Carmelo Marchetta
Publié le 05/02/2011

Cyclothymique le lundi, mercredi, vendredi et dimanche. Jamais les autres jours de la semaine.



En quarantaine, en Belgique.
Adepte de la banalyse,il s'applique à sublimer le banal et à donner du non-sens à l'absurde.
 
 
 
 

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Carmelo Marchetta

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Le 20 septembre 2010 à 10:18
Le 31 mai 2014 à 08:37

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Peut-on jouer au docteur le dimanche ?

NON. Pas encore, du moins. Le Ministère de la Santé est en train de préparer un décret qui légalisera bientôt cette pratique dominicale, jours fériés inclus. Il faut dire que, en dehors du PMU, il n’est pas facile de trouver un médecin disponible le dimanche : les uns sortent d’une nuit de garde éprouvante, les autres sont partis jouer au golf avec leurs potes dentistes. Il vaut mieux ne pas tomber malade ce jour-là, ou se retenir très fort pour ne pas l’être, ce qui est problématique quand on n’a qu’un baromètre de salon pour prendre sa température. Bientôt, grâce au nouveau décret, on pourra se délivrer une ordonnance de Lexomil comme un grand, soigner son chien atteint de psoriasis et, le cas échéant, empoisonner sa belle-mère envahissante (mais le Lexomil ne suffit pas). D’après le Ministère, il sera même possible d’apposer une plaque sur sa maison ce jour-là : M. Machin, médecin du dimanche, reçoit sans RDV. Pour être médecin du dimanche, il ne sera pas nécessaire de s’appeler Diafoirus ou d’avoir un CAP de chaudronnerie : il suffira de consulter le Vidal pour trouver le bon médicament, sauf dans les cas de maladies incurables comme la peste bubonique ou la poussée frontiste dans le nord-ouest. D’ores et déjà, de nombreuses familles s’enthousiasment à l’idée de la parution de ce décret. Maman va pouvoir jouer à l’infirmière avec papa ; mais si papa travaille ce jour-là, elle pourra toujours se rabattre sur le voisin du dessus. Quant aux enfants, leur curiosité insatiable leur permettra de faire l’autopsie de leur cochon d’Inde préféré après l’avoir plongé dans l’eau bouillante assaisonnée d’aromates. Notons quand même qu’il sera interdit de procéder à une amputation, si le patient n’est pas d’accord. Enfin, pour ceux qui veulent donner leur corps à la médecine, il faudra attendre le lundi, jour d’ouverture des universités.

Le 26 novembre 2011 à 09:05

Au resto

Une sarkotelette de veau! commandai-je dans cette brasserie plutôt rupin de la rue Richepanse, où je n'avais pas mes habitudes. - Nous n'en avons plus, monsieur. Puis-je me permettre de suggérer à monsieur nos délicates Sarkroquettes façon Prince Jean? - Je n'en pince pas pour ce prince-là. - Auquel cas, monsieur ne perdrait rien à se rabattre sur le Sarkonfit en dévotion tartuffière à la sauce chanoine de Latran. - Je voudrais une assiette de sarkochonailles. - Il n'y en a plus. Mais je suis sûr que monsieur se pourlècherait si nous lui servions notre baveuse Sarkomelette aux truffes Bolloré, suivie de notre suave Sarkompote AAA à la noix de Sarkocorico … - Je n'ai plus faim. Qu'avez-vous à boire? - Un Sarkoca? - Depuis Bush, je ne bois plus de boissons US … - … go home, alors, monsieur, me répondit le loufiat. Et je me levai en raflant le Figaro où s'étalait la bobine de ce Président dont j'avais oublié le nom, avec en grosses lettres  IL DONNE A LA FRANCE UNE PETITE GIULIA IL SAUVE L'EUROPE IL VA SAUVER LE MONDE, et je me sauvai de ce monde-là. Je longeai le sarkollège Saint-Nicolas, je m'engouffrai dans le métro Sarkogne, je regagnai mon gîte les jambes sarkotonneuses. A la télé il y avait un sarkopéra, Sarcosi fan tutte. Je zappai, je tombai sur le Sarkobama, le petit président blanc mettait familièrement la main aux couilles du président noir. J'éteignis, je me couchai, je rêvai que je tombais sans fin dans un sarkossuaire.

Le 14 août 2011 à 08:54

Plaisir tarifé

Le grand oral

Avez-vous déjà, lors d’une soirée, subi des propos sans esprit, truffés de lieux communs ? Passé une soirée solitaire dans un hôtel d'affaires ? Si vous avez connu cette misère intellectuelle, vous comprendrez que j'envisage sérieusement de créer une agence de prostitués de la conversation. Voilà, c'est dit. Imaginez : pas de contraintes, pas d'ajustement. Un simple coup de fil et voilà qu'arrive pour une heure, un soir ou une journée, quelqu'un capable de bavarder, à la demande, sur un mode amusant et cultivé. Il vous suffit d'exprimer votre fantasme : "à la Wilde", "à la Guitry", "à la Hagège"... Histoire, astronomie, gastronomie, philosophie, actualités, j'aurai les meilleurs causeurs à vous proposer : expressifs, dotés d'une voix splendide et d'un  énorme champ lexical, avec une diction très excitante. Je pourrai même les fournir pour des occasions spéciales : pédants pour gâcher les soirées de vos concurrents, complaisants pour mettre à l'aise vos invités timides, voire potiches en écoute passive pour tenir loin de vos hôtes les raseurs avérés.  Et pour les tête-à-tête, tout ce qui vous fera plaisir. Bien sûr, la prestation sera coûteuse car mes protégés auront de gros frais de documentation. Et puis, attention, les extras, ce sera plus cher : si vous êtes fétichiste et avez besoin d'accessoires, il faudra payer un supplément pour les dictionnaires et livres d'art. Mais quand vous aurez connu le plaisir d'avoir les méninges en ébullition, l'esprit à vif et la curiosité à son apogée, je suis sûre que vous serez prêts à y mettre le prix.  Je suis Baronne Samedi et vous m'appellerez Madame quand j'aurai fait fortune avec ce nouveau marché.  D'ailleurs, j'envisage déjà de l'élargir à la cyberconversation.

Le 6 mars 2012 à 08:38

Tandis que je peigne la girafe

Ou : Du bâillement

Tout en échouant lamentablement à me trouver une occupation récréative durant les dernières heures qu’il me restait à acter de ma présence chez mon employeur avant mes congés estivaux, je tombai complètement par hasard, mais pas tant que ça, puisque, surprise par mon propre bâillement, je m’étais mise en devoir de tout apprendre à propos de ce mystère humain encore non tout à fait résolu, sur une information extrêmement intrigante elle aussi. La girafe ne bâille pas.Le poisson bâille, l’oiseau bâille, le reptile bâille, le mammifère bâille, tous les vertébrés bâillent. Et la girafe ? Non. Avec sa langue bleue et sa manie de dormir debout, c’est plutôt le genre à faire son intéressante. “Coucou, je suis la girafe, je suis bizarre, et je fais plein de trucs bizarres, pour que tout le monde soit bien jaloux, ha, ha, je suis BIZARRE, je suis la GIRAFE, et pas toi. Ni toi. Ni toi. Non, toi non plus. Ha, ha.”Ensuite je suis partie en vacances, et après plusieurs jours de repos obligatoires passés à ne rien faire dans l’ensemble, ce qui est une activité reposante, certes, mais peu gratifiante au bout du compte, j’ai repris mon occupation salariée et mes pérégrinations wikipédiennes, sans plus penser à la girafe. Jusqu’à l’invitation impromptue d’une amie à visiter Thoiry, idée saugrenue s’il en est, qui m’a replongée dans mon obsession girafienne. J’erre ainsi mollement dans l’open space, répétant en boucle giraffa camelopardalis (c’est du latin), ce qui semble inquiéter légèrement mes collègues qui jettent des appels au secours du regard à mon supérieur hiérarchique, dont le teint hâlé me fait penser qu’il a sans doute une maladie de peau à en juger par les taches brunes qui commencent à apparaître sur son pelage jaunâtre. Il faudrait peut-être qu’il ait une discussion avec sa femme, parce que ces petits bouts de corne qui commencent à lui pousser sur le crâne ne m’inspirent rien de bon non plus.

Le 1 mai 2015 à 07:04

Le 1er mai est un jour triste

Aujourd’hui, premier mai on fête le travail. On le fête si bien d’ailleurs qu’on n’y va pas. C’est un peu comme si vous organisiez une fête pour célébrer votre anniversaire et que personne ne venait. C’est triste mais c’est ainsi Il y a cependant quelques exceptions à la règle, certains travaillent le premier mai en contrepartie de quoi ils sont payés double. L’éléphant du cirque a ainsi droit à une double ration de graminées, on autorise exceptionnellement les enfants à donner à manger aux singes, les lionnes restent deux fois plus longtemps dans la cage des lions et le clown a droit à un double whisky, ce qui le rend doublement plus triste. Avant, le premier mai, on offrait des brins de muguet, maintenant on le vend. Cette ravissante petite plante herbacée dont la fleuraison au printemps nous offre en merveille de formidable grappes de clochettes très odorantes peut faire crever votre chat, votre gentil toutou, voire même vos gosses et ce en raison de ses substances irritantes et cardiotoxiques qui peuvent ralentir le rythme cardiaque, augmenter la pression artérielle et engendrer bien des troubles associés à une salivation excessive. Ce qui rend d’autant plus triste la chose, c’est que les cabinets vétérinaires sont bien souvent fermés le premier mai. Au même titre que le 11 novembre, le premier mai est une journée du souvenir. Souvenir du temps jadis où les ouvriers à l’usine croyaient en la politique, en des jours meilleurs et aux lendemains qui chantent. Depuis les usines ont fermé, le colonel Fabien fait la grimace et les ouvriers n’ont plus de travail, alors pensez donc si le premier mai demeure un jour joyeux. En plus aujourd’hui il pleut, c’est triste, mais ce qu’il y a de véritablement plus triste encore, c’est de savoir que l’année prochaine, le premier mai tombera un dimanche.

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