Rémy Delmet
Publié le 11/01/2011

Fêtes donc !


Marquez des points tout au long de l'année !

Et voilà c’est reparti ! La nouvelle année est là avec ses mêmes affres, ses mêmes tracas, ses mois toujours identiques et ses fêtes récurrentes ! A cela RESISTONS ! Voici quelques conseils mutins pour ne pas tomber dans la spirale tourmentée du calendrier festif 2011.
Janvier : Pas de fève pour la galette des rois ? Mettez-y un ongle de pied soigneusement taillé (à l’effigie de Diogène, vous marquez 2 points supplémentaires)
Février : Faites-lui la cour comme autrefois ! Plantez des branches de jeunes arbres à sa porte. En ce jour de St Valentin chaque feuillage a un sens, privilégiez le sapin. (s’il garde encore l’immonde guirlande du mois précédent vous gagnez 1 point supplémentaire)
Mars : Barbouillez la sonnette de saindoux et guettez l’arrivée claudiquante des enfants costumés pour Mardi Gras (si lorsqu’ils vous tendent leurs sacs, vous leur offrez les sachets d’huile pimentée pour pizzas qu’il vous reste dans le frigo depuis la dernière soirée avec Patrice, vous marquez 2 points supplémentaires)
Avril : Pâques ! L’heure de la résurrection : déterrez le chat du jardin et clouez-le sur la boîte aux lettres. (L’écriteau « Désolé j’avais pas d’agneau ! » autour du cou de la bête vous rapporte 5 points supplémentaires)
Mai : En cette fin de mois, les mamans sont à l’honneur. Profitez-en pour offrir un magnifique collier trois rangs de perles à votre cher papa.
Juin : Fête des pères, mais il a déjà été bien gâté le mois dernier, n’exagérons rien !
Juillet : Entre le 13 et le 15 du mois, filez en capitale des Flandres pour commander un beau rouget au premier poissonnier qui passe. Asseyez-vous à une table de bistrot et sur une serviette en papier tâchée de picon-bière, tentez d’écrire un hymne national qui parle de Marseille et de patrie en danger. Le poisson trouve toute son utilité lors de la signature du pamphlet.
Août : Le 15, habillez votre cabine d’ascenseur en grotte miraculeuse et renommez le dernier étage en « Stand de peket* gratuit ». (2 points supplémentaires si la doyenne de l’immeuble est montée la première)
Septembre : Fêtez dignement la rentrée des classes ! Réveillez les enfants dès 4h du matin pour une rédaction sur « L’homme est-il un animal politique ? Citez des noms !». (4 points supplémentaires par ministre)
Octobre : Toussaint, soyez en avance sur votre époque en fleurissant les lits de maison de retraite dès le 31 minuit.
Novembre : Couplez l’Armistice et la Sainte Catherine : Mesdemoiselles coiffez-vous d’un casque à pointe ! (1 point supplémentaire si la demoiselle à un crâne d’obus)
Décembre : A Noël, célébrez plutôt la Fête du Travail, vous l’aviez oubliée, et c’est une vraie gageure de trouver un brin de muguet à cette époque de l’année ! (3 points supplémentaires si vous conviez Manuel Valls à dîner)
Le comptage des points aura lieu l’année dernière entre la poire et le fromage.

* genièvre en Wallonie
A commencé historien d'arrhes, a poursuivi Arc-et-Haut logue, a basculé con servateur - mari niais sur paix niche.
A tenté les planches et s'essaye maintenant à la plume sur un rafiot où les vents contraires l'éloignent peu à peu de sa Picardie...

Caractère : Chafoin les 12 et 26 du mois
Signe astrologique : Pétard à mèche ascendant ardéchois
Signe particulier : Sudation importante de l'orteil gauche
Citation préféré : "Mais si, je te dis qu'il fallait tourner après la supérette !" 

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Rémy Delmet

 ! 

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Le 27 décembre 2011 à 08:57

Heureux les animaux!

L'homme occupe une place toute particulière au sein du règne animal. En effet, il est au sommet de la chaîne alimentaire et ce, bien que la plupart d'entre eux soient en bas de la chaîne agroalimentaire (l'homme est un loup pour l'homme). L'homme est un animal social, un animal politique, certes, mais l'homme, in fine, n'est pas un animal. Pourquoi ? Peut-être parce que le rire est le propre de l'homme. Ou peut-être parce qu'il a une âme, qui sait ? Or, il y a quelques semaines de cela, dans l'église Sainte Rita, on bénissait des animaux. Cela a paru étrange à certains, car l'animal, comme jadis la femme, n'est pas censé avoir d'âme, pas plus que d'humour. Quelqu'un a objecté que, depuis des siècles, dans les hôpitaux et les maisons de retraites, on bénit des légumes et personne n'y trouve rien à redire ! Moi, je trouve que ça se tient, de bénir les animaux. Vous-même, et là c'est votre conscience humaniste que j'interpelle, trouvez-vous plus logique de bénir un chien d'aveugle ou celui qui a crevé les yeux de son maître ? Ô cruel dilemme ! J'ajouterai qu'en plus, si on prend le plus emblématique des canidés, Lassie, qui est un chien, oui oui, d'accord, mais fidèle avant tout -haha!- là, on retombe sur nos pattes. Sur nos quatre pattes, pour ne pas citer Kierkegaard. Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien, comme disait l'autre. Mon chien, à moi, j'ai dû le faire piquer. La pauvre bête était devenue aveugle. Non, l'homme n'est pas un animal, l'homme est bête, nuance.

Le 30 décembre 2014 à 08:01

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Avant J.C, c'était comment ?

Avant J.C, on ne portait pas de petite croix autour du cou. On la portait, tout simplement, puis on se faisait clouer dessus, paf ! Avant J.C, Jean-Baptiste préparait le terrain. Avant J.C, Ponce-Pilate se lavait déjà les mains avant de déjeuner. Avant J.C, on avait le sens du tragique : de vrais lions dévoraient de vrais victimes dans les arènes de Lutèce. Avant J.C, le monde était cruel, mais il y avait quand même de belles filles dans les bordels de Pompéi. Avant J.C, les guerriers germains morts au combat montaient au Walhalla. Sur la musique de Richard Wagner, bien entendu. Avant J.C, un esclave pouvait être employé de maison. Aujourd'hui, un employé de maison peut être esclave. Avant J.C, la mauvaise foi existait déjà. Avant J.C, il n'y avait pas de cathos de gauche, seulement des païens de droite. Avant J.C, si tu voulais faire une prière, tu avais intérêt à réviser ton dictionnaire de mythologie. Avant J.C, on allait aux Enfers et non pas en Enfer. C'est un peu comme aujourd'hui : on va aux toilettes, mais ça ne veut pas dire qu'il y a plusieurs pièces. Avant J.C, seuls les Hébreux pratiquaient le monothéisme. Le monokini apparaîtra bien des siècles plus tard et sera l'objet d'une autre dévotion. Avant J.C, l'Islam n'existait pas. Le judaïsme tenait le maillot jaune dans la course de côte du monothéisme, bientôt rattrapé cependant par son outsider, le christianisme. Avant J.C, le bouddhisme existait déjà. Les pauvres et les malades s'essayaient au Nirvana, mais ça ne marchait pas toujours. Avant J.C, les dindes et les chapons passaient un Noël tranquillou. Avant J.C, le foie gras restait là où il était : dans le ventre des canards obèses. Avant J.C, on ne croyait pas au Père Noël. Les mômes braillards ne collaient pas leurs nez morveux sur les vitrines des Galeries Lafayette. Avant J.C, on fêtait le solstice d'hiver : on faisait un grand feu de bois dans lequel on jetait le premier venu, hop ! Avant J.C, l'univers avait à peu près 15 milliards d'années ; il était comme aujourd'hui : sombre, froid, hostile. Sur la planète bleue, on s'écharpait déjà pour un empire, une vérité éternelle, un petit bout de terrain. Le bordel ambiant était bien installé pour des siècles et des siècles, amen.

Le 15 décembre 2010 à 12:13
Le 22 octobre 2013 à 12:12

Au pays de Candy

N'en déplaise aux déclinologues de tout poil, la reprise de l'activité en France, d'abord frémissante, s'accentue chaque jour un peu plus. Il suffit de se balader dans les rues de l'hexagone, de fréquenter ses transports en commun pour se rendre compte que les Français ont décidé de conjurer le fatalisme et l'inertie pour prendre leur destin à bras le corps et construire ensemble des lendemains meilleurs. Profitant de chaque instant de liberté, nos vaillants compatriotes ont retrouvé le sens de l'effort et de l'abnégation Sans une plainte, sans demander la moindre rémunération, les Français se sont attelés à une tâche qui les dépasse mais à laquelle ils se consacrent allègrement, portés par un mouvement inédit que certains rapprochent déjà du stakhanovisme d'antan. C'en est maintenant fini de la procrastination : chaque minute oisive est désormais mise au service de la cause. Et tant pis si ça coûte bonbon, rien n'arrêtera cette déferlante sans précédent dont l'ampleur laisse sans voix les plus brillants analystes. Les Français dont certains commentateurs critiquaient quotidiennement le manque de créativité se sentent pousser des ailes et laissent libre cours à leur imagination pour inventer, combiner, déjouer les bombes du conformisme, oser les manoeuvres les plus risquées et remettre cent fois leur ouvrage sur le métier pour lutter contre ce qui sclérose trop souvent nos sociétés, la poisseuse gélatine du pessimisme et de la résignation. Dans cette spirale vertueuse, la solidarité souvent mise à mal dans les périodes de crise retrouve, elle aussi, ses lettres de noblesse et c'est collectivement, en s'entraidant, en s'apportant un soutien de tous les instants que les adeptes de cette lame de fond avancent main dans la main vers un avenir radieux et plus sucré. Eh oui, bonne nouvelle : les Français n'ont toujours pas de pétrole. Mais ils ont Candy Crush.

Le 21 décembre 2010 à 12:57

Laissez Noël en paix (réactualisé)

Conseil Citoyen 6

Nous voilà en décembre et ton moral en berne Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent Te fait conjecturer que pour le réveillon Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon, Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes, Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes Et que le seul sapin restant à décorer Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.   Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes. Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle,C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon Le plus élaboré pour prendre ton pognon ? Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente Ne va pas te mêler aux masses consommantes. Il y a des moyens pour remplir une hotte Qui ne coûtent pas plus qu’une boîte de crottes.   Surtout pour ce qui est des tout petits enfants, Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans. Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout Si Noël est en mai, en décembre ou en août. C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire Et il en va de même à leur anniversaire. Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.   A partir de trois ans et disons jusqu’à sept Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête. Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse, Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ; Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.   Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge, C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber. Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. Passe chez Emmaüs et pique une étiquette Recouds là bien en vue sur une autre liquette Et ne t’affole pas à cacher l’origine Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Le 1 avril 2011 à 09:52

Almanach

La Poste m'énerve

Les pompiers, les instituteurs, les militaires, les éboueurs, les infirmières… autant de personnes qui me sont chères, depuis que je suis contribuable.   S’il est une personne pour qui j’éprouve un tant soit peu de respect et de reconnaissance, il s’agit bien de mon facteur. Voilà quelqu’un qui, si soucieux de ma tranquillité et de mon aversion à l’égard de toute visite inopinée, prend si souvent la peine de remplir un avis de passage plutôt que de sonner chez moi.   Je le revois encore, un soir d’hiver dernier, prostré devant ma porte d’entrée où paraissait sur son passage une longue trainée de fange neigeuse sur le parquet vitrifié de mon nobiliaire palier et lui, là, ce grand échalas, posté devant moi en compagnie de ses petits chiens, ses petits chats et ses petites fleurs…   Si le seul moyen de ne pas fermer la porte au nez d’un préposé reste encore de ne pas la lui ouvrir, alors de toute évidence on eût pu dire que j’étais coincé, pour ne pas dire bien emmerdé. Contre mauvaise fortune bon cœur, je lui fis don de quelque peu en échange d’un calendrier miséreux.   Qu’on se le dise, l’almanach des PTT est à l’ère du temps ce que les images sont à Epinal et les gendarmes à Saint-Tropez : une vision emphatique, figée et surannée, dont le cadre champêtre ou animalier ne fait que tapisser l’intérieur triste et bucolique de tant de personnes âgées noyées par la solitude de journées éplorées.   Plus encore que les chemises, je hais ces calendriers cartonnés !   A quand la sédition du peuple contre le conservatisme primaire et l’anti-progressisme notoire anoblis par la Poste ?   A quand  la fin de l’obscurantisme secondaire et de cette propagande sans fin vouée à tous les saints ?   A quand, chez ces hommes de lettres, l’abolition du port de la casquette et de la besace en bandoulière ?   A quand un facteur avec suffisamment de rage et assez de courage pour oser sonner à nos portes plutôt que laisser lettre morte ?   Honni soit le postier et ses infâmes calendriers, vade retro La Poste avec tes fêtes et tous tes jours fériés !

Le 8 juillet 2011 à 08:42

Igor

Ou bien imaginer une nouvelle version de « Petit Papa Noël », dans laquelle il ne serait plus question d’une belle nuit, mais d’un crépuscule post-apocalyptique, quelque chose de très sombre, quelque chose à des années-lumière des idées dégoulinantes de bons sentiments que l’on nous impose chaque année, que nos chères têtes blondes apprennent bêtement…   C'est la belle nuit de Noël  La neige étend son manteau noir  Et les yeux levés vers le ciel  À genoux, les petits enfants  Avant de fermer les paupières  Font une dernière prière.    … et dans laquelle le vieux monsieur généreux porterait des bottes à semelles de protection, une combinaison antiradiation homologuée, des gants en kevlar, un masque à gaz, un gilet pare-balles, car dehors, il va avoir si chaud… Dans cette version, le narrateur, un enfant de dix ans, Igor, aux traits fatigués, sans innocence, Igor, flétri, sans aucun avenir ou notion d’avenir, habiterait un bunker souterrain de 9m² avec toute sa famille. Il n’y aurait aucune cheminée, mais seulement un conduit d’évacuation et de traitement de l’air conditionné.   Petit Papa Noël Quand tu descendras du ciel Avec tes jouets par milliers.    Bunker 248 de l'abri antiatomique numéro 47, sous-sol 3, ascenseur 24. Dans cette version de la chanson, le vieillard ferait sa distribution au son des compteurs Geiger des églises et des hurlements des chiens fossoyeurs des ruines.   Ta distribution de surprises.    Dans cette nouvelle chanson, Igor se languirait de revoir un jour le soleil se lever autrement qu’à la télé. Il ne dirait plus qu’il a été sage, mais qu’il n’a rien fait, lui. [Refrain]  Dans ce nouveau couplet, il serait question de nuages dépollués et même d’animaux vivants et en bonne santé, histoire d’apporter un peu de rêve, un peu de fêtes. Le sentiment de. Dans cette version moderne du Petit Papa Noël, on évoquerait des idées positives d’avenir radieux et de félicité partagée. [Refrain]  Dans cette chanson, tout serait très beau, très à sa place : rien ne dépasserait. Dans les abris antiatomiques, les jours de fête auraient un goût particulier qui, on l’espère, ne serait pas celui âcre et violet de l’iode. Dans les abris, les gens danseraient comme des damnés, loin des réalités noircies des cendres grenat.   Dans une version alternative, plus mature, il serait question de l’aversion de l’homme pour les choses visqueuses. Les crachats, les glaires, le sperme. Puis Igor ou tout du moins une version adulte d’Igor, argumenterait : « si Dieu n’avait pas voulu la semence masculine, il aurait fait du sperme en flocons de neige » et de rebondir avec le refrain, les notions d’hivers et de froid. Pour revisiter l’enfance, il faut désapprendre l’adulte.

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