Racolage. De la Suisse, naturellement.
« Plus racoleur, ton prochain
texte », m'a susurré une sculpturale rousse, alors que j'étais occupé à gagner de l'argent sans rien faire. Avant de
s'éclipser pour son prochain rendez-vous, l'assemblée générale
ordinaire du Complot Mondial dont elle était, semble-t-il,
trésorière (à l'ordre du jour ils avaient : l'affaire DSK, le
choix du vainqueur de la prochaine coupe du monde de foot et
l'organisation de leur super loto annuel), elle a ajouté, mutine :
« Et si tu es sage, je te promets une belle récompense... »
Facile, me dis-je. La recette, tout le
monde la connaît : Un peu de sexe, un peu d'argent, un peu de
violence gratuite, un peu de bébés animaux, un peu de
dendrochronologie. Oui mais dans l'art de bien racoler, je le
confesse, le difficile est de bien savoir jouer des fesses : on
ne tortille pas son popotin de la même manière pour un blogueur, un
Facebookien, un lecteur de Vents contraires. Sur Twitter, par
exemple, en moins de 24 heures, le trending topic (topic
trendant, ndt) du moment est passé de petit bateau à philo et de
santé service à Bill Kaulitz (mais si, le chanteur de Tokio
Hotel)(mais si, ils étaient allemands, ils chantaient, ils avaient
des cheveux). Décontenancé, j'ai décidé de décevoir ma
mystérieuse indic : « Désolé, mais le racolage, c'est
pas mon genre, en Suisse, nous sommes tous honnêtes et modestes
comme notre chef, Roger Federer. »
« Mais
tant mieux ! », me répondit-elle alors, « c'était
un test pour éprouver ta morale. Voici ta récompense : clique
ici pour savoir qui consulte le plus ton profil Facebook. Cela marche
vraiment. »