 10 € Du 24 Octobre à la fin novembre, venez découvrir l'exposition Clémentine Mélois à la librairie le Rond-Point des Livres. Rendez-vous le 24 à partir de 19h pour un vernissage pas comme les autres !    

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