Le Cabaret Philosophique
Publié le 25/01/2011

Mission Socrate


Un film réalisé par Bertrand Lenclos & Jackie Berroyer - extrait 2

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Constatant la décadence croissante et inéluctable de notre société, trois hommes, lors d'une rencontre fortuite au hammam, décident de remonter le temps afin de détourner Socrate de la pratique de la philosophie – qui semble être à la source de cette déchéance.

Avec Arnaud Aymard, Laurent Petit, Fred Tousch, production Chaya Films.
Amphorette d'Or au Festival Groland (Quend) 2009 (prix du meilleur court métrage)
Prix du public et Prix de la création musicale - Festival Premiers Plans d'Angers 2010
3e meilleur court métrage - FEMI Guadeloupe 2010

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"Il s'agit de noyer l'agora sous un déluge de pertinence, de bien la secouer et de la lancer sur l'orbite de la réflexion."
• Souvent comparé à une Super 5 GTI qu'on forcerait à rouler en seconde, Daniel Sponk Datahunter fut tour à tour psychopompefunébriste en Sologne et cryptonumérologue pour la Nasa.
• Œnolopédiatre à l'institut Pierre-Cochin, père de cinquante-trois enfants à Condom dans l'Allier, Roland Gerbier est aussi champion de France de cache-cache et piscicoiffeur.
• Débatteur tenace, Stéphane Giblot est issu d’une famille de sidérurgistes lorrains. MJCiste de formation, francophiliste, il est co-fondateur honoris causa d'un club international de Pingouisme.
• Scribe stagiaire pour l'éternité, autobilingotophone, Gilles Ndiaye Traore grave les pensées de ses maîtres dans le liège des amphores de lait qu’ils sèment pour lui sur les chemins du sens. 

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La mélopée des pierres

Le monde de la finance et de l’économie ne tournant pas rond, celui-ci prend tout sons sens dans les débats du Rond-Point. C’est ainsi que dans son excellente chronique La bulle de l’euro (version 1.0), Pierre-Antoine Durand, chroniqueur économique de ces lieux, nous éclaire brillement sur l’éclatement de la bulle de l’euro et ses conséquences désastreuses pour la Grèce (ou à cause de la Grèce, suivant que l’on se positionne du côté des spartes ou du côté du théâtre de l’Athénée, non loin des Champs-Elysées où la guerre de Troie n’a paraît-il jamais eu lieu). En guise de souffle zéphyrien, je me permets d’ajouter que si l’éclatement de la bulle monétaire est peut être à l’origine de la crise, il n’en est pas de même pour la pierre, dernière valeur refuge des marchés. Preuve en est avec Athènes où beaucoup se bousculent encore pour y visiter ses ruines. Et là, toute la question se pose. Comment ce berceau antique de la civilisation à qui l’on doit  des personnages aussi illustres et essentiels que Socrate, Platon, Aristote, Pythagore, Sophocle, Aristophane, Nana Mouskouri, a-t-il pu finir à ce point endetté ? Rappelons que le mot « économie » vient du grec “oikos” (la maison) et “nomos” (l’ordre). Dans Ethique à Nicomaque, Aristote dénonce l’accumulation de la monnaie pour la monnaie, activité contre nature qui déshumanise ceux qui s’y livrent, condamnant par là même le goût du profit et l’accumulation des richesses. Puisque, selon Aristote, cette activité se veut contre nature, alors pourquoi ne pas spéculer à présent sur quelque chose de plus naturel, à commencer par les océans marins : plus riches, plus vastes, plus diversifiés et d’une profondeur bien plus abyssale que n’importe quelle dette souveraine. Dans un monde suffisamment absurde pour vous faire culpabiliser de prendre l’avion avec votre tube de dentifrice en cabine, rien n’est impossible. Ainsi, nous pourrions spéculer sur la prolifération des algues, l’ouverture des plages boursières dépendrait des marées et le thon n’aurait qu’à bien se tenir. Le cours des actions marines fluctuerait au gré des alizés et le change des devises en fonction de la brise. Selon l’indice de la houle, les agences de notation balnéaires agiteraient des drapeaux de couleur verte, jaune, voire rouge en cas de grosse vague et risque d’effondrement des rochers sur les places côtières. Enfin, les embruns monétaires seraient régulés par le Fonds Marin International lui même administré par des phoques à vingt mille lieues sous les mers. Ah, j’oubliais, pour en revenir à la Grèce, que les marchés se rassurent, la Grèce reste l’un des pays les plus riches, riche de son histoire et de son passé et qu’elle peut être fière, elle, de ne pas voir sa star Nana Mouskouri s’exiler comme d’autres en Russie puisqu’elle réside en Suisse.

Le 8 septembre 2015 à 08:37
Le 10 septembre 2015 à 08:57
Le 8 novembre 2012 à 10:28

L'émirat de Dubaï responsable de la crise européenne ?

Econotrucs #8

Mon titre est sciemment provoquant, mais pas complètement absurde. Je me suis intéressé récemment au facteur déclencheur de la crise, à l’étincelle qui a fait partir l’incendie grec et donc européen. Je pensais comme beaucoup que la crise grecque avait débuté avec la fameuse annonce du gouvernement Papandréou (tout juste élu en octobre 2009) : la dette grecque était deux fois plus élevée que prévue, ses prédécesseurs ayant truqué les statistiques pendant des années. Pourtant, après cette annonce les marchés financiers ne réagissent pas immédiatement, et c’est plus d’un mois plus tard - fin novembre - que le taux d’intérêt sur la dette grecque se met à grimper en flèche. Pourquoi cette inquiétude subite ? L’émirat de Dubaï vient d’annoncer qu’il pourrait peut-être restructurer sa dette (autrement dit faire défaut sur une partie de cette dette). Quel rapport avec la Grèce, me direz vous ? Il est assez simple. Si un état comme Dubaï, faisant partie d’une union économique (les émirats arabes unis) pouvait faire défaut, alors rien n’empêchait la Grèce d’en faire autant. Les marchés se sont mis à observer la Grèce d’un autre œil. Le taux d’intérêt grec a grimpé subitement, rendant la dette grecque de plus en plus insoutenable, augmentant le risque de défaut, entraînant de nouvelles hausses de taux, etc. Les marchés financiers sont aveugles et moutonniers : l’annonce de Dubaï leur a fait subitement ouvrir les yeux, et ils ont tous foncé tous droit : haro sur la Grèce ! On connaît la suite : Les dirigeants européens ont d’abord considéré que la dette grecque était un problème grec, puis se sont rendu compte quelques mois plus tard que ne pas aider la Grèce enverrait un signal négatif aux marchés et plomberait toute l'Europe, mais craignant l’aléa moral ont d'abord « aidé » la Grèce en lui prêtant à des taux stupidement punitifs, ce qui a aggravé le problème grec et n’a pas évité la contagion à d’autre pays européens. Je vous rassure, la crise grecque aurait éclaté de toute façon. Alors pourquoi cette histoire d’étincelle venue de Dubaï a-t-elle son importance ? Parce que la crise européenne ayant démarré par la Grèce, elle a influencé les premières analyses de la crise : D’une part, les spécificités grecques - dont on ne trouve pas d’équivalent dans les autres pays de la zone euro - ont longtemps aveuglé nos gouvernants sur la nature européenne et institutionnelle de la crise, et d’autre part la Grèce a longtemps focalisé l’attention sur l’unique question des dettes publiques. Pourtant avant la crise, des pays comme l’Espagne ou l’Irlande étaient tout à fait vertueux en matière de finances publiques : leurs difficultés actuelles proviennent de l’explosion de bulles immobilières et financières, autrement dit, de problèmes de dettes privées (qui ont dû être portées par la suite par les états). La crise aurait par exemple pu démarrer par l’Irlande qui, plombée par une crise bancaire et une crise immobilière - directement liée à la crise américaine de 2008 - a songé avant que la Grèce ne le fasse, à demander de l‘aide. Si cela avait été le cas, peut-être que la première analyse de la crise aurait été toute autre. (On se serait rappelé par exemple que les dettes publiques de beaucoup de pays s’étaient dégradées avec le sauvetage désordonné des banques européennes par chacun des pays, en l’absence de mécanisme européen adéquat). Mais la Grèce a été le premier domino à tomber, et il a fallu plus de deux ans aux dirigeants européens pour se rendre compte de la nature fondamentale de la crise, et de sa cause profonde : L’échec de presque tous les paris économiques fait au moment du traité de Maastricht, qui nous oblige aujourd’hui à repenser très sérieusement l’architecture économique et politique de la zone euro.

Le 3 septembre 2015 à 11:20

Kim

Le progrès c'est quoi, enfin je veux dire, le progrès c'est ça alors dis-moi, hein, c'est quoi le progrès et dis, quand et est-ce qu'on y est ? Quelque part sur une plage turque, un enfant de même pas quatre ans fait comme s'il dormait alors qu'il est mort, la tête dans le sable et les pieds dans les vagues, bien mort comme ça, l'air de ne pas y toucher ou de n'y rien comprendre. Il est migrant mais aucun pays n'en veut. Il n'a rien demandé à personne mais tous décident pour lui jusqu'à sa non-nécessité d'être compté parmi les vivants, mais bon, ça fait de belles photos sur Facebook cette tête d'enfant mort du mauvais côté de la vie, c'est déjà ça, ça fait des « like » et des indignations en carton, alors, je veux dire, hein, oui, quoi, c'est ça le progrès ? Quelque part encore, du haut d'une tour, un connard qui domine le monde du haut de son bureau et de l'entreprise qu'il a dirigée quitte cette dernière, déficitaire, avec une jolie prime de plusieurs millions. Il contemple le monde qu'il domine. Ils sont plusieurs à se partager toutes les richesses du monde de cette façon, pour eux-mêmes, bien sûr, mais aussi pour le plaisir d'avoir une masseuse attitrée pour chaque couille et de pouvoir dire sur Facebook « moi, j'ai une masseuse attitrée pour chaque couille », faire des « like » et ça n'empêche pas le monde de soi-disant avancer ni tourner, alors bon, c'est peut-être ça aussi le progrès, d'être un Midas bien burné, je dis ça, bon, pourquoi pas. Quelque part enfin, Kim Kardashian montre ses fesses pour un photographe new-yorkais pédophile parce qu'elle n'a trouvé que ça pour exister alors elle montre ses fesses encore et encore et quand elle s'ennuie elle montre ses fesses, et puis là elle montre ses fesses et elle fait la couverture des magazines avec ses fesses qu'elle montre, et montre, et montre ses fesses et puis elle dit qu'elle est féministe avec ses fesses, qu'elle fait des courses avec ses fesses, qu'elle fait un truc à un moment de la journée genre acheter quelque chose avec ses fesses ou manger un machin avec ses fesses et elle montre ses fesses pendant qu'autour d'elle le monde progresse mais Kim Kardashian, elle, elle s'en fout, elle est féministe et elle montre ses fesses, elle aime ses fesses, elle montre ses fesses sur Facebook et ça génère du « like » et on passe à autre chose en oubliant très vite les millions indécents qui font l'or des couilles de nos dirigeants, la photo de l'enfant mort avec la bouche pleine du sable de notre saloperie de soi-disant progrès, et on vomit le monde sans plus même s'en apercevoir parce que c'est de l'ordre du réflexe. C'est du sable. Du satané sable. Et il s'écoule. Inexorablement dans le bordel ambiant...

Le 13 septembre 2015 à 08:40
Le 1 avril 2010

Contributions : la question de la censure

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Je vous interroge sur un problème que je qualifierais d’éthique. Madame X (je tais le nom mais son avatar a des ailes de papillons, vous voyez qui je veux dire ?) a parcouru avec succès toutes les étapes de la Piste d’envol. Trois de ses innombrables posts ont fini par être acceptés par nos soins et ont été publiés dans cette section réservée aux internautes. Jusque là tout va bien. Simplement, comme le veut la règle de notre revue fort ludique, certes, mais extrêmement rigoriste quant à son fonctionnement, Madame X a légitimement le droit devenir une chroniqueuse officielle de ventscontraires.net. Ce qui a été fait en grande pompe : Stéphane Trapier, l’illustrateur illustre, lui a dessiné l’avatar de ses rêves (avec des ailes de papillons donc). Madame X vient de nous envoyer une quarantaine de nouvelles inédites qu’elle n’est jamais parvenue à faire publier. C’est infâme, chère amie et co-rédactrice en chef : infâme. Que pouvons-nous faire ? Dites-moi vite !Jean-Daniel Magnin Cher ami et co-rédacteur en chef,Vous avez voulu être chef, maintenant, il faut assumer. Votre neutralité suisse dût-elle en prendre un coup. Un chef, ça fait des choix. Madame X peut avoir toutes les ailes de papillon qu’elle veut, si ses textes ne méritent pas d’être publiés dans notre revue fort rigoriste et néanmoins ludique, ils ne le sont pas. Même chose pour nos chroniqueurs de choix, même chose pour vous, cher ami et co-rédacteur en chef. Et même chose (aïe) pour moi. Pas de collier anti-éthique, dura lex, sed, vous savez… lex.  Laure Albernhe

Le 29 février 2012 à 08:25

La pita qui se fout de la charité

(parce que j'ai fini par renoncer à "Je m'appelle Hellène" ou "sirtaki le tour")

On m'a demandé une chronique « plus grecque ». En effet, bien des lecteurs de « Vents Contraires » s'interrogent, et c'est légitime, sur l'opportunité de racheter la Grèce pour un euro symbolique et, comme je suis suisse, je m'y connais forcément bien en symbolique.   Bien entendu, le futur acheteur aura des frais. Déjà bien avant la crise actuelle, il y avait beaucoup de laisser aller dans la gestion du patrimoine culturel. C'est plein de ruines partout, une catastrophe. Il faudra également songer à retravailler un peu la mythologie. C'est d'un compliqué ! Et que je me transforme en pluie d'or, et que je sors de ta cuisse, et que je suis Dieu des récoltes, des bichons, des mardis et des boissons chaudes... Prenez la mythologie suisse : une flèche, une arbalète, c'est simple, c'est efficace. L'idéal, pour le futur acheteur, serait d'adapter quelques séries en dessin animé. "Jason 42", par exemple, ça pourrait marcher. Ou "le masque de Zorba", à la limite.   Une chose importante, il faudra repenser le nom. Grèce, c'est très péjoratif, à cause de l'homonymie. Hellas, on n'en parle même pas. J'avais pensé à un truc plus sain, mais qui reste dans l'hellénistique : Omega trois.   Pour la bouffe, ça manque un peu de typicitude. Yaourt grec, sandwich grec, salade grecque : rien de très original, qui n'a pas son yaourt, son sandwich et sa salade, de nos jours ? Il faudra revoir ça   Mais sinon, le côté mer bleue, toits blancs, très bien, très vendeur. A la limite, moi, je revendrais toute la partie un peu montagneuse du pays. Et je recollerais toutes ces îles aussi. Le côté insulaire, c'est sympa, mais il faut pas tomber dans l'exagération.   Voilà. Une dernière recommandation. Je sais que j'insiste un peu avec ça mais c'est important : le futur acquéreur de la Grèce devrait, à mon avis, renoncer au titre de champion d'Europe de foot 2004, je reste persuadé que tout ça n'était qu'une vaste plaisanterie.

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