Martin Page
Publié le 16/10/2011

Quelles drogues nous reste-t-il ?


Quand mes parents étaient jeunes, on pouvait boire, fumer, se droguer en toute impunité. C’était la norme. Si vous n’étiez pas accro à quelque chose, vous étiez un raté.
Aujourd’hui, la vie ressemble à une succession de mises en garde. Ne fumez pas, ne buvez pas, ne mangez pas de peinture au plomb.
J’ai cru qu’il resterait quand même le café. Ça aurait été trop beau. Mon médecin m’a dit d’arrêter. Ça me cause des brûlures d’estomac et de la tachycardie.
L’homme est un animal dépendant depuis des millénaires et, brusquement, en quelques années, on lui dit d’abandonner l’alcool, la cigarette, la nourriture trop grasse, le sucre et la conduite à grande vitesse sur route verglacée.
Ce n’est pas très marrant.
J’ai bien peur que nous soyons condamnés à mener une existence saine et à voir notre espérance de vie s’allonger.
Pour compléter la propagande hygiéniste, des scientifiques nous font avaler que le sport peut être une drogue, car le cerveau libère de l’endorphine.
Désinformation pitoyable, œuvre, sans doute, d’héritiers de ces savants qui déclaraient que l’amiante n’est pas dangereuse et que le radium rend les dents plus blanches.
Le sommeil est une drogue. La paresse. La gourmandise. Le sport ?
Arrêtons de plaisanter.
Martin Page est né en 1975. Il passe sa jeunesse en banlieue sud et vit aujourd'hui à Paris. Il est écrivain; auteur de romans (Comment je suis devenu stupide, La Disparition de Paris et sa renaissance en Afrique...), d'un traité sur la pluie et de livres pour les enfants; il écrit également des préfaces et des textes critiques. Ses livres sont traduits dans une quinzaine de pays. Et il a un blog là: http://www.martin-page.fr/blog 

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Le 17 décembre 2015 à 08:24

Nous irons à Valparaiso

« C'est ton téléphone qui vibre, ou ton pacemaker qui est content de me voir ? » - la Ville Lumière avait su me guider vers un de ces sous-bois romantiques dont elle avait le secret. La dame posée sur mes genoux depuis quelques secondes trouvait les mots pour me remonter le moral. Elle me proposa un verre de champagne tiède, j'y vis un rituel d'accueil. Elle mit sa langue dans mon larynx, la précision anatomique vous surprend, mais moins que moi. « Je suis amoureuse », ajouta-t-elle sitôt ressortie, « il va faire de moi sa chose, voilà ce que je me suis dit quand tu as passé le rideau en lamelles plastiques de l'entrée ». J'étais au Cagibi, un bar de quartier conseillé par le gardien de nuit de l'Hôtel Le Clin d'œil où j'était descendu au hasard. « Ne demandez pas à voir Gigi », avait-il précisé, « ce n'est pas la peine ». Il devait tenir d'une grand-tante médium, parce que précisément Gigi était là, à califourchon sur mon Levi Strauss, une nouvelle bouteille pétillante dans la main – mais où était passée la première ? « Et de trois ! », s'exclama Gigi en la brandissant. Les mathématiques n'étaient pas son truc, la pauvre chérie. Je t'apprendrai l'algèbre, je serai ta chance, pensais-je. Je n'arrivais pas à savoir qui de Moët ou Chandon avait ce pouvoir euphorisant. Dehors, il faisait sombre. Nuit battante, les basses à fond sortant de tous les orifices de la rue. Les néons violets, orange, verts semblaient clignoter sur ce rythme infernal. Des gens entraient sans arrêt, et disparaissaient à l'étage d'où il ne redescendaient jamais. Gigi : « Qu'est-ce qu'on fait mon gros loup ? On se marie tout de suite ? Dis-moi oui dis-moi oui dis-moi oui ! ». Je regardai ma montre : disparue. « Et en plus je suis prestidigitatrice », souria-t-elle. Je repris du champ' éventé, je demandais qu'on y glisse des glaçons, et même là, dans le plus craspec des établissements, ça choquait. J'insistai auprès de la moustache qui servait derrière le bar, et je descendis tranquillement la bouteille. Et encore. Et encore. Le rimmel s'affaissait, Gigi se fatiguait à jouer à Gigi. Elle reposait sa tête sur ses bras croisés, sur le comptoir gras de cacahuètes. Je saisis ma dernière chance. La piquette à bulles me donnait de l'élan, je montai sur le zinc. « Gigi, ma Gigi », lui hurlai-je. Elle sursauta. « Viens, je t'emmène ! On prend l'air, définitivement ». Moustache saisit un objet long sous son évier. Gigi me faisait des signes, et les grands yeux. Mais je sentais bien qu'elle attendait la suite, même quand elle a dit : « Quel crétin, çui-là, je l'ai tout suite senti ». Alors j'ai repris : « Gigi, ma Gigi, demain matin ! Aux aurores, premier vol pour Valparaiso ! Ça sonne, non, Valparaiso ? Ça sent meilleur que le Cagibi ? On refait notre vie, amor des mis amores ! ». J'avais entendu ça dans une vieille chanson... Pan.   Oui, ça a fait pan. Ou pouf. Un bruit mi-dur mi-mou, qui a éteint la lumière. Quand celle-ci est revenue, elle était si vive qu'elle entrait en résonance avec le battement de mon sang dans ma boîte crânienne. Les yeux mi-clos, je pris conscience que j'étais allongé sur un trottoir, en plein jour. Je constatai que mes poches étaient vides. J'en sortis seulement un bout de papier froissé, sur lequel je lus : « Billet pour Valparaiso. Aller simple. Gros bisous. G. »

Le 2 avril 2013 à 10:32

Un enfant gravement malade réconforte un clown d'hôpital sur sa vie

La vie réserve parfois de touchants instants. Cette rencontre entre Jérémy Lachèze, 8 ans, et Fabrice Lecamp, 41 ans, fait partie de ces instants. Le premier est atteint de la mucoviscidose et le second travaille comme clown d’hôpital depuis 2003. Les deux garçons ont fait connaissance lors d’une intervention de Fabrice à l’hôpital Necker où Jérémy est alité depuis 1 mois. Une rencontre pleine de bienveillanceet de rire mais qui ne s’est pas déroulée comme on pourrait le penser puisque les gestes de réconfort et de compassion sont finalement venus du jeune garçon malade. Donner envie de s’accrocher « Je suis sorti de là, j’avais complètement rechargé les batteries. Ça m’a fait tellement de bien ! » nous confie Fabrice à la sortie de son numéro de clown auprès de Jérémy. Une prestation très vite interrompue par ce dernier qui a souhaité s’adresser au clown d’hôpital : « Il m’a dit d’arrêter ce que je faisais. De stopper les gags et le nez rouge. Que j’étais pas obligé de faire ça. Ensuite il m’a expliqué qu’il était déjà très heureux comme ça  et que ce qui l’inquiétait vraiment, ce n’était pas tant son état mais plutôt la tournure que prenait ma vie » raconte Fabrice, encore sous le coup de l’émotion après sa rencontre avec l’enfant. Jérémy de son côté a lui aussi trouvé cette rencontre enrichissante et reste content d’avoir pu apporter un peu de réconfort à un clown d’hôpital : « Si ma maladie me permet au moins de rencontrer des clowns d’hôpitaux et de les aider à comprendre que rien n’est perdu pour eux, alors c’est déjà ça. » et le tout jeune mourant de continuer : « Je sais que je ne pourrai pas faire de miracle et changer complètement leur vie. Mais si je peux juste les aider à s’accrocher, à les convaincre de changer de métier, parce qu’au fond je pense qu’ils méritent mieux, alors je continuerais de le faire jusqu’au bout. » Une course contre la montre Une ambition que le garçon malade a décidé de voir comme un challenge, le temps jouant de fait contre lui. Mais Jérémy Lachèze semble avoir fait au moins un nouveau converti après cette rencontre avec Fabrice, comme l’explique ce dernier : « Je pense que je vais arrêter de faire clown d’hôpital. Alors, ce qui m’attend après je sais pas trop. Soit je décide de persévérer en tant que comédien, peut-être intégrer une compagnie, soit je décide de faire carrément un autre métier. Peut-être cariste. A voir. » Le Gorafi Illustration: iStock / foto-rolf

Le 15 avril 2014 à 09:24

Drogue : ces toxicomanes qui délaissent le crack pour Game of Thrones

C’est une information publiée à l’occasion d’une enquête sur la dépendance dans le magazine Sciences et Avenir. Selon une étude menée par l’INSERM, de plus en plus de personnes ayant recours au crack ou cocaïne purifiée, seraient en train d’abandonner leurs vieilles pratiques pour se rediriger vers une nouvelle drogue, plus audiovisuelle. Science. 3 à 4 fois plus fort Dans ce papier de vulgarisation scientifique, Michel Roucoupe, toxicologue entre la France et la Suisse, fait part de ses récentes découvertes : « Un épisode de Game of Thrones active 3 à 4 fois plus forts le système de récompense et de dépendance du corps humain qu’avec une pipe à crack pleine à craquer si je puis-je dire. » explique le professeur Roucoupe qui enseigne entre autres la chimie au lycée Steve Urkel de Neuilly-Plaisance. Cette découverte scientifique, Pascale Juquet l’a déjà faite de manière moins formelle sur le terrain, à l’association d’aide aux toxicomanes qu’elle gère dans le quartier de Stalingrad à Paris : « Si on voulait résumer, dans la tête des crackeurs, les retournements à répétition, les personnages variés et les intrigues au long court provoquent plus d’excitation sur leur cerveau qu’une brique de 2 kilos de crack. » Jean a 53 ans. Actuellement professeur émérite au Collège de France, la nuit il sort régulièrement dans la rue pour se droguer. Lui aussi raconte la « révolution Game of Thrones » comme il l’appelle si bien : « Ça fait 7 ans que je prends du crack et ça fait un bout de temps que je sens quasiment plus rien quand j’en fume. Par contre quand la bande-annonce de la saison 4 de Game of Thrones a été rendue publique, là ça m’a complètement rendu fou. J’en voulais plus. Faut dire aussi que la saison 3 s’est terminée en apothéose. » Pour les toxicomanes, cette drogue de substitution semble tout de même représenter une solution passagère même si quelques effets secondaires sont toutefois à déplorer comme le précise Pascale Juquet : « Pour les accros à GOT, il y a une prise de poids évidente à force de rester assis devant son écran. Sans parler des discussions interminables sur l’intrigue ou des débats stériles sur qui de Jon Snow ou de Tyrion Lannister est le plus sexy. Mais ça reste tout de même acceptable par rapport aux ravages physiques et psychologiques provoqués par le crack. »  conclut la responsable associative. Des coffrets blu-ray distribués dans les endroits clés Bien que tout ne soit pas rose, à commencer par un sentiment de dépendance accrue, les organisations en charge d’aider les toxicomanes incitent de plus en plus les accros au crack à jeter leurs pipes et leurs cailloux. Certaines associations, pour sensibiliser les esprits, se mettent même à distribuer des coffrets des trois premières saisons dans les squats, les parcs ou les Flunch où les drogués ont l’habitude de se rassembler.

Le 23 août 2011 à 09:03

Hubert, chien de cirque

Le mois dernier, j’ai revu mon cousin Hubert. Je lui trouvé l’air éteint. Comme nous nous aimons bien, il s’est un peu confié. — En janvier dernier, figure-toi, j’ai ouvert un blog, comme tout le monde. Ça distrait. Trop. Je me suis enflammé pour l’auteur du premier commentaire aimable, une jeune parisienne, à ce que j’ai compris. Et me voilà parti à lui composer des poèmes, à faire des cabrioles, à inventer des tours, à la suivre à la trace sur tous les chemins virtuels possibles. Ah ! Le succès que j’ai eu, c’est peu dire qu’il ne fut même pas d’estime. Alors j’ai fermé mon maudit blog. Pour en ouvrir un second, puis un troisième qui lui était spécialement dédié. Et plus j’implorais un regard, une minute d’attention, plus les coups de pied pleuvaient. Enfin j’exagère, mais elle ne venait plus jamais me lire. La nuit, je dormais sur le paillasson de son blog à elle, sans oser y entrer. Le jour, je mettais au point pour le mien de nouveaux numéros qui auraient pu enfin l’attirer et lui plaire. Niet. Les compliments, les petits mots pleins d’esprit étaient toujours pour les autres. Je dépérissais. Puis, bizarrement, mon visage changeait un peu, mes oreilles aussi, et je me suis mis à manger beaucoup de viande, moi qui avant la détestais. Quand plus personne n’a reconnu ma voix au téléphone, j’ai compris qu’il fallait vraiment faire quelque chose. J’ai voulu supprimer mon compte, mais on m’a répondu qu’il n’existait pas, qu’il n’avait jamais existé.

Le 11 octobre 2015 à 08:07
Le 20 mai 2013 à 09:33

Lenny Bruce

1925-1966

Né en 1925 à Long Island dans une famille juive, Lenny Bruce se débarrassa de sa jeunesse en devenant soldat en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À son retour du front, il fonda sa propre église et s’autodésigna pasteur ; il fit du porte-à-porte et récolta de l’argent pour une léproserie en Guyana. Le Jésus qu’il proposait n’était pas très convenable, alors la police l’arrêta.
   Son humour iconoclaste et son éloquence n’étant appréciés ni par l’Eglise ni par les tribunaux, il trouva asile dans les cabarets. Il continua ses prêches ; son ambition était de guérir les lèpres du racisme et de l’hypocrisie.
  La société ne le toléra pas longtemps ; elle n’avait pas encore compris qu’il est plus efficace d’encenser ou d’ignorer les irréductibles. Des policiers arrêtaient Lenny Bruce à la fin de ses représentations. On l’accusait de proférer des obscénités. Pour lui, la seule obscénité c’était le silence. Il s’attaquait à tous les pouvoirs et dévoilait la haine derrière la respectabilité. Il était juif, noir et indien à la fois. Cette guerre contre l’injustice et l’humiliation ne lui laissait aucun répit. Il n’avait pas l’intention de déposer les armes.
    Sa femme était strip-teaseuse. Lui exhibait son âme. Un abîme le séparait du public. Sur scène, il se trouvait en équilibre ; comme un funambule, il mettait sa vie en jeu en marchant sur un fil. La drogue et l’alcool sont les seuls anges-gardiens sur qui l’on peut compter dans ces cas-là. Bob Dylan a écrit une chanson en hommage à Lenny Bruce où, par une phrase, il dit tout : « Il a combattu sur un champ de bataille où chaque victoire fait mal ».
  Selon un critique, un de ses rares admirateurs à l’époque, il ne parlait pas : il faisait du jazz. Il improvisait avec sa voix, ses émotions et ses idées. C’est en jouant qu’il se créait. Il découvrait parfois ses monologues au moment même où il les prononçait. Lenny Bruce était un artiste. Dans ses one-man-shows, l’humour se mêlait à la politique, la grâce poétique à la colère. Il se moquait du succès et de la reconnaissance. Les rires et les applaudissements ne l’ont jamais corrompu. Il ne cherchait pas à plaire à n’importe quel prix. Il méprisait les compliments de ceux qui croyaient trouver dans ses spectacles de quoi conforter leur bonne conscience progressiste. Il n’hésitait pas à engueuler et à insulter son public. Une telle indépendance coûte cher : il perdit son métier, sa femme, sa maison.
  Aujourd’hui la censure n’est plus nécessaire. Les comiques font des sketchs sur le téléphone portable, leurs amours ou la cigarette. On jette Lenny Bruce en prison chaque jour où l’on ne reprend pas son flambeau. Il n’est pas une relique de la génération beatnik. Il fait partie de notre trousse de secours humaniste. Il est vivant si nous le voulons. Je voudrais que l’on se souvienne de lui comme d’un honnête homme. C’est beaucoup moins fascinant que son image de rebelle scandaleux. Non, il n’était pas scandaleux, ni vulgaire. C’était un héritier de La Fontaine et de Chamfort.
   Laissons-le terminer. À la fin d’un spectacle à New York, il s’adressa ainsi au public : « Je suis désolé si je n’ai pas été très drôle ce soir. Parfois je ne suis pas drôle. Je ne suis pas un comique. Je suis Lenny Bruce ».

Le 22 octobre 2013 à 12:12

Au pays de Candy

N'en déplaise aux déclinologues de tout poil, la reprise de l'activité en France, d'abord frémissante, s'accentue chaque jour un peu plus. Il suffit de se balader dans les rues de l'hexagone, de fréquenter ses transports en commun pour se rendre compte que les Français ont décidé de conjurer le fatalisme et l'inertie pour prendre leur destin à bras le corps et construire ensemble des lendemains meilleurs. Profitant de chaque instant de liberté, nos vaillants compatriotes ont retrouvé le sens de l'effort et de l'abnégation Sans une plainte, sans demander la moindre rémunération, les Français se sont attelés à une tâche qui les dépasse mais à laquelle ils se consacrent allègrement, portés par un mouvement inédit que certains rapprochent déjà du stakhanovisme d'antan. C'en est maintenant fini de la procrastination : chaque minute oisive est désormais mise au service de la cause. Et tant pis si ça coûte bonbon, rien n'arrêtera cette déferlante sans précédent dont l'ampleur laisse sans voix les plus brillants analystes. Les Français dont certains commentateurs critiquaient quotidiennement le manque de créativité se sentent pousser des ailes et laissent libre cours à leur imagination pour inventer, combiner, déjouer les bombes du conformisme, oser les manoeuvres les plus risquées et remettre cent fois leur ouvrage sur le métier pour lutter contre ce qui sclérose trop souvent nos sociétés, la poisseuse gélatine du pessimisme et de la résignation. Dans cette spirale vertueuse, la solidarité souvent mise à mal dans les périodes de crise retrouve, elle aussi, ses lettres de noblesse et c'est collectivement, en s'entraidant, en s'apportant un soutien de tous les instants que les adeptes de cette lame de fond avancent main dans la main vers un avenir radieux et plus sucré. Eh oui, bonne nouvelle : les Français n'ont toujours pas de pétrole. Mais ils ont Candy Crush.

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