Dominique Cozette
Publié le 21/02/2011

La wrinkle pride


Conseil beauté : faites l'amour

C'est comme la gay pride, mais pour les ridés, puisqu'on n'y peut rien non plus. Donc pourquoi pas un défilé intitulé "la fierté des rides" ? Horreur ? Oui, horreur, je suis d'accord. Je préfèrerais me défiler. Cette idée m'est venue en voyant l'autre jour à la télé le pape de la chirurgie, Ohana, prénom Sydney, pratiquer des injections de botox à une jeune femme de 28 ans car pour son image professionnelle, il lui fallait faire disparaître de vilaines traces de fatigue.
Deux choses :
1/ Ça m'étonnerait que le pape Ohana-in-excelsis-Deo s'abaisse à piquer lui-même le bétail, au prix où il facture ses interventions ! Mais là, il y avait la télé, il était important pour sa promo qu'il y parût en clair et pas en off.
2/ Se faire botoxer à 28 ans ! Il eût mieux valu que cette jeune femme qui n'était pas du tout moche se fît pénétrer non par une seringue, mais par un organe un peu plus joyeux activé par l'amour d'un mec ou d'une nana dans le but de lui faire plaisir, donc de la dérider. Cela s'appelle acte sexuel, en principe c'est gratuit, on peut en abuser, ça détend, ça fait chanter le regard, ça met du rose aux joues, ça rend belle. Et après tout, s'il se produit de petits bâillements le lendemain, cela rend les yeux plus brillants. Et Sydney Ohana peut aller se rhabiller. Heu, je ne suis pas sûre qu'il se déshabille devant ses patientes, enfin je l'espère pour elles !

dessin © dominiquecozette
Je nais, je hurle, je fais chier, je fais des touches, des conneries, de la musique, je me marie, je fais une fille, je m’emmerde, je divorce, je fais la bringue, du piano, de la pub, des chansons, du chili con carne, des romans, je fais du bien, je fais du mal, du roller, de la peine, je fatigue, je me fais jeter, je persifle et signe, je chante, je soude, je me remarie, je peins, j’accroche, je décroche, je m’accroche, enfin j’essaie. 

Partager ce billet :

À voir aussi

Le 2 juin 2014 à 08:18

Tony Chang Siu-Tung

Le sexe a été inventé le 2 juin 1903 par un cordonnier thaïlandais, Tony Chang Siu-Tung. Comme bon nombre d'inventions qui ont bouleversé pour longtemps la vie humaine, la découverte du sexe n'est pas le fruit de longs efforts, mais une sorte d'acte involontaire. C'est au cours de ses loisirs trop rares que Tony Chang Siu-Tung confectionna à l'aide de semelles usagées, la reproduction grandeur nature de la barque utilisée par son père, lorsqu'il était poissonnier au marché flottant de Damnoen Saduak. Il était déjà bien avancé quand à la suite d'un collage malheureux qu'il cherchait à rectifier, il découvrit le sexe par hasard. Il alla aussitôt colporter sa découverte dans le voisinage, qui n'y prêta aucune attention. Ce n'est que 30 ans plus tard, lorsque Sir Thomas Alex Brown se rendit sur le marché flottant de Damnoen Saduak, qu'il entendit parler de Tony Chang Siu-Tung, après avoir loué la beauté de la reproduction de la barque que le cordonnier avait offerte à la confrérie des poissonniers. Sir Thomas manifesta le souhait de rencontrer Tony. Rendez-vous fut pris le 23 juin 1933, dans un café à l'angle de Silom Road. Dès qu'il le vit, Sir Thomas Alex Brown sut qu'il se trouvait face à l'être le plus exceptionnel que sa vie aventureuse lui avait permis de connaître ; un être que le destin avait maintenu dans le secret d'une vie humble, presque misérable. Afin de rendre publique une découverte qui concernait l'humanité entière, Sir Thomas Alex Brown racheta la copie de la barque pour la somme ridicule de 2200 baths et la transforma en musée flottant. Aujourd'hui, on peut encore admirer cette œuvre unique de Tony Chang Siu-Tung sur le marché flottant de Damnoen Saduak. Son propre fils se charge de vous en faire découvrir tous les secrets, avant de vous emmener pour une courte croisière sur le khlong.

Le 4 septembre 2014 à 09:39
Le 21 septembre 2010 à 14:56

Le Guili-guili show

Rire et résistance en République islamique d'Iran

Contrairement aux idées du prêt à porter médiatique en vogue, il ne faut pas confondre les Iraniens et les institutions qui les gouvernent. Plus les lois morales d’une société sont rigoureuses, plus forte est l’envie de rire et de s’en moquer. Plus il y a d’interdit, plus le désir de transgression devient un état permanent de la société, un passe-temps collectif. Les gens ne s’identifient pas aux lois, ils se mettent en face d’elle et n’arrêtent pas de chercher des moyens de les détourner. Tout peut devenir objet de dérision. Au début de la révolution islamique, il y avait à la télévision une émission animée par un ayatollah qui donnait une interprétation et une explication minutieuse à des situations improbables que pouvait rencontrer dans sa vie tout bon croyant : « Si lors d’un tremblement de terre un homme habitant le cinquième étage tombe sur une femme résidant au quatrième et qu’à l’issue de cette collision un enfant naît, le fruit de cette union est-il légitime ou illégitime ? ». Cette émission qui se voulait sérieuse rencontra un immense succès comique. Les Téhérani l’appelaient le « Guili-guili show ». Vingt ans plus tard la censure s’est assouplie, elle autorise la sortie du Lézard, long métrage de Kamal Tabrizi racontant l’histoire d’un voleur qui s’échappe de prison déguisé en mollah et qui se retrouve malgré lui le saint prédicateur d’une mosquée de village. Il est harcelé par de jeunes apprentis mollahs qui lui demandent ce qu’a prévu le Livre pour le cas où deux cosmonautes homme et femme se trouvent en apesanteur dans l’espace et se touchent ? « Doivent-ils faire un mariage provisoire ? ». En trois semaine, ce film a pulvérisé le record de fréquentation de toute l’histoire du cinéma iranien, avant d’être retiré des salles par les autorités…

Le 4 juin 2010 à 10:00

Zapiro

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (4)

Non, il ne signe pas ses dessins d’un Z qui veut dire Zapiro, son nom de caricaturiste. Même si le Sud-africain Jonathan Shapiro est un bretteur et qu’il ferraille depuis vingt-cinq ans, d’abord comme militant anti-apartheid puis comme dessinateur critiquant l’actuel président, le controversé Jacob Zuma qu’il chapeaute d’un pommeau de douche depuis que celui-ci a déclaré en 2006 lors de son procès pour le viol d’une femme séropositive, qu’il s’était douché après l’acte sexuel pour minimiser les risques d’infection. Résultat ? L’arroseur arrosé. Plus le président sud-africain dérape, plus la pomme de douche, devenue un baromètre de vérité, se rapproche de sa tête. Zuma qui n’a pas non plus apprécié lors de son procès pour corruption, d’être représenté sur le point de violer la justice incarnée par une femme maintenue par ses alliés politiques a, d’ailleurs, intenté plusieurs procès en diffamation à Zapiro. La justice n’a pas encore tranché.Dénoncer par l’humour la bêtise et les violations du droit, frapper d’estoc avec son crayon, telle est la mission de cet élève d’Art Spiegelman et de Will Eisner. Mais porter des armes, jamais. Comme il s’y refusait lors de son service militaire, un caporal aussi idiot qu’obtus lui fit monter la garde du camp avec… une perche de plomb. La scène aurait pu sortir d’un court-métrage de Charlot. En 1987, le blanc Jonathan Shapiro a alors 29 ans, il est arrêté pour son appartenance au Front démocratique uni, fédérant près de 700 organisations anti-apartheid. Devenu l’année suivante collaborateur de publications progressistes, il est à nouveau mis sous les verrous par la police de sécurité. Seize ans après la fin de l’apartheid, la caricature reste, pour Zapiro, un sport de combat. En témoigne ce récent dessin (publié dans le Sunday Time le 23 mai 2010) où il s’est croqué marchant avec prudence sur un champ de mines, lesquelles sont des coiffes religieuses dépassant du sol. Le 20 mai, après une fatwa visant des collègues, il publie dans le Sunday Times une vignette où Mahomet est allongé sur un divan. « D’autres prophètes ont des disciples, déplore-t-il, avec le sens de l’humour. » A voir…La Coupe du monde de football qui se tient du 11 juin au 11 juillet dans son pays sera, à n’en pas douter, pour Zapiro une source féconde et féroce d’inspiration. Déjà, il s’en donne à cœur joie. Zapiro, roi du tacle. > www.zapiro.com

Le 28 mars 2012 à 08:32

La guerre des roses n'aura pas lieu

Voici un petit extrait de mon essai intitulé : L'amour de A à z. Comprenez, de l'Amour avec un grand A des tragédies shakespeariennes aux zamours avec un petit z, où les idylles merdiques de nos semblables exposent sur un plateau ce qu'elles ont de plus banal et triste. La rose, depuis que l'homme est homme et la femme sa femme, est le symbole de l'amour par excellence. La rose qu'on m'a vendue dans un bar, cette vesprée, ne transige pas à la règle. Plus inodore qu'un verre d'eau du robinet, elles est à l'image de mes passions insipides. Comme si, à les côtoyer, elle en avait pris le parfum. Afin de ne pas me faire mal, on a pris soin d'en enlever les épines. Qui voudrait d'une fin à la Roméo et Juliette, ce couple qui n'a, à y regarder de près, rien de meetic ? La pauvre fleur sue sous un tel carcan de plastique transparent que les plis de sa robe pourprée étaient déjà fanés avant même qu'elle fût offerte. La plupart du temps, le Cupidon qui les propose, pauvre hère, est accueilli avec la mine de cent pieds de long qu'on réserve d'ordinaire à un huissier de justice sadique. On ne voudrait pas se faire offrir ce genre de rose, pas même lors de l'entretien d'embauche de sept minutes d'un speed dating, pour lequel on a investi ce qu'on avait de meilleur en nous, un peu d'argent. Je suis un célibataire exigeant. Pléonasme ? Mais non, moi aussi, Monsieur, j'ai droit au bonheur d'un CDD au SMIC de vie sentimentale. La patronne du MEDEF, nouvelle Ronsard, l'a dit : aujourd'hui, même l'amour est précaire.

Le 17 décembre 2011 à 07:40

Ô Senescence !

Vieillir, c'est se suicider au temps qui passe. On ne le dit pas assez. J'ai remarqué que, arrivé à un certain âge, on devient épicurien de gré ou de force, dans le sens où on vit chaque jour comme le dernier. Il n' y a aucun remède contre cela, et la mort viendra à nous aussi sûrement que la joue vient au poing à qui sait la tendre. Dans notre société de consommation sans scrupules, même la sénilité fait recette. Les vieux sont prêts à avaler n'importe quoi pour rajeunir, comme le viagra, ou les crèmes anti-rides. Ou le concept des femmes cougars. Je m'excuse, mais une cougar, sans ses dents, ça fait pas courir grand monde ! Et notre Johnny, ils vont nous le tuer avec sa prochaine tournée, Cheveux blancs, idées noires. Ma grand-mère me donnait son avis sur la question l'autre jour : « Tu veux que je te dise ? La jeunesse, c'est dans la tête ! » La pauvre. Elle ne se rappelle même plus qu'elle a Alzheimer. Mon grand-père me disait à ce propos : « Regarde cette photo sur le mur. Elle était belle à dix-huit ans, ta grand-mère. Cette photo c'est un peu le portait de Dorian Gray, mais à l'envers. » La vie est une vaste blague et la mort en est la chute. Parfois, c'est une chute qui n'en finit plus de chuter. Chute des cheveux, chute des dents, chute de tension, chute dans la baignoire et, pour finir, chute dans l'oubli. Sans rigoler, on en finirait presque par se demander si ce ne seraient pas les plus courtes les meilleures.

Le 12 mai 2011 à 13:32

Ce maudit orgasme

M le mot-dit

Racontez-nous votre M, votre mot-dit maudit du moment, justifiez votre haine et dépassez-la en détournant ou remplaçant le maudit… en maximum 2000 signes. Aujourd'hui Sophie Dulac déteste le mot "orgasme" :Avec son préfixe en or prétentieux et son final en consonance de maladie respiratoire, le mot fait pédant et dédaigneux. IL pue l’encyclopédie médicale bradée consultée à la va vite au fond d’une bibliothèque municipale poussiéreuse avec des sourires empruntés. IL s’imprègne des premières cigarettes, des petits émois d’adolescents amoureux qui s’instruisent en cachette avec les courriers du docteur Ruth. IL est le vilain point de mire des apprentis  libidineux. IL manque pourtant de dimension et la cible atteinte laisse un sentiment d’imperfection. La volupté est peut être ailleurs, dès les premiers effleurements, le froissement d’un déshabillé, un souffle sur l’oreiller, un corps à explorer, des murmures partagés. Lui le vaniteux de la jouissance transforme l’or en pacotille et  le trésor de se réduire en manifestation physiologique. Le mot plait pourtant, s’affiche, fait vendre. Entre le nouveau régime protéiné et les bons plans shopping, il conjugue les genres et  les styles. De la presse gay, économique, au glamour féminin ou plus populaire, on le décortique, on l’autopsie, passé au scalpel IL reste tout aussi laid comme un organe éclaté. Lui qui pourrait symboliser ce qu’il y a de plus beau n’évoque qu’un mécanisme, enterre la sensualité, allègue le sexe et oublie la chair. Sophie Dulac Vous désirez "mot-dire" à votre tour ? > c'est ici que ça se passe !

Le 27 mai 2011 à 09:30

Je ride me voir si belle en ce miroir

Pubologie pour tous

Quand on fait de la publicité pour les cosmétiques on se retrouve souvent devant un dilemme. Car voilà, on raconte aux gens que tout vieux et moches et gros qu’ils sont, affalés devant leur télé avec une bière et un cheeseburger réchauffé au micro-ondes, on va les rendre jeunes et beaux et minces et aussi bronzés en prime.   Le dilemme n’est pas que tout cela est impossible, ça c’est une donnée négligeable. Le problème est que pour vendre de la beauté, on ne peut pas montrer des modèles moches. Voire même un peu imparfaits.   Dans les écoles de com, on ressasse l’exemple de cette marque qui a brillamment montré des gros, des vieux, des différents pour vendre des crèmes, a été encensée par la critique et… a vu ses ventes se crasher en beauté. Donc voilà, c’est pourtant simple, les gens aiment qu’on leur parle à eux tels qu’ils sont, mais en leur montrant des eux tels qu’ils ne seront jamais.   C’est pour ça qu’on montre toujours des trentenaires pimpants avec de faux cheveux blancs dans les pubs sur les colorations capillaires couvrantes. C’est pour ça que les jeunes acnéiques n’ont pas d’acné. C’est pour ça qu’on en arrive, dans une affiche pour un anti-rides, à montrer une femme tellement lisse et retouchée qu’elle semble avoir volé sa peau à un enfant, mais qui se trouve trop de rides alors elle s’étire pathétiquement les bords du visage. Mais heureusement pour elle, il y a un super antirides qui marche tellement bien qu’avant même de l’utiliser on n’a déjà plus de rides.   Ce n’est pas prendre les gens pour des cons. C’est essayer de les comprendre au mieux. Nuance.

Le 9 février 2012 à 08:32

Chronique Rurale

Quatrième jour : les seins de Nadine.

> Premier épisode                    > Episode suivantSes seins ronds et fiers semblent toujours se porter aussi bien, sous son sous- pull moulant en lycra mauve. Jamais ils ne renoncent, jamais ils ne baissent la tête. Nadine est célibataire, en tout cas elle n’a pas d’alliance et personne ne vient la chercher à la sortie du boulot. Elle habite un petit pavillon juste derrière l’école primaire, et elle prend le bus tous les matins pour se rendre au supermarché Paclerc, où elle exerce l’admirable métier d’hôtesse de caisse.   Chacun de mes passages en caisse n°4 -en général le jeudi soir et le lundi matin- sont l’occasion d’un étrange rituel que nous partageons Nadine et moi, de façon quasi- inconsciente : alors que  je m’apprête à sortir mon portefeuille afin de m’acquitter de l’impôt citoyen en faveur de la croissance et de la relance de la consommation, elle soulève soudain son frêle menton vers moi, me sourit sensuellement (ça lui échappe), et me demande d’une voix simple, mais qui me fait immanquablement sursauter (et parfois, je l’avoue, rétrospectivement, bander) : « vous avez la carte de fidélité ? ». Me dit-elle avec son regard vert. J’ai souvent l’irrépressible envie de lui répondre que oui, qu’à elle je pourrai être fidèle toute une vie, que ses lèvres naturellement glossées me donnent des rougeurs, que quand je la voie j’ai envie de chanter, que je me déshabille tous les soirs et que je mets mon pyjama en pensant en elle, et tant d’autres choses si romantiques. Mais je me contente de dire non, de penser cyniquement que jamais je n’ai été fidèle à quelqu’un ou à quelque chose, ni que personne d’ailleurs ne l’a jamais été à moi-même, alors que je ne vais pas commencer ma carrière en fidélité par un supermarché. Ca fait bip, je mets ma carte, je tape mon code, et un nouveau client me dérobe alors le sourire et les seins de Nadine. Je sors, écrasé par la désillusion, affamé de sexe et d’amour, tout espoir tué.

Le 12 septembre 2012 à 08:59

Oui, j'ai couché souvent par politesse, par lâcheté, par flemme

J'ai souvent couché par politesse parce qu’il m’avait offert une belle soirée, un beau cadeau, qu’il avait été gentil, galant, attentionné. Dans ce but. C'était purement un marché à honorer qu'il fallait que j’honore. J'ai couché par lâcheté aussi, pour ne pas avoir à me battre, à risquer la violence, les coups, les insultes, quelque chose dont je ne serais pas sortie indemne. J'ai couché bien souvent par flemme car dire non est source de débats inépuisables et d'argumentations désagréables sur la mécanique interne  qui soumet la faible femme aux effets humiliants des hormones et donne raison à l’homme d’être ce qu’il est : le chef. J'ai couché plus qu’à mon tour par habitude, parce que c'est samedi, parce qu'il fait froid/chaud, parce que les enfants sont en vacances, parce qu'il n'y a rien à la télé, parce qu'on a bu, parce que ça se fait... Bien sûr, j'ai aussi refusé de coucher. Ça m'a valu quelque luttes physiques éprouvantes, altercations usantes, menaces pénibles, mépris aussi. Parfois rien. Vous pouvez me dire : t'avais qu'à pas aller avec tous ces hommes. Je pourrais vous répondre : c'est d'un seul homme qu'il s'agit, le père de mes enfants, l'homme qui m'a choisie et qui m'aime. Un homme amoureux, jaloux, primaire, possessif et ardent. Je pourrais ajouter qu'heureusement, la majorité des fois où j'ai couché avec un homme, c'était par pur plaisir. Mais faut-il croire vraiment tout ce que racontent les femmes ?

Le 26 octobre 2011 à 09:13
Le 12 juillet 2015 à 12:16

Mon gynécologue

Une fois une femme m’a quitté quand elle s’est rendu compte que nous avions le même gynécologue.Cela fait des années que je vais voir un gynécologue.Il y a quelque chose de très doux chez un gynécologue. J’aime comme il pose sa main sur mon épaule et me prie de m’asseoir sur la banquette. Je trouve ça rassurant d’aller voir un médecin qui aime et respecte les femmes. Il ne va pas parler d’un stupide match de foot l’haleine chargée de bière. Il soutient le droit à la contraception et à l’avortement.Je n’aime pas les médecins généralistes. Ils vérifient votre tension et tapotent votre genou pour voir si vous fonctionnez bien. Vous pouvez parler, ils ne vous écoutent pas : ils interrogent votre corps. Et puis, un généraliste n’a choisi aucune spécialité, il prend toutes les maladies, tous les patients, sans distinction d’âge ou de sexe. C’est suspect. Ça me fait penser à ces restaurants où on peut manger du chili con carne, de la choucroute et du cassoulet. Ce n’est pas très bon signe. Les autres médecins spécialistes ne me plaisent pas plus. Vous imaginez un jeune étudiant en médecine qui se dit « je rêve de me spécialiser en phlébologie » ? Comment peut-on envisager de passer sa vie à soigner des veines ? Non, définitivement, la gynécologie est la seule spécialité valable. Personnellement, j’ai porté mon choix sur un gynécologue obstétricien. Un professionnel habitué aux nouveaux-nés saura prendre soin de moi. C’est vrai, le premier rendez-vous a été un peu tendu, mais rapidement il s’est pris d’affection pour moi. Je lui change les idées. Et je lui permets de réviser. La première fois que je me suis déshabillé devant lui, j’ai vu l’émotion dans son regard : il n’avait pas vu de corps d’homme depuis la fin de ses études. Il était fou de joie. Mon gynéco est devenu mon médecin-traitant. Je vais le voir dès que j’ai un rhume. J’en profite pour lui poser des questions sur les femmes. Il n’y a pas meilleure source de renseignements. Nous nous entendons à merveille, après tout nous avons la même passion.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Rencontre avec Isabelle Huppert
Live • 17/12/2020
La masterclass de Daniel Pennac
Live • 11/12/2020
La masterclass de Alice Zeniter
Live • 05/12/2020
La masterclass de Jacques Bonnaffé
Live • 30/11/2020
La masterclass de Gilles Cohen
Live • 24/11/2020
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication