Aurélien Nevers
Publié le 03/01/2011

Mascarade


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Un temps journaliste en radio et en agence de presse; signe ensuite une pièce, "Immortel", reçue dans un petit théâtre parisien, et quelques court-métrages, parfois récompensés en festivals. "Mise au point sur l'infini", son premier roman, sort à l'automne 2009. 

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Le 13 juin 2013 à 09:54

Le relâche

Oui, vous avez bien lu : « relâche » s'emploie au masculin. Ce dont on ne se rend guère compte puisque le mot se trouve rarement seul : faire relâche, jour de relâche. Il s'agit de la fermeture temporaire d'un théâtre. La plupart du temps pour cause de congés annuels. C'est le relâche annuel. Au XIXe siècle, on parlait de repos des banquettes. Avant la Révolution, les causes de relâches étaient nombreuses. La mort du souverain ou celle d'un membre de la famille royale pouvait occasionner jusqu'à trois semaines de fermeture. Aujourd'hui, il y a le relâche hebdomadaire, généralement le lundi, accordé au personnel et aux comédiens. Quand le bâtiment exige des travaux de rénovation, c'est le relâche pour travaux. Quand une création demande la mise à disposition du plateau, c'est le relâche pour répétitions. En cas de deuil national, il peut y avoir le relâche exceptionnel. Bon vivant, le maréchal de Saxe, l'ancêtre de George Sand, voulant de la joue dans ses armées, tenait toujours en réserve un opéra comique. C'était le théâtre qui réglait l'ordre des batailles. L'actrice principale n'hésitait pas à annoncer : « Messieurs, demain relâche au théâtre, à cause de la bataille que donnera Monsieur le Maréchal ; après-demain, le Coq du village, les Amours grivois... Faire relâche peut avoir des connotations égrillardes quand il est l'équivalent d'afficher complet au Grand-Guignol, quand une femme a ses camélias, ses coquelicots. Ce qu'enregistre ce coquin quatrain : Il faut que tous les mois l'artiste se repose.Une affiche à la porte, affiche de couleur,Sur laquelle, en travers, une bande s'attache,Avertit le public, qu'ici l'on fait relâche.

Le 28 décembre 2011 à 08:10
Le 15 novembre 2011 à 09:10

"Je me méfie des blasphémateurs sacrés"

Entretien avec Noël Godin

Toi qui es l’auteur d’une somme sur la subversion carabinée, peux-tu nous dire si tu as repéré dans l’Histoire quelques coups de main contre l’intégrisme calotin dont tu ne peux que saluer le panache ?   Je porte un toast-souvenir au foudroyant raid sacrilège réalisé par quatre trépidants mécréants franco-belges et par moi-même le dimanche 8 septembre 1996 à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes. Ce jour-là, quinze jours avant le pèlerinage de Jean-Paul II en France, la grand-messe est dite non seulement par Monseigneur Gaston Lequimener, conseiller spirituel de la station « Radio Fidélité », mais aussi, du jamais vu, par cinq autres serviteurs divins intégristes dont trois évêques et un diacre. Et, au moment de la consécration, alors qu’on entend des « Gloup ! Gloup ! » retentissants dans toute l’église épiscopale, une dizaine de turlupins remontent les travées de la nef, surgissent dans le chœur et balancent de somptueuses tartes à la crème sur les prestigieux officiants. Pendant que d’autres indévots déploient une banderole pro-condoms et lancent aux quatre coins de la cathédrale des préservatifs remplis d’eau non bénite. Une anecdote à peine croyable à ce propos. Le soir même de l’attaque, une parente d’un de nos complices travaillant au secrétariat de « Radio Fidélité », qui a retransmis la cérémonie en direct, lui a garanti qu’un quart au moins des nombreux auditeurs ayant téléphoné à la station calotine en fin de matinée avaient très sérieusement demandé si le « Oh, oh, oh, oh, oh ! » carillonnant qu’ils avaient perçu soudain signifiait qu’à cet instant précis, celui des entartements en rafales, il y avait eu… un miracle.   Tu as entarté Jean-Luc Godard car il avait accepté de retirer son film « Je vous salue Marie » d’un cinéma proche du Vatican… D’autres lâchetés face aux intégrismes que tu punirais volontiers ?   Une des lâchetés courantes les plus agaçantes, c’est la tolérance béate. Comment arriver à réellement tolérer que des personnages estimables à plus d’un titre s’agenouillent crapoteusement devant « un grand linge sale » comme disait Sade ou bien Picabia. N’hésitons pas à jouer de mauvais tours aux bien-aimés se rendant imbécilement à la messe. Entrons, par exemple, dans l’église derrière eux. Et puis tout à coup, d’une voix tonitruante, proposons à l’assemblée des fidèles cette belle prière de Benjamin Péret : « Vierge Marie sur qui je pisse après l’amour, je vous encule, je vous dévore comme un cochon ».   Qu’est-ce qui distingue l’attentat pâtissier du jet d’huile de vidange ou d’œufs pourris ? Une question de gastronomie ?   Le jet d’huile de vidange ou d’œufs pourris, ça a beau être pas mal plouc, ça peut faire de beaux dégâts chez les crapules ivres de pouvoir, mais ce n’est pas près d’égaler, bien sûr, la portée symbolique des attentats pâtissiers. Une tarte à la crème s’écrasant sur un visage pète-sec, ça renvoie directement, évidemment, à l’essence du ciné burlesque, du slapstick, ou à celle de la belle époque du cartoon agressif quand les yippies avant la lettre Bugs Bunny et Woody Woodpecker balançaient des pâtisseries dégoulinantes sur des raseurs. Et puis, sur le plan esthétique, une explosion tartesque, c’est plus joli qu’un jet d’œufs ou d’huile. Notons que les cocasses inventeurs de la tartapulte, Benoît Delépine et les autres fauteurs de troubles grolandais, ont fait également construire par les compères du Théâtre royal de Luxe de Nantes, connus pour leurs marionnettes géantes, un superbe canon à œufs bio. Le hic avec lui, c’est qu’un œuf propulsé à une folle vitesse, par exemple, sur Claude Guéant risque de traverser littéralement sa tête de part en part.   Le droit au blasphème est-il sacré ?   Pas du tout. Je me méfie des « blasphémateurs sacrés » à la Antonin Artaud – il se définissait comme ça – terriblement iconoclastes par moments mais englués par ailleurs dans des stéréotypes mystiques débilitants. Et puis, je n’aime pas plus les droits, à la paresse, au plaisir, à l’insolence, que les devoirs. Réclamer un droit, c’est présupposer qu’il existe des instances habilitées à nous l’accorder ou à nous le refuser comme l’a fort bien décrit Max Stirner dans L’Unique et sa propriété. À nous de nous permettre tout ce que nous ressentons comme souhaitable pour peu qu’on ait un minimum de lucidité critique sur nous-mêmes et sur le monde à réinventer.   Si Noël Godin était Dieu, que ferait-il pendant la semaine ?   Je veux bien être Dieu comme je veux bien être Diable à condition que tout le monde le soit aussi dans la galaxie. À nous tous les plaisirs les plus pimentés dans un nouveau monde amoureux féerique et burlesque comme celui imaginé par Charles Fourier.   Ça va bien en ce moment ?   Ça va toujours bien quand je m’encanaille avec Jean-Daniel, avec Jean-Michel et avec les autres espiègles fers de lance du rire de résistance du Théâtre du Rond-Point.   Les trois principes essentiels de la subversion carabinée à inculquer à ses enfants…   1. Être clairvoyant. Comprendre les mécanismes qui font qu’une veule complicité s’est souvent établie entre les gouvernants et les gouvernés les maintenant au pouvoir par leurs flaccides soumissions. Réaliser de surcroît que le seul art qui vaille encore d’être pratiqué, c’est celui de construire passionnément, ludiquement, rigolotement sa vie en niquant au mieux toutes les formes de contraintes. 2. Se rendre compte qu’absolument n’importe quel lustucru en pétard, à commencer par soi-même, est à même, s’il le désire vraiment, de jouer des tours très pendables aux puissants du jour et aux raclures autoritaires de toute farine. 3. Ne pas oublier que nos guérillas contre les pouvoirs constitués ne sauraient percer de vraies brèches si elles ne se menaient pas autant qu’il se peut dans le plaisir et la drôlerie, et aussi la tendresse, ajouterait le Tiqqun, ainsi que le préconisaient les hippies des années soixante-dix.   Et pour finir, que t'inspire ce dessin de Stéphane Trapier  ?   Stéphane Trapier réveille en moi une vieille idée qui m’a déjà valu quelques convocations ubuesques à la police : celle de suggérer à des gaillard(e)s condamné(e)s par d’impitoyables maladies à nous quitter bientôt de s’offrir un baisser de rideau grandiose en se métamorphosant subitement en kamikazes chantilly s’élançant tartes à la main, sous des pluies de balles, vers des cibles historiques, le président de Chine, de Russie, des States ou le pape.

Le 7 mai 2011 à 08:20

Tout conte fée...

Ouf c'est fini! En attendant le mariage du second, de Harry, on a fait le plein d'images rose bonbon digne d'une tenue de Barbara Cartland.  Le monde entier s'est régalé et nous, on n'a pas boudé notre plaisir!  Nous les français, nous savons être "cul cul la praline". Ringards aussi. Certains disent que c'est à cause du port du survêtement de blaireau le week-end. Je suis dubitative.   Bref...La monarchie rosbif avec son faste glacial, le visage de cire de la reine et les deux tourtereaux pas encore rassis font rêver d'accord, mais nous aussi, nous ne sommes pas en reste, nous sommes témoins de belles histoires d'amour désintéressées.  Mamour et Bécassine, dit aussi Johnny et Laetitia enfin...quand ils veulent bien délaisser leur villa de rêve de Los Angeles pour venir prendre un paquet d'oseille qu'ils vont illico dépenser aux Etats-Unis. Et puis...il y a Nicolas et Carla (en plus ça rime!).Quand on veut se donner la peine de soulever le voile, les histoires d'amour sont moins "glamour" qu'on voudrait nous le faire croire. Elles ont souvent les cheveux gras, sont négligées sous les bras et je ne vous parle même pas des petites culottes...que voulez-vous les contes de fées n'existent pas! L'immaculée Blanche-Neige est en fait une grosse cochonne qui après s'être tapé tous les nains, les a envoyés au turbin. Nympho et vénale ! Et le virginal Petit Chaperon Rouge ? Pas mieux ! Une lolita perverse et gérontophile. Le chat botté ? Un sexe (pas très défini) à pattes...une paire de cuissardes en latex, avec en haut des cuisses un chat tout épilé! J'allais oublier la Belle au Bois Dormant qui n'en fini pas de roupiller...une piquousée à l'héro qui baigne dans son vomi oui! Et on en fait une belle endormie !! Je vous laisse imaginer la réalité du tout jeune couple royal...pourquoi voulez-vous qu'il soit l'exception qui confirme la règle ?

Le 27 janvier 2012 à 08:40
Le 12 janvier 2011 à 09:01

« Dire que la Tunisie est une dictature univoque me semble tout à fait exagéré »

Frédéric Mitterrand, Canal +, dimanche 9 janvier 2010

Quand on tourne trop sa langue de bois dans la bouche avant de parler, on donne des verges pour se faire battre. Invité à réagir aux événements de Tunisie où, depuis trois semaines déjà, une révolte sociale et morale contre le régime Ben Ali est réprimée férocement par la police, le ministre de la Culture improvise une formule moins ciselée que celles dont il nous enchantait dans ses épopées de têtes couronnées, du temps où il s’appelait « Fred ». Qu’a-t-il voulu dire au juste en trouvant « exagéré » qu’on puisse avancer  que « la Tunisie est une dictature univoque » ? Beau diseur et fin lettré, il s’est peut-être risqué à suggérer que la dictature est un mot qui ne recouvre pas seulement un sens mais plusieurs ? Du point de vue des victimes ce n’est pas convaincant sur le coup. Ou plutôt sous les coups. Même une dictature qui ne serait plus « univoque » mais à l’inverse « équivoque » n’en serait pas plus supportable, l’ambiguité servant plus sûrement de masque à la terreur. Il était le premier des ministres du gouvernement Fillon à s’exprimer publiquement sur le sujet. Certains de ses prédécesseurs, rue de Valois, auraient saisi l’occasion pour se ranger du côté des « forces de l’esprit » (comme disait « Tonton »). Artistes matraqués, journalistes embastillés, bloggeurs hadopisés, les prétextes ne manquent pas en ce moment. Ça n’a pas suffi. M. le ministre de la Culture et de la Communication, bonsoâââârr…

Le 30 janvier 2013 à 09:00

Une question me brûle les lèvres

Une question me brûle les lèvres. Qu'elle est cette force qui nous pousse à nous tenir les deux pieds sur le sol... mais aussi refaire un ourlet, discuter le bout de gras, écrire des pièces de théâtre, causer dans le poste, être coiffeur, petit rat de l'Opéra ou stocker des hydrocarbures... ou bien même pédaler.  Vous trouvez ça normal, vous Jean-Michel Ribes, de pédaler ? Pédaler sur une scène de théâtre, pédaler dans la choucroute ou ailleurs... Pédaler pour se souvenir ou se souvenir pour pédaler ? Il faudrait poser la question à Georges Perec et à Samy Frey. Mais la question a déjà dû être posée. Oui... mais où ? Avec le temps elle a dû être déplacée quelque part... posée ailleurs sur un piano, une table de bistrot, une tinette de cabinet ou sur un parterre de dalles noires et blanches... comme les notes du piano. Vous voyez, souvent on croit qu'on s'en va un peu loin mais on revient au même endroit. On tourne en rond, surtout si on n'est pas carré dans sa tête!  On revient donc comme un assassin sur le lieu de son crime. On a perdu son innocence ou la question posée... peut-être est-elle partie sur les ailes d'un Goéland, chanceux volatile, qui a échappé aux coups de ciseaux d'un coiffeur inconscient, qui ne se souvient même pas si il a eu un désir prénatal pour le shampoing et qui passe sa vie à raser des nuques, au lieu de s'envoler transporter par un vent de liberté qui chasse la morosité ambiante et la mesure. Décoller ! Pour monter, mais jusqu'où ?... Jusqu'au plafond pour y retrouver Plume, qui même s'il est parti pour Casablanca doit y être toujours, au plafond. Pas tout seul bien-sûr... Henri Michaux est avec lui. Si on ne sait pas voler tout seul, il y a les poètes, les écrivains, les peintres, les musiciens pour nous prendre par la main pour une promenade à la Chagall, le corps à l'horizontale. Prendre des portes comme on prend son envol, Chercher pas pour se trouver, mais pour se perdre. C'est peut-être ça le vrai chemin. Après viendra le temps des fouilles, de l'archéologie de soi si chère à Michel Foucault. Créer, fabriquer quelque chose qui n'existe pas encore qui s'inscrira plus tard dans les lignes de notre main. Comme ouvrir une fenêtre ou un abcès du subconscient. Le poète, l'artiste est paraît-il un grand médecin et comme nous sommes tous apparemment des grands malades, nous avons sacrément besoin de notre piqure de rappel de fantaisie, de démesure, de portails ouverts sur un monde qui n'est peut-être pas si autre. Que serait la peinture sans portraits de carpes ? Comment devenir un ex-fumeur sans perruque Louis XV ? Que serait un sauve sans qui peut, un cul sans jatte, un tempion sans tar, un passe-moi sans sel, un va là sans qui, un théâtre sans animaux, un Rib sans numéro de compte, un Ribes sans Jean-Michel ? Pire ! Un théâtre sans ronds, pleins de piques, sans rond-point avec des feux rouges qui ne passent jamais au vert !...  Décidément, vous nous êtes indispensable Jean-Michel !

Le 22 novembre 2010 à 16:01

Au bord de la Laponie, Andreas Eklöf et le silence nordique

Tant qu'il y aura du froid

Patterns for three pianos – in four parts - Andreas EklöfLe concert va commencer. Je dois jouer. Je voudrais aller jusqu’au silence, le capter, le comprendre, le donner. Comme le froid, le silence ne supporte que lui-même, un peu de rareté, et rien d’autre. Glenn Gould y est arrivé. Il est monté au nord, au plus nord qu’il lui était possible par train. Il joue. Puis il ne joue plus, il ne joue plus jamais en public, il ne donne plus aucun concert, il ne fait qu’enregistrer. Mais moi, je viens d’ailleurs ; ma radicalité, je la place ailleurs. Et puis, j’en viens du nord, ce n’est pas lui ma seule matière à silence. Ma radicalité, elle est dans le Cd que je viens de donner. Le concert va commencer. On se presse, on entre, on s’assoit. On est venu nombreux de Stockholm. Une personne lit en attendant. Elle est venue m’écouter jouer du piano, mais j’aimerais surtout qu’elle écoute le premier morceau du Cd. Nor., c’est le nom de mon album. Je ne souhaite pas qu’il soit écouté en concert, ni même dans une grande pièce. Le son doit être réglé en médium. Dans le premier morceau, il y a trois pianos, il y a des pauses et des soupirs, et peu de notes. Alors, au moment où je pense que l’on commence à m’écouter, à écouter, à s’habituer à la musicalité, je fais silence, au milieu du morceau, j’éteins tout, j’arrête de jouer, j’arrête d’enregistrer. Même les sons de la pièce sont niés, je pense que l’on s’en rend compte, j’aimerais que l’on s’en rende compte. Un simple soupir n’aurait jamais suffi à donner le silence. Et je repars, dans la pièce, dans la pièce dans laquelle je joue, dans celle dans laquelle vous l’écoutez. La personne a arrêté de lire, elle attend. Je dois commencer à jouer. Peut-être que je vais y arriver. Son attention va se porter sur les sons du piano, elle va se concentrer, ralentir, refroidir, elle va se crisper, s’intensifier. Peut-être que je vais y arriver, peut-être que pendant ce concert je vais l’emmener jusque-là, peut-être qu’il va être question de faire silence, de faire silence ensemble. 

Le 22 mars 2012 à 08:05
Le 7 juillet 2015 à 08:00

Manque de motivation, la 1ere réunion des associations de procrastinateurs de France n'aura pas lieu

STRASBOURG – Constat d’échec pour les associations de procrastinateurs français qui n’ont pas réussi à se réunir hier lors de leur premier congrès. Un échec que le premier secrétaire élu par défaut met sur le compte d’un profond manque de motivation des adhérents. Reportage. Un congrès encore repoussé Les mines étaient défaites hier soir lors de l’annonce de l’annulation du premier congrès des procrastinateurs français. Un congrès pourtant programmé de longue date et qui devait enfin voir réunis tous les Français qui s’estiment victimes de ce mal mal connu et tabou de la société, la procrastination . Comment expliquer un tel échec ? Pour notre envoyée spéciale Constance Deplanque, il y a plusieurs facteurs. « Ils ont pris trop de temps à envoyer les cartons d’invitation. Quand ils se sont décidés, la date était passée depuis quinze jours, cela ne servait donc à rien. Il n’y avait plus qu’à annuler le congrès » explique-t-elle. Ce manque de préparation ne doit pas masquer d’autres erreurs patentes de l’organisation. Toujours selon notre reporter, les inscrits n’ont pas non plus renvoyé les questionnaires de diagnostic et d’inscription à l’association à temps. « Certains l’ont pourtant envoyé mais parfois le questionnaire était non rempli ou non affranchi ». En outre, il apparaît que le bureau national des procrastinateurs n’avait pas réussi à trouver un accord sur le thème central du congrès. Il semblerait aussi qu’aucun des membres du bureau et des suppléants n’ait réussi à se rendre disponible, «Un facteur qui pose un gros problème d’organisation et qui met aussi en jeu l’existence même de l’association » pour reprendre les mots de notre envoyée spéciale. Malgré cet échec, le secrétaire général préfère se donner du temps. « Nous allons nous donner du temps. Bien sûr, on regrette le manque de motivation de nos inscrits, on comptait sur eux pour enfin se faire reconnaître, sortir de l’anonymat. Pour ma part, j’estime que dans ce cas, c’est une forme de démission collective, mais nous ne baissons pas les bras, nous allons nous remettre au travail, quand? Je ne sais pas, je vais y réfléchir. Peut-être demain ou après-demain. ». Une nouvelle date pourrait ainsi être proposée dans les prochains jours si le bureau national trouve le temps de se réunir. Le Gorafi

Le 7 avril 2014 à 07:44

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Faut-il se méfier des filles habillées en bleu marine ?

OUI. Les filles en bleu marine sont généralement blondes et un peu fort en gueule. Elles ont des opinions bien arrêtées. Elles les clament haut et fort sur les plateaux télé et dans les soirées choucroute sur fond de musique bavaroise. A force de les voir et de les entendre, les gens se disent que le bleu marine est une couleur qui a du style : elle donne des opinions à ceux qui ne savent plus quoi penser, parce qu'ils ont tout essayé, la droite, la gauche, et même l'avant-centre de leur équipe de foot préférée. Donc, on voit maintenant des gens s'habiller et parler en bleu marine. Il y en a de plus en plus. Ils rêvent aussi en bleu marine, boivent du pastis bleu marine, mangent des steaks bleu marine. Là, je dis : stop ! Une seule couleur, c'est monotone. Ce n'est pas bon pour les yeux. A Berlin, dans les années trente, c'était la mode du brun ; tout le monde s'habillait en brun, même les chiens policiers. A la longue, les gens sont devenus tellement myopes qu'ils ne reconnaissaient plus leurs semblables. Fièvre brune, disait-on. Etrange maladie. L'Institut Pasteur cherche encore l'antidote. Quoi qu'il en soit, méfions-nous des filles habillées en bleu marine. On ne sait pas trop ce qu'elles cachent sous leurs jupes, une cage à oiseaux, un nounours ou un pitbull. Avoir des opinions, c'est très bien, mais ça ne suffit pas pour être intelligent. Et n'aimer qu'une seule couleur, c'est se priver de toutes les autres.

Le 23 juillet 2013 à 14:43

La Suisse expliquée aux Français

Le passage piéton

C'était par une belle après-midi de début d'été. Je déambulais, guilleret, dans les rues parisiennes. Une brise chenue jouait dans ma chevelure désinvolte. Et si, me disais-je, je proposais une nouvelle série sur Vents contraires qui s'intitulerait "La Suisse expliquée aux Français ?" (Parce qu'en fait, je suis suisse, j'aurais peut-être dû le mentionner pour la compréhension). Le pas léger, j'entrepris de traverser la route afin d'aller de l'autre côté : je ne m'imaginais pas, à cet instant précis, que j'allais trouver dans ce fait banal l'inspiration pour la susmentionnée série. Car je ne vais pas vous le cacher, cela se passe grosso modo de la même manière par chez nous.  J'avisai un passage piéton qui somnolait au soleil évanescent et, naïf, j'y posai un pied conquérant. Un automobiliste qui cheminait le long des grands boulevards m'aperçut. Ma sotte provocation ne pouvait rester impunie ! Il piedauplancha, les yeux injectés de sang et le carburateur de diesel. Sur le trottoir, des quidams alertés se saisirent immédiatement de leurs téléphones portatifs afin d'immortaliser ma mortalité. Fort heureusement, je me rendis compte à temps de ma funeste bévue et pus éviter d'un demi-chouïa la fatale rencontre. Car en Suisse, voyez-vous, le piéton est prioritaire. Il suffit de manifester expressément l'intention de traverser, ou même de songer très fort à un passage piéton, pour qu'immédiatement, l'automobiliste plante sur les freins, descende de son véhicule, déroule son tapis rouge, vous aider à traverser en vous tenant par le bras et vous offre une boisson fraîche à mi-parcours. Et l'Office fédéral des routes aimerait également que tous les passages piétons soient éclairés la nuit, car des maladroits arrivent encore, malgré tout cela, à se faire renverser. La statistique officielle ne tient évidemment pas compte des gens qui traversent au rouge ou en dehors des clous, qui n'ont que ce qu'ils méritent.  Il paraît, d'ailleurs, qu'en réalité, les deux législations sont sensiblement pareilles, mais que c'est leurs mises en application qui diffèrent. J'aurais pu vérifier cette affirmation, mais j'ai préféré ne pas le faire.   Tout ça pour dire que la différence principale entre les manières de traverser française et suisse est que du côté riche du Doubs, les passages piétons sont jaunes.

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