Dominique Cozette
Publié le 06/01/2011

Tout sur le "Caca-rente"


Quand j'étais petit, j'entendais parler du Cac 40 à longeur de temps parce que ma grande soeur ne fréquentait que des bourse-écouteurs, des experts financiers et fiscalistes, des investments advisors, des banquiers, des gestionnaires de patrimoines, des traders. Plus quelques moniteurs de ski de Courch. Donc Cac 40 par-ci, Cac 40 par-là, et moi je trouvais que c'était assez sale, leurs affaires car j'entendais caca-rente. En grandissant, j'ai ajusté : allons-y pour CAC 40. Et puis aujourd'hui où je ne suis pas très grand malgré mes 25 balais, je suis revenu à ma version enfantine des sales affaires des amants de ma sœur : caca-rente, c'est bien ce qu'il fallait entendre, c'est bien ce que j'ouis.
Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie. 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 17 octobre 2011 à 08:01

Occupons les îles Caïmans !

Econotrucs #1

Le mouvement  « occupons wall street » a choisi un lieu symbolique pour exprimer sa colère, mais les îles Caïmans ou les Bahamas auraient été des endroits tout aussi appropriés. En effet, on ne doit pas oublier deux caractéristiques du système financier actuel : d’une part il est  mondial, et d’autre part, il porte en lui une part d’ombre, incarnée par la « finance fantôme » .   Le premier point n’étonnera personne : la finance s’est mondialisée encore plus vite que les autres secteurs de l‘économie, et l’on a compris depuis le début de la crise (à l’été 2007) que le défaut d’un petit courtier immobilier américain pouvait entraîner la faillite d’une PME allemande, ou d’une municipalité norvégienne.   L’autre point important c’est qu’une très large partie des produits financiers échangés - en particulier les dérivés de crédits qui ont servi de déclencheur à  la crise actuelle - le sont de gré à gré, c’est-à-dire sans passer par les bourses et les chambres de compensation. Comme lorsque vous achetez une voiture d’occasion à un particulier :  vous avez toujours peur que le contrôle technique (la notation donné par l‘agence) soit bidon. Sauf qu’ici, la voiture, vous ne roulez pas avec, vous la revendez le lendemain.   L’intérêt d’une bourse, c’est qu’elle fixe des règles, permet de sécuriser les échanges, de réduire le risque de contrepartie. Surtout elle permet aux régulateurs d’avoir une vision du marché. La finance fantôme, elle, échappe à peu près à tout contrôle, elle est absente des écrans radars : elle ne fait jamais directement appel public à l’épargne, et est presque toujours localisée dans des paradis fiscaux, ce qu’il ne l’empêche d’avoir inventé des produits financiers toxiques dont l’usage s’est généralisé.   A l’inverse, les grandes banques commerciales auront beau jeu de rappeler qu’elles sont  transparentes et extrêmement régulées, et même que c’est en raison de cette régulation que tout un tas d’institutions financières plus petites peuvent prospérer dans l’ombre. En réalité, les hedge funds, fonds d’investissement spéciaux, et autres officines de l’ombre sont soit financées par les banques, soit carrément montées par elles. Quand ce n'est pas par les compagnies d’assurances : AIG, le plus gros assureur mondial, a fait faillite en 2008 (puis a été sauvé par le gouvernement américain) à cause d’un de ses petits bureaux londoniens. Quelques petits génies avaient transformé une filiale du groupe en hedge fund tout aussi risqué que les autres, mais qui bénéficiait de la signature du mastodonte de l’assurance.   Le système financier est bien une hydre à mille têtes, il n’est pas concentré dans quelques tours de Wall Street : hypertrophiée, la finance est en tout et partout. Mais contrairement aux apparences, lorsqu’elle ne se fait pas trop fantomatique, elle est utile.  Et comme je sais que vous ne me croyez pas, je reviendrai bientôt là-dessus.

Le 18 mai 2015 à 10:53

L'or du paradis

Une trace, comme la carte d'un pays dont la géographie changerait de minute en minute. Une auréole mal orthographiée. Une ombre au plafond. Cela ressemblait à un bon vieux début de dégât des eaux. Casimir s'était installé dessous, assis sur une chaise, avec un gros gobelet de pop-corn. Après tout, il était dans sa chambre. Il avait donc décidé que l'incident serait un spectacle et qu'il en serait le public attentif. Le suspense était à son comble : mais quand la première goutte tomberait-elle ? Une boursouflure apparut, promettant de l'action. Casimir la fixa, cependant que la tache n'en finissait pas de gagner du terrain. La boursouflure devint dégoulinure, mais elle ne se détachait toujours pas du plafond. Elle prit bientôt la forme d'une bourse plâtreuse, se rapprochant du parquet. Alors que tout indiquait qu'enfin elle allait s'écraser sur le sol, le petit sac qui s'était formé au bas du stalactite de stuc s'ouvrit et laissa tomber trois pièces. Casimir les prit dans sa main : oui, trois pièces d'or. La nuit fut difficile. La monnaie n'avait pas cessé de pleuvoir, obligeant Casimir à se recroqueviller sur son lit pour chercher le sommeil. Les chutes étaient bruyantes et métalliques, mais il s'endormit sans doute, car au petit matin c'est un poing tambourinant à sa porte qui lui fit ouvrir les yeux. Pour accéder, il dut marcher sur des brassées entières de Louis. La fuite avait cessé peu de temps auparavant sans doute. Le plafond était lacéré. "Monsieur-Casimir-bonjour-vous-ne-me-connaissez-pas-je-suis-votre-voisin-du-dessus-les-circonstances-ne-nous-ont-jamais-mis-en-présence-et-c'est-bien-dommage-nous-aurions-dû-les-devancer-et-provoquer-a-minima-une-rencontre-de-courtoisie-enfin-je-dis-ça-mais-la-vie-est-ainsi-faite-dans-nos-grandes-villes-les-voisins-ne-prennent-sérieusement-contact-que-dans-des-cas-douloureux-ou-à-tout-le-moins-gênants." La moustache était blanche et fournie, le regard pétillant, la taille imposante. Casimir serra la main qui lui était tendue et moins de cinq minutes plus tard, il était assis dans une pièce de l'étage supérieur, précisément à la verticale de sa chambre, un café dans la main, une madeleine dans l'autre. Il n'avait guère dit plus de trois mots depuis qu'il avait ouvert sa porte. "Toutes ces pièces d'or sont à moi", expliqua le voisin. Pourqwuoai ? ckommhent ? Voilà en substance ce que baragouina Casimir qui se rappela alors l'effet perturbant du café sur son élocution. "Tout a commencé à une époque où je vivais déjà dans cet immeuble, mais au fond de la cour", répondit voisin-moustache. "C'était une sorte de petit atelier avec une porte en bois et un petit cœur percé dans les planches pour faire passer la lumière. Cela servait de garage à vélos. Je n'avais pas un radis, je dormais sous la poussière. Chaque nuit comme par magie, elle me recouvrait comme l'aurait fait une vraie couverture. C'est ce qu'on aurait appelé ailleurs la communion avec la nature. Moi j'appelais ça la dèche." Il reprit son souffle et une madeleine dans la coupelle posée sur la table basse. "J'ai passé trois années installé dans cette pièce le plus souvent glacée. J'ai fait tout ce que je pouvais pour m'en sortir, sans succès. Ça colle aux basques, la misère. Pourtant, à un certain moment, j'ai cessé d'imaginer un ailleurs. Je n'en prenais pas mon parti, non, je décidai que c'était à cet endroit que ça changerait pour moi. Il fallait que tout parte de cette minuscule pièce aux murs fissurés. Il devait être trois heures du matin, nous étions en février. Et je me suis dit que ce cagibi poussiéreux serait le prochain paradis fiscal !" Inspiration. "UN PARADIS FISCAL ! J'ai eu cette nuit-là la meilleure idée de ma vie !" Casimir laissa passer cinq secondes de silence, qu'il compta mentalement. Puis cinq autres, avant de se dire que manifestement son interlocuteur, un, était sérieux et sincère, deux, attendait une réaction de sa part, sans doute une approbation. Et trois, qu'il reprendrait bien une madeleine lui aussi mais que le moment présent n'était pas le plus opportun. "Et vous avez réussi ?", demanda-t-il. Voisin-moustache reprit à la volée. La période était alors propice : financiarisation naissante, opacité, démocratisation du boursicotage... La plaque qu'il avait vissée sur la porte du garage à vélo avait suffi à faire affluer les premiers capitaux, qui grossirent bientôt. Il raconta la croissance du business, la peinture qu'on change, puis deux garages qu'on annexe, le défilé de petites valises de billets... "Au bout de deux ans, j'ai racheté l'immeuble, et ce n'était qu'un début." Casimir eut rapidement le tournis. Un frisson d'ambition le parcourut et il s'exclama : "Je peux en être ? Je suis comme vous étiez : pas un fifrelin devant moi. Je veux vous rejoindre !" Voisin : "Ah mais c'est terminé tout ça. Les paradis fiscaux, ce n'est plus assez sûr. Tout le monde finit par être au courant de tout. J'ai converti toute mon affaire en or il y a quelques années, j'en reçois, j'en revend, tout se fait ici, et je glisse les lingots et les pièces sous mes tapis, comme si de rien n'était. Une lame du parquet a dû craquer et vous avez reçu un peu de ma réserve sur la tête, voilà tout. Vous ne m'en voulez pas ?" Il mit une madeleine entière dans sa bouche, et tout en crachottant des miettes par dizaines, il ajouta : "Vous allez mettre tout ça dans un gros sac et vous allez tout me remonter, vous voulez bien, mon vieux ?"

Le 9 juillet 2014 à 09:37

Maintenant nous sommes devenus la Mort

Nous vivons nos vies sous une dictature financière dominée par l’inquiétante bienveillance d’une minorité de criminels, qu’on appelle les super-riches. Le problème, leur problème, c’est qu’ils ne savent pas quoi faire de nous. Tout d’abord, ils vivent sur des principes d’une grande bêtise, qu’ils nous forcent à avaler : l’idée que la compétition entraine l’innovation ; l’idée d’un monde où la richesse appelle la richesse, et où de plus gros profits engendreront davantage de savoir, d’éthique, de bienveillance, de bonté… Autant de beautés et de grandeurs qu’ils n’ont toujours pas réussi à obtenir pour eux-mêmes, mais qu’ils imaginent résider pour nous quelque part au bout de leur incessante quête de réformes plus radicales, et d’inégalités plus massives. Soit ils sont idiots, soit ils nous prennent pour des idiots En fait, le pouvoir rend idiot. Et l’argent rend idiot. C’est presque mathématique : plus ils deviennent riches, plus ils ont peur, et puis ils nous font une vie infernale, remplie de mesures sécuritaires, d’interdits. Ce qu’il leur manque, c’est d’un véritable sens économique à long terme, où ils comprendraient que : plus ils ferment des usines, plus ils créent de la délinquance, et plus ils dépensent leur petits sous à acheter des instruments de flicage. Ce qu’il leur manque, c’est d’une véritable intelligence de l’humain, où, au lieu de considérer autrui comme un prédateur, ils comprendraient que les hommes, dans leur majorité, ne demandent pas mieux que de se comporter correctement, décemment. Leur seule excuse, au fond, ce serait qu’ils soient pervers. Leur seule excuse, ce serait qu’ils aient besoin de savoir que nous souffrons à cause d’eux pour qu’ils soient heureux. Ainsi parlait Jules Renard : « Il ne suffit pas d’être heureux : il faut encore que les autres ne le soient pas. » Leur seule excuse, ce serait qu’ils soient malades. Ils vont nous tuer à la tâche – c’est clair, mais laquelle ? Pour augmenter leurs marges, nos dominants licencient à tour de bras, et ils se retrouvent avec nous, sans maîtres et sans moyen d’adorer leur dieu « immatériel » : l’argent. Et maintenant, pour couronner le tout, ils ont peur. Peur qu’on leur foute de grosses grèves dans la gueule – une bonne grosse grève générale, crémeuse comme un gâteau de mariés, qui « immobiliserait » tout le pays et les « prendrait en otage ». Alors ils nous montent sans cesse les uns contre les autres. Ils créent des conflits partout ; c’est leur seul moyen de tenir. Maintenant il faut en plus qu’ils aient peur. Ce sont des enfants. Le travail – on en a besoin pour être. On en a besoin pour apprendre. On en a besoin pour rire. On en a besoin pour créer. On en a besoin pour aimer. Il n’y a rien de plus horrible que de ne pas travailler… La plus perdue de toutes les journées est celle que l’on a chômée. C’est le professeur Choron qui a raison quand il répond à Pierre Carles dans son grand film Choron dernière : « – Une société où les gens méprisent le travail, c’est-à-dire qu’ils méprisent ce qu’ils font… Pour quelle raison ? Tu vois bien les gars qui foutent rien. Qu’est-ce qu’ils font ? Où c’est que tu les retrouves ? Ils ont rien à se dire. « – Mais c’est pas naturel de travailler. « – Ta gueule, eh con, c’est pas naturel ! Mais tu me parles comme un âne ! Tu sais les ânes, ils ont toujours plein de trucs, plein de machins chouettes, etc. Ils ont tout lu. J’ai lu Proust, la Recherche du Temps perdu, etc. etc. etc. Plus ils ont d’« et cætera », plus ils ont l’air érudit ! Eh ben, le sage, il te dit qu’il faut flinguer tous les gens qui travaillent pas, ça c’est le comble de la sagesse ! » Le travail était autrefois indissociable du parcours initiatique : tout travail était sacré, parce que, dans tout travail, il y avait la transmission d’un regard, et la création d’un rapport entre nous et le monde. Dans tout travail, il y avait la possibilité d’apprendre un instrument qui serait à la fois une arme et une alliance dans la guerre nuptiale entre soi et la réalité. Aujourd’hui, après avoir détruit toute possibilité de transmission d’un savoir-faire avec leurs révolutions industrielle puis cybernétique, ils confient les jobs à des machines, nous privent de travail, et ensuite ils nous traitent de feignants. Mais ce profit a un prix : il plonge la Terre dans les ténèbres. Le monde devient petit. Le monde devient sombre. Ils sont peu et nous sommes beaucoup. Et ils le savent. Et ils savent qu’on ne s’arrêtera pas ; on ne s’arrêtera jamais. Le travail présente trois visages. Le premier visage, c’est la création. Le second, c’est la conservation. Et le troisième visage, c’est celui de la destruction. Quand il n’y a rien, il faut créer. Quand il y a quelque chose de beau, de juste, de décent, il faut le conserver. Et quand ce qu’il y a est pourri, il faut le détruire. Cette destruction est encore un travail, est peut-être le plus difficile de tous. Comme dit le Père Ubu : Nous n’aurons point tout démoli si nous ne démolissons mêmes les ruines ! Cornegidouille : il faut concevoir un travail shivaïque, un travail ubuesque, un travail apocalyptique. Il faut concevoir un travail qui soit le travail de la destruction. Moins ils nous donneront du travail, plus nous travaillerons à détruire cette absence de travail et nous leur prendrons même ce qu’ils ne nous donnent pas ; même ce qu’ils n’ont pas. C’est à détruire leur monde que nous travaillerons. Maintenant nous sommes devenus la Mort.

Le 11 novembre 2011 à 08:02
Le 9 septembre 2014 à 11:14
Le 12 mai 2015 à 07:21

Dictionnaire Français-Leïla, mot du jour : « Oseille »

Leila. La fille de l’auteur. Née le 14 février 2010 à Alger. Soit un peu plus de 5 ans, ce jeudi. 5 ans et déjà qu’elle songe à écrire le premier tome de ses mémoires. Mais elle n’a pas suffisamment de mots sur elle, croit-elle, pour dire la grâce, les frémissements, ses premiers émois, les petits et grands frissons de sa vie sociale bien pleine. En attendant,  l’auteur lui sert de nègre. Transcrit méticuleusement ses rites et ses rires qui se gaussent de tout, du travail à l’argent, en passant par la vie. Consigne ses petites et grandes questions (en bégayant et buguant le plus souvent au chapitre des réponses). L’auteur, ébaubi chaque fois que sa fée lâche un quelconque baragouin, note fiévreusement tout. Tout, tout, absolument tout, y compris ses infimes sternutations (un autre mot à prévoir pour les prochains épisodes, tiens!). Tout ce qu’elle nomme, touche avec sa bouche, devient perle, pépite, ravissement. La poésie sort de la bouche des enfants, se dit-il un matin qu'il a pleuvé, et qu'elle le pressait de questions sur le sens des averses.Oui, la poésie sort de la bouche des enfants.La poésie sort de la bouche de Leïla.Et ça, ça n’a pas de prix, ma fille.Ça n’a pas de prix.Qu’est-ce qui n’a pas de prix, papa ?Non, rien.Tu veux dire rien n’a pas de prix ?C’est sans importance, je me parlais tout seul.La poésie sort de la bouche des enfants.Du rouge, du vert, du papa, et du mamanOndées, tristesse du ciel et LeïlaPapa, il pleure aujourd'hui.Oui, j’ai vu.Papa, la pluie va laver la mer ?Euh…je suppose que oui, ma fille.Papa, pourquoi tu m'emmènes jamais à la mer ?Parce qu'à Alger, la mer est un trompe-l'œil ma fille.Alors il faut réparer la mer papa.Oui, ma fille. Ou bien mon œil.Le remplacer par ton œil enchanté.Tu es toc-toc papa.Et toi, tu es ploupla. Attends, je vais te faire un guili-guili.HI HI HI NOOOON !ça chapouille?Pourquoi tu me parles en bébé, papa?S'il te plaît, maintenant, laisse-moi me concentrer, j'ai beaucoup de travail ma puce.Encore le travail ! J’ai le besoin de toi et toi travail travail travail!!!Je suis obligé ma fille, sinon, je serai puni, j'irai en prison.Alors je viens avec toi en prison papa! Tu leur dis j'ai une petite fille, je dois l'aider une seule fois. Après tu travailles demain et demain et demain et tous les jours, tout, tout, tout, gentil, février, mars…Attends, tu me déconcertes, euh, tu me déconcentres.Et moi je suis décontente ! Moi je te parle en gentil et toi tu me parles en méchant. Alors la prochaine fois c'est Messi mon papa ! Et j'efface ton bisou !Mais c’est pour toi, l'amour de ma fille, que je le fais, pour avoir les gagas, pour avoir le mnamna, pour payer tes jouets…Je veux que tu joues avec moi ! Si tu joues avec moi, je te donne les gagas coooommmme ça ! Tu connais compter jusqu'à 100?1, 2… 100.Alors je te donne 100 gagas, comme ça, tu viendre avec moi à la mer.Elle ne travaille pas, aujourd'hui, la mer.Elle n'ira pas en prison, la mer ?("Si la mer était libre, l'Algérie serait riche", songe l'auteur, une phrase de Kateb Yacine qui traînait là, dans sa tête, à cet instant du dialogue).Papa, tu sais ? Je t'aime jusqu'à Marseille sans avion.Et moi je t'aime jusqu'à Tamanrasset à pied.Alors tu m'achètes un pareil photo ? Comme ça je te pareil en photo avec le nez de le clown.Mais j’ai le besoin les gagas pour acheter le pareil photo, alors, laisse-moi finir ce puuuut…réfaction de texte s’il te plaît ! Après, je t’achète tout ce que tu veux, cromis !Non, je veux tout de suite le pareil photo après je te parle plus jusqu’à demain, cromis cromis cromis !D’accord. Mais attends, je passe à la banque d'abord pour chercher les gagas.C’est quoi la banque, papa ?Euh…la banque, c’est… c’est là où on planque l’argent.C’est quoi "planque" ?C’est là qu’on cache, qu’on cache l’argent.Pourquoi le cacher ? Il a peur ?>A cause des voleurs. Pour le mettre à l’abri des petits voleurs, on le met carrément dans les poches des grands voleurs, comme ça, on est bien couil... euh... carrottt..euh, tranquille, après, enfin, je ne sais pas, je…Hum. D’accord. Mais... euh… qu’est-ce qu’ils font, les voleurs, papa ?Oh, tu demandes trop les questions, Leïla !C'est des gens qui volent dans le ciel qui est là haut de la banque?Si tu veux tout savoir, les voleurs, c'est des gens qui n’arrivent pas à voler de leur propre oseille. Maintenant, laisse-moi finir ce texte s'il te plaît.Pourquoi ?C'est mon travail.Non, pourquoi ils arrivent pas à voler de leur cropre zeille?Bof… parce que c'est tous des requins.Papa, viens, je te montre mon dessin. C'est moi que je l'ai accroché.Qu'est-ce que c'est?C'est un requin, non, c'est une requine, parce que c'est une fille. Elle est rose, elle parle en gentil et elle vole dans la mer. © dessin Leila Benfodil

Le 28 novembre 2011 à 08:27
Le 7 février 2012 à 08:49
Le 21 novembre 2012 à 09:16
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication