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Publié le 25/12/2010
 

Irina Koprivc


Internaute

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La schizophrène et Noël


Tiraillements gastronomiques d'une Franco-Slovène

C’est décidé, cette année je fête Noël en France. La preuve, je suis là. J’attends avec impatience les prochaines chutes de neige pour batifoler dans les congères. Je suis prête je vous dis. J’ai fait tous mes cadeaux. J’ai acheté des livres, des DVD, et deux places pour le théâtre. J’ai tout prévu pour Noël, tout. ça me réjouit. D’habitude, je ne sais jamais ce que je fais, ni où je suis. Mais cette année j’assure. Je suis à Paris, avec des Français. Je laisse de côté ma moitié slovène, je la débranche, je la cache dans le placard comme un amant encombrant. Le soir du réveillon, je dînerai français, parfaitement ! Au menu, foie gras, huîtres puis dinde aux marrons. Et en dessert, la traditionnelle… J’allais écrire bûche, mais soudain un doute affreux m’envahit. Bûche ou… potica ? La bûche, c’est délicieux, oui, surtout au chocolat, et puis c’est typique… mais la potica !! Ce joli gâteau tout roulé tout moelleux tout crémeux (voir la photo) fourré aux noix aux noisettes au choco… bref qui fond sur la langue dans la bouche et jusque sur les hanches, ah il est simplement… « trop bon » comme on dit ici ! Oui, « trop bon », mais 100% slovène. Alors qu’est-ce que je fais ? Un menu français et un dessert slovène ? Je ressors mon amant du placard ? Ou bien je mets mes deux moitiés d’accord et j’achète des sorbets chez Picard ? Mais non, des sorbets un soir de réveillon c’est sinistre, c’est comme voir la neige qui fond. Ah j’en ai marre, vivement la diète ! Vesel bozic ! Joyeux Noël !
 
 

Chronique rurale


Deuxième jour : la statue de Michel Drucker

Finalement j’irai voir maman demain. J’avais complètement oublié qu’elle vivait dans la région, et la perspective d’une visite filiale improvisée ne m’enchante pas à priori. Alors je marche dans le village vide, je croise une première maison à louer, une seconde à vendre, une troisième aux volets définitivement clos. Il n’y a plus d’école maternelle. Je me demande d’ailleurs s’il reste tout simplement des enfants ? Je me dirige ensuite vers la maison de retraite. Elle a été récemment rénovée. De joyeuses petites bonnes femmes s’ébattent dans le parc, elles jouent au croquet. Un infirmier en chandail vert caresse la tête d’un vieux type en blouse blanche, à moins que ce ne soit l’inverse. La statue de Michel Drucker trône au centre d’un terre-plein également central. Soudain, alors que le ciel s’assombrit pour la huitième fois de la journée, je m’enfuis en enjambant la clôture électrique : je ne veux pas croiser maman. Je reviendrai demain, comme j’ai dit tout à l’heure.   Je continue mon tour du village et finis par me rendre à la triste évidence : deux maisons sur trois sont absolument vides. J’entre dans l’église et je vais remercier Monsieur le Curé de m’avoir prêté hier sa mobylette. Je le trouve allongé dans la sacristie, un encensoir entre les orteils, un bas de pyjama retroussé au niveau du nombril.   -« C’est assez peu sacerdotal ! » lui déclare-je maladroitement. -« Je ne sais plus qui je suis. » qu’il me répond sentencieusement. « Tout est laid. »  - « Moi c’est pareil. »   Et il me referme la porte sur la tronche, en récitant trois pater et deux ave. Je sors.   > Episode suivant

> Premier épisode
Jérémie Fabre
Internaute




 
 

Nous voulons des enfants médiocres


Prenez soin de votre névrose
Ma femme et moi nous accordons parfaitement sur le devenir de nos enfants. On ne tient pas à ce qu’ils se distinguent par une réussite professionnelle ou affective. Nous serions très irrités de devoir les regarder s’épanouir et prendre une place valorisante dans la société. Nous-mêmes n’y sommes pas parvenus et cela serait très dommageable qu’ils nous surpassent et atteignent le parfait bonheur tandis que nous avons toujours baigné dans une complète médiocrité. Si par malheur, malgré nos efforts, ils s’avançaient vers une excellence outrageuse, nous aurions recours à l’infanticide. Nous restons maîtres de leur destin.
Christophe Esnault
Internaute




 
 

Apollinaire à l'Elysée


ou une ministre-cartomancienne à Carthage

Le couple de dictateurs carthaginois aurait-il pu prédire la crise politique de son pays ? Possible. Peut-on en dire autant de notre Ministre des Affaires Etrangères ? Rien n’est moins sûr. Les premiers auraient dû prendre conseil auprès d’Asfour le devin*; la MAM, elle, de Tirésias* ! 
  
*Asfour le devin, conte tunisien par Ayadi Boubaker, Seuil Jeunesse, 2010
*Les Mamelles de Tirésias, Guillaume Apollinaire, 1917
Rémy Delmet
Internaute




 
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