Cabinet de Curiosités
Publié le 17/04/2012

Poème incorrect pour constructeur de toilettes sur autoroute, de Kat(al)in Molnár


précédé par deux Mauvais Chants Transcrits

homme dame

Kat(al)in Molnár se souvient des chants de pionniers qu'elle récitait, enfant, dans son pays natal, la Hongrie peinte aux couleurs soviétiques. Installée en France, elle les a traduits dans un mot à mot ultrafidèle et irrespectueux, puis a traduit aussi tout le fatras d'hymnes nationaux, patriotiques, nationalistes, fascistes, nazi, communistes, partisans qui encombrent les chères âmes européennes dès le plus jeune âge...
Elle s'est même lancée, sur ce mode, dans la composition de "poèmes incorrects" personnels, comme cet hymne aux toilettes d'autoroutes récité par la comédienne Dominique Reymond. Poème innénarrable introduit par deux Mauvais Chants Transcrits, dits par Léon Napias et Quentin Baillot.
Extrait du Cabinet de curiosité de Jean-Daniel Magnin, réalisation Laure Egoroff, France Culture

Katalin Molnár Poèmes Incorrects Et Mauvais Chants Transcrits, éditions Fourbis 1995
Pour les pédants on a du matériel
Sur une idée de Jean-Michel Ribes, une émission de France Culture pilotée par l'équipe de la fiction, en collaboration avec le Théâtre du Rond-Point.
Chaque mois, un ou une écrivain ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres que des comédiens viennent interpréter en public.
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Qui est l'auteur de Kiki ?

Plongée dans le psychodrame à la hongroise

Je vous signale le passage à Paris d'un chroniqueur de ventscontraires basé à Budapest : le réalisateur hongrois János Xantus vient présenter vendredi 18 novembre à l'Institut hongrois son dernier film "Kiki dans le groupe", un documentaire tourné à Budapest qui nous fait plonger à l’intérieur d’une séance de psychodrame. Dans ce doc qu'il ne signe pas de son seul nom, János Xantus met curieusement en jeu sa position de réalisateur…Evidemment il y a Xantus lui-même, cinéaste hongrois qui passe très jeune les frontières avec un premier long métrage, L’Esquimaude a froid, remarqué dès 1984 à la Quinzaine des réalisateurs. Suivent une vingtaine de longs et moyens métrages où il développe une cinématographie très personnelle – à la fois perverse, burlesque et fantastique – qui n’est pas sans analogie avec celle d’un David Lynch. Est-ce aussi parce que Xantus est metteur en scène de théâtre et qu’il a l’âme d’un pédagogue (il est un des piliers de l’Ecole de cinéma de Budapest) ? Filmer le processus du psychodrame revient pour lui à filmer l’acte même de mettre en scène.Il a ainsi choisi de signer son film avec les deux psychodramatistes de l’Ecole hongroise à la manœuvre sous sa caméra : la psychanalyste Zsuzsa Merei ainsi que le pédopsychiatre Andras Vikar – le tandem est fameux en Hongrie et vient animer depuis une quinzaine d’années des groupes de psychodrame à Paris. Véritables maïeutes des récits que le groupe va produire, ils accouchent la mise en scène en adoptant une position alternée « dedans-dehors ». Ici c’est Andras Vikar qui accompagne la protagoniste dans son chemin intérieur, alors que Zsuzsa Merei a pris la position de retrait propre au thérapeute pour veiller au bon déroulement des opérations.Mais la mise en scène pourrait tout aussi bien être signée par Kiki, la jeune protagoniste du film, puisque Kiki distribue rôles et répliques aux membres du groupe qui vont rejouer avec elle les scènes intimes repêchées dans son enfance parmi la minorité magyare de Slovaquie.  Telle est la singularité du psychodrame de l’Ecole hongroise: le protagoniste tisse la toile théâtrale qui va l’enserrer et finira par se déchirer (si tout se passe bien) en libérant l’émotion d’une vérité confinée.Ainsi la mise en scène peut-elle revenir au groupe en son entier : c’est le groupe qui improvise sur le canevas élaboré à tour de rôle par l’un de ses membres, c’est donc le groupe qui fournit la matière dramatique du film…Cependant il ne faut pas négliger le parquet qui craque, quelques reflets sur les buffets vitrés, la poussière des bibliothèques lourdement chargées… Et se demander si le véritable maître du film n’est pas un fantôme – l’esprit du lieu de tournage, ce salon où Kiki a été "capté" ? Car cette salle oblongue et chaleureuse se trouve être le cabinet du grand psychologue et pédagogue Ferenc Merei (1909-1986), père de Zsuzsa et maître d’Andras Vikar. C’est lui, Merei, qui introduisit le psychodrame à Budapest, lui qui a donné ce tour si hongrois à l’invention de Moreno, en centrant le « Théâtre spontané »  (comme Moreno avait d’abord intitulé le psychodrame) sur la dynamique de groupe et le jeu subtil des relations interpersonnelles… Merei, intellectuel juif ayant étudié à la Sorbonne, combattu au sein de l’armée rouge, dirigé l’Institut de psychologie de Budapest et connu le goulag intérieur, clôturera son œuvre en faisant de cet appartement de la rue Pasarieti – dans le sud verdoyant de Buda – l’épicentre de la contreculture du Budapest des années 70-80.János Xantus, alors étudiant en cinéma, y passa lui aussi, comme tant d’autres jeunes artistes et intellectuels chevelus de l’époque, pour explorer les vertiges interdits de l’intelligence de groupe et y expérimenter ce qu’il remettra en jeu dans chacune de ses créations : « une créativité totalement libre. » > programme cinéma de l'Institut hongrois

Le 25 mars 2017 à 09:54

Gérald Garutti : Pierre Richard, étoile dans la nuit

Avec Petit éloge de la nuit, le metteur en scène Gérald Garutti s’inspire de ses nuits au cœur de Londres où il crée ses spectacles – Shakespeare, Dostoïevski, Edgar Poe. A partir du texte d'Ingrid Astier, il construit un écrin à l’acteur Pierre Richard et montre une autre face de ce Pierrot lunaire. Théâtre du Rond-Point —Comment cela va se passer, sur le plateau ? Que va-t-il se passer ? Dans quel lieu Pierre Richard va-t-il lire, jouer, évoquer la nuit ? Gérald Garutti — Avec ce spectacle, chacun sort de son univers défini pour découvrir, en lui-même et hors de soi, une terra incognita. La romancière aborde l’incarnation théâtrale, l’acteur comique plonge dans l’œuvre au noir, le metteur en scène d’histoires (re)constituées s’immerge dans le labyrinthe des formes ouvertes. Cette multitude des possibles – la nuit, Pierre Richard, des fragments – nous a plongé dans une recherche qui m’a incité à croiser les inspirations. L’exigence de symbiose entre les arts – le théâtre, la musique, le cinéma, la danse – a été nourrie par les contributions essentielles d’une excellente équipe artistique : le cinéaste Pierre-Henri Gibert et le compositeur Laurent Petitgand, le scénographe-éclairagiste Éric Soyer et le plasticien-vidéaste Renaud Rubiano, la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot et le costumier Thibaut Welchlin. J’ai ainsi conçu ce spectacle comme une invitation au voyage qui semble s’inventer à chaque pas. Pour que, de l’intensité de la nuit et de cet acteur inouï, résonne la parole et rayonnent les visions, pulse l’essentiel et s’ébatte la vie. Ce qui en ressort, ce qui va se passer, d’où il parlera, vous le verrez par vous-même – la nuit relève surtout du mystère...

Le 6 mars 2013 à 15:48

Alfredo Arias

Cabinet de curiosité - Pour les pédants on a du matériel

Une émission France CultureChaque mois, un écrivain vous ouvre les portes de sa bibliothèque insolite. Guidé par sa fantaisie, il propose des textes cocasses, impertinents, drolatiques ou bizarres, une littérature savoureuse et décapante, que des comédiens viendront interpréter en public.Alfredo Arias Avec Alfredo Arias, Georges Claisse, Michel Fau, Catherine Salviat"La misère, la pauvreté, l’exploitation ne datent pas d’aujourd’hui dans notre pays. Les grands auteurs, poètes ou pamphlétaires pour les dénoncer avec férocité non plus. Pour débiner l’hypocrisie des bourgeois, des patrons et des politicards, Jehan Rictus ou Emile Pouget – avec son Almanach du Père Peinard - n’ont jamais manqué de verve ni de panache. Imperméables à toute forme d’autorité, indifférents aux oreilles sensibles, ils s’expriment dans un argot fruité et corrosif, un pur joyau de la langue populaire française, une écriture insolente, bourrée d’humour et de colère. Qui donne envie de tout fracasser pour être libre. Attention aux éclaboussures m’sieurs dames!" De Copi à Alfredo Manguel, en passant par Roberto Arlt, Alan Pauls, Hector Bianciotti ou Silvina Ocampo, les lectures argentines d’Alfredo Arias. Emission coproduite par France Culture et le Théâtre du Rond-Point sur une idée originale de Jean-Michel Ribes. Enregistrée le 4 avril 2011 au Théâtre du Rond-Point Durée : 58:23

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