Stéphane Trapier
Publié le 27/12/2010

Platon & Hannah Arendt


sont des fous fous dans leur tête

Né le 15 juillet 1790, Stéphane Trapier a toujours raté les rendez-vous de l’histoire. Ancien avant-centre de l’équipe de France, il n’a jamais gagné la coupe du Monde. Il collabore à Fluide Glacial (après le départ de Gotlib), au Monde (sans jamais croiser Beuve-Méry) ou encore à Télérama (dès la retraite de Jean-Claude Bourret). Il a illustré deux ouvrages de Jean-Michel Ribes, et son Rond-Point. Il ne connait pas personnellement Henri Guaino. 

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Stéphane Trapier

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Le 28 septembre 2011 à 08:26

Rock'n'roll high school

Je suis si heureux car aujourd'hui, j'ai rencontré mes amis : ils sont dans ma tête

On m'avait dit « Plus rock'n'roll, ta chronique ! » Du coup, je me suis dit « Je vais me faire une liste. » J'aime bien les listes. Ça aide à structurer sa pensée. Je suis quelqu'un de super structuré. Par exemple, quand je mets mes chaussures, c'est toujours les mêmes gestes. D'abord la gauche. Toujours. Sauf que là, en fait de liste, il s'agissait d'une playlist. Ce qui n'aide pas du tout à structurer sa pensée. Mais ça peut s'avérer utile : l'autre jour, je me suis dit « Tiens, si je me mettais au jogging, car il est important de prendre soin de sa santé. » Comme je n'avais pas structuré ma pensée, j'ai opté pour la lecture aléatoire des chansons contenues dans mon lecteur de mp3. Eh bien ! Figurez-vous qu'à cause du rythme trop effréné des premiers morceaux, j'étais essoufflé comme un bouvier bernois après seulement cinq minutes de course. Donc pour ne pas être essoufflé avant la fin du paragraphe, j'ai décidé de préparer une playlist pour cette chronique. Avec du Nirvana dedans, vu que c'est leur anniversaire, ça leur fera plaisir. Puis j'ai lu un article sur le nouveau Facebook et cette option qui fait que dès que vous écoutez un morceau sur Spotify, c'est immédiatement publié sur votre mur, alors je me suis lancé dans une diatribe sur l'inaliénable liberté d'expression, et si on les laisse faire bientôt jusqu'où iront-ils ?, et j'ai retiré deux Vincent Delerm et un Louise Attaque de ma playlist. Ensuite, je me suis souvenu que je n'utilisais pas Spotify.

Le 13 décembre 2012 à 16:41

Prenez, ceci est mon Klout !

C'est fait ! Benoît XVI a fait hier un pas gigantesque dans la modernité en publiant son premier message sur le réseau Twitter. Suivi par plus d'un million d'internautes, le souverain pontife est désormais un influenceur de haut rang susceptible de créer à tout moment le buzz, en postant urbi et orbi ses bons mots et en retweetant les messages de ses nouveaux camarades de jeu. Fort de cet indéniable succès, le Pape ne compte pas en rester là. En exclusivité, nous nous sommes procuré l'intégralité de son plan média. Sur son compte Instagram, Benoît XVI publiera quotidiennement des photos d'hosties et de vin de messe, allègrement rehaussées par des filtres du meilleur goût. Ses différents déplacements feront également l'objet de reportages exhaustifs retraçant les moindres détails de ses rencontres et de ses découvertes dans un Tumblr chatoyant. Cette année, le successeur de Jean-Paul 2.0 commentera en temps réel la messe de minuit dans un live-tweet qu'on imagine se placer facilement en tête des sujets tendance sur le réseau. Sur sa page facebook, il devrait également se lancer dans une campagne de poke de grande ampleur baptisée Poke-A-Pope. Dans la foulée, celui qui se présente désormais comme le community manager du Christ déclenchera une véritable e-croisade en pourrissant sans vergogne et de façon systématique les forums de discussion des autres religions, sous le pseudonyme de K-Troll-ic. La fabrication d'un virus informatique est également en préparation. Il pourrait infecter les sites communautaires gays. Le nom définitif n'est pas encore arrêté mais, par amour du LOL, il pourrait faire référence à une maladie bien connue. Il entend également se faire une place sur le site Chatroulette où il évangélisera au hasard les brebis égarées dans les pâturages lubriques de l'exhibitionnisme numérique. Enfin, en début d'année prochaine, le Pape diffusera tous les mois sur sa chaîne DailyMission un programme résolument humoristique baptisé « Benoît fait des vidéos » où il abordera ses petits soucis quotidiens et les aspects les plus insolites de son pontificat. De la bonne grosse déconne en perspective !

Le 7 avril 2015 à 08:44

Il passe toute sa journée à commenter des choses qu'il n'aime pas sur les réseaux sociaux

Nevers – Un jeune homme a expliqué aujourd’hui qu’il passait l’intégralité de ses journées à commenter des choses qu’il n’aimait pas sur les réseaux sociaux et sur Internet. Il poste ainsi plusieurs centaines de commentaires négatifs sur des sujets qu’il n’aime pas, n’a au fond jamais aimé et qu’il n’aimera sans doute jamais. Reportage. Une activité très soutenue que Jules, 26 ans, commence quand il arrive à son bureau et qui se poursuit parfois même en dehors des heures de travail. « Je commence d’abord par commenter les émissions de la veille, parce que je n’aime pas la télévision. Mais je regarde beaucoup d’émissions que je n’aime pas, comme tout le monde, c’est nul, c’est tout. » a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Interrogé sur le fait s’il y avait des des sujets qu’il appréciait plus ne pas aimer que d’autres, le jeune homme est resté évasif. « Parfois il y a des choses que j’aime moins que d’autres, donc je vais prendre plus de temps pour rédiger mes commentaires, histoire de bien expliquer pourquoi c’est nul et pourquoi c’est comme ça et pas autrement ». Une activité qui le suit aussi chez lui, jusqu’à parfois très tard dans la nuit. « Il y a plein de choses que je n’aime pas sur Internet, et cela prend du temps. Parfois je vois à peine ma femme et mon enfant, mais ils comprennent que c’est important, que c’est ma passion » dit-il avant de s’énerver parce que quelqu’un a dit du bien d’une série télé qu’il n’aime pas mais qu’il continue de regarder quand même. Le jeune homme dit aussi attendre avec impatience une prochaine nouvelle formule du Grand Journal. « Je n’aime pas du tout cette émission et j’attends de voir si la nouvelle formule sera aussi moins bonne que la précédente, j’ai tellement hâte d’en dire du mal » précise-t-il avant de commencer à poster des commentaires négatifs sur sa propre interview.

Le 4 février 2011 à 08:22

« Ça montre qu'elle [MAM] n'est pas droit dans ses bottes : elle a fait son mea culpa. L'affaire est close »

François Baroin, France Info, jeudi 3 février 2011

Depuis quand un ministre du Budget est-il autorisé à donner l’absolution à une pécheresse ? Porte-parole du gouvernement il n’a pas à porter la parole de Dieu, même si son avatar est hyper-président. Certes il y avait eu confession la veille sur Canal+, quand Michèle Alliot-Marie reconnut que, durant ses vacances de Noël en Tunisie, elle aurait mieux fait de ne pas emprunter l’avion d’un de ses riches amis locaux, drôle de paroissien benaliste. Elle s’épanchait auprès du bedeau Denisot, lequel, jusqu’à plus ample informé, n’est pas davantage habilité à effacer l’ardoise. Quand bien même la pénitente aurait récité dans la Boîte à questions : « Confiteor Deo omnipotenti et vobis, fratres, quia peccavi nimis cogitatione, verbo, opere et omissione: mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ».  Pas d’absolution, donc pas d’ « affaire close ». Et qu’elle ne vienne pas se plaindre. Si elle était juive, ce n’est pas même pas un rabbin qui pourrait passer l’éponge, mais le « Prochain » qui a été offensé. On imagine MAM implorant le pardon des manifestants tunisiens ! C’est la France qui, pour le coup, ne serait pas non plus à l’aise dans ses « bottes » car, faut-il le rappeler, MAM est sa ministre des Affaires étrangères. Aux dernières nouvelles, elle passerait ses vacances pascales à Rome, dans le quartier Prati Trionfale, c’est à deux pas du Vatican où il paraît que les Indulgences se négocient pour rien.

Le 5 octobre 2011 à 18:25

Tu veux pas appeler Carla ?

Actutweets : #tuveuxpastwitterbarbier

Quoi de neuf sur les réseaux sociaux ? Pas la peine de vous déplacer : Eole Contrario vous livre les dernières tendances en direct du front. Quand on est journaliste, que l'on soit éditorialiste ou reporter de guerre sous les bombes, il faut savoir prendre des risques. Les serviteurs les plus zélés de l'information sont prêts à tout pour satisfaire à cette mission sacrée. Ainsi, lorsque l'actualité l'exige, le directeur de la rédaction de l'Express, Christophe Barbier, est capable de décrocher son téléphone pour aller à la source, au cœur de l'info la plus brûlante. Le 4 octobre dernier, au péril de sa vie (et de sa crédibilité journalistique), il a ainsi osé contacter la première dame de France pour lui poser des questions cruciales et écrire sur son blog une des plus belles pages de l'histoire de la presse : « Ayant la chance de connaître Carla Bruni-Sarkozy, je lui ai parlé ce matin au téléphone. Elle n’est absolument pas à la clinique et, comme toute femme enceinte, ne connaît pas au jour près le terme de sa grossesse. Par ailleurs, elle est désolée que l’actuel emballement médiatique trouble le travail et le quotidien du personnel de la Clinique de La Muette. » Instantanément, les commentateurs de son blog ont exprimé leur admiration pour cet insolent usage de la liberté d'informer. Bien sûr, il s'en est trouvé quelques uns pour critiquer un prétendu journalisme de connivence et pour menacer de suspendre leur abonnement au magazine.   Pour répondre à ces critiques, Christophe Barbier a repris son clavier aujourd'hui pour expliquer la motivation profonde de son appel de la veille : n'écoutant que son sens du dévouement, il a répondu au SOS d'un collègue « las de faire le pied de grue devant la clinique de la Muette ».   Devant tant d'abnégation, la communauté Twitter s'est empressée de saluer le geste de l'homme à l'écharpe rouge en créant, à l’initiative du compte @Solferishow, le hashtag #tuveuxpasappelerCarla pour transmettre à Christophe Barbier ses soucis du quotidien : lave-linge en panne, recherche de colocation, demande de conseil vestimentaire... Les invocations twittesques ont pris rapidement de l'ampleur et le sujet s'est installé dans le peloton de tête des tendances françaises sur le réseau social. Sûr qu'avec un tel intercesseur auprès de Carla Bruni-Sarkozy, les doléances des internautes ne manqueront pas d'être entendues. Vive le journalisme libre. Et vive la France.  

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